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Jethro Tull

Living in the past… mais pas seulement…

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Pas de supporting act ce soir au Cirque Royal : le légendaire groupe de Ian Anderson occupe la scène d’entrée de jeu. Pour votre serviteur, il s’agit d’une toute première rencontre en direct avec Jethro Tull. On sait que Ian Anderson, figure de proue du groupe, n’hésite pas à critiquer certains comportements du public, en particulier l’usage intempestif des téléphones portables et les interruptions sonores déplacées. Force est de constater que son vœu est respecté à 98 %. Le concert s’inscrit dans la tournée ‘The Seven Decades : The World Tour’, une célébration de 58 années de musique et d’histoire, portée par l’énergie intacte d’Anderson et de ses musiciens.

Fondé en 1967 autour de son frontman et flûtiste écossais Ian Anderson, Jethro Tull demeure un ovni incontournable du rock britannique après près de sept décennies d’existence. Anderson est le premier à avoir intégré la flûte dans un univers dominé par les guitares saturées, et il en fait encore aujourd’hui son arme de scène, grâce à un chant saisissant et une présence toujours aussi théâtrale. Alors que nombre de groupes historiques se reposent sur leur gloire passée, Jethro Tull, désormais concentré autour de la vision d’Anderson, reste d’une activité remarquable. Ces dernières années, le groupe a enchaîné trois albums : « The Zealot Gene », « RökFlöte » et le tout récent « The Curious Ruminant ». Tous figurent dans la setlist actuelle, même si, naturellement, ils s’inclinent face aux monuments intemporels du répertoire que sont « Aqualung » et « Thick As A Brick ». La discographie regorge de classiques que le public réclame sans relâche et que le combo délivre généreusement. Au-delà de ces hommages au passé, Ian Anderson a tenu à mettre en avant « The Curious Ruminant », dernier chapitre de la saga Tull. Le long playing, qui réunit 9 titres oscillant entre 2 minutes et près de 17 minutes, mêle folk rock, textures acoustiques et réminiscences progressives. Une manière de renouer avec l’héritage foisonnant des années 1970, tout en affirmant que Jethro Tull est loin d’avoir dit son dernier mot. Aujourd’hui encore, à 78 ans, Ian Anderson assure toujours le spectacle. Il tire toujours parti de son style vocal particulier et de ses performances impressionnantes. Il n’a aucunement perdu la voix : elle demeure presque identique à celle de ses débuts.

Le concert commence légèrement en retard, dans une salle comble. Le groupe est en pleine forme et semble prendre autant de plaisir que le public. Jethro Tull a de quoi remplir une soirée entière de classiques, d’« Aqualung » (qui sera le rappel, où tout le monde pourra filmer et prendre des photos souvenirs) à « Thick As A Brick ». C’est exactement ce que les spectateurs attendaient, et la formation tient ses promesses.

Les musiciens prennent place. Le seul changement notable est le remplacement du guitariste Joe Parrish par le nouveau venu Jack Clark. Pour le reste, le line up demeure inchangé depuis la reformation de 2017. Soit Dave Goodier à la basse et John O’Hara aux claviers – tous deux présents depuis 2007 – ainsi que Scott Hammond aux drums. Ensemble, ils soutiennent avec constance et virtuosité l’inimitable Ian Anderson. Certes, sa voix n’a plus l’amplitude d’antan et ses facéties scéniques se sont un peu assagies, mais il reste fascinant à regarder. Vif, excentrique et étrangement charmeur, flûte en main, il mène la charge avec ce grain de folie qui fait sa marque de fabrique. Par moments, il s’accompagne aussi d’une petite guitare semi-acoustique, ajoutant une touche d’intimité à l’ensemble. La folie typiquement anglaise d’Anderson est, bien sûr, le point central, mais la véritable star du spectacle est la musique elle-même. Les chansons de Tull sont complexes et exigeantes, mais le combo actuel leur rend justice. Leur jeu est détendu sans jamais être relâché, précis sans paraître stérile. Si l’on a un reproche à faire – et l’on en a toujours – c’est que ce spectacle est encore une fois exclusivement assis, ce qui donne plus l’impression d’une soirée au théâtre que d’un concert de rock. Certains morceaux sont vraiment rock, beaucoup sont très dansants, et même les morceaux folk incitent à bouger. On aurait aimé pouvoir se lever et se déhancher un peu. Mais vu que l’âge médian du public était probablement égal, voire supérieur, à celui des membres du groupe (et que certains spectateurs étaient même assez jeunes), une configuration debout aurait peut-être présenté des risques médicaux.

Le show se déroule en deux parties.  La première s’ouvre par « Beggar's Farm », issu du premier album This Was (1968). Très marqué par le blues, teinté de rock et d’expérimentations qui paraissaient audacieuses à l’époque mais semblent aujourd’hui presque convenues, le morceau prend vie grâce à la flûte de Ian Anderson, magistralement exécutée tandis qu’il arpente la scène avec son énergie caractéristique. Du même elpee, vient ensuite « Some Day the Sun Won't Shine for You » : Anderson, touche-à-tout éclectique, insuffle au morceau un parfum de folk-blues où la flûte, parfois approximative mais toujours audacieuse, trouve toute sa place. L’harmonica complète l’ambiance, ancrant le blues au cœur du concert. Le public est ensuite emporté vers « A Song for Jeffrey », toujours tiré de « This Was ». Les visuels projetés en arrière-plan enrichissent l’atmosphère et plongent la salle dans l’univers de chaque chanson. Puis le monumental « Thick as a Brick », extrait de l’album éponyme de 1972, véritable concept-album de rock progressif, embraie. Plus complexe et éclectique que les œuvres précédentes, il demeure proche, dans l’esprit, d’« Aqualung ». Véritable pierre angulaire du groupe, ce morceau phare confirme le statut de « Thick as a Brick » comme l’un des chefs-d’œuvre incontournables de Jethro Tull.

Retour ensuite à « Aqualung » (1971) à travers « Mother Goose ». Premier disque où le groupe affirme pleinement son identité rock-folk-hard-progressive, « Aqualung » alterne entre pièces acoustiques délicates, proches de Cat Stevens ou de « Led Zeppelin III », et morceaux plus puissants tels que le titre éponyme » ou « Locomotive Breath ». C’est l’un des long playings les plus aboutis et emblématiques du band. Le voyage se poursuit par « Songs from the Wood » (1977), titre éponyme du long playing où Tull revient au folk-rock, riche en sonorités bucoliques et en arrangements progressifs. La première partie s’achève sur « Bourrée in E Minor », adaptation virtuose de Bach devenue l’un des classiques de la formation.

Après une pause de vingt minutes, la reprise s’effectue par « My God » (« Aqualung »), porté par un blues habité et des chœurs épiques. S’ensuit un petit instrumental inédit, puis le public découvre « The Zealot Gene », extrait du dernier opus paru cette année. Jethro Tull y démontre qu’il sait se renouveler sans jamais renier ses racines.

Enfin, le final explose lors des incontournables « Budapest », « Aqualung » et, en rappel, l’inévitable « Locomotive Breath ». Une claque musicale qui rappelle que Jethro Tull, à l’instar de Yes ou de Pink Floyd, reste un groupe intemporel, traversant les âges sans perdre ni son ingéniosité ni sa puissance créative.

Setlist :

Première partie

« Beggar's Farm », « Some Day The Sun Won't Shine for You », « A Song For Jeffrey », « Thick As A Brick », « Mother Goose », « Songs From The Wood », « Weathercock », « The Navigators », « Curious Ruminant », « Bourrée In E minor » (Johann Sebastian Bach cover).

Deuxième partie

« My God », « The Donkey and the Drum », « The Zealot Gene », « Over Jerusalem », « Budapest », « Aquadiddley », « Aqualung ».

Rappel : « Locomotive Breath »

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Jethro Tull

Live at Avo Session Basel (Dvd)

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L'Avo Session Basel est un festival qui se déroule d’octobre à novembre à Bâle. L’an prochain, il fêtera d’ailleurs son 25ème anniversaire. La particularité de ce rassemblement procède de l’organisation de concerts intimistes (NDR : tables, chaises, chandelles et proximité des artistes à la clef), ainsi que de nombreuses (re)diffusions en radio et télévision. Sans oublier la confection de Dvds immortalisant ces événements.

Comme celui auquel a participé Jethro Tull, automne de l’année dernière. Pour la circonstance le groupe a privilégié ses classiques, dont de nombreuses chansons, écrites à leurs débuts. Depuis « Serenade to a Cuckoo » à « Living in the past », en passant par « A new day yesterday », « Bourée » (NDR: la célèbre adaptation de Bach), “Nothing is easy” et “My Sunday feeling”. Sans oublier les inévitables “Thick as a brick” (NDR: un extrait), “Aqualung”, “Too old to rock & roll, too young too die” et le tubesque “Locomotive breath”. Bien sûr, l’audience qui assiste au set, n’est plus toute jeune ; et elle ne se lève que lors de ce dernier morceau. Pas très rock & roll tout ça. Mais bon, le public de la bande à Ian Anderson a probablement le même âge que lui. Soit entre 55 et 65 ans (NDR : Ian est né le 10 août 1948). N’empêche, l’Ecossais pète la forme ; et puis à la flûte, il est toujours aussi fantastique. Sa voix a perdu un peu de timbre (NDR : raison pour laquelle il a dû arrêter les clopes), mais heureusement pas ses inflexions si caractéristiques. Et son groupe, constitué de vétérans, étale toute son expérience. Y compris Martin Barre à la guitare. Après presque 40 années de bons et loyaux servies, ce serait un comble pour ce gratteur limité. Mais qui fait quand même partie de la légende. On a même droit à un solo de batterie aussi ridicule que ringard. Anderson souffle un peu dans un harmonica et nous rappelle qu’il excelle à la sèche ; d’ailleurs les sonorités alors libérées par ses cordes vous flanquent des frissons partout, nous rappelant que le Tull a aussi vécu une période folk fort intéressante (NDR : à contrario de son épisode métallique, complètement grotesque). Ce Dvd s’adresse bien évidemment aux sexagénaires et aux quinquas qui ont toujours la nostalgie d’une certaine époque. Personnellement, j’avoue toujours être séduit par le sens mélodique des chansons de cette formation mythique ; mais estime que si Jethro Tull a écrit une des plus belles pages de l’histoire du rock & roll ; en 2009, il est, à l’instar de Marc Ysaye et George Lang, « Living in the past »…

 

Jethro Tull

La flûte vedette de la soirée

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C’est le ‘petit’ Forest National qui accueille ce soir le mythique Jethro Tull. La salle est bien remplie, mais pas sold out. C’est dire que l’évènement rassemble trois à quatre mille personnes. Score honorable pour un groupe certes emblématique, mais sans actualité et aux performances scéniques en dents de scie. Le public est mélangé : quinquas et quadras, majoritaires, se mêlent à de plus jeunes, dont certains visiblement encore aux études-leurs enfants ? Le groupe, il est vrai, n’est pas bien loin des quarante ans de carrière. Me concernant, j’ai assisté à mon premier concert de Jethro Tull ici même, en 79.

 Premier constat : le père Anderson-chanteur rencontre de vrais problèmes. Son chant est poussif, manque de puissance et ne s’aventure plus du tout ni dans les attaques dures, ni dans les aigus (et ce qui n’arrange rien, c’est qu’il est parfois sous-mixé). L’artiste en est parfaitement conscient et gère clairement son show de façon à s’économiser. Par contre, Anderson flûtiste a bonifié au fil du temps. La flûte est d’ailleurs la vraie vedette de la soirée, tant elle ne quitte plus que rarement les mains du maître, pour le plus grand bonheur des fans. Fidèle à la tradition, l’homme en jouera sur une seule jambe à plusieurs reprises. C’est pourtant à l’harmonica qu’il inaugure son concert, interprétant un vieux blues, seulement accompagné de son vieux complice Martin Barre. Lequel se révèle toujours aussi redoutable à la guitare.

 Jethro Tull pourrait se contenter d’un show très classique et satisfaire facilement son public en alignant ses morceaux les plus connus dans des versions convenues. Mais Anderson a ce très grand mérite de toujours chercher à s’amuser sur scène. C’est pourquoi il propose souvent des versions revisitées de ses standards. Ainsi, ‘Aqualung’ patiente derrière une longue intro décoiffante, ‘Jack in the Green’ ne reconnaît plus son ventre, et même une relique aussi vénérable que « Bourée » n’échappe pas au dépoussiérage. « Thick as a Brick », dans sa version contractée et dynamisée, s’avère quant à lui un des points forts du concert, au même titre que « My God ».

 En bref, Jethro Tull a fourni une prestation tout à fait honorable, énergique et enthousiaste, teintée d’humour british (les claviers sont dissimulés dans un… piano à queue) et d’autodérision. Et après un seul rappel (« Locomotive Breath »), le band a pris congé d’un public ravi !

(Organisation : Live Nation)

 

Jethro Tull

J-Tull dot com

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Lorsqu’on vend 60 millions d’albums en un peu plus de trente années d’existence, dans un domaine aussi pointu que la musique rock progressive, décrochant au passage deux numéros un aux States, on mérite assurément le statut de légende. A l’instar de Yes, Genesis circa Peter Gabriel, Vander Graaf Generator ou King Crimson. Ce qui n’a pas empêché Jethro Tull de connaître une période relativement creuse au cours des eighties, avant de revenir en force, il y a plus ou moins cinq ans. Sous une forme folk rock tout d’abord, style au sein duquel il a toujours excellé. Puis par le biais de la sortie de deux opus intéressants. En l’occurrence l’œuvre solo de Ian Anderson " Divinities ", instrumental aux accents classiques, pour ne pas dire symphoniques. Puis, le très étonnant, " Roots to branches ", digne de " Thick as a brick " voire d’" Aqualung ". C’était il y a déjà quatre ans.

Aujourd’hui, " J-Tull dot com ", qui ne sort plus chez Chrysalis, mais Papillon (NDR : cherchez l’astuce !), nous a laissé un goût de trop peu. Ian n’a rien perdu de son talent de flûtiste et possède toujours ce baryton chaleureux et profond. Mais le retour de Martin Barre (NDR : qui a dit Martin Guerre ?) n’est pas très judicieux. Parce que le style lourd et hardeux de cet ex guitariste du Tull, n’a guère évolué en trois décennies. Quant aux synthés, ils font un peu tâche d’huile dans l’ensemble. C’est d’ailleurs lorsque le Tull revient aux sources qu’il est le plus performant. Une situation trop rare pour permettre aux inconditionnels du groupe de vraiment s’éclater. Et il ne faut pas nous dire, après coup, qu’ils n’avaient pas été prévenus !

Jethro Tull

Roots to branches

Écrit par

Depuis la fin des seventies, on ne peut pas dire que le Tull se soit montré particulièrement brillant. Honnête dans sa phase acoustique, mal à l'aise dans sa volonté de maintenir un certain cap prog rock, il est même devenu franchement médiocre lorsqu'il s’est prostitué au heavy metal. Nous pensions même que cette incartade allait définitivement achever le groupe de Blackpool. Enfin, nous le craignions. Car, Ian Anderson possède suffisamment de talent et d'obstination pour revenir dans le parcours. Et il vient aujourd'hui de le prouver sur "Roots to branches". Une œuvre qui aurait pu, vingt ans plus tôt, figurer parmi les meilleurs elpees de la décennie. Aux côtés d'"Aqualung", de "Thick as a brick" ou de "Stand up". A la lecture de ces quelques mots, toute la génération de soixante-huitards risque fort de s'enflammer; et elle a tout à fait raison. Sans vouloir manifester la moindre allusion péjorative, croyez-le sincèrement. Complètement à contre-courant de la scène musicale contemporaine, ce disque ambitieux met inévitablement en valeur le talent des différents instrumentistes. De Martin Barre, incroyablement sobre pour la circonstance (NDR: il bonifie avec le temps, comme le vin!), du claviériste Andrew Giddings, et puis surtout de Ian Anderson. Aussi bien au chant, aux flûtes, qu'à la guitare acoustique. Un elpee qui a bénéficié du concours d'une pléiade de musiciens classiques ; sans doute la même équipe qui avait participé à l'accouchement de "Divinities". Onze fragments qui oscillent du jazz/blues au rock, en passant par l'exotisme, la folk celtique, la musique slave, filmique, symphonique et bien sûr progressive...

 

Jethro Tull

Rien qu'un vestige?

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Si pour les teenagers, Jethro Tull ne représente plus qu'un vestige du passé, dans l'histoire du rock'n roll cette formation constitue un véritable monument, au même titre que le Floyd, Led Zeppelin, le Who, les Kinks, Yes ou King Crimson. Fondé en 1968, le Tull n'est toujours pas prêt à déposer les armes, même si sa démarche ne colle plus tellement à l'actualité. Son leader, Ian Anderson a toujours, en tous cas, bon pied bon œil et possède un avis terriblement lucide sur le monde contemporain ; et pas seulement musical. Lors de la sortie de son album " Divinities ", il nous a accordé cette interview ; une occasion unique de lui parler de son passé, de son présent, et bien sûr de son futur…

Dans la musique de Jethro Tull, j'ai toujours ressenti une ambiguïté entre le mode de vie rural et le mode de vie urbain. Pourquoi?

Je vis à la campagne et je travaille en ville!

Au cours de la première moitié des seventies, Jethro Tull a fait partie d'un mouvement typiquement britannique que l'on a appelé rock progressif. Et des oeuvres comme "Aqualung" et "Thick As a Brick" reflètent parfaitement cet état d'esprit. Ne penses-tu pas que l'aspect cyclique du rock 'n roll pourrait, dans un futur proche, conférer à ces deux oeuvres un rôle plus indicatif?

Je ne crois pas. La différence entre la fin des sixties, le début des seventies et aujourd'hui c'est que les grands musiciens du passé, tels que Jimi Hendrix, Grateful Dead, Frank Zappa, Captain Beefheart, Yes, Emerson Lake & Palmer, Genesis dans son contexte originel, Fleetwood Mac lorsqu'il était encore drivé par Peter Green, ont apporté des éléments d'autres cultures à la musique rock. Le deuxième elpee de Jethro Tull, "Stand up", bien que basiquement partagé entre blues et folk britannique, s'inspirait de l'Orient, du Moyen Orient. Nous avons toujours tenu compte de ces éléments extérieurs pour élaborer notre création. A la fin des seventies, lors de l'explosion du punk, et tout au long des eighties, le rock a essayé de se ressourcer par l'intérieur. Mais au bout de quelques années de pauvre ballet génétique, il s'est complètement asphyxié sur lui-même. Le regard vers l'extérieur a toujours été crucial pour le rock et la pop. Depuis le début des nineties le mouvement commence à évoluer positivement. Je ne parle pas des revivalistes insulaires, comme Oasis et Blur qui se contentent de reproduire des clichés consommés il y a vingt ou trente ans en Angleterre, mais des formations américaines comme Nirvana, Pearl Jam ou Soundgarden qui ont apporté incontestablement quelque chose à la musique. Bien sûr, ils se sont inspirés des sixties, mais ils regardent également le monde extérieur. Et je pense que c'est une bonne chose pour permettre une ouverture vers de nouveaux horizons musicaux...

A l'instar de Tea Party?

Pourquoi me poses-tu cette question? Je la trouve cocasse et en même temps déconcertante. Voici quinze jours, je suis allé remettre les dernières bandes du nouvel album de Jethro Tull chez Chrysalis. Et lors de cette visite, l'attachée de presse m'a refilé deux CD dont un de Tea Party, en ajoutant: "Ecoute ce disque, tu vas certainement apprécier". J'ai été agréablement surpris. Mais en même temps, j'ai voulu en connaître davantage sur ce trio canadien. Justement, il se produisait près de chez moi, et j'ai rencontré Jeff Martin auquel j'ai demandé quelques explications sur ses sources d'inspiration. Il m'a bien sûr parlé de Bert Jansch, John Renbourn, Roy Harper, des Doors, de Led Zeppelin et puis de Davy Graham. Mais comment a-t-il pu connaître Davy Graham puisqu'il n'a jamais rien gravé sous son propre nom. Quel âge avait-il à cette époque! Il m'a simplement répondu qu'à partir de seize ans, il était très intéressé par la musique des sixties et fasciné par tous ces musiciens. Mais je trouve incroyable qu'il soit parvenu à se forger un style de phrasé de guitare sans avoir véritablement connu cette époque et puis que sa musique entretienne certains climats proche du prochain album du Tull! N'empêche, ce combo m'a beaucoup plus. Sa musique est très rafraîchissante, innovatrice, mais risque d'être frappé d'ostracisme aux States. Dangereux d'y afficher des opinions anti-fondamentalistes en se servant d'une musique à coloration orientale...

Que sont devenus les vieux potes du Jethro Tull?

Jeffrey Hammond a quitté le groupe en 75 et mène depuis une vie de rentier. Il se consacre à la peinture. Deux fois par an, il vient s'enquérir des royalties issues du back catalogue du groupe. John Evan s'est tiré du groupe en 79 ou en 80! Mais il a dépensé son argent dans des projets foireux. Il a d'abord investi dans un chantier naval, puis dans une entreprise immobilière. Mais ses affaires ont mal tourné. Tout comme son mariage d'ailleurs. Résultat des courses. Il s'est retrouvé sur la paille. Ou presque! La dernière fois que j'ai entendu parler de lui c'était il y a deux bons mois. Il suivait, paraît-il, des cours à l'université. Barriemore Barlow a également essayé de se lancer dans le business. Il a monté un studio d'enregistrement, joué au producteur. Au manager. Mais l'an dernier, ses affaires ont capoté. Banqueroute! Glenn Cornick vit depuis plusieurs années au States. Il est toujours infecté par le virus de la musique, mais comme semi-professionel. Partageant son temps entre la vente de pitas et ses expérimentations... mais il joue encore! Finalement, tous ces gars vivent encore grâce au chiffre d'affaire du back catalogue de Jethro Tull. Cela leur permet de survivre. C'est triste, car je pense qu'ils étaient capables de faire autre chose. D'apporter un plus à la musique. J'ai été très affecté lorsqu'ils ont décroché...

Est-il facile de faire accepter au nouveau line-up du Tull, de jouer des anciennes chansons du Tull sur scène. Y a-t-il des morceaux que le groupe refuse d'interpréter?

Nous jouons des compositions plus anciennes sur scène. Mais les arrangements sont totalement différents. Ce qui souvent peut se révéler très intéressant. Mais c'est un choix opéré de commun accord. Et je respecte cette décision. Et des chansons comme "Living in the past" ou " Witches promises" ne figurent plus dans notre répertoire. Regarde Plant et Page, ils ne veulent plus jouer "Stairway to Heaven", malgré leur réunion...

Qui t'a donné l'idée d'enregistrer ce "Divinities"? Pour un artiste réputé peu conventionnel, n'est-il pas paradoxal de le voir tâter de la musique classique?

C'est Roger Lewis, manager/ directeur d'EMI département classique qui m'a demandé de réaliser ce projet, il y a un an et demi. Figure-toi qu'au même moment, Chrysalis m'a sollicité pour faire un album de blues. Un projet qui n'a pas encore été concrétisé, puisqu'il nécessitera l'engagement de musiciens spécifiques. D'autant plus que j'avais dans la tête l'idée de graver un disque plus acoustique, sans oublier la place à accorder au nouvel opus de Jethro Tull... Mais je ne pense pas m'être investi dans la musique classique. J'ai simplement écrit et mis en application de la musique pour instruments classiques. Je joue de la flûte. C'est toujours ce que j'ai joué. Mais elle figure dans un contexte orchestral à côté du violon, du violoncelle, du cor, de la trompette, etc. Je ne crois pas trop que l'on puisse parler de musique classique. Pour prétendre être un compositeur de ce style, tu dois être passé de vie à trépas depuis plus de cent ans. Et même les critiques les plus intraitables concèderont que je ne suis pas mort, il y a cent ans. Or même si cette musique possède des affinités avec le classique, elle accuse de nombreuses influences: folk, celtique, moyenâgeuse, sémitique, scandinave, jazz, africaine... et bien sûr classique. Un élément parmi les autres, qui caractérise "Divinities" comme la musique de Jethro Tull!

Quels dieux honores-tu sur "Divinities? Y a-t-il une place pour Pan?

Si j'ai voulu donner une dimension religieuse, spirituelle à cette œuvre, c'est parce que j'ai voulu afficher l'idée d'un Dieu unique. Aussi bien pour les catholiques, les protestants, les juifs et même les hindouistes. Un créateur identique pour les adeptes du monothéisme. Un seul Dieu représenté à travers douze références différentes susceptible de transcender l'imagination. Chaque culture vit sa religion suivant ses dogmes, son rituel, son folklore, sa culture. Je n'essaie pas de porter un jugement, mais plutôt d'élaborer une philosophie toute personnelle qui n'engage que moi même...

Depuis quelques années, tu sembles de plus en plus branché par les questions d'écologie. Une raison?

L'écologie est une science qui mériterait d'être enseignée dans toutes les écoles et même à l'université. Je ne crois pas d'ailleurs, qu'au cours des trois prochaines décennies, beaucoup d'améliorations soient enregistrées dans ce domaine. Ce serait même plutôt l'inverse! Pour l'instant, les mouvement écologistes sont beaucoup trop subordonnés aux idéaux politiques. Aussi bien Greenpeace que Friends of the Earth. Et à cause de cette implication, ils n'ont pas toujours l'influence positive qu'ils devraient naturellement manifester. J'ai rencontré les responsables de ces organisateurs à différentes reprises. Et je leur ai fait comprendre que si leurs objectifs étaient justifiés, leurs méthodes l'étaient beaucoup moins. Je pense que les problèmes vont se multiplier si vous entretenez des relations destructrices. Il ne faut pas se contenter d'assurer la police environnementale. Il est nécessaire d'agir à d'autres niveaux. Je n'ai aucune relation particulière avec ces mouvements, mais dans le domaine de l'écologie, je crois que j'ai mon mot à dire...

Est-il exact que tu passes tes loisirs à jardiner?

Pas tout à fait! En fait, je dispose d'une grande propriété en Angleterre entourée d'un immense jardin. Deux hommes y travaillent en permanence. Mais ma passion pour le jardinage se limite aux pipéracées. Et en particulier les poivriers du Chili. J'adore la cuisine épicée. C'est la raison pour laquelle je suis intéressé par cette culture. Mais je ne porte guère d'intérêt aux fleurs ou aux arbres fruitiers.

Même aux légumes?

Non, je préfère me rendre dans les bons supermarchés et y acheter mes légumes. Ils y subissent un contrôle drastique en Angleterre. Et je préfère consommer leur marchandise que celle des particuliers qui passent leur temps à pulvériser leur production de produits chimiques...

(Version originale de l'interview parue dans le n° 36 - septembre 95 - de Mofo)

 

 

 

 

Jethro Tull

The very best of

Jethro Tull a rencontré une énorme popularité au cours des seventies. Drivé par Ian Anderson, personnage excentrique et saisissant qui insistait sur l'aspect satirique des choses en jouant de la flûte d'une manière peu conventionnelle, cet ensemble insulaire est aujourd'hui à la tête de près de vingt albums, sans compter les compilations, devenus pour la plupart des best-sellers. Difficile dans ces conditions de concocter un " Very best of " sans faire des mécontents. Car si la période concernée, choisie entre 68 et 82, nous semble la plus judicieuse, avec notamment "Bourée", "Aqualung", "Locomotive breath", "Living in the past", "Minstrel in the gallery", "Songs from the wood" et autre "Bungle in the jungle", nous ne pouvons que regretter l'absence de classiques comme "The witch's promise", "Sweet dream" et "Nothing is easy"… Qui a dit rien n'est facile ?