Ah que voilà le 3.268ème album de Johnny !!! Mille excuses ! Ben oui, c’est tellement facile de se moquer d’un tel personnage. Faut dire qu’on pourrait croire que par moments il aime la raillerie et qu’il en redemande ! Et qu’on ne s’en prive pas, c’est vrai. Mérité ??? Ben… je vous laisse juge…
Bon, assez de persiflage, passons aux choses sérieuses. Et pour une fois, cet album de Johnny, c’est du sérieux. Un double album enregistré à Paris, en public, au Stade de France les 29, 30 et 31 mai derniers. Trois dates pour le ‘Tour 66’, un album live grandiose, magique, témoignage de la dernière tournée d’un des plus grands artistes français. La première phase du périple a rassemblé près d’un million de fans dans les stades (dont 3 soirs complets au Stade de France, devant 250 000 fans). Un million de spectateurs ont assisté au concert donné par Johnny Hallyday le 14 juillet à la Tour Eiffel. Cinq millions de téléspectateurs ont vécu en direct sur TF1 les concerts du Stade de France.... C’est bien ce que je disais, un (très) grand artiste…
Ce double cd réunit 34 titres et non des moindres. Toute la carrière du plus belge des chanteurs français (NDR : à moins que ce ne soit l’inverse ?) est passée en revue durant près de deux heures. Tout y est, absolument tout. Un must pour qui ne connaîtrait pas sa carrière et qui souhaiterait en avoir une illustration quasi complète.
Johnny nous rechante ses succès des sixties, des adaptations françaises de hits anglais et/ou américains. Parmi les plus notoires on épinglera « Le pénitencier » (NDR : « The house of the rising sun », dont la version anglo-saxonne la plus célèbre demeure toujours celle des Animals), « Je veux te graver dans ma vie » (NDR : « Got to Get You into My Life » des Beatles), « Blue Suede shoes » de Carl Perkins (NDR : immortalisée par Elvis Presley), « Noir c’est noir » (« Black is Black » des Los Bravos), etc. Sans oublier ses tout grands hits : « Ma gueule », « Que je t’aime », etc. Il balaie une période de plus de 40 ans de sa carrière. Ce double live est une véritable machine à remonter le temps ! Les fans de la première heure y retrouveront tout ce qui a fait la légende et contribué à faire durer ce personnage tellement populaire, issu d’une époque dont il ne reste quasiment que le seul ‘survivant’.
Techniquement, les enregistrements sont parfaits. Performance d’autant plus étonnante que la majorité des concerts se sont déroulés dans des stades à l’acoustique plus que douteuse. Ici, l’ingénieur du son a fait du tout bon boulot. On parlerait même de miracle si on ignorait que beaucoup d’albums live sont en fait retravaillés en studio avant leur enregistrement final. Mais force est de constater que la réalisation de ce double Cd est réellement excellente.
Johnny n’a visiblement rien perdu de sa voix, ‘instrument principal’ d’un artiste ayant basé principalement sa carrière sur l’interprétation ‘bien personnelle’ de hits taillés sur mesure pour lui par autant d’auteurs et de compositeurs de talent qui ont mis en exergue son puissant organe vocal. Citons en passant Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, Pascal Obispo, Zazie ou encore Maxime Leforestier. Que du beau monde !
Bien épaulé par une formation de quatorze musiciens et soutenu par deux choristes, le rocker sexagénaire (NDR : 65 ans depuis le 15 juin) a visiblement encore du punch à revendre et il le démontrera tout au long de sa tournée d’adieux (vraiment ?) Puissent ces concerts avoir vraiment la qualité de ce double album !
En recevant le disque, il y a un peu plus d’une semaine, je me demandais ce que j’allais en faire après l’avoir critiqué. Maintenant, je le sais. Je le garde !!!