Derrière Grampall Jookabox se cache David ‘Moose’ Adamson, un ancien membre d'Archer Avenue et de Bigbigcar. Originaire d’Indianapolis, ce curieux personnage est passionné par les phénomènes paranormaux. Pour cet Américain, le monde actuel n’a d’ailleurs aucune importance. A chacun sa philosophie ! Par contre, musicalement, le personnage ne manque pas d’idées. Influencée à la fois par le blues, le folk, le hip hop, l'electro et le rock hip-hop, sa musique est même particulièrement originale.
Après un premier opus intitulé « Scientific Cricket », Grampall Jookabox remet le couvert en signant « Ropechain » sur le label Asthmatic Kitt, écurie appartenant à Sufjan Stevens. A première écoute, cet elpee peut paraître inconsistant ; mais après plusieurs auditions, on se rend compte qu’il est bien plus élaboré qu’on imagine. Et spirituel, dans le sens le plus abstrait du terme. Rien que sa voix gonflée à l’hélium semble venir de l’au-delà. Elle est même carrément fantomatique sur « Ghost » (NDR : of course !) Ce qui n’empêche pas Adamson de manifester son intérêt pour la musique africaine (« Black Girls », « Old Earth, Wash My Beat »), de se lancer dans l’une ou l’autre expérimentation habile (« Let’s Go Mad Together » « Strike Me Down ») ou encore de s’abandonner dans une forme de pop/folk dérangée (« Ropechain »). Bref, ne soyez pas étonnés, en découvrant ce disque, de rencontrer des spectres aussi illustres ou surprenants que ceux de Daniel Jonshston, Beck, PIL, Beach boys, Panda Bear, Yeasayer ou encore Black Dice. Bienvenue dans l’univers irrationnel, sis quelque part entre la vie et la mort, de Grampall Jookabox. Divagations garanties. Envoûtement envisageable. Mysticisme garanti, mais sur facture. Bref, un opus qui sort de l’ordinaire sans jamais se révéler extraordinaire. Allo la terre !