Le cœur brisé de Peter Kernel

Le groupe Peter Kernel vient de partager le single « Heartbreak ». Accompagné d’une vidéo, il raconte le chagrin d'amour non comme un événement soudain, mais comme une présence familière et récurrente, une habitude difficile à abandonner, faite de désir, de…

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Julian Plenti

Alone Again Or…

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Paul Banks tombe le masque. La figure de proue d’Interpol met ses agents à l’écart pour mieux se glisser sous la peau de Julian Plenti, son alter-ego. L’homme, habitué aux salles d’ampleurs conséquentes, fait momentanément machine arrière et se tourne vers les petits clubs pour y présenter une première œuvre en solitaire, « Julian Plenti Is… Skyscraper ». Une tournée des clubs qui s’est arrêtée au Botanique ce 5 décembre.

Invité de Julian Plenti sur toute la tournée, I’m In You, combo originaire de Brooklyn, se charge d’ouvrir le bal. La formation au nom ridicule débute sa prestation sur une brillante démonstration de rock puissant et joliment construit. Un set qui commençait donc très bien jusqu’à ce que le petit gars à l’extrême gauche de la scène ne cède le micro au gars du centre, qui se révèle être le leader de la troupe. L’enchaînement est pénible. A priori harmonieuses, les mélodies du combo subissent une véritable agression vocale qui gâche l’ensemble. Mes tympans deviennent spontanément hermétiques à la suite de la prestation. Le niveau ne va remonter que lorsque le premier interprète reprend le crachoir, le temps d’un morceau. I’m In You est définitivement une formation qui gagne à ouvrir les yeux… et les oreilles surtout !

Julian Plenti et ses acolytes prennent place sur les planches sur le coup des 21h15. Salutations rapides avant d’entrer dans le vif du sujet. « Fly As You Might » marque délicatement le début du set, suivi par « Chance Of Survival ». Les premiers morceaux l’attestent : nous ne sommes définitivement pas à un concert d’Interpol. Paul Banks est décontract’. Le costard est resté au placard. A sa droite, un guitariste hyperactif fait son show, sautillant sur quasiment tous les titres, même les plus calmes. « Julian Plenti Is… Skyscraper » est parfaitement transposé en ‘live’. Banks a manifestement eu le temps de travailler sur ses vocalises. Un point positif lorsque l’on sait que celles-ci peuvent parfois être assez approximatives quand il entouré de ses collègues d’Interpol. Le jeu scénique de la troupe est plutôt sobre. De toute évidence, Julian Plenti n’est pas là pour amuser la galerie. Et le public belge semble apprécier, d’autant plus lorsque l’interprète lui passe de la pommade avec l’inusable rengaine ‘This is a beautiful city, we love playing here’…

« Into The White », une sympathique reprise des Pixies suit l’excellent « Only If You Run » et « Unwind », dont les trompettes sont brillamment remplacées par le violoncelle. Le set se conclut par « Goodbye Toronto », une compo inédite introduite par quelques notes d’un « Let It Snow » de saison, bien qu’abordé de manière plutôt sarcastique. Un petit rappel plus tard, Banks et ses musiciens effectuent le retour ‘obligatoire’ sur la scène de l’Orangerie. Ils entament alors une reprise du splendide « A Horse With No Name » du groupe America et y font tout à fait honneur. Le concert s’achève ensuite sur une version musclée du single « Games For Days », prouvant une fois pour toutes que Julian Plenti n’a rien à envier à Interpol…

Organisation : Botanique

(Voir aussi notre section photos)

 

Julian Plenti

Julian Plenti is… Skyscraper

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Il n’aura même pas essayé de dissimuler sa véritable identité, le bougre. Il faut dire que doué d’une voix comme la sienne, Paul Banks, leader d’Interpol, aurait difficilement pu cacher à son public qu’il était l’homme derrière cet étrange pseudonyme. Julian Plenti est l’homme qui permet à son créateur de se perdre dans des divagations pop-rock que ce dernier ne se serait pas nécessairement permis en compagnie de sa formation initiale (« Unwind », « H », « Girl In The Sporting News », « Fly As You Might »…), même si certains morceaux auraient pu figurer dans l’une ou l’autre œuvre d’Interpol (« Fun That We Have », « Games For Days », « Only If You Run »). Banks se fait plaisir en ranimant ce vieux projet laissé pour mort suite à l’avènement du succès incontrôlé de sa troupe. De ses archives, Julian Plenti a extirpé onze écrits à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre de l’homme derrière le personnage.

« Julian Plenti is… Skyscraper » est le parfait antidote à l’impatience que pourraient éprouver les fans d’Interpol. Plus particulièrement ceux qui ont éprouvé une relative déception à la sortie de « Our Love To Admire », troisième recueil d’Interpol dont beaucoup reprochait le côté statique. Banks applique ici le ‘damage control’ avec brio. Reste à voir si cette incartade octroiera un nouveau souffle à son quatuor dont le quatrième essai est attendu dans le courant de 2010.