Le cœur brisé de Peter Kernel

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Un diptyque pour Then Comes Silence

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Enregistré sous Ex:Re

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Kira Skov

Spirit tree

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En 20 années de carrière, Kira Skow a publié 15 albums, dont le dernier, « Spirit tree », est paru en mai dernier. Etablie aujourd’hui à Londres, elle compte, parmi ses amis, des artistes incontournables comme Jeff Beck (en compagnie duquel elle a enregistré un elpee), Tricky, Trentemøller, Bonnie Prince Billy, Mark Lanegan ou encore John Parish. Et pour concocter son nouvel opus, la Danoise en a invité beaucoup d’autres, dont les trois derniers cités. Elle y partage 14 duos en 56 minutes.

Le long playing s’ouvre par « We won’t go quietly », une compo écrite suite au décès de George Floyd, à laquelle Will Oldham apporte sa touche vocale masculine.

Steen Birger Jørgensen chante d’un baryton profond, à la manière de Leonard Cohen, « In the end », sur le rythme d’une valse…

Mette Lindberg s’autorise des envolées à la Kate Bush sur « Dusty Kate », un morceau cajolé par les superbes effluves au violon de Maria Jagd. Des interventions judicieuses qui illuminent de nombreuses plages de cet LP.

Les envolées lyriques de « Pick me up » nous plongent au cœur des Balkans, alors que le timbre Stine Grøn entretient un climat de mystère…

Derrière le micro, Mark Lanegan se forge sa propre « Idea of love ».

Les voix de Kira et Marie Fisker se conjuguent et s’enroulent autour du violon, dans l’esprit d’un Warren Ellis, tout au long du vaporeux et mélancolique « Tidal Heart ». Marie chante également « Burn down the house », un titre jazzyfiant (ce saxophone !) qui aurait pu figurer dans le répertoire de Jay-Jay Johanson. Johan Parish ne s’est pas chargé de la mise en forme, mais il tâte des percus sur ce morceau, chante avec Kiria sur « Marie », mais aussi répond et interpelle Jenny Wilson sur le cuivré, presque raggaeton « Horses ».

Lionel Liminana s’exprime en spoken word sur « Deep poetry », une piste qui s’achève dans une atmosphère ‘cabaret’.

Ballade mid tempo, « Ode to the poets » reproduit un dialogue imaginaire entre Kerouac et Dylan Thomas, alors que si la voix de Mette Lindberg emprunte des inflexions à Melanie, la mélodie semble parfois calquée sur le « Walk on the wild side » de Lou Reed.

En finale, Lenny Kaye, le fidèle gratteur de Patti Smith, contribue aux vocaux, pendant que la trompette de Tobias Wiklund épouse des arabesques dont Steven Brown était si friand chez Tuxedomoon.

Un album introspectif qui aborde les thèmes de l’amour et de ses fragilités, mais aussi de la mort, sujet qu’elle développe, suite à la disparition de son compagnon, le bassiste Nicolai Munch-Hansen…