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La vérité selon RORI

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Laurent Voulzy

Florilège

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Comme bon nombre d’artistes, Voulzy s’est prêté à la rhétorique du ‘best of’ afin de conclure une année 2020 chargée d’une actualité aussi riche qu’intense, mais qui restera à jamais ancrée dans les esprits tant pour ses désastres économiques que sociaux.

La sphère culturelle en général et celle de la musique en particulier n’ont pas échappé à ces ravages.

Alors que les ventes de disques s’étaient déjà distinguées par une diminution conséquente au profit des majors du streaming ; bon gré, mal gré, le sieur Laurent est parvenu à braver ces courants austères pour le plus grand bonheur des mélomanes…

Figure majeure du paysage musical français, l’artiste s’est ainsi offert le luxe d’une rétrospective d’une trentaine de chansons tirées des neuf albums parus depuis 1979. Faut dire que son dernier opus, « Saisons », remonte quand même à 2003 !

Si le grand-public s’y retrouvera en écoutant les inéluctables « Belle-Ile-en-Mer Marie-Galante », « Le Cœur grenadine », « Rockollection » ou encore « Le Pouvoir des fleurs », le véritable aficionado se réjouira de la présence de titres moins connus du grand public, et que l’auteur-compositeur-interprète affectionne tout particulièrement, comme « Marie Quant », « Bungalow vide », « Flirt » ou encore « Amélie Colbert ».

Bien qu’audacieuse, cette sélection offre de jolis contrastes et des ambiances variées, souvent chaudement sucrées, tout en conservant une structure cohérente propice à l’apaisement….

Un opus qui permet d’avoir une vue d’ensemble d’un répertoire où foisonnent des compositions parfois drôles, intéressantes ou iconoclastes à l’instar de « Les nuits sans Kim Wilde ».

Grâce à ses accords ouatés et sa voix veloutée, Voulzy est parvenu, parfois aidé de son comparse de toujours Alain Souchon, à souffler un vent de fraîcheur sur la chanson française tout en conservant un format populaire mais jamais populacier…

Histoire de marquer le coup, il a glissé sous le sapin un nouveau titre baptisé « Loreley, Loreley ».

La légende de Loreley raconte l’histoire d’une nymphe perchée sur un rocher, qui attirait les navigateurs du Rhin jusqu'à leur perdition par ses chants, comme les sirènes de la mythologie grecque ancienne.

En espérant que le timbre de voix de Laurent ne produise jamais le même effet….

Alain Souchon et Laurent Voulzy

Des frères de son…

Écrit par

Le concert de Voulzy et Souchon était sold out depuis un bon moment. Il a fallu attendre plus de 40 ans avant de voir les deux complices se produire ensemble, sur une même scène. Laurent a 66 balais et Alain en compte 71 ; et pourtant, pour des artistes proches de la retraite, ils sont encore bien alertes. La musique conserve. Aznavour a déjà fêté ses 92 ans. Juliette Greco, ses 88 printemps. Et Henri Salvador a tiré définitivement sa révérence à un peu plus de 90 piges. Laurent et Alain sont avant tous des potes, pas des frères de sang, mais des frères de son. Ils sont si complices, si proches. En règle générale, le premier est responsable des paroles ; et le second, de la musique. Depuis quatre décennies, ils alignent les hits intemporels qui parlent de la mer, des îles, de l'amour et des filles.

Le rideau est tiré. Vers 20h10, le spectacle peut commencer. D'abord par une présentation des artistes à travers une projection de photos rétrospectives…

Laurent débarque par la gauche et Alain par la droite, en écartant légèrement le rideau. Ils commencent en duo par « J'ai Dix Ans ». Ce qui ne nous rajeunit pas. Une compo signée Alain, au cours de laquelle Laurent se consacre à la guitare électrique. Le rideau s'ouvre enfin complètement et laisse apparaître le backing group. Les musicos sont vêtus de costards cravates de couleur noire sur chemises blanches. Laurent change de gratte. Il opte pour une semi-acoustique. Il attaque « Bubble Star », une plage issue de sa plume ; Alain se charge des backing vocaux. Un titre tapissé par le piano hammond. Et le set d’embrayer par « Jamais Content », un morceau dévolu à d'Alain. Manifestement, un départ empreint de nostalgie…

Place ensuite à un extrait de leur dernier opus, « Alain Souchon et Laurent Voulzy », paru l’an dernier, « Il Roule (Les Fleurs Du Bal) ». Les deux compères chantent en duo. Et embraient par « Caché Derrière », « Et Si En Plus Y A Personne » et « Oiseau Malin ». On assiste alors à la projection d'un tableau peint à la fin du XIXème siècle représentant une baie qui a conservé le même aspect, malgré le temps qui s’est écoulé depuis. Le tandem explique alors ce qui les a poussés à écrire cette chanson intitulée « Baie Des Fourmis ». Alain prend le relais pour la sienne baptisée « C'Est Déjà ça ». Pas vraiment une de mes préférées. « Poulailler Song », c’est le moment choisi par Alain pour faire le pitre. Il sautille en imitant une poule. C’est touchant et marrant à la fois. Le rideau se referme et la paire s’approche du bord de l’estrade pour aligner, paisiblement et en duo vocal, simplement soutenus par la gratte de Laurent, « Fille d'Avril », « Le Rêve du Pêcheur », « Somerset », « Bidon » et « Allo Maman Bobo ». Le backing group est de retour pour « La Ballade de Jim ». Un peu mollasson jusqu’alors, surtout dans la fosse, le public se réveille soudainement. Les spectateurs quittent leurs sièges et se précipitent vers le podium. Curieux, le personnel de la sécurité ne bronche pas. A partir de cet instant, l’auditoire va commencer à s’animer. Une nouvelle compo : « Souffrir de se souvenir ». Elle est testée au piano. La voix de Laurent est envoûtante. Mais quand les premiers accords de « Cœur grenadine » résonnent, la formation reçoit une véritable ovation.

Pour nous rappeler que le set est ‘live’, « Le Bagad de Lann Bihoué » et « Jeanne » souffrent de quelques petits problèmes techniques. Très belle chanson signée Laurent, « Amélie Colbert » évoque la métropole ; mais elle sent également bon le soleil et les embruns. A l’instar de « Le Soleil Donne » et « Le Pouvoir Des Fleurs », au cours desquelles sa voix est douce est belle. A cet instant on boit littéralement les paroles. Un vrai bonheur ! Le public est débout depuis belle lurette et ne veut pas manquer une goutte du spectacle. 120 minutes se sont écoulées quand « Derrière les mots » clôt le show. Une dernière piste issue du nouvel opus. Laurent a empoigné sa guitare de couleur bleue. Il utilise sa voix –alors empreinte d’une grande tendresse– comme un instrument. L’auditoire leur adresse alors deux minutes d’ovation.

Les artistes quittent la scène, pour y revenir presque aussitôt. Et le rappel sera d'enfer.

Laurent est toujours armé de sa six cordes. Il signale qu’il va nous faire découvrir une chanson dont il a écrit les paroles : « Foule Sentimentale ». Alain lui réplique que c'est son boulot d'écrire les paroles. Fou rire général ! Toute la salle est debout pour participer à l’inévitable « Rock Collection », avant de vivre un final de haut vol à travers « Belle Ile En Mer, Marie Galante ».

C'est la première fois que votre serviteur assiste à un set de ces deux monstres sacrés de la chanson française. Et je dois avouer que leur prestation m’a véritablement enchanté. D’abord parce que ma jeunesse a été bercée par leur répertoire. Et puis, parce que le concert était à la fois classieux et réglé comme du papier à musique. A cet égard, il faut reconnaître que l'ingé-son a littéralement fait des miracles. Et vu la configuration de la salle, le challenge n’était pas gagné d’avance. 

Alain Souchon et Laurent Voulzy seront de retour ce 13/11/2015 au Country Hall de Liège et le lendemain, soit le 14/11/2015, au Palais 12 de Bruxelles.

(Photo : Denis Tribhou)

Organisation : A. A. Productions en accord avec Backline/VMA et Lling Mucic

Alain Souchon et Laurent Voulzy

Derrière les mots

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Tout a commencé il y a quarante ans. Quatre décennies plus tard, la boucle est-elle bouclée ?

Alain Souchon, alors âgé de 31 ans, est reconnu pour sa plume. Il rencontre, par l'intermédiaire de Bob Socquet, son directeur artiste chez RCA, Laurent Voulzy, également signé sur le même label.

Ce dernier, 27 ans, fait déjà l'unanimité pour ses talents d'arrangeur et compositeur. Il sera, entre autres, guitariste et chef d'orchestre pour Pascal Danel, de1969 à 1974.

Les deux artistes deviennent instantanément amis et complices artistiques.

Dans la foulée, Alain Souchon sort son premier album « Petite annonce » (1974).

Voulzy assure la direction musicale et les arrangements pour huit des onze morceaux.

"J'ai dix ans" devient le fer de lance de deux carrières ‘solo’, chacune dans un style différent.

Leur fidélité en amitié laisse supposer que les deux compères en sont à leur énième album ‘à deux voix’.

Il n'en est rien !

"Derrière les mots" est bien le premier. Il recèle douze pistes.

La pochette représente la modestie dans toute sa sérénité. Les deux potes sont libres comme l’air. Appréciable.

Souchon et Voulzy s’inspirent de nostalgie, du présent, de mélancolie, d'amour et d'horizons.

Ils gardent un oeil ouvert et rêveur sur le monde qui les entoure.

Ils s'expriment à l’aide de mots délicatement sélectionnés, souvent simples et poétiques.

La tentation de détricoter cet elpee afin d'en deviner qui a fait quoi n'a aucun intérêt.

Seul le résultat de leur complémentarité est intéressant ; et il est bien plus que satisfaisant.

Cinq morceaux m'ont, particulièrement séduit : "Il roule (les fleurs du bal)", "Consuelo", "En Ile de France", "Oui mais" et "Bad boys".

Deux morceaux plus faibles quand même : "Ils étaient deux garçons (trois)" et "On était beaux"

Trente neuf secondes pour le premier et trente trois secondes pour le deuxième.

Qu'il s'agisse d'un choix commercial ou artistique, ils résonnent comme un coup d'épée dans l'eau.

En réalisant cette chronique, j'ai appris que Consuelo était la femme d'Antoine de Saint-Exupéry.

Depuis le 24 novembre 2014, cet album est dans les bacs. Il devrait garnir de nombreux sapins de Noël…

 

Laurent Voulzy

Dites-le avec des fleurs…

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Hier, j’suis allé voir un ‘vieux’ en concert ! Un vieux bonhomme de 64 ans ! Un papy ! Oui, je sais, n’est pas l’seul. Y’a l’aut’ band de cinglés qui, de l’autre côté du Channel, font également de la résistance.

Dans un vieux théâtre encore bien plus âgé que le chanteur, les fauteuils et le décorum appartiennent eux aussi à une autre époque, un siècle d’existence au bas mot…

Le rouge domine. Tout est rouge, du sol au plafond, moquette, sièges, murs, tout, absolument tout, même le gilet de l’ancêtre adoptera le coloris, ce soir.

L’ancêtre, c’est Voulzy, Laurent Voulzy, frère de sang et de cœur de Souchon, Alain Souchon. Son alter ego, sa moitié, son bras droit, celui qui tient la plume et qui fait danser les mots sur les partitions géniales écrites par l’autre main, celle de Laurent.

Vieux… Ben faut croire que moi aussi j’suis vieux, puisque je dois avoir acheté son premier 45 tours, il y a près de 35 ans ! « Rockcollection », je devais avoir 14/15 ans à tout casser. Ça ne date pas d’hier, hein ! On est milieu des seventies, si ma mémoire ne me fait pas faux bond. Mais en près de 4 décennies, l’eau a coulé sous les ponts. Voulzy a pondu un véritable chapelet de hits en seulement 4 elpees studio, de 1979 à 2011. Ouais, pas pressé le mec. A sa décharge, il compose pour son pote et pour d’autre encore. Et puis, comme il le dit lui-même, il n’y a pas d’urgence. Chez lui, la qualité prend le pas sur la quantité.

En 2011, il publie un album concept qui transporte ses auditeurs en plein Moyen-âge de l’autre côté de la Mer du Nord. L’opus surprend mais reste néanmoins d’excellente facture. Musicalement, il tape dans le mille, usant d’instruments acoustiques nouveaux et anciens avec un égal bonheur.

Ce soir, c’est donc le ‘Lys & Love Tour’ qui nous est proposé, dix ans après la tournée qui illustrait « Avril », tombé dans les bacs, en 2001.

Fait pas chaud ce soir à Lille. En outre, les organisateurs en mettent du temps pour nous laisser entrer. Pour un spectacle prévu à 20h30, on n’ouvre les portes qu’à 19h45. On a déjà vu mieux…

Soit, on y est, ne boudons pas notre plaisir. La salle, 1000 sièges en tout et pour tout, se remplit rapidement et lorsque Sirius Plan prend possession de quelques mètres carrés, à l’avant-scène, tous les beaux fauteuils sont occupés. Les trois filles, jolies, ce qui ne gâche rien, sont présentées en voix off par Laurent lui-même avant d’entamer un mini-set de cinq morceaux jouissifs et dynamiques à souhait. Le public bien que majoritairement plus que cinquantenaire, dans l’ensemble, se laisse prendre au jeu et les deux derniers titres sont interprétés devant une foule conquise, debout et super excitée. Chapeau mesdemoiselles ! A revoir d’urgence…

Quelques réglages plus tard, la sonnette retentit (ben oui, on est au théâtre) et chacun regagne sa place avant d’être plongé dans une semi-obscurité. Place alors aux premiers accords d’« Un ange passe », introduction instrumentale, qui plonge immédiatement l’auditoire dans un décor et une ambiance baroque. Cloches, violon, violoncelle, harpe, chandeliers géants, bougies au sol et autre bouclier, tout nous rappelle l’époque des châteaux forts, des seigneurs et des folles épopées amoureuses de ses preux chevaliers. Laurent Voulzy lui-même a revêtu des habits qui collent à l’histoire : pantalon noir, chemise à jabot et dentelles aux poignets des manches, foulard et petit gilet de velours rouge. Par contre ses musicos, deux jeunes filles charmantes et trois messieurs un peu moins jeunes (ils se partagent une bonne dizaine d’instruments) sont accoutrés comme le commun des mortels de notre siècle. Marrant ! Le style musical, lui, ne se départira pas de l’époque médiévale. Astucieusement, Laurent mélange la quasi-intégralité de son dernier long playing à des titres plus anciens mais tout en gardant la même ligne de conduite. Un timbre moyenâgeux est toujours bien présent sur chaque morceau, même sur une reprise fabuleuse, « Scarborough Fair » de Simon & Garfunkel, est revisitée d’une façon incroyable. Mieux que l’original, tout en finesse, chœurs et subtilité. Quel talent !

Discret jusque là, Laurent se met à dialoguer de plus en plus avec son public, allant même jusqu’à téléphoner en direct à son ami de toujours qui, lui aussi, via un smartphone, échange quelques mots avec les fans lillois. Info ou intox ? Tout est possible vu la performance des téléphones portables actuels… Peu importe, l’essentiel réside dans la communion entre l’artiste et son public. Plus le concert avance, plus Voulzy se déride. Les tubes s’enchaînent, les cordes vocales tiennent le coup même si de temps à autre, ce sont celles de sa guitare qui donnent à frémir, par deux ou trois fois. Un trou de mémoire amuse la galerie et c’est le bassiste qui vient au secours de son seigneur. La bonne (l’excellente) surprise vient des instrumentistes, tous pétris de talent pour leur doigté musical ; mais que dire alors de leur prestation au micro… Rien, y’a rien à dire, juste se taire, écouter et se laisser envahir par la beauté, l’émotion. Les arrangements sont somptueux d’élégance, les voix sont divines tant chez les filles que chez les garçons. Voulzy a eu la main heureuse en dénichant trois jeunes collaborateurs pétris de talent : le bassiste, la harpiste et la violoniste. Les deux autres aux claviers et aux percussions sont des fidèles, des complices de longue date, ce qui n’enlève rien à leur mérite. La soirée se poursuit magnifiquement par quelques titres affichant pour la plupart une bonne dizaine d’années : « Liebe », « Paradoxal système », « Le pouvoir des fleurs », « Belle-Ile en mer ». Le public est ravi et Laurent le laisse chanter mais, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, il corrige avant de faire reprendre en s’assurant que la note est correcte.

Mais la nuit avance, deux heures déjà que le set a débuté. « Jeanne » et « J’aime l’amour » sonnent le glas. L’artiste se retire sous les acclamations mais ne peut rester longtemps dans les coulisses. C’est sous les ‘On n’est pas fatigué’ qu’il refait surface en répliquant tout sourire ‘Moi non plus’.

S’ensuit alors une petite histoire de rencontres dans les rues de Lille qui donnent lieu à quelques reprises raccourcies de chansons qu’il n’a pu insérer dans sa ‘set-list’, par manque de… temps…

« Fille d’avril », « Le cœur grenadine », « Karin Redinger » retrouvent la place qu’ils méritent.

Finalement au bout de deux heures trente, « La nuit » clôture définitivement le show de ce ‘vieux bonhomme’ qui nous a, une fois de plus, éblouis par la beauté de ses chansons, par sa gentillesse et son professionnalisme.

Ben, les p’tits jeunes, prenez-en de la graine car le pépère Voulzy a vraiment plus que de beaux restes, il pourrait même vous remonter les bretelles si votre ‘la’ n’était pas juste, juste…

Les fleurs, il les a reçues de quelques ‘jeunes dames’, les a précieusement gardées et il a même accepté de signer l’un ou l’autre autographe pour les admiratrices les plus persévérantes.

Quand on vous dit qu’il est gentil…

Superbe soirée, un remède bien meilleur que les antidépresseurs prescrits en cette période grise, froide et triste…  

OrganisationVérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Laurent Voulzy

Lys & Love

Écrit par

La soixantaine déjà bien entamée (il est né en 1948), Laurent Voulzy, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, nous sort seulement et hélas, ajoutera-t-on, son cinquième album studio. « Le cœur grenadine » date de 1979, « Bopper en larmes » de 1983 et ensuite, il faut quasiment attendre une petite dizaine d’années avant de pouvoir se mettre sous la dent une nouvelle galette de ce Guadeloupéen, Parisien d’adoption et ‘petit frère’ de cœur d’Alain Souchon. Certains diront que c’est une forme de paresse, d’autres parleront de souci du détail…

Quoi qu’il en soit, Laurent Voulzy est parvenu à fidéliser un large public et a signé une vingtaine de tubes comme chanteur en seulement quatre albums, et plus d'une trentaine comme compositeur pour Alain Souchon. A ce titre et rien que pour cette raison, même si on peut parler de lenteur excessive ou bien de perfectionnisme exacerbé, la parution d’un nouvel album de Laurent est un (petit) événement en soi.

« Lys & Love » ne déroge pas à la règle, événement il y a. L’objet en lui-même est déjà une œuvre à part entière. Pochette cartonnée luxueuse, photo de couverture superbe (Voulzy de dos au sommet d’une falaise en bord de mer), carnet richement illustré, paroles imprimées dans les trois langues utilisées, parfait !

Et le contenu ? A la hauteur du contenant ?

A la première écoute, c’est la surprise, la grosse, l’énorme même. Pas de tube immédiat à l’horizon. Les fans de la première heure seront passablement étonnés. On est à des lieues des hits qui nous harponnaient toutes les trois/quatre minutes sur « Caché derrière » ou « Avril ».

Laurent Voulzy tente ici un pari, un projet atypique. « Lys & Love » se lit, se regarde, s’écoute comme une suite de tableaux. L’objet de tous les désirs est « Jeanne » femme rencontrée sur « Le tableau » en 2010 et qui va replonger cet éternel amoureux en 1400. C’est par ce morceau que débute l’opus, titre plus chuchoté que chanté, déclic historique, clé qui nous ouvre une porte vers le Moyen-âge. De l’autre côté de la Manche, quelque part au milieu de vieilles ruines perdues dans les brumes des Cornouailles…

La quête de l’artiste est parsemée d’épisodes relatifs à l’histoire de France, aux croisades, à la recherche perpétuelle de l’amour et aux légendes moyenâgeuses. Rêve d’enfance et de jeunesse !

Musicalement, à la fin de l’œuvre, l’impression laissée est que le premier instrument et le principal sont les chœurs. Tout semble s’articuler autour de ceux-ci. Envoûtants, ils donnent une dimension réellement aérienne aux plages phares que sont « En regardant vers le pays de France », « Ma seule amour », « Le ciel et la terre » et « La neuvième croisade ». Fausse impression cependant, car Laurent laisse éclater son immense génie musical sur d’autres perles dont le premier single issu de l’album, l’excellent « Jeanne » ou encore le très médiéval « Blackdown », caractérisé par son instrumentation d’époque (?)…

« C’était déjà toi » sera probablement le second single issu de cet album. Du Voulzy pur jus, coécrit avec son compère de toujours à qui l’on doit encore les lyrics de la superbe ballade « La nuit ».

Deux morceaux absolument fabuleux captent inévitablement encore l’attention, « Ma seule amour », poème de Charles d’Orléans génialement mis en musique, tout en chœurs et en subtilité et dont le refrain, en anglais, est confié à Roger Daltrey (ex Who), véritable pépite de la chanson française depuis perpète.

Reste une toute grosse pièce, « La 9ème croisade », plage d’un quart d’heure, aux rythmes et sonorités arabes, envoûtant l’auditeur dès les premiers arpèges. Le texte est un poème d’Abu Firas à nouveau retravaillé, pétri par les mains de Laurent qui en fait une croisade d’amour ; sa croisade, sa quête vers l’amour absolu qu’est sa ‘Jeanne’. Ce titre, en première partie tout empreint d’une couleur exotique arabisante se transforme en rock progressif de la meilleure veine que n’aurait certes pas renié le « Yes » de la meilleure époque (NDLR : voire même Supertramp !) Absolument dantesque !

« J’aime l’amour » résume en cinq petites minutes la finalité de ce voyage, de cette croisade d’un autre style, d’une autre époque.

Laurent Voulzy a vraiment un côté maniaque qui l’honore. Poussant le souci du détail jusqu’à introduire des sons qui laissent pantois. Cavalcades, cloches, chœurs, instruments baroques, grelots, tout y est pour nous plonger dans une espèce de ‘Merlin l’enchanteur revisité’.

Enchanteur, Voulzy l’est sans conteste, nous entraînant dès la première note dans un monde dont on ne sort pas indemne douze titres plus tard. Et dire que ce type a 63 ans et peut-être faudra-t-il attendre qu’il passe le cap de la dizaine supérieure avant de ne nous livrer sa prochaine œuvre…

La réussite absolue ! L’album français de l’année, voire de ce début de XXIème siècle ! 

 

Laurent Voulzy

La septième vague

Écrit par

Il y a le ciel, le soleil et la mer… Et cette septième vague que l’on espère. Assis sur la plage, ambiance ‘Cocktail chez mademoiselle’, il ne manque que la musique. Et voilà qu’une voix familière et chaleureuse vient demander à l’oreille : ‘Do you wanna dance’ ? Pourquoi pas… S’en suivra alors une longue nuit où on dansera, où on se baladera les pieds dans l’eau, où on se surprendra à rêver, peut-être… Mais autour du feu, on s’ennuiera hélas…

Pour son cinquième album studio, Laurent Voulzy a décidé de se faire plaisir en revisitant quelques souvenirs musicaux. Perfectionniste devant l’éternel, ce sont dix-huit classiques (voire un de plus) qu’il reprend ici, en français comme en anglais. The Doors (‘Light my fire’) et Sade (‘Smooth operator’) côtoient Brigitte Bardot (‘La madrague’) et Trenet (‘Le piano de la plage’). Excepté la reprise osée et très réussie de Montand (‘A bicyclette’, tout en pizzicato), c’est surtout de la complicité des duos que naît le charme : Voulzy invite Andrea Corr sur « All I have to do is dream » des Everly Brothers, Lenou pour un tendre « Yesterday once more » des Carpenters et, on ne l’attendait plus, l’ami Souchon plus groovy que jamais (« The 59th street bridge song », de Simon & Garfunkel). Si l’ensemble paraît alléchant, il faudra pourtant zapper quelques titres (« Santiano », « Derniers baisers ») pour ne pas risquer de s’endormir avant la fin de l’été.

« La septième vague » est un moment de calme marin, de douceur des îles. Idéal pour un duel au soleil, si l’on a le cœur grenadine…

Laurent Voulzy

Avril

Écrit par

Laurent Voulzy met facilement de 5 à 10 ans pour soigner le moindre recoin de ses albums. Il glisse de subtiles références (une intro de basse plus Pink Floyd que nature, un peu de pop hindoue à la George Harrison, un riff de guitare que l'on croit avoir entendu chez Souchon), nous caresse de ses arrangements parfaits. Trop parfaits pour nous, en fait. L'album peut s'écouler pendant une heure sans qu'on se rende vraiment compte que les chansons changent, tant l'atmosphère, très propre, est linéaire. Et ce nonobstant quelques incartades très rock dans le final d'" I Want You ".

Heureusement, une écoute plus attentive permet de déceler les perles. Laurent Voulzy ne déroge pas à ses thèmes de prédilection : les filles, la mer et les sixties, qui apparaissent à travers la plupart des morceaux. Nouveauté : Voulzy s'écarte des sujets frivoles pour parler de pauvreté, interpellant " Jésus " dans une chanson inspirée par l'action d'ATD-Quart monde ; il met aussi ses origines métissées à l'avant dans un entraînant " Amélie Colbert ", où pour la première fois il chante quelques phrases ; on apprécie aussi le fait de titrer " Héroïne ", une chanson racontant Madame Toutlemonde. " Toutes les femmes sont des héroïnes anonymes, explique Laurent Voulzy. Au fond, quelle différence y a-t-il entre une employée de La Poste et une Spice Girl ? Chacune a son charme et son talent, chaque vie a sa part de réalité et de romanesque ". Mais c'est toujours dans la nostalgie que Voulzy se montre le plus pertinent. Sur cet album, ma préférée demeure l'hommage à Mary Quant, la femme qui a inventé la minijupe. " Elle a fait un grand carnage, elle a coupé les jupes des filles les plus sages ", chante-t-il sur une mélodie très Beatles. Et Voulzy doit l'admettre : ‘Ma vie a chaviré à cause d'une couturière’. Pour séduire ces filles aux longues jambes, il s'est mis à la musique. ‘C'est pour toi Mary que je joue de la guitare’, chante-t-il.