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Lonnie Holley

MITH

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A l’âge de 68 ans, Lonnie Holley a eu une vie bien chargée. Né en 1950 à Birmingham dans l’Alabama au sein d’une famille de 27 enfants, il a grandi dans un système américain ségrégationniste et a connu les champs de coton. Ce passé a forgé son caractère et son art qu’il a développé durant toute sa vie que ce soit à travers la sculpture, la peinture ou la musique. Le seul fil rouge de l’artiste est l’expérimentation et l’engagement politique. “MITH”, son troisième opus, ne déroge pas à la règle.

D’abord, il a l’audace de proposer une plage épurée de plus de 18 minutes (“Snuck off the slave ship”). Tout en mêlant le gospel, le blues ou encore le free-jazz, Holley Lonnie revient sur les thèmes qui ont marqué sa vie tels que le racisme (“I’m a Suspect”) ou encore l’engagement politique (“I woke up in a fucked-up America”). La musique de l’Américain est cependant souvent dépouillée. A l’instar de “Back for me”, qu’il interprète seul au piano, dans un style qui évoque Benjamin Clementine, sa voix empruntant un timbre fort proche. Pourtant, lorsqu’on écoute plus attentivement les compos, on décèle une texture sonore plus riche qu’elle n’y paraît, une texture sur laquelle les nappes de voix et les instruments se superposent (”How far is Space-out?”). 

Difficile d’accès à la première écoute, cet album mérite pourtant que l’on s’y attarde, que l’on prenne le temps de le découvrir et d’explorer la musique et les paroles des différents morceaux. A cette condition, vous n resterez pas indifférent à ce long playing de ce vieux ‘sage’...