Matthew Herbert n’est pas véritablement un musicien. C’est plutôt un artiste, au sens premier du terme. Son troisième elpee « One Pig » clôture sa trilogie « One », démarrée en 2010 et vise, selon les propos mêmes de l’auteur, à produire ‘Trois albums, chacun à propos d’une chose’.
Le projet est assez élémentaire : superposer, à une musique électro, des bruits et sonorités issus de la vie quotidienne. Et pour ce nouvel opus, Matthew Herbert a donc superposé, comme l’annonce son titre, des sons de… cochons ! Sons originaux des animaux, directement enregistrés depuis une ferme d’élevage.
Par conséquent, attendez-vous à découvrir, au détour de votre écoute, des bruits de dispute, de naissance et même de mort de nos compères à quatre pattes. Le titre « August 2010 » ira d’ailleurs jusqu’à proposer, mélangés à des mélodies électro assez bien construites, des bruits d’urine ! Par conséquent, si on ne peut nier le travail accompli, nul doute que l’auditeur lambda restera probablement de marbre face au style d’Herbert, assurément décalé…
Après quelques écoutes, on ne peut donc qu’être partagé entre d’une part, le message honorable véhiculé, à savoir la dénonciation des conditions de vie abominables des porcs au sein de la chaîne alimentaire, et d’autre part le résultat obtenu ainsi que l’aspect forcément pour le moins étrange du projet. Les 10 pistes s’écoutent donc par curiosité, mais ne se réécouteront probablement pas.
En conclusion, cet album est de ceux qui ne laissent pas indifférent, dans un sens ou dans l’autre, sans demie mesure… puisqu’une association de défense des animaux a d’ores et déjà porté plainte et tente d’empêcher sa distribution, estimant que l’artiste ‘rend amusant la cruauté animale’. Alors même que de l’avis de son auteur, c’est l’exact but inverse qui est poursuivi. Sans doute s’agit-il ici d’un énième artiste incompris ?
Etonnant et indubitablement original, « One Pig » est donc à réserver à un public averti.