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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Nick Cave & The Bad Seeds

L’antidote au désespoir de Nick Cave & the Bad Seeds

Nick Cave & The Bad Seeds annoncent leur nouvel album live « Live God », témoignage saisissant de la tournée ‘The Wild God Tour’ qui a enthousiasmé le public au Royaume-Uni, en Europe et en Amérique du Nord en 2024 et 2025. À travers 18 titres enregistrés en live, l'opus capture la nature follement transcendante de ces concerts inoubliables qui étaient, selon les propres mots de Nick Cave, ‘un antidote au désespoir’.

Prévu pour le 5 décembre, « Live God » est précédé par le single « Wild God (Live God) ».

La liste des titres comprend des interprétations de chansons issues de l’elpee studio « Wild God », sorti en 2024, ainsi que des versions de morceaux phares tels que « From Her To Eternity », « Papa Won't Leave You », « Henry » et « Into My Arms ».

Pour sa dernière édition, la tournée ‘The Wild God Tour’ se rendra en Australie et en Nouvelle-Zélande en février 2026. Le groupe reviendra ensuite en Europe à l'été 2026 pour une série de nouveaux concerts en plein air et de participations à des festivals, qui débutera le 10 juin au château de Malahide, en Irlande, et se poursuivra en Europe. La tournée se terminera en France au festival Rock en Seine le 28 août, d'autres dates devant être annoncées entre-temps.

Cette saison épique de concerts comprend le concert à guichets fermés exclusif au Royaume-Uni qui se tiendra au Preston Park de Brighton le vendredi 31 juillet. Ce concert n'est pas seulement une date de tournée, c'est un retour aux sources. Le lien qui unit Nick Cave à la ville de Brighton est durable et unique, faisant de Preston Park 2026 un moment historique tant pour la ville que pour le groupe.

La version ‘live’ de «  Wild God » est à voir et écouter

 

Nick Cave & The Bad Seeds

Nick Cave & The Bad Seeds : 1er nom de la 20e édition du Cabaret Vert

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Dans le cadre de la 20ème édition du Cabaret Vert, NICK CAVE & THE BAD SEEDS se produiront, pour la 1e fois à Charleville-Mézières, avec un show de plus de 2h qui promet déjà d'être grandiose !

Soyez au rendez-vous de cet événement exceptionnel le vendredi 21 août 2026 à Charleville-Mézières.

Du 20 au 23 août 2025 à Charleville-Maizières.

L'ouverture de la billetterie est annoncée pour le vendredi 10 octobre 2025 à 12h.

https://cabaretvert.com/programmation/

Nick Cave

Conversations with Nick Cave : une soirée surréaliste et émouvante…

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Trois mois avant son passage prévu (et déjà complet) au Sportpaleis, en compagnie de ses Bad Seeds, Nick Cave nous gratifiait d’un double spectacle plus intimiste, baptisé ‘Conversations with Nick Cave’, au Bozar. Un concept que l’Australien avait déjà présenté chez nous, à de Roma, fin mai 2019. Une prestation alternant récital et jeu de questions et réponses (parfois farfelues), clôturée par une séance de dédicaces. Le tout pendant 3 bonnes heures. Compte-rendu d’une soirée émouvante et parfois surréaliste.

Il s’agissait d’arriver bien avant l’heure afin de frayer un passage à travers les couloirs du Bozar, ce vendredi soir. Et aussi se laisser guider, à plusieurs reprises, par des hôtesses pour trouver son siège. En effet, une bonne dizaine d’entrées (non fléchées) s’ouvrent sur cette salle Henry Le Boeuf. Un auditoire d’une capacité de 2 000 places (toutes assises), réparties entre plusieurs balcons, deux parterres (légèrement superposés) et une grande scène sur laquelle des tables étaient dressées afin d’accueillir une petite centaine de privilégiés.

Après une intro préenregistrée, Nick Cave opère une entrée sobre sur les planches et s’installe derrière son piano pour interpréter une version originale de « Papa Won't Leave You, Henry », bien que moins enragée que de coutume.

Tel un maître de cérémonie l’artiste va ensuite expliquer les règles de la représentation. Il nous précise qu’il s’agit de la toute dernière de cette thématique consacrée à ‘Conversations’. Lancées après un événement tragique (NDR : la disparition de son fils de 15 ans), ces soirées lui ont servi de thérapie. Et une occasion pour les fans de témoigner leur affection après l’ouverture du blog The red hand files.

Ce soir, les questions des spectateurs sont relayées via une dizaine de stewards répartis dans la salle, et équipés de bâtons lumineux. Steward que pointe ensuite Nick Cave lorsqu’il veut choisir un spectateur (et une question).

Il garde une certaine distance avec les groupies, en précisant qu’il refusera les demandes de photos ou les envahissements de podium, mais réservera du temps, en fin de parcours, pour accorder des autographes.

Une demande bafouée dès la première question, par un spectateur qui lui demande directement de le rejoindre sur l’estrade. La réponse est sans équivoque : ‘No’. Ou encore une autre sollicitation d’une dame qui lui propose de l’accompagner au piano. Proposition qu’il décline également. Un peu plus tard, une autre spectatrice insiste pour lui offrir des fleurs. Il accepte cette fois-ci, mais décline la bise associée. Un peu plus tard encore un autre audacieux retente sa chance en demandant un autographe. Nick accepte mais précise que ce sera ‘the last one’.

Après les plus lourdingues, place ensuite aux questions plus profondes, comme cette d’un fan qui précise écouter sa musique dans ses périodes de spleen, et demande si c’est aussi une façon pour l’auteur d’atténuer sa tristesse ? ‘Ma musique m'amène à un point plus haut. Je laisse souvent place à mes sentiments. Et je travaille beaucoup, chaque matin en essayant de les ressentir au mieux’ répond-t-il dans les grandes lignes. Un interlude (im)prévu se déroule ensuite (NDR : il a été préalablement approuvé par Cave). En l’occurrence une demande en mariage sur l’estrade. Nick précise que le futur marié doit ramener sa promise dans ses bras. Lequel, n’aura pas froid aux yeux, et s’exécutera sous une salve d’applaudissements.

Et on n’a guère le temps de s’ennuyer car les compos s’enchaînent également, dont le toujours émouvant « Into my arms » et le plutôt rare « Where's the Playground Susie ? ».

Une spectatrice surprend ensuite l’auditoire (qui ne sait trop comment réagir) en prétendant avoir vu Jésus et s'être sentie dans une autre dimension. Elle demande si Nick a déjà entendu ce genre de témoignage. Au début, l’Australien tourne la situation en dérision et le public s’en amuse. Mais elle garde son sérieux et prétend l’avoir réellement aperçu, jetant un peu un froid dans l’auditoire. Nick retrouve alors son flegme, en citant l’importance des convictions. La foule applaudit alors poliment.

Autre moment particulier, ce témoignage d’une veuve qui a accompagné son mari jusqu’à la mort (avec comme chanson culte « The ship song »). Suite à quoi le chanteur montre beaucoup de compassion en parlant de l'absence d’un être aimé. Et enchaîne directement et judicieusement par cette compo, soutenu par le public sous le coup de l’émotion.

D’autres questions plus classiques s’invitent au cours de la soirée comme celles relatives à ses inspirations pour les compositions de son dernier elpee. Suite logique, il attaque ensuite « Waiting for you », interprété comme lors d’une cérémonie religieuse.

Une personne handicapée dans la foule, s'exprimant difficilement, l’interpelle ensuite. Elle lui signale être née le même jour que lui, et lui propose, de manière touchante, de prendre un verre après le concert. Un autre moment chargé d’émotion vu la spontanéité manifestée par les deux interlocuteurs.  

Durant la soirée, outre la déprime et la mort, il aura aussi été beaucoup question de mariages, et de chansons qui s’y rapportent. Et dans ce contexte, « Are you the one I've been waiting for ? » est logiquement exécuté.

Notre homme rend aussi hommage au peintre grec Stefanos Rokos qui a réalisé, il y a 17 ans, pas moins de 14 peintures associées à l’album « No more shall we part ». A propos, une exposition est toujours ouverte à Anvers (Bernaerts Gallery) jusqu’au 9 février. Signalant au passage que ces compositions peuvent grandir auprès de chaque mélomane qui la comprend à sa façon.

Le timing semble ensuite dicté par un manager (aussi garde du corps par moment) en sentinelle sur le côté de la scène. Celui-ci n’hésite pas à signaler au leader de se lancer dans ses chansons ou de débuter l’encore. (NDR : dommage, car sans ces contraintes, Nick aurait encore laissé davantage libre cours à ces échanges).

Le rappel va cependant réserver de belles improvisations, et quelques inédits comme « Palaces of Montezuma » (Grinderman) ou encore « Shivers » (NDR : de ses jeunes années passées au sein de Boys Next Door).

Vu la durée du spectacle (plus ou moins 3 heures quand même), on peut affirmer que les spectateurs en ont eu pour leur argent (NDR : même si le prix des entrées était plutôt exorbitant). Et à ce titre, rappelons quand même l’intervention, sans langue de bois, de Cave, en début de set. Il était scandalisé en apprenant que des personnes situées au niveau de la scène avaient dû payer un supplément. Et que d’autres qui devaient s’installer à cet endroit s’étaient vues relégués sur des sièges en parterre au dernier moment. Promettant au passage de discuter avec le promoteur d’un éventuel remboursement.

Enfin pour être complet, saluons aussi la patience manifestée par l’artiste lors d’une séance de dédicaces depuis le podium qui s’est prolongée pendant un bon quart d’heure après la fin du show…

Setlist : « Papa Won't Leave You, Henry », « God Is in the House », « The Mercy Seat », « Avalanche », « Into My Arms », « Where's the Playground Susie? », « The Ship Song », « Waiting for You »,« Jubilee Street », « (Are You) The One That I've Been Waiting For? », « Sad Waters », «Love Letter ».

Rappel: « Fifteen Feet of Pure White Snow », « Palaces of Montezuma », « Shivers », « Stranger Than Kindness », « Skeleton Tree ».

(Organisation : Bozar)

Nick Cave

He's a god, he's a man, he's a ghost, he's a guru

Écrit par

Une rapide inspection de ma mémoire se solde par un constat effarant.
La dernière fois que j’ai assisté à un concert de Nick Cave, c’était il y a déjà dix-sept longues années.
Oui. Dix-sept ans.
Un concours de circonstances heureuses et je fonce vers Esch-Sur-Alzette, en cette soirée qui sent déjà le début de l’hiver.
La Rockhal
est encore une des dernières salles à permettre de profiter d’un live de grande envergure dans des conditions optimales.
Malgré une foule de fans, le confort reste idéal et c’est un luxe par rapport à certaines autres installations.
L’endroit propice pour retrouver cette légende vivante après autant de temps.
Nick Cave m’a toujours impressionné. De par son aura, de par son talent, de par son insatiable gourmandise au travail.
Si mon admiration s’était quelque peu estompée, suite à la publication d’œuvres un peu trop anecdotiques voire moins inspirées (NDR : exception qui confirme la règle, le projet parallèle baptisé Grinderman), « Push The Sky Away », paru cette année, avait sensiblement ravivé la flamme de ma passion.
Et si par malheur, j’avais oublié quel incroyable monstre de scène l’Australien incarnait, et bien il s’est chargé de me le rappeler ce soir. Une gifle énorme assenée par sa main rouge, laissant la marque de la bête sur mon visage cramoisi.

Toujours impeccablement sapés, Nick et ses mauvaises graines s’emparent de la scène. Et dès les premiers instants de leur set, les fans agglutinés à leurs pieds sentent déjà le souffle brûlant de cette atmosphère qui va bientôt consumer l’auditoire.

Entamant leur parcours par deux perles du dernier album en date, à savoir « We No Who U R » et « Jubilee Streeet ».

Un début en douceur, mais qui prélude déjà la rage contenue ne demandant qu’à exploser.

Un orage qui ne tarde pas à venir cambrer la silhouette de Warren Ellis, comme agité de spasmes électriques ainsi que son violon transformé en guitare, éructe ses notes magiques sur « Tupelo »

On ne dira jamais assez combien Monsieur Cave sait s’entourer de personnages se comportant comme de véritables révélateurs de tout son génie.
Mick Harvey ou Blixa Bargeld hier, Ed Kuepper ou le phénoménal multi-instrumentiste à la longue barbe mystérieuse aujourd’hui.

Et de plus, nul homme sur terre n’est à mon sens capable de tirer de telles complaintes fiévreuses d’un violon.

Tandis que celui-ci échange son instrument fétiche contre une flûte traversière, une « Red Right Hand » jette son ombre sur les murs de la salle.

Une apogée cyclonique qui se prolonge dans l’immuable « From Her To Eternity ».

Un déchaînement rageur qui nécessite forcément une accalmie, de sorte à contraster violement et laisser l’ex-Birthday Party nous démontrer, si besoin était, qu’il maîtrise parfaitement les deux extrémités du spectre.

Chuchotements et caresses vocales viennent donc grossir les cœurs sur « Into My Arms » après avoir été déposées par un vibrant « West Country Girl ».

Insistant auprès de son public pour cueillir l’une ou l’autre proposition, le groupe entame alors « Sad Waters » puis enchaîne par « God Is In The House ».

Alléluia ! L’univers s’est rétréci et s’est lové autour de nous.

Il lui faut donc retrouver sa place initiale ou tout du moins ses infinies proportions, alors Nick Cave attaque « Higgs Boson Blues »

Maître du temps et de l’espace, il se jette alors tête en avant dans une version enflammée de « Mercy Seat » tandis que son compère Ellis balance une énième fois son archet dans les airs à la fin du morceau.

« Stagger Lee » et « l’introspectif « Push The Sky away » viennent clôturer la première partie du concert de Nick Cave & The Bad Seeds

« Give Us A Kiss » largue de nouveau les amarres, mais le navire australien n’accordera plus que trois escales supplémentaires.

L’incontournable « Do You Love Me », le poignant « Weeping Song » et le vénéneux « Jack The Ripper » viennent alors clôturer ce voyage fantastique.

Le choix des chansons aurait pu être plus pertinent pour le vieux fan que je suis, mais il n’en demeure pas moins que la prestation de ce soir m’a définitivement et absolument rendu impatient de revoir ce monstre sacré.Et dire que je ne puis me rendre à Anvers, ce lundi…

(Organisation : L'Atelier)

 

Nick Cave

Push the Sky Away

Écrit par

A 50 ans bien sonnés, Nick Cave conserve un esprit bien plus rock’n’roll que la plupart des membres de la jeunesse sonique actuelle ! Le longiligne Australien l’avait prouvé, il y a peu, à travers son projet Grinderman, responsable de brûlots garage à la beauté sauvage. Il nous le rappelle sur « Push the Sky Away », son 15ème long playing, concocté en compagnie des increvables Bad Seeds ; et, bien que le sombre crooner et ses mauvaises graines n’utilisent plus systématiquement l’électricité, l’esprit reste farouchement malveillant et altier… Privé de ses ex-fidèles complices Mick Harvey et Blixa Bargeld, partis tenter d’autres aventures, Nick Cave peut heureusement toujours compter sur la folie douce de Warren Ellis (Dirty Three) et de ses autres sbires. Les nouvelles compositions font la part belle aux claviers, aux chœurs féminins et aux atmosphères ; et si elles semblent s’adoucir au fil du temps, les lyrics prouvent le contraire (« We Real Cool »). Un album de blues détraqué au cours duquel Nick Cave continue de s’acoquiner avec le diable pour pondre de grandes chansons malades comme « Jubilee Street » ou « Higgs Boson Blues ».

Un artiste majeur à ne pas manquer à Werchter le 6 juillet ou au Lotto Arena le 18 novembre.

 

Nick Cave & Warren Ellis

The Road

Écrit par

Deux ans plus tôt paraissait « La Route », un thriller psychologique magistralement écrit par le talentueux Cormac McCarthy. L’histoire d’un homme et de son enfant évoluant dans un univers post-apocalyptique inquiétant, où les hommes se laissent aller à leurs plus bas instincts. Le père et le fils n’ont qu’un but : atteindre le Sud. Et survivre, surtout. En 2009, le chef-d’œuvre, récompensé du prix Pulitzer, s’est matérialisé en un long-métrage porté à l’écran par Viggo Mortensen et Charlize Theron et diffusé fin janvier 2010, dans nos salles. Et qui dit long-métrage, dit bande originale. La production de celle-ci n’a pas été confiée à n’importe qui. Ce sont Nick Cave et son partenaire habituel de l’exercice de musique de films, Warren Ellis (Dirty Three), qui s’y sont collés.

Cette nouvelle collaboration a accouché d’un emballage sonore illustrant à merveille le film de John Hillcoat. Les paysages désolés, la tension, la grisaille sont enveloppées par un duo piano/violon classique de toute beauté. Tout à leur honneur, Nick Cave & Warren Ellis se détachent du côté pathos exacerbé de certaines scènes du film en esquivant les évidentes escalades symphoniques inhérente à ce type de travaux. Un peu comme si les deux hommes s’étaient davantage inspirés de la version littéraire, plus sobre, de l’œuvre. De fait, « The Road » est une bande son qui se suffit à elle-même. D’ailleurs, six morceaux sont repris indépendamment sur la compilation « White Lunar », réunissant le meilleur des travaux du duo. Du beau travail, néanmoins réservé aux amateurs du genre.

 

Nick Cave

Dig, Lazarus, Dig ! ! !

Écrit par

Visiblement inspiré par l’épisode « Grinderman », Nick Cave n’avait pas concocté d’album aussi intéressant que ce « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! », depuis bien longtemps. Il faut bien dire qu’à partir de « The Boatman’s Call », les œuvres du bon Nick étaient devenues souvent dispensables et ennuyeuses. « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! » est gorgé de longues plages narratives plongées dans un rock crépusculaire, rehaussé des fantastiques trouvailles sonores de Warren Ellis et des paroles toujours soignées de Nick Cave. Les chansons rappellent souvent les albums des années quatre-vingt des Bad Seeds : de la country hantée de « Your funeral, My trial » aux cauchemars industriels de « From Her to Eternity », en passant par la mélancolie de « Tender Prey » et le rock de « Henry’s Dream ». Tout n’est pas franchement réussi, comme en témoigne l’épuisant « We Call Upon the Author », mais quelques titres renouent avec le meilleur des Bad Seeds. On citera les magnifiques « Hold on to Yourself » et « Jesus of the Moon », l’hypnotique « Night Of the Lotus Eaters », le très pop « More News From Nowhere » (qui rappelle « Oh ! Deanna ») ou encore l’innovant « Midnight Man ». Une moitié d’album formidable, une autre plus dispensable, mais « Dig, Lazarus, Dig ! ! ! » témoigne d’une belle renaissance artistique.

 

Nick Cave

Abattoir Blues/The Lyre Of Orpheus

« Nocturama », sorti en début d’année dernière, avait laissé au fan de base un léger goût amer, l’impression que l’Australien se singeait lui-même, pauvre homme frappé par la foudre divine, l’inspiration cramée et la plume en berne. Ce double album (17 chansons) marque le retour du Nick Cave que l’on aime, habité et fiévreux comme jamais, religieux mais pas trop. Mick Harvey crie déjà sur tous les toits qu’il s’agit de leur meilleur album, et l’on serait presque prêt à lui donner raison. C’est James Johnston, ex-Gallon Drunk, qui remplace Blixa Bargeld. A la prod Nick Launay, un habitué des consoles chez… Birthday Party. Voilà pour les faits. Le concept, outre la mythologie d’Orphée et d’Eurydice, est simple d’un point de vue strictement musical : d’un côté les ballades (« The Lyre… »), de l’autre les titres plus enlevés (« Abattoir Blues », ce titre…). Et rien à jeter. Si les chœurs gospel du London Community Gospel Choir sont présents sur les deux disques, on retrouve la patine légendaire des Bad Seeds, ce touché hors pair, de Martin Casey à Warren Ellis, de Conway Savage à Thomas Wydler. « Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus » ne souffre d’aucune baisse de régime, que celui-ci se pare d’un romantisme lyrique ou d’une colère maîtrisée. Il y a ici des chansons magnifiques: « Breathless », « Supernaturally », « There She Goes, My Beautiful World », « Nature Boy »,… Lors de la sortie de « Nocturama », Nick Cave nous avait fait peur. Heureusement il s’est repris en main, et dire que l’Australien nous impressionne tout au long de ce double album serait un euphémisme. Deux disques pour le prix d’un, deux chefs-d’œuvre, rien de moins.

Nick Cave

Nocturama

Écrit par

Enregistré début 2002 en une semaine, lors d'une pause accordée au beau milieu de la tournée australienne destinée à promotionner le précédent opus " No more shall we part ", " Nocturama " constitue le douzième album des Bad Seeds. Un groupe au sein duquel milite toujours les deux guitaristes Blixa Bargeld (Bad Seeds originels et Einsturzende Neubauten) et Mick Harvey, déjà impliqué chez Birhtday Party. Produit par Nick Launey (Kate Bush, Eric Clapton, Silverchair, Talking Heads), ce nouvel elpee souffle le chaud et le froid. Le froid tout d'abord. Parce que sur la moitié des compositions, Cave nous refait le coup du crooner. Parfois on a même l'impression qu'il se prend pour Neil Diamond. Et ce ne sont ni le piano sonore, ni les accès de violon tzigane qui parviennent à changer cette impression de déjà entendu. Seuls les lyrics sauvent, quelque peu, la situation. Des textes venimeux, à l'humour noir, acide et décalé, qui racontent des histoires peuplées de personnages effrayants et bizarres, d'amours déchirés et de morts inquiétantes, des textes reflétant les phobies et les obsessions les plus sombres de l'artiste. Mais dans ce domaine, il est nécessaire de bien comprendre toutes les subtilités de la langue de Shakespeare. Heureusement, Cave se ressaisit au fil de l'album. Pas tellement lors de son duo échangé avec l'ex chanteur des Saints, sur la pop song hymnique et contagieuse " Bring it on ", mais surtout chez le salace et teigneux " Dead man in my bed ". Toutes orgues vrombissantes dehors, les guitares débridées, psychés, il évolue enfin sur un tempo enlevé. Ensuite sur " There is a town ", fragment torturé, hypnotique, mais imprimé sur un mid tempo. Et enfin tout au long du remarquable " Babe I'm on fire ". Une prière hallucinatoire, démoniaque, lugubre, de plus de 15 minutes, découpée en 43 couplets, qui libère un groove épileptique, sulfureux et malsains, comme seuls les Bad Seeds sont capables de se rendre coupable. Pensez à "From her to eternity". Dommage que tout le morceau de plastique de soit pas de cette trempe. Nick Cave aurait-il pris un coup de vieux ?

Nick Cave

No more shall we part

Écrit par

Le grand Nick laisserait-t-il à nouveau de la place aux Bad Seeds ? "The Boatman's call", avant dernier album intimiste et dépouillé se concentrait sur l'homme, son piano et ses petits tracas du moment. Désormais installé au Brésil, mari et père, Cave semble trouver maintenant opportun de ramener sa bande au bercail et de ne plus se la jouer solo. Tout le monde semble retrouver sa place, comme si de rien n'était. Fondamentalement, rien ne ressemble plus à un album de Nick Cave…qu'un album de Nick Cave. Ceux qui ont accroché à "Murder Ballads" ou à "Let Love in" retrouveront sans problèmes leurs marques. Les différences majeures se mesurent par le concours d'une section de cordes très présente, emmenée de main de maître par Warren Ellis des inestimables Dirty Three; par l'ambiance bluesy plus marquée que jamais, reléguant ainsi au placard les passages furieux des premières heures du groupe; et finalement à travers la voix de notre crooner, désormais moins grave et profonde qu'auparavant. Autant les précédents opus reflétaient un vrai travail de groupe, autant ce "No more…" ressemble malgré tout à un "Boatman's…", sur lequel on aurait greffé guitare, batterie et basse. A partir de ce moment là, et bien que ce nouvel opus soit des plus honnêtes, très beau et pur, il n'en reste pas moins l'effort d'un seul homme. Pour une réelle collaboration entre ce creuset de talents concentré chez Bad Seeds et le charisme de Cave, on pourra repasser…

 

Nick Cave

Murder ballads

En enregistrant voici quelques mois "Where the wild roses grow", en compagnie de Kylie Minogue, Nick avait annoncé la couleur. Son prochain album serait une collection de chansons consacrée au thème du crime. Une fouille profonde, morbide, dans les recoins les plus sombres de l'esprit du tueur que Cave, intelligemment, teinte d'humour et de philosophie. Dix fables malveillantes, allégoriques où apparaissent indistinctement les obsessions de l'artiste persécuté par les forces du mal. Un œuvre pour laquelle il a pu compter sur les Bad Seeds, emmenés de main de maître par Mick Harvey. Et puis également sur Blixa Bargeld, guitariste d'Einstürzende Neubauten, l'ex-drummer de Die Haut, Thomas Wylder, l'ancien bassiste du défunt Triffids, Marty P Casey, ainsi quelques autres. Parmi lesquels on retrouve des invités de marque retenus pour chanter en duo avec Cave. Kylie Minogue, bien sûr, pour le hit single. Anita Lane. Polly Harvey, pour le conte traditionnel "Henry Lee" (NDR: comme quoi nous avions tout bon lorsqu'en 1995, nous avancions que l'indispensable "To bring you my love" de PJ Harvey devait être abordé comme un disque de Cave). L'ex chanteur des Pogues, Shane Mc Gowan, pour une cover de Bob Dylan, "Death is not the end", une composition méconnue du Zim, qui figurait sur l'elpee "Down in the groove", parue en 1988. Sans oublier les choristes féminines, omniprésentes, comme chez Léonard Cohen. Un superbe album qui épingle, en outre, une composition de Birthday Party, "Crow Jane" tout récemment mise en musique, et puis une petite perle de plus de quatorze minutes, trempée à la fois dans le drame, l'outrage et la dérision: "O'Malley's bar"...