La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (4 Items)

Peter Green

Le blues pleure une de ses légendes : Peter Green s’est éteint à l’âge de 73 ans…

Écrit par

Peter Green est décédé paisiblement durant son sommeil, ce samedi 25 juillet 2020.

De son vrai nom Peter Greenbaum, il était né le 29 octobre 1946 à Bethnal Green, un quartier sis à l'est de Londres. Peter avait eu la lourde tâche de succéder à Eric Clapton au sein des Bluesbreakers de John Mayall, en juillet 1966. Un challenge relevé brillamment. Il n’y militera cependant qu'une seule année, le temps de l'album "Hard Road" qui révélait déjà son talent de guitariste. A l’instar du long instrumental "Supernatural", auquel il communiquait une tonalité tout à fait personnelle (en écoute ici)

Peter Green fonde alors sa propre formation baptisée Fleetwood Mac, en s’inspirant des noms du batteur (Mick Fleetwood) et du bassiste (John MacVie), co-fondateurs du band. Le combo fait ses débuts en août 1967. Il deviendra l'un des fleurons de la fameuse blues boom qui sévit alors en l'Angleterre. Peter quitte Fleetwood Mac en mai 1970, victime de problèmes psy, alors que F.M. va devenir une usine à tubes, dans un style résolument pop.

Compositeur remarquable, chanteur d'une rare sensibilité et surtout guitariste exceptionnel, ses interventions aux cordes étaient à la fois chargées de feeling et à la fluidité inégalable, alors que parcimonieuses, elles faisaient chaque fois mouche.  

En 1970, il publiait un album prémonitoire intitulé "The end of the game".

Il disparaît alors des radars, et retourne régulièrement en hôpital psychiatrique, pour se faire soigner.

Il opère son comeback en 1979, un retour salué par ses nombreux fans, mais malheureusement, il ne retrouvera plus jamais sa dextérité et son inspiration sur sa gratte.  

Au cours des nineties, il tente un nouveau retour, en compagnie du Spinter Group, mais il y est aussi discret à la guitare qu’au chant.

Celui qui fut mon héros musical s'en est donc allé durant son sommeil.

BB King en personne avait avoué que Peter était le seul guitariste dont les tonalités de cordes, d’une extrême douceur, lui flanquaient des frissons partout.

« Oh well » et « Black Magic Woman », repris plus tard par Santana, titres les plus notoires du Fleetwood Mac impliquant Peter Green sont en écoute ici et

REPOSE EN PAIX PETER !

Peter Green

Blues don´t change

Écrit par
Bluesbreaker entre Clapton et Taylor, Peter fut longtemps mon favori. A l’époque où il fonda son groupe, le Fleetwood Mac, il était le meilleur chanteur guitariste de blues blanc. Enfin, c’est mon avis. Trois ans plus tard, il quittait le Mac, navigua quelque temps à vue, avant de sombrer. On le croyait perdu pour la musique et en particulier pour le blues. Enfin, pas tout à fait ; car si lors de ses quelques come-back, il n’était plus que l’ombre du grand qu'il avait été, il faut reconnaître qu’il n’a jamais perdu sa sensibilité et sa capacité à communiquer ses émotions personnelles. Son dernier retour chez le Splinter Group prouve qu'il a été repris en main de manière plus professionnelle. Et son ami Nigel Watson n’est pas étranger à cette situation. J’ignore si Nigel l’a pris sous son aile pour faire revivre musicalement Peter ou s'il exploite un filon lucratif. Une chose est sûre, le Splinter se produit régulièrement et certainement pas pour des cacahuètes. En outre, le contrat qui le lie au label major Eagle semble au beau fixe. Enfin, les albums se succèdent à une telle cadence, qu’il est difficile de s'y retrouver. D’autant plus qu’ils sont parsemés d’une multitude de reprises du mythique Robert Johnson.
 
Enregistré en 2001, cet opus se révèle cependant assez particulier. En fait, les musiciens sont entrés en studio, sans avoir répété et sans s’être souciés de la production, pour signer un hommage aux grands du blues. L'album n’est disponible qu'auprès du site internet du groupe. Un disque que j’apprécie tout particulièrement. La formule est électrique et très naturelle. On a l’impression que le groupe est juste devant vous.
 
L’elpee s’ouvre par "I believe my time ain't long", c'est-à-dire l'arrangement de Jeremy Spencer du "Dust my broom" de Robert Johnson. La version est sympa, mais sans faille. Le piano de Roger Cotton est bien planté dans le décor. Peter chante d'une voix assurée et avec beaucoup de profondeur "Take out some insurance". Peter ne se débrouille pas trop mal à l’harmonica. Le côté laidback et nonchalant de "When it all comes down" est très agréable. Les voix de Peter et Nigel y conversent. L’œuvre épingle inévitablement quelques classiques. Le "Honey bee" de Muddy Waters manifeste beaucoup de présence, de retenue et d'émotion à fleur de peau. Le bottleneck est minimaliste. De sa voix puissante et abrupte Watson chante un "Honey bee" bien plus électrique et agressif. Peter sort ses tripes pour attaquer le "Don't start me talking" de Sonny Boy Williamson. Watson revient chanter "Nobody knows you when you're down and out'. Les interventions au piano et à la basse sont parcimonieuses. Celle de Peter à la guitare, acoustique et judicieuse. Le sommet de l'album est atteint par "Help me through the day", une plage que j’apprécie beaucoup et qui ressemble curieusement au "Thrill is gone" de BB King. La tonalité reverb de la guitare est très reconnaissable. Le chant transpire le vécu. Que le monde est beau ! Peter se met alors à chanter - que dis-je ! - à susurrer "Honest I do" de Jimmy Reed. Très soul, la plage titulaire se démarque de l’ensemble. En finale, "Crawlin' king snake" constitue un hommage à John Lee Hooker, un fragment très roots qui montre beaucoup de respect pour le père de la boogie music. Les admirateurs de Peter Green ne peuvent passer à côté d’un tel opus...

Peter Green

Hot Foot Powder

Écrit par

Depuis son dernier retour à l'avant-plan, Peter Green n'en finit plus d'enregistrer! Et de surprendre. Manifestement son label anglais Snapper croit en lui. Commis en compagnie du Splinter Group l'an dernier, son dernier album, " Destiny Road ", avait donné la nette impression qu'une filière musicale à la fois novatrice et assez personnelle, était occupée de se dessiner. Et puis, surprise, revoici, un album consacré au répertoire de Robert Johnson. Et croyez le si vous le voulez, mais ce n'est pas la première fois que Peter nous fait le coup. Il doit faire une fixation sur l'œuvre du mythique bluesman, disparu voici plus de 60 ans.

Autour de Peter, on retrouve l'inévitable Nigel Watson, qui talonne Green au chant et à la guitare, ainsi que Roger Cotton au piano, Pete Stroud à la basse et Larry Tolfree à la batterie. L'intérêt de cet album procède surtout de la présence d'invités de prestige. En effet, les albums sur lesquels on peut retrouver à la fois, Dr John, Buddy Guy, Otis Rush, Hubert Sumlin, Honey Boy Edwards et Joe Louis Walker ne sont pas légion. Autant d'arguments de vente qui justifient probablement la raison même d'éditer un album. N'attendez tout de même pas monts et merveilles de ce "Hot foot powder". Peter a clairement démontré ces dernières années qu'il avait perdu l'essentiel de ses vertus guitaristiques. Par contre, ce qu'il n'a jamais perdu, c'est le blues ; et surtout la sensibilité indispensable pour l'interpréter. Et tant pis si sa voix n'a plus l'aisance, ni l'autorité d'antan ; elle reste crédible dans ce type de répertoire. Vous vous laisserez ainsi bercer par le charme et la discrétion de "I'm a steady rollin' man" ou de "Little queen of spades", qui bénéficie du concours d'Otis Rush, ainsi que "Traveling riverside blues", caractérisé par la présence de Joe Louis Walker et de Honeyboy Edwards ou encore les interventions au piano de Dr John sur "From four until late" et "They're red hot".

 

Peter Green

Destiny road

Écrit par

Manifestement, le label Artisan profite au maximum de Peter Green tant qu'il peut rester dans le parcours. "Destiny road" est un opus flambant neuf. Pour la 1ère fois depuis le retour en 1996, les musiciens ont eu le temps de prendre du recul et d'écrire de nouvelles compositions en compagnie du célèbre Pete Brown.

Cet elpee vous propose donc 10 compos personnelles, incluant "Indians", déjà gravé sur le "Soho sessions", et deux reprises, "Madison blues" d'Elmore James et "There's a river" de Stevie Winwood. Disons-le tout de suite, la production de Pete Brown est excellente. Le son est bien clair. Une atmosphère se dégage manifestement de cet album. Peter Green a peut-être trouvé sa nouvelle voie. En produisant un nouveau son qui colle plus à la peau de l'homme qu'il est aujourd'hui ; enfin décidé à ne plus contempler, en vain, les flammes d'un passé révolu. Si on l'écoute d’une nouvelle oreille, ça passe. Le Splinter Group se meut dans un style très laidback. Une ambiance assez feutrée plus hospitalière pour Peter qui ne hausse plus le ton de la voix. Tout au long de la première partie de l’œuvre, elle fonctionne d’ailleurs bien dans ce style. La guitare est discrète mais efficace. L’orgue colore le son et les chœurs féminins donnent la réplique. "Big change is gonna come", "Say that you want to" et "Heart of stone" forment une unité très cohérente. La tendresse, la beauté, la clarté de "You'll be sorry someday" n'est pas sans nous rappeler de très heureux moments comme "Need your love so bad". J'accuse aussi un faible pour "Burglar", une plage bâtie sur un riff exotique, une guitare appuyée, un break d'harmonica et surtout une mélodie qui accroche. C'est le Peter Green sound de la fin de millénaire. "Turn your love away" qui suit est assez complexe et met bien en évidence les qualités du Splinter Group. La version de "Madison blues" soutenue par un piano et un sax est percutante. J'aime moins les derniers titres, tous chantés par Watson, bon chanteur mais sans étincelle. L'album est terminé depuis près d'une minute que resurgit la mélodie de "Man of the world". Une beauté à couper le souffle. Nouvel espoir du côté de chez Green ?