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New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Peter Von Poehl

Memories from Saint-Forget

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« Memories from Saint-Forget » constitue le 5ème elpee de ce Suédois. Saint-Forget, c’est un village français sis dans la vallée de Chevreuse, où il a passé le premier confinement avec sa femme (l’écrivaine Marie Modiano, qui chante avec lui sur d’autres disques), ses enfants et sa belle-famille. ‘Forget’ se traduit également par ‘Oublier’ ; mais c’est une période qu’il n’est pas prêt d’effacer de sa mémoire. 

L’écriture des chansons s’est étalée entre l’automne 2018 et le printemps 2020. Certaines ont été entièrement revues et corrigées dans les Yvelines, d’autres y ont vu le jour, comme « Saint Forget », la ritournelle d’ouverture. On passe ici de l’orchestration luxuriante de « Behind the Eight Ball » au folk versatile de « Tell Me About Your Dream Last Night », des cuivres malicieux de « Auction by Candle » à l’organique brute soulignée de chœurs de « Sunday Punch ». Pas d’intention de départ chez Peter, qui se laisse d’abord porter par les mélodies et les mots, mais une œuvre confectionnée petit à petit, avec délicatesse, jalonnée de références visuelles, de John Baldessari à Charlotte von Poehl – la sœur de Peter qui l’accompagne en images depuis plus de quinze ans.

Il y a aussi ce retour à la guitare. Le premier instrument de cœur de Peter. Le piano du salon de Saint Forget ne sonnait pas comme prévu, mais il avait été emporté, tout comme l’ensemble des guitares de Peter. Y compris une lap steel qui ne demandait qu’à être utilisée. A l’instar de « Little Star » et « Silent Watch of your Night ». De quoi convoquer Gram Parsons, Ry Cooder, cette americana, où l’on imagine le son comme un espace, un espace où il rêve de se retrouver…

A Saint-Forget, le plus Parisien des musiciens suédois a cultivé son jardin, celui qu’on voit sur la pochette, dont la photographie est signée Estelle Hanania. Un jardin où il fait bon s’allonger, permette à son esprit de voguer ou regretter un nuage sombre avant de s’amuser de rien. Un jardin où la musique nous fait (re)vivre, par son insoutenable légèreté et sa foi en ce que nous sommes, malgré nos failles… (d’après bio)

Peter Von Poehl

En toute simplicité...

Il y a bien longtemps, dans les années 90, un type au teint livide chantait sa déprime sur fond de folk acariâtre : il s'appelait Polar, et portait un bonnet noir qui lui donnait des airs de cambrioleur à la petite semaine. Pas drôle, le mec, mais forcément touchant : ses deux premiers albums, « 1 » et « Bipolar », recelaient quelques perles à s'écouter toutes lumières éteintes, le doigt sur les tempes et la bouche crispée dans un rictus rageur. Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de Genève, et l'on se demandait si Polar ne s'était pas noyé, lui aussi, tel un Buckley helvète. Dix ans plus tard, Polar refait pourtant surface et sort un quatrième album, « Jour Blanc », écrit en compagnie de Miossec. Qui pour le coup n'a pas l'air de s'être foulé le coude, tant les paroles s'avèrent naïves et dénuées de toute métaphore. Quand Polar monte sur scène, seul, sans bonnet, il nous balance donc ses nouvelles chansons, en français dans le texte, sans penser un instant à ses fans de la première heure. Et du Polar en français, c'est comme de la choucroute sans clou de girofle : ça passe mal. Chez lui, les 'roses sont des épines', à moins qu'il ne s'agisse d'un problème de liaison, mais en tout cas on ne peut s'empêcher de sourire. Etre ou avoir, peu importe, puisque les textes de ses autres chansons sont tout aussi à l'avenant : ni rimes, ni vigueur syllabique, Eric Linder devrait lire Flaubert. Heureusement que le mec est sympa : il nous raconte la genèse de quasi chacun de ses titres avant de les chanter, d'où la redondance, et l'ennui. Sympa, le mec : dommage qu'il se soit mis à la chanson française, et que d'un coup on croirait presque entendre Pascal Obispo chanter dans la montagne, au milieu des vaches violettes (cette voix, irritante à force de yodle démonstratifs). 'C'était mieux avant' ? Evidemment.

Peter Von Poehl, lui, peut se targuer d'avoir gravé un des meilleurs disques pop de l'année : l'excellent « Going to where the tea trees are », dont il interprétera 5 titres seul, à la guitare. On peut regretter l'absence de toute enluminure (synthés, cuivres, batterie, basse,…), mais présentées telles quelles, en toute simplicité, ses jolies mélodies gardent pourtant leur pouvoir d'attraction… Et quand le Suédois demande à l'assemblée de hululer en chœur sur « The Lottery », personne ne se fait prier et l'humeur monte doucement, jusqu'à envahir le parterre comme du sirop de liège. Même assis, le public réagit : il est conquis. Peter Von Poehl chante alors « The Story of the Impossible », la chanson-Mobistar, mais heureusement aucune sonnerie de GSM ne vient gâcher ce grand moment de poésie lo-fi. Avant de clôturer par « Going to where the tea trees are », Peter Von Poehl hasarde de sa voix cajoleuse quelques mots en français (il connaît bien la langue), plaisante à propos de Tricatel ; bref met tout le monde dans sa poche. Vivement la tête d'affiche en 'full live band' !

Mais les trentenaires dans la salle étaient surtout présents pour le concert de Dominique A, dont le dernier album avait déjà été présenté lors des dernières Nuits Botanique. 'Vous n'aviez pas envie d'aller voir Motörhead ?', ironise d'entrée de jeu notre homme en noir avant de balancer « Revoir les choses ». Pas d'« Overkill » en cover, mais la plupart des titres de « L'Horizon » joués pied au plancher, dans une ambiance glaciale qui en laissera plus d'un perplexe. C'est un Dominique A sec et rageur qui se présente à nous, le corps rigide et le regard frondeur : on n'est pas là pour rigoler, à moins d'aimer l'humour très pince-sans-rire du Français exilé à Bruxelles. « La Relève » et « Rouvrir » ne détendent pas l'atmosphère : il faut attendre « Le Camion », semblant de tube radiophonique, pour oser remuer les orteils en position assise. « La Mémoire Neuve » ranime de vieux souvenirs, mais la question semble être ailleurs : Dominique A aurait-il mal digéré son souper ? A part deux rappels où se succèdent enfin vieux tubes moins féroces (« Antonia » et « Le Courage des Oiseaux »), on ne peut s'empêcher de rester circonspect : il a fait froid pendant deux heures, et notre veste était consignée au vestiaire.

Peter Von Poehl

Entre miel et fiel…

Écrit par

Que serait devenu Brett Dennen s’il avait été suédois et talentueux ? Certainement Peter von Poehl.

Mentionnons brièvement les introspections narratives dont usait le chanteur suédois pour exorciser ses mélancolies de l’exil (NDR : l’auteur-compositeur-interprète scandinave vivait alors entre Paris, Malmö et Berlin) sur son brillant premier opus intitulé « Going to where the tea-trees are ». Errance musicale et thérapeutique qui s’exhalait sur toutes les scènes européennes comme le parfum de son sillage.

Las de traîner ses guêtres sans fin vers l’horizon, Peter von Poehl pose enfin ses valises à Paris et y concocte « May Day ». Lieu de sédentarisation où il fait la rencontre de Marie Modiano (fille du célèbre écrivain français prix Goncourt 78 pour ‘Rue des boutiques obscures’). De cette rencontre artistique naît « May Day ». Un album écrit, composé et mis en scène par le duo couple franco-suédois. Apaisé, Peter von Poehl imprime des influx plus sereins à sa création artistique : ‘J'accompli fait beaucoup de concerts en solo, surtout en Grande-Bretagne où il n'est pas toujours facile de te faire entendre et c’est à cause de cela que j'ai probablement mis davantage l'accent sur l'intensité dans les nouvelles chansons. Je voulais sentir qu'il y avait quelqu'un sur l'autre extrémité. Ecouter quelqu'un. Ce n'était vraiment pas une préoccupation à l'époque du premier album’. Cette autre extrémité se nomme Marie Modiano.

Grâce à cet album, Peter von Poehl exorcise ses peurs et quitte les sentiers troubles de l’exil. Son univers jadis tissé de sentiments ombragés, éphémères et destructeurs finit par se dissoudre dans des eaux plus limpides. Les replis abyssaux de la nuit intérieure s’estompent peu à peu. Le visage lumineux de Peter quitte alors la chambre obscure de son existence et se projette sur les planches de la Rotonde.

Théâtre subtilement habillé de cordes, de cuivres, de percussions et de piano d’où émerge la voix angélique du chanteur nomade qui touche le public par sa sincérité. Lieu cousu de fils d’or mélodiques et finement brodé d’orchestrations cuivrées, paradoxalement policées et grinçantes. Mais aussi d’accords de piano vaporeux, aux sonorités Hammond, et d’un mélodica improvisé. Lieu insolite et personnel à l’écart des modes et des courants, sans filiation musicale : ni folk, ni pop, ni rock…

Autour de ce cocon musical, Peter von Poehl architecture son sens inné de la mélodie de sons travaillés, d’harmonies de chœurs... Ses compositions claires tirent sur une corde sensible mais sans lyrisme sous les sons caressants du clavier de Marie Modiano.

Un set entre miel et fiel qui alterne le nouveau et l’ancien, le radieux et l’obscur, l’intime et le public. Quand "Parliament", morceau rythmé, s’amuse de piano, synthés et cuivres, "May Day" ronronne d'une basse très sonore sur laquelle se posent alternativement des cordes et un joli ensemble piano/cuivres.

Malgré un set globalement plus lumineux, Peter Von Poehl n'est cependant jamais aussi touchant que lorsqu'il chante en spleen. L'histoire d’une funeste balade vers nulle part contée sur "Forgotten Garden" en témoigne délicieusement. Quant au final ("Lost In Space"), il nous habite somptueusement d’une sensation de solitude orchestrée de claviers et de chœurs aériens.

Trois rappels viendront finalement clôturer ce délicieux moment sur terre. Un dernier morceau sous forme d’impro session mêlant un rock-jazz-cabaret explosif, posera le dernier souffle sonore du combo franco-suédois. Ultime cadeau qui ravira un public conquis de la première à la dernière note.

(Organisation Botanique)

 

Peter Von Poehl

Going To Where The Tea Trees Are

Le Suédois Peter von Poehl n’est pas un inconnu pour ceux qui ont déjà jeté une oreille attentive aux disques de la galaxie Tricatel. Guitariste au sein du backing band qui accompagnait sur scène Burgalat, Chamfort et Houellebecq à la charnière des années 2000, von Poehl séduisait alors davantage les filles que les garçons par ses sourires et sa blondeur mirifiques. C’était pourtant sans compter sur le talent de songwriter de ce Scandinave émigré à Paris, qui préférera émigrer à Berlin que de rester au sein du groupe de Tricatel, bientôt rebaptisé A.S. Dragon. De cette époque à ce premier album, Peter von Poehl sera d’abord resté dans l’ombre de la production, pour son ami Florian Horvath, Doriand et l’ingénue Lio. Qu’il déboule ainsi sur le devant de la scène en tant que singer-songwriter n’étonnera donc personne, mais qu’il déboule avec un si bon disque, c’est une toute autre histoire.

Car « Going To Where… » ne s’embarrasse d’aucun détail superflu : 12 chansons d’à peine trois minutes chacune, où chaque note, chaque arpège, chaque instrument joue un rôle majeur (c'est-à-dire réfléchi) dans la quête mélodieuse de von Poehl. Voici donc le Graal 2006 catégorie pop-rock à fort potentiel commercial. Il serait sans doute vain de décrire toutes les admirables chansons qui composent cet album, du titre éponyme à ce « The Bell Tolls Five » cuivré comme une ballade militaire. Il suffit à von Poehl de mixer une guitare acoustique avec un sax et une flûte pour emballer un single pop à faire pleurer Brian Wilson (« Virgin Mountains »). De rajouter quelques cordes à une batterie câline pour sonner comme du Air vaporeux, du Neil Hannon en rien pompeux (« Travelers »). De faire péter la basse et les trompettes pour faire danser les filles, en un slow éthéré qui ne manque pas de groove (« Global Conspiracy »). De trouver le riff simple (mais funky) pour reléguer Das Pop au rang de boys band de pacotille (« Scorpion Grass »). De sortir encore de sa boîte magique un xylophone pour trousser le tube Mobistar en or (« The Story Of The Impossible », élégiaque). Et ainsi de suite…

Sans grands artifices - seulement beaucoup de talent, d’à-propos et de mélancolie - Peter von Poehl vient de signer un premier disque tout bonnement excellent. Taillé dans le même écrin que ces albums qu’on aime ou qu’on déteste parce qu’ils nous mettent à nu en même temps que leur auteur (ex : les premiers Tom McRae, Maximilien Hecker, Spain,…), « Going Where The Tea Trees Are » fait partie de ces disques de chevet qu’on aimerait partager. Si vous aimez la pop, faites confiance à ce type. Il vous le rendra bien.