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Population II

À La Ô Terre

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Premier album pour ce trio montréalais, au sein duquel milite Emmanuel Ethier (Chocolat, Corridor, Jonathan Personne). Intitulé « À La Ô Terre », il puise ses influences au sein d’une multitude de styles : rock, pop, prog, stoner, space, psyché, kraut, garage, blues, jazz, etc., tout en s’autorisant parfois des ouvertures orientales. Un peu comme de nombreux groupes qui ont traversé les 70’s ; mais en parvenant à jouer sur les contrastes… Acide et légèrement sous reverb, la voix délivre des textes en français, mais elle s’intègre tellement bien à l’ensemble qu’on n’y prête guère d’attention, même si parfois elle adopte une forme hymnique voire exotique.

En général, les compos se fondent l’une dans l’autre sans qu’on s’en rende compte. A l’instar du triptyque « Les vents » / « L’offrande » / « La nuit », au cours duquel la harpiste Marylou Lyon apporte son concours (NDR : sur le premier fragment !) Ligne de basse énigmatique, solos de gratte, drums souples et orgue vintage discrètement rogné (Iron Butterlfly ?) alimentent un fameux groove sur plusieurs plages. Un peu à la manière de Motorpsycho. Surtout lorsqu’elles s’emballent.

Floydienne (« Echoes ?), la basse palpite tout au long d’« Attraction », un titre qui s’ouvre et s’achève sur un rythme indolent, prend son envol à mi-parcours et concède des accès de free jazz au saxophone (NDR : invité pour la circonstance, Samuel Hampbell y souffle également sur le titre d’entrée, « Introspection »). Une structure qu’on retrouve sur « Ce n’est rêve », une compo sinueuse qui évolue d’abord sur un tempo tribal voire martial, monte en crescendo, explose et finit par retrouver sa langueur. Et le long playing de s’achever par le serpentueux « Je laisse soleil briller ». Excellent dans le style !

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que l’album est sorti chez Castle Records, le label qui appartient à John Dwyer, le leader de Osees.