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Panic Shack

La manille pour bébé de Panic Shack

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Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et chaotique, et le groupe s’est construit une réputation grâce à ses concerts en direct à Cardiff. Après avoir gravé un premier éponyme baptisé "Baby Shack", en 2022, il sortira son premier elpee - un éponyme – ce 18 juillet, un opus qui marque une évolution significative. Produit par Ali Chant, il a été enregistré en trois week-ends et neuf jours de studio. L'album élargit le son punk du band avec des harmonies vocales, des synthés, des expérimentations électroniques et même une trompette. Les mélodies sont pop sont et les rythmes dansants.

Et pour en savoir davantage sur le quintet, consultez sa page ‘Artiste’ en cliquant sur son nom en rouge, dans le cadre ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

 

Bonita & The Blues Shacks

Bonita & The Blues Shacks

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Dans l’univers du jump et du r&b, BB & The Blues Shacks figure certainement parmi les meilleurs blues bands européens. Drivé par les frères Michael et Andreas Arlt, respectivement chanteur/guitariste et harmoniciste, le line up est complété par le pianiste/organiste Fabian Fritz, le bassiste Henning Hauerken et le batteur André Werkmeister. Un groupe qui compte une importante discographie à son actif. Son dernier opus, "Businessmen", remonte à 2014. Pour enregistrer ce nouvel elpee, le band a invité une vocaliste sud-africaine, Bonita Niessen. Ce qui explique le titre du long playing.

Qui s’ouvre par "Don't call me babe", un brûlot nerveux imprimé sur un tempo particulièrement. Bonita et Michael se partagent judicieusement les vocaux. Fabian se consacre à l’orgue et Michael s’autorise son premier billet de sortie. Barbara Lynn (NDR : une chanteuse texane) avait décroché un hit en interprétant "Love ain't never hurt nobody". La voix de Bonita est un véritable délice tout au long de cette plage de soul/pop dansante. Le style de prédilection des Blues Shacks, c’est le jump. Et ils le démontrent tout au long de  l’irrésistible "Turn the lamps down low", une composition signée Leiber & Stoller. Michael brille sur ses cordes ; il est rapidement talonné par son frère à l'harmo. La voix de Miss Niessen est veloutée sur "You keep me hanging on", un titre trempé dans la soul. Les Shacks rockent et rollent sur la cover du  "This little girl's gonna rockin'" de Bobby Darin ; ce qui permet aux ivoires de Fabian Fritz et aux cordes de Michael de se réserver des sorties irrésistibles. Puissance et panache guident la voix de Bonita sur le "Give me time" de Magic Sam, une piste qui agrège blues et soul. "Sure cure for the blues" opère un retour dans le r&b et le jump. Un tube décroché par les Four Jacks, en 1952. L’adaptation est excellente. Les solos de Michael, Andreas et Fabien se succèdent. Traditionnelle, "You're driving me crazy" est une chanson qui remonte aux années 30. Elle a été interprétée par de nombreux artistes légendaires, dont Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra et Sarah Vaughan. Soutenue par le piano particulièrement inspiré de Fritz, la voix de Bonita est convaincante. Et elle l’est tout autant sur "I'll be there", une ballade signée Bobby Darin. Cocktail de swing, jazz et jump, "Satisfy my soul" est un morceau issu de la plume du pianiste de jazz Buddy Johnson. Les frères Arlt s’y illustrent en exécutant de superbes envols sur l'harmonica et la guitare. "Bad news" est un blues chargé de swing. La voix de Bonita s’y révèle naturellement puissante. Les deux vocalistes se partagent le micro sur le classieux "I'm a fool for you", un titre soul que James Carr avait traduit en succès au cours des sixties. Feutré, "Be cool" est un autre traditionnel. "I'm lonesome" nous entraîne dans un West Coast jump d’envergure. C’est avec grâce que Bonita interprète cette compo signée Jimmy Preston, alors que mis sur orbite, les frangins Arlt et Hauerken (NDR : sur sa lourde basse acoustique) se déchaînent. D’excellente facture, cet elpee s’achève par le "Never let me go" de Joe Scott, une ballade soul.

 

Th' Legendary Shack Shakers

The Southern Surreal

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Au départ, The Legendary Shack Shakers était un groupe de rockabilly. Il est né à Murray, dans le Kentucky, il y a une vingtaine d'années. Au fil du temps son style a évolué. En s’ouvrant au hillbilly, swamp, rock, punk, country et blues, il a été taxé de southern gothic. A la tête figure toujours le frontman, chanteur et harmoniciste, J.D Wilkes. "The Southern Surreal" constitue son huitième opus. Le line up implique aujourd’hui le drummer Brett Whitacre, le bassiste Mark Robertson et le guitariste Rod Hamdallah. Ces deux derniers participent étalement aux vocaux. Lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Woodland à Nashville, le quatuor a reçu le concours de l’ex-gratteur de The Jesus Lizard, Duane Denison. Difficile de déterminer, cependant, la nature de ses interventions…

Sur les quinze plages de l’elpee, trois n’atteignent pas la minute, à l’instar de l’introduction instrumentale,  "Cow tools". Déjà les sonorités de gratte sont enchanteresses. "Mud" lance les LSS sur une rythmique emballée, assez punk, mais dans un registre rockabilly roots. J.D Wilkes marque l’opus de son empreinte. Pas pour rien qu’il jouit d’une flatteuse réputation en ‘live’. "MissAmerica" est aussi musclé. L’instrumentation est épatante. La section rythmique est particulièrement solide. L'orgue de Mica Hulscher s’intègre parfaitement dans le rythme. Seule la six cordes vagabonde au gré des dérapages contrôlés. La voix de Wilkes est plutôt impressionnante dans sa modulation. Un instant, il adopte un timbre grave, le suivant puissant. Baignant au sein d’une atmosphère sombre, "Cold" en est un bel exemple. Caractérisé par ses tonalités métalliques, empruntées au surf, la guitare de Hamdallah suit cette voix à la trace. Un climat qu’on retrouve sur le plus latino "Dead bury the dead". Allègre, animée, la musique est propice au déhanchement. Lucy Cochran rejoint Wilkes pour chanter "The one that got away". La jeune femme se consacre également au violon tout au long de cette bande débridée. Caractérisé par les interventions dérangées des ivoires et celles de Ralph Carney au saxophone, le bref "Young heart, old soul" embrasse une dynamique punk. "Fool's tooth" est encore plus court. Un interlude de moins d'une minute qui permet à J.D de se défouler sur son harmonica. L'acteur Billy Bob Thornton déclame son texte sur "The Dog was dead", une piste dépouillée, éprouvée par une guitare désenchantée. Purement blues, "Down to the bone" marche sur les traces de Howlin' Wolf. A cause du timbre vocal de J.D, hanté par Jim Morrison des Doors, de la rythmique et puis de cette gratte très amplifiée qui n’hésite pas à déborder de son segment. Autre blues, "Christ alrighty" adopte le rythme du cheval au galop. Wilkes souffle comme un possédé dans son harmonica. Les cordes de Hamdallah macèrent dans le Delta. De bonne humeur, J.D siège derrière le piano pour aborder "Demon bun", une plage aux accents surannés. "The buzzard and the bell" baigne dans le country and western. Wilkes a empoigné un banjo. Les percus s’emballent et la guitare se révèle particulièrement bien affûtée. Surprise, le LSS nous réserve en finale, le "Born under a bad sign" de Booker T. Jones, un classique du Memphis blues, interprété en 1967 par Albert King. Personnalisée, la version entretient un climat lourd, claustrophobe. La basse est nonchalante. La voix semble émaner d'outre-tombe, se faufilant entre quelques gémissements d'harmonica et accords de gratte réverbérés. Un elpee, ma foi fort original. Pas étonnant que les Black Keys, Hank Williams III et Robert Plant sont devenus des fans de Legendary Shack Shakers…

 

B.B. & The Blues Shacks

Businessmen

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Les Blues Shacks constituent certainement une des plus éminentes formations blues européenne. La meilleure en Allemagne sans aucun doute. Elle est, en outre, toujours fidèle au label teuton, Crosscut. Cette année, elle fête ses 25 ans d'existence. Les frères Alt sont toujours aux commandes : le chanteur/harmoniciste Michael, et le guitariste Andreas. Le line up est complété par le claviériste Dennis Koeckstadt, le bassiste Henning Hauerken, et le drummer Jochen Reich. Enfin, pour une majorité de titres, ils sont épaulés par la section de cuivres des No Blow No Show Horns. Et si la musique trempe bien dans le blues, elle est également contaminée par le R&B et le southern soul à coloration Stax.

"Out of tears" ouvre l’elpee. Un R&B particulièrement percutant évoluant sur un tempo très dansant. Dans un style proche de Jimmie Vaughan, les interventions d’Andreas sur sa gratte sont sémillantes. Et suivant le rituel, la voix de Michael se détache bien de l'ensemble. L’harmo est bien mis en exergue sur "Gimme this, gimme that", un blues classieux. "Take my name" nous entraîne dans l’univers sonore de Stax, un Memphis R&B, irrigué par l'orgue Hammond de Koekstadt. Les cuivres sont à la fête, et notamment la trompette de Stefan Gössinger ! "Business man" est un blues de bonne facture, au cours duquel chant, harmo, guitares et orgue tirent leur épingle du jeu. Saturée de swing, "Buckle up" est une plage instrumentale au tempo jazz mais au feeling Stax. A cause de l'orgue très Booker T et des cordes aventureuses d'Andreas. Ballade soul, "Lovin' night" libère toute sa tendresse. Koekstadt siège derrière le piano et Alt souffle par oscillations dans sa musique à bouche, tout au long de "Pardon me", un blues puissant mais élégant. Chez les Blues Shacks tout est parfaitement mis en place. Les arrangements s'emboîtent à merveille. Et "Rain all down my way" en est certainement la plus belle illustration. Une piste au cours de laquelle très texane, la guitare réveille les spectres de Vaughan, Albert Collins et Freddie King! Chant et harmonica excellent tout au long de "Who's dying now". Une seule reprise : "It was a dream". Un Chicago blues urbain écrit par John Brim. Une piste respectueuse de la version originale. Face au piano de Dennis, la voix empreinte d’une grande pureté rappelle Roosevelt Sykes voire Sunnyland Slim. Et Michael démontre qu’il a parfaitement assimilé cet art de souffler, institué par Little Walter. Tout au long de cet elpee, Green privilégie la quintessence de l’expression sonore. "Hot pants" permet aux envols de se succéder : piano, saxophone, guitare, etc. La voix de Michael évoque tantôt celle de Robert Cray, tantôt de Sam Cooke, sur la plage soul "Blues shadow". Nous sommes toujours à Memphis, proches du big band blues de BB King, lorsque les cordes d’Andreas sculptent "I overpaid my dues". Limpide, le timbre vocal est encore hanté par un Robert Cray des grands jours, sur l'émouvant "Blues shadow", un morceau caractérisé par une sortie d’Andréas sur sa gratte. Et les Blues Shacks de refermer cet album dans un climat chargé de swing, cuivré et teinté de jazz.

 

B.B. & The Blues Shacks

Come along

Écrit par

Le plus notoire des blues bands germaniques compte déjà 23 années d'existence. Au départ, les Blues Shacks ont publié plusieurs albums chez Stumble avant de passer sur le label brêmois Crosscut. "Come along" constitue leur douzième elpee, un disque qui s’inscrit dans la lignée du précédent, "London days", soit un cocktail de R&B, de soul ‘Stax’ et de blues basique. Le line up des Shacks est identique, puisqu’il réunit les frangins Michael et Andreas Arlt, ainsi que le claviériste Dennis Koeckstadt. Sans oublier la section rythmique constituée de Henning Hauerken et Bernhard Egger. Pour accentuer l’empreinte R&B, le combo a bénéficié de la participation d’une section de cuivres, en l’occurrence The No Blow No Show Horns mais aussi de chœurs, assurés par les Shackettes.

L’opus s’ouvre par une compo imprimée sur un solide tempo dicté par le piano de Dennis. Tout au long de ce "True love in vain", la voix de Michael est autoritaire pendant qu’Andreas se libère déjà aux cordes! "Love like cash" trempe dans du pur Memphis R&B à forte coloration funk. Les cuivres enrobent la voix. Les interventions de gratte sont dignes d'Albert King. Celles de l'orgue Hammond sont chaleureuses ; et surprise, même l'harmonica se réserve son espace au sein de cet ensemble parfaitement huilé. "Come along with me" baigne dans une forme de soul exotique. Rythmes et percus alimentent ce climat, alors qu’une trompette apporte un rayon de soleil à la fête. Les Blues Shacks se réservent un Chicago shuffle explosif pour notre plus grand bonheur. Hanté par l’esprit de Little Walker, Michael met toute la gomme dans son Mississippi saxophone tout au long de ce "Get my stuff together". J’adore quand le R&B coule naturellement dans leurs veines. Tout particulièrement lorsqu’il permet un dialogue entre orgue et guitare. Et "Will you be there" en est une parfaite illustration. Un rythme allègre mais cool soutient le blues dansant "Don't take your time". Et au sein de ce climat rafraîchissant, réminiscent de JJ Cale, l’orgue Hammond se révèle irrésistible. "Anything you do" et "Wait in line" sont deux blues classiques, imprimés sur un mid tempo, qui auraient pu relever du répertoire de BB King. Deux plages impeccablement exécutées, il faut le souligner. Des percus syncopées communiquent des accents de mambo à "Doesn't matter anymore", un morceau au cours duquel le honky saxophone de Tom Müller est relayé par l'harmonica. Et on n’est pas au bout des bonnes surprises, puisque c’est dans le West Coast jump que Michael se met à souffler à la manière des maîtres du style, Kim Wilson et Rick Estrin, sur "I don't get it". Miss Bonito Niessen vient donner la réplique vocale à Michael, sur le tendre "Whatever you do", alors qu’à la ‘six cordes’, Andreas se révèle plus BB King que nature. L’opus s’achève par "Raise your voice", un titre classieux et bourré de swing. Un excellent album !

 

B.B. & The Blues Shacks

London days

Écrit par

B.B. & the Blues Shacks est plus que probablement le meilleur groupe de blues sur la scène allemande. Dirigé par les frères Michael et Adreas Alt, respectivement harmoniciste/vocaliste et guitariste, cette formation implique également Denis Koeckstadt au piano, Henning Hauerken à la basse et Bernahrd Egger aux drums. Leurs débuts remontent à 1994, année au cours de laquelle, ils publient "Feelin' fine today". Quatre elpees paraîtront ensuite chez Stumble. Puis, ils signent pour Crosscut, le label blues de référence en Allemagne. Ils y ont aligné "Midnite diner" en 2001, "Blue Avenue" en 2003, Live at Vier Linden" en 2005 et "Unique taste" en 2008.

Le titre de ce nouvel opus ne laisse planer aucun doute : l'album a été enregistré à Londres. Au studio Toe Rag, très exactement, sous la houlette de Liam Watson, un producteur qui a notamment travaillé pour les White Stripes et Hugh Cornwell (ex-Stranglers).

L'album s’ouvre par "Real good times", une compo qui nous entraîne dans l'ambiance Stax des années 60. Du R&B entraînant et dansant imprégné par l’orgue d’un prestigieux invité teuton, Raphael Wressnig ; et enrichi par une section de cuivres. Percutant, "This time baby" embraie dans le même style. Les cuivres et l'orgue sont toujours bien présents. La voix autoritaire de Michael est renforcée par des chœurs masculins. Dennis signe une brillante sortie au piano. Les Blues Shacks reviennent dans un style qui correspond davantage à leur identité, en injectant une énorme dose de swing dans "High class lonely", un morceau au cours duquel Andreas sort un bijou de solo, sur le fil du rasoir, digne de Jimmie Vaughan. Michael en souffle de bonheur dans l'harmonica qu'il est enfin parvenu à extraire de sa poche. En toile de fond, Wressning soigne l’expression sonore de ses interventions à l’Hammond B3. Ballade soul, "Just you" est finement ciselée. Chicago blues puissant, "Between the lines" est imprimé sur un tempo élevé. Les styles de Little Walter et Billy Boy Arnold ont adopté un traitement moderne. La cohésion des musiciens est remarquable. Michael chante "It hurts so good", sur un tempo relax, balayé de chœurs doo wop. Sillonnant ces routes du Sud, Andreas se sent inspiré et libère ses cordes face aux cuivres médusés! Cette utilisation du doo wop si populaire dans les fifties hante cet elpee. Et se révèle remarquable tout au long de "My baby's alright", une compo proche d'un shuffle texan à l’intensité dévastatrice, au cours de laquelle l'harmo nous transperce l’âme. Manifestement, ce sont les parties vocales qui ont surtout bénéficié du travail opéré dans ce studio londonien. Ce qui explique pourquoi Mr Alt chante aussi majestueusement les indolents "How long can you go" et "Once in a while". Deux plages absolument remarquables. Retour à Memphis pour défier "Fools getting stronger", un morceau qui sonne plus BB King que nature ; et pour cause Andreas parvient à faire revivre Lucille, sur le Vieux Continent. "Miss wrong" nous traîne vers la Nouvelle Orléans, une compo agitée par des percus si caractéristiques, et balisée par les accords de piano syncopés dispensés par Koeckstadt, dans l’esprit de Professor Longhair. "Turnaround" marque le dernier retour au style Stax. L’opus recèle un bonus track : "Autumn sunset". Un swing blues tout en délicatesse et subtilité que Michael conduit à la manière de Toots Thielemans. Excellent!

BB and The Blues Shacks

Unique taste

Écrit par

Cette formation nous vient de Hildesheim, en Allemagne. Fait remarquable, depuis sa constitution, elle est considérée comme une des plus solides évoluant en Europe. Les Blues Shacks, c’est avant tout les frères Alt. Michael au chant et à l’harmonica ainsi qu’Andreas à la guitare. Ils sont épaulés par Bernhard Egger à la batterie, Henning Hauerken à la basse et Dennis Koeckstadt au piano. Bernhard est le petit nouveau. Il remplace Andreas Bock, un Autrichien qui avait milité au sein du Mojo Blues Band, auprès de Hans Theesink et Christian Dozzler. En outre, il avait drivé son propre band, en compagnie duquel il a réalisé 5 albums. Les Shacks signent ici leur dixième opus. Il fait suite à “Live at Vier Linden”, un elpee commis en 2005. Et, croyez moi, le band a opéré un solide pas en avant ; car il constitue un véritable juke-box consacré à la musique des années 50 : le blues et le R&B. Le tout recouvert par une solide couche de soul. Rien n’est tiré en longueur. Dix-sept plages écrites de leur plume, dont le temps moyen dépasse à peine plus de trois minutes. Car leur espace sonore n’est plus uniquement limité, pour la circonstance, au west coast jump. Un style largement inspiré par T-Bone Walker. Franchement, l’ombre de BB King plane bien plus ici que celle du légendaire Texan.

Deux courants forts guident cet opus. Et tout d’abord le blues. Celui du King de Memphis. Charriant ainsi d’excellentes compos. A l’instar de "Little pins", un morceau lent, brûlant, chargé d’émotion, à la sonorité exceptionnelle. Andreas Alt s’y révèle divin. Et lorsque le tempo s’élève, la qualité est toujours au rendez-vous. "Like a woman that just bought shoes" (quel titre!) en est la plus belle démonstration. Dennis assure vigoureusement derrière son maître gratteur. "So glad I’m in your mind" est du même calibre. "When the night comes down" est sculpté par de courtes phrases qui s’épanchent comme si elles émanaient de Lucille. Oui, oui, celle de BB King ! Les Shacks flirtent aussi avec le boogie, injectant une énorme dose de swing à "Not the one for me" et de rock’n’roll tout au long de "Do my will". Par contre, je ne décèle guère de jump ni de swing sur l’imparable "Three handed woman" ; un morceau modulé par la basse acoustique de Henning et caressé par les balais aériens de Bernhard, au cours duquel le piano laisse les cordes de Mr Alt s’envoler. “The fool I am” émarge aussi au Shacks de conception classique.

Le reste de l’elpee est essentiellement consacré au B.B nouveau. Un climat franchement imbibé de soul et de R&B. L’omniprésence de Raphael Wressnig à l’orgue Hammond B3 y est sans doute pour quelque chose. Il y colore les compos de notes chaleureuses, à l’aide de son clavier. Tout un art mis en exergue sur le R&B "Keep my promises" et le titre maître, trempé dans le soul blues. Toute la générosité et la délicatesse de Wressnig envahit "I understand", alors qu’"Anything but you" épouse un format funky R&B. Concocté dans un esprit fort proche de Sam Cooke, le caractère tex mex et exotique de "Fool when you’re cool" surprend. Tout comme la qualité du chant de Michael Alt. Il s’est réservé pour les parties vocales et ne joue que très peu de son harmonica. "Step back a little" constitue assurément un des meilleurs moments de l’elpee. Bénéficiant d’une partie vocale absolument remarquable, cette ballade soul campe une superbe mélodie. Et "Tears about to fall" mérite également une mention spéciale. Le climat écrasant du sud est ici accentué par les interventions de Michael, qui souffle nonchalamment et paresseusement dans sa musique à bouche! Enfin, signalons encore la présence d’un instrumental digne du géant Texan Freddie King : "Cut it!". Un excellent album ! 

Shack

Time machine (The best of Shack)

Écrit par

Avant de fonder Shack, les frères Michael et John Head drivait The Pale Fountains, une formation liverpuldienne qui a marqué de son empreinte le début des eighties. Entre 1981 et 1985, très exactement. Au sein du line up militait également le futur trompettiste de James, Andy Diagram. Inspiré par le psychédélisme de Love, mais également la comédie musicale (Burt Bacharach), le jazz et la bossa nova, ses chansons romantiques deviendront même une des sources d’inspiration pour les Smiths. Après deux années de déchéance (toxicomane, Michael traverse une période de déprime, alors que leur bassiste McCaffrey, décède des suites d’une hémorragie cérébrale), les deux frangins disparaissent quelque temps ; avant de monter Shack, en compagnie du drummer Alan Wills, mais surtout du bassiste Pete Wilkinson, futur LA’s et Cast. Le quatuor sort quelques singles et un album en 1988 : “Zilch”. En 1991, la formation entre en studio. Au London's Star Street. Et achève les chansons de son deuxième elpee, « Waterpistol ». Malheureusement le studio est ravagé par un incendie, et les bandes sont détruites. En outre, leur producteur, Cris Allison, ne parvient plus à mettre la main sur les copies DAT de ces enregistrements. Et lorsqu’enfin il les retrouve, le combo a splitté. Finalement « Waterpistol » paraîtra en 1995, à l’initiative du label allemand Marina. Entretemps, les frères Head forment Strands qui commet un superbe opus en 1997 : « The Magical World of The Strands”. Toujours passé aussi inaperçu. Et l’année suivante, Shack se reforme. Il aligne quelques elpees : « HMS Fable” en 1999 et “Here's Tom With the Weather” en 2003. Ainsi que “The corner of Mill and Gill”, en 2006. Wilkinson est revenu au bercail un an auparavant, pour suppléer le départ de Rigby ; mais information bien plus importante, le groupe a signé chez Sour Mash, le label de Noël Gallagher. Qui a toujours voué une grande admiration aux frères Head. Il les considère d’ailleurs comme une influence majeure d’Oasis.

Maintenant, venons-en à cette compilation qui réunit des extraits des quatre derniers albums (NDR : pas de trace, donc de « Zilch »). Mais également deux singles tout à fait épatants datant de 1990 et 1991. C'est-à-dire « I know you well », digne du meilleur Stone Roses et « Al’s vacation », un titre d’acid folk aussi bancal que capricieux, réminiscent de Syd Barrett. Ainsi que deux nouvelles compos (elles figurent en fin de parcours) : « Holiday abroad », dont la mélodie est tellement contagieuse que vous risqueriez fort de la siffloter sous la douche et l’impétueux « Wanda », morceau de psyché house cuivré, rappelant à nouveau la célèbre formation de Ian Brown, à ses débuts. Même si la délicatesse du timbre vocal de Michael est davantage mise en évidence. Pour le reste, heureusement que les notes incluses dans la pochette sont suffisamment explicites ; sans quoi, on n’y retrouverait plus ses jeunes. Ce qui permet quand même de cerner l’évolution de cet ensemble dont la musique à l’origine très psyché (Stone Roses, Syd Barrett, Byrds) a progressivement évolué vers une forme de plus en plus sophistiquée, l’influence de Love circa devenant même très marquante sur l’avant dernier opus (les arrangements, les orchestrations, les cuivres mariachi, etc.) Ce qui n’a jamais empêché les compos de continuer à bénéficier de ce dosage subtil entre cordes acoustiques et intensité électrique. La formation a également vécu sa période britpop hymnique (pensez à Oasis, à The Coral ou encore aux Bluetones) ; et en particulier sur l’album « Waterpistol », paru quatre ans trop tard. On ne va pas en rajouter une couche, c’est une compile, mais franchement elle mérite toute votre attention. En outre, comment comprendre qu’un groupe aussi talentueux soit passé à travers…

Th' Legendary Shack Shakers

Swampblood

Écrit par

Personnage énigmatique, J.D Wikes a fondé sa formation dans son antre à Nashville, dans le Tennessee. En 1998, il commet "Hunkerdown", une œuvre totalement inclassable, sorte de patchwork associant des éléments de rock, de blues, de country, de jazz, de psyché, de punk et de polka! Le line up actuel prend réellement forme en 2003, lorsque le charismatique leader s'entoure du bassiste Mark Robertson, du guitariste David Lee et du drummer Brett Whitacre. La formation enregistre alors dans la foulée "Cockadoodledon't" puis "Believe", déjà pour le label Yep Roc! "Pandelirium" paraît en février 2006, un opus pour lequel il reçoit la participation de Jello Biafra des Dead Kennedys et du Reverend Horton Heat, une influence hillbilly marquante pour Wilkes.

J.D nous propose aujourd’hui le troisième chapitre de sa trilogie consacrée au gothic rock américain. Cet opus est constitué de nombreuses plages assez brèves, d’une moyenne d’à peine deux minutes. Les guitares acoustiques sont en dérapage contrôlé. Elles sont rejointes par des banjos. Nous sommes bien à Nashville, la Music City, capitale de la country music. Même si la suite glisse vers un blues rock, proche du pub rock anglais de Dr Feelgood et du swamp blues de Tony Joe White. J.D souffle rageusement dans son harmonica avant de chanter ce "Old spur line". Une plage bien nerveuse dont la ligne mélodique intervient dans le changement de rythme. L’expression sonore galope vers un country & western et ne rentre à l’écurie que lorsque les banjos sont de retour! Les Shakers voyagent dans l'espace et dans le temps. Ils campent dans les bayous louisianais pour aborder "Hellwater", à la poursuite du Creedence Clearwater Revival. "Easter flesh" pénètre ensuite dans un univers digne d'Enio Morricone. La rythmique punk est déjantée. Quasi surf, la guitare de David Lee flirte avec la voix et l'harmo de J.D, pendant que Brett maltraite ses peaux comme un malade. Lors du titre maître, les Shakers replongent dans les swamps. Ils sont à la recherche improbable de l'ombre de John Fogerty. Une bonne dose de frénésie hante le leader. Il avale au passage sa musique à bouche dont les accords passent au rouge feu. Un geste de déglutition pour "Dusk" avant de remettre la machine punk infernale, implacable, sur les rails de "Cheat the hangman", la rage au corps. Brett a les poignets en sang pour tenir la distance! La décompression s'opère lors du joyeux "Born again again", chanté à tue-tête par les acteurs devant mandoline, banjo et piano. Joué par Jack Irwin, ce piano semble sorti des vieux saloons poussiéreux du sud profond! "The deadenin'" est manifestement une des meilleures plages de l’opus. Elle fait la synthèse du potentiel du combo. Le décor est toujours tapissé de western. A cause de la présence discrète du banjo, des cordes réverbérées, du chant furieux et de l'harmo qui lui colle aux lèvres. Le chant est puissant pour "Down and out', une compo gothique, grave et métallique. Le sol semble martelé comme un régiment à la parade. Après un nouvel intermède accordé dans un saloon, "He ain't right" nous entraîne dans la surf music. Les cordes de Lee Très réverbèrent une dose d’écho parfaite tout au long de ce titre rockabilly. Wilkes est assis derrière son piano, tandis que Brett imprime la rythmique implacable des Shakers sur le boogie rock suranné "Angel lust". Cet opus s’achève par le mélancolique et bouleversant "When I die", avant que cordes acoustiques, ukulélé et banjo revivent une dernière fois une "Bright and sunny south". Une œuvre étonnante mais riche et personnelle! Si vous avez l’occasion d’aller voir cette formation en live, ne la manquez surtout pas. Rien que la personnalité de son leader, qui vous invite à partager sa folie musicale, vaut le détour.

B.B. & The Blues Shacks

Live at vier Linden

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BB & the Blues Shacks est incontestablement un des meilleurs groupes européens de blues. Fondé en 1989, il est responsable de toute une série d’albums fort intéressants, dont "Live at Lucerne Blues Festival" en 98, "Straight blues" l'année suivante (NDR : une plaque partagée entre face swing et blues), "Midnight diner" en 2001 et enfin "Blue Avenue" en 2004. "Live at vier Linden" est un nouvel opus enregistré ‘live’. Une œuvre immortalisée dans leur bonne cité de Hildesheim, au cours de l'été 2005. Leur répertoire puise allègrement au sein de la musique des années 40 et 50, et principalement dans le west coast swing. Pour y parvenir, ils possèdent tous les atouts indispensables et nécessaires dont deux leaders/solistes extrêmement talentueux ; en l’occurrence les frères Andreas et Michael Arlt, respectivement, guitariste/harmoniciste et chanteur. Ils sont soutenus par le pianiste Dennis Koeckstadt et une section rythmique taillée sur mesure : Henning Hauerken à la basse acoustique et Andreas Bock aux drums. Les frangins Arlt signent, en outre, l’intégralité du tracklist proposé tout au long de ce concert.

L’elpee s’ouvre par "Hot shot bop", un instrumental qui met déjà en exergue le talent fou manifesté par Andreas sur les cordes. Chicago blues rythmé au refrain inspiré, "Let's get crazy" est une synthèse de toutes les influences embrassées par Michael : de Little Walter à Sonny Boy Williamson en passant par Big Walter Horton. "She's goth er eyes on you" est un blues qui baigne dans les swamps de la Louisiane. Michael s’y révèle très proche de la démarche d’un Kim Wilson, tandis qu’Andreas - et ce n’est pas une surprise - marche dans l'ombre de Jimmie Vaughan. Le spectre Fabulous Thunderbirds envahit à nouveau "Lose my mind". Les Teutons sont de grands spécialistes aux ivoires. A l’instar d’Axel Zwingerberger ou encore de Christian Rannenberg. Dennis nous le rappelle tout au long de ce boogie. Et se déchaîne lorsqu’il embraie par "Stompin' and rollin'". Le guitariste reconnaît pour influences majeures des personnages aussi notoires que T-Bone Walker et Tiny Grimes. Plages swing, "Can't hide love" et "Hear my baby naggin'" en sont les plus belles démonstrations. Incroyablement doué, il se révèle même proche des meilleurs élèves américains tels que Kid Ramos, Alex Schultz, Junior Watson ou encore Rusty Zinn. Andreas possède plus d'un tour dans son sac. Il a bien étudié la technique des guitaristes du Chicago Westside. Et en particulier celui d’Otis Rush et de Magic Sam. Long blues lent, "Good night's sleep" est un nouveau tour de force. La voix de Michael Arlt passe également bien la rampe. Assez proche de Kim Wilson, elle donne sa pleine mesure sur "Letter from my baby". Ce concert chaleureux s’achève par "Ain't a home no more", un shuffle conquérant sans doute, très texan sans aucun doute. Un disque tout simplement brillant !

 

B.B. & The Blues Shacks

1-16 Blue Avenue

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Les Blues Shacks constituent une des toutes meilleures formations de West Coast jump européennes. Et je ne m’avance pas trop en proclamant, qu’il s’agit tout simplement d’une des meilleures formations de blues. Le groupe a été fondé en 1989 par les frères Alt. En l’occurrence, le guitariste Andréas (NDR : aujourd’hui âgé de 37 ans), et le chanteur/harmoniciste Michael (NDR : de 34 ans balais). Le groupe a déjà commis six albums pour le label Stumble : "Feelin' fine today" en 1994, "Jive talk, slow walk" en 1995, "Reality show" (avec Kid Ramos et Fred Kaplan) en 97, "Live at Lucerne Blues Festival" (avec Tad Robinson) en 98 ; et enfin, pour célébrer leur dixième anniversaire, ils se sont fendus d’une double sortie en 99 ("Straight blues – Big swing", partagé entre une album de swing et un autre de blues). Les Shacks ont alors signé chez Crosscut, pour lequel ils ont gravé "Midnite diner". En 2001.
 
L'album s'ouvre par "Cool drinks", un thème instrumental qui met en place les différents acteurs musicaux. Andréas Alt a invité le prestigieux Alex Schultz et s’appuie déjà ici sur la remarquable section rythmique composée d'Andreas Bock aux drums et de Henning Hauerken à la basse. Les échanges de cordes opérés entre les deux brillants protagonistes sont, vous l'aurez deviné, de haute facture. En outre, Alex libère une de ces tonalités ! "Do to me " est un blues assez classique, au tempo modéré. Le piano de Dennis Koekstadt entre dans la danse, mais ce sont les guitares qui se partagent la vedette. Alex Schultz est au sommet de son art. Il est réellement et facilement un des tous meilleurs. Ce qui n’est pas une raison pour négliger l’excellent prestation au chant de Michael Arlt. Ce dernier sort enfin l'harmonica de sa poche et attaque "Wait on honey", la revue des plans de son maître Little Walter, bien sûr, dans la tête. Michael se mue en adepte de Sonny Boy II pour aborder "Give and take a little". Le piano de Dennis donne le change. Imprimant un tempo élevé, la machine à swinguer teutonne est brillante. A l’instar de "Beauty parlor gossip", caractérisée par une extraordinaire envolée de Schultz. "Can't hide love" épouse une forme plus paisible et sereine, autorisant de nouveaux échanges souverains entre les deux gratteurs. Les acteurs s'amusent ! L’instrumentation vire carrément au jazz sur "Answer to TT special". Tandis que la section rythmique s’agite, les solistes sont à la fête. Michael joue comme un Toots Thielemans soudain rajeuni. Dennis au piano et Andreas forcent le respect. Eclectiques, ils peuvent virer franchement au rock'n'roll. A l’instar des Fab Ts de la grande époque. Et "If that ain't love", au cours duquel Dennis martèle ses ivoires, en est la plus belle démonstration. Dans un registre proche, "If you don't want me" est un shuffle joyeux. Le piano soutient la section rythmique. Tout semble naturel jusqu'à la sortie de l'harmonica de Michael qui ponctue un des meilleurs instants de l'album! Le frère souffleur est désormais lâché. Sur 'Mad man blues", il crache avec puissance des petites phrases empruntées à Little Walter. La joie est à bord ! "Rambling kind" est encore une bonne plage rythmée. Le blues lent n’a pas été négligé ; et "Good night's sleep" l’incarne à la perfection. Ponctué d’un superbe solo tout en retenue, accordé par Andreas Alt, sa montée en puissance progressive déborde d'expression et de sensibilité. Un excellent elpee de plus à mettre à l'actif des Blues Shacks. Faut dire que cette formation dégage une telle aisance. Et elle en fait une nouvelle démonstration tout au long de la dernière plage, "Shipwrecked". Je vous recommande chaudement cette plaque !