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Shiny Darkly

Shiny Darkly

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Celui là, je m’étais bien gardé de vous en parler.

Et pour cause.

Relégué dans mon esprit au titre d’album abscons (faux souvenir d’une écoute manifestement jamais réalisée) et perpétuellement placé à la base de ma colonne de disques à écouter, j’étais passé totalement à côté...

Arrive le grand jour où finalement je me décide à repasser la galette, et… Ô ! Surprise !

Circonspect, j’assiste à ma totale abdication en moins de trois minutes trente-six, soit le temps pour le premier morceau (« Into The Shade ») de faire voler en éclats mes réserves injustement nées de souvenirs tronqués.

Donc, résumons : Shiny Darkly est un combo réunissant trois jeunes danois qui a jeté son dévolu sur le Rock & Roll version blouson de cuir à la MC 5, lunettes de soleil rivées sur le nez, façon Crocodiles, et carburant à l’huile de moteur aux effluves Black Rebel Motorcycle Club. Passé quelques trips hallucinogènes chez leurs frangins de Psyched Ills, ils se sont mis en tête de pondre quelques ritournelles obsédantes, nonchalamment enduites de cambouis dans un Garage et délicieusement matinées de second degré (un titre comme « Draculala » ne laisse planer aucun doute sur la question).

La cadence est spectrale, hypnotique, mais pas délestée de mélodies mordantes comme le baiser d’un vampire éternellement juvénile.

La réverb’ place le spectre sonore dans la lignée de The Horrors, les lignes de basse dans les sillons de Spectrum et le glacis noir et blanc destiné à faire briller l’ensemble évoque les productions de Sacred Bones Records.

Mais loin d’être une somme de références, ce ‘six titres’ se révèle bien plus contrasté qu’il n’y paraît et m’oblige à faire amende honorable.

Un réel plaisir dans ces circonstances.

Shiny Darkly : l’histoire d’un disque négligé qui d’un rugissement de trique a réussi à prendre en otage mes burnes.