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Slaid Cleaves

Everything You Love Will Be Taken Away

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Première impression négative. Slaid Cleaves mérite en effet de remporter –et haut la main– la palme de la plus immonde jaquette de l’année. Un horrible dessin représentant un cow-boy probablement malade à la vue de la couleur bleuâtre de sa peau. Ce premier contact ne m’a franchement pas poussé à me farcir « Everything You Love Will Be Taken Away », lors de sa réception. Ma plus grande hantise ? Que la musique de ce parfait inconnu soit du même niveau que son emballage…

Né en 1964, à Washington, D.C., Richard Slaid Cleaves est un songwriter américain qui a passé toute sa jeunesse dans le Maine, avant de s’établir au Texas, à Austin, devenue depuis la capitale mondiale de la musique ‘indie’. Il débute cependant sa carrière en 1985. A Cork, en Irlande. Comme chanteur de rue. Mais ce n’est qu’en 1990 qu’il publie son premier album. Un disque autoproduit intitulé « The Promise ». Une œuvre introuvable de nos jours. « Everything You Love Will Be Taken Away » constitue son 10ème elpee (NDR : si on tient compte des rééditions de ses premières cassettes en cd). Pratiquement inconnu en Europe, Richard possède une solide base de fans aux Etats-Unis, dont le célèbre écrivain Stephen King. Ce dernier l’a d’ailleurs encensé en ces termes : ‘I’m glad I found Slaid Cleaves, because my life would have been poorer without him’. Pas moins !

Slaid Cleaves reconnaît pour influence majeure Bruce Springsteen. Après avoir écouté « Everything You Love Will Be Taken Away », difficile de contester cette information. Le chanteur incarne parfaitement le profil du musicien yankee. Héritier naturel du ‘Boss’, mais aussi de Johnny Cash, Hank Williams ou encore Tom Petty, Slaid Cleaves creuse le même terreau country-folk que ses illustres prédécesseurs. Cet album est à conseiller aux fans de pur americana… Il n’est pas du niveau des productions de The Hold Steady ; mais le travail est de bonne facture et les mélodies particulièrement touchantes.

L’ambiance entretenue tout au long de l’œuvre n’est pas à la joie. Elle est même plutôt mélancolique. Un titre comme « Cry » aurait ainsi pu également figurer au répertoire d’Eels. Pas comme single, car si « Twistin » constitue le meilleur morceau de l’opus, difficile de le traduire en hit quelconque. Et pour cause, le texte est plutôt sombre. Il conte l’histoire de l’exécution d’un condamné à mort, décrite par son bourreau : ‘Men held up their babies to see / Reporters jotted down a tale / Hawkers brought out lemonade / And the ladies headed for the hangin’ day sale’ Bonjour l’ambiance ! A en faire pâlir d’envie Steve Earle. Faut dire que les lyrics constituent le point fort de Slaid Cleaves. Cependant, il est nécessaire de bien comprendre la langue de Shakespeare pour en comprendre toutes les subtilités. D’ailleurs, pas sûr qu’il parvienne à convaincre de nouveaux adeptes de ce côté de l’Atlantique.

Slaid Cleaves serait-il le champion 2009 toutes catégories confondues de l’americana classique ? A ce jour, c’est une certitude.

 

Slaid Cleaves

Unsung

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Slaid Cleaves pourrait être comblé: excellent guitariste et doté d’une voix magnifique, il est parvenu à se tailler une place au soleil dans la scène musicale d’Austin. Mais voilà : après deux albums (« Broke down » et « Wishbones »), et une renommée flatteuse, le songwriter choisit d’emprunter un autre chemin que celui alors tracé en solitaire. Car « Unsung », c’est avant tout l’envie de faire la part la belle aux amis, collègues, frères et sœurs d’armes. Ce sont treize chansons interprétées par d’autres songwriters dans son salon ou dans les bars. Treize titres folks, aux accents country, dignes héritiers de Woodie Guthrie, Johnny Cash et Hank Williams. Treize deuxièmes naissances pour ces morceaux qui brillaient dans l’ombre… Les grands moments de l’album sont signés par Steve Brooks (« Everette », et son tempo désinvolte), Karen Poston (« Flowered Dresses » où piano et violoncelle viennent saluer la disparition à petit feu d’une belle héroïne) ou David Olney (« Millionaire » ou l’éloge de la dignité). Et si, à première vue, on peut s’inquiéter de la cohérence de l’album, c’est sans compter sur la grâce et l’élégance de son géniteur. En reprenant des chansons qui auraient probablement disparues, Slaid Cleaves signe un recueil poétique désormais classique, dans la pure tradition d’auteurs tels que Townes Van Zandt. ‘That’s just what poets do’…