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Spectrale

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Sous le vaporeux patronyme de Spectrale, se cache le side project de Jeff Grimal, guitariste et vocaliste de The Great Old Ones, un groupe français de Post-Black Metal atmosphérique. Mais attention, on est ici loin d’un bis repetita ! L’artiste propose, en effet, tout au long de ce premier effort, des compositions uniquement acoustiques et quasi-instrumentales. Mais au-delà des morceaux, le musicien invite à découvrir un univers céleste, transcendant et très susceptible d’aiguiser les cinq sens. Pour que la magie puisse sereinement opérer, c’est par de lentes rafales de nappes hypnotiques et répétitives, à la sèche, que le maître de cérémonie va, progressivement, vous déconnecter de la réalité. Rien ne sert de résister, vous finirez par perdre pied. Car la suite va nous réserver une escapade de près de trois quarts d’heure, voguant d’une phase exploratoire à une autre, ponctuée par des moments de joie pure et de traversées autant épiques (« Monocerotis Part2 ») que dépressives (▲). Quelques légères envolées de violoncelle et de discrets bruitages astraux viennent pimenter la pérégrination. Après une démo et un split (NDR : voir la chronique ici), publiés en 2016, Spectrale dévoile ici sa première incarnation (NDR : présenté sous un très beau digipack blanc et doré, agrémenté d’illustrations dessinées par Jeff Grimal), prête à délicatement prendre soin de votre âme et à lui faire vivre intensément quelques expériences extrasensorielles. A écouter au casque, allongé et les yeux fermés. Bon voyage !

 

In Cauda Venenum / Heir / Spectrale

In Cauda Venenum / Heir / Spectrale

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Colorée en rose, mauve et blanc, l’illustration de la pochette dépeint un visage féminin, cheveux au vent et regard perdu à l’horizon. Et derrière cette image se cache un split album partagé entre compositions signées par trois groupes français aux racines puisant dans le Black Metal. Même si ce style est bien présent, ce n’est néanmoins ici qu’une base musicale : les trois bands parvenant à faire exploser les barrières du genre afin d’en recueillir les morceaux, les mettre côte à côte et bâtir du neuf, résolument tissé le long d’un fil rouge atmosphérique, tantôt baigné dans le calme, tantôt agité par l’ivresse. 

C’est à Spectrale que revient l’honneur d’ouvrir la marche, un projet dont la personne maîtresse n’est autre que Jeff Grimal, guitariste et chanteur de The Great Old Ones, accompagné de Jean-Baptiste Poujol. « Sagitarrius A » entame en guise d’introduction ce pèlerinage, tout en guitares sèches hypnotiques et répétitives, bâtissant un fond lugubre et générant une progression lente et mystérieuse pour finalement déboucher, très curieusement, sur une ambiance de bal populaire des années 20. Quelques pistes plus tard, « Al Ashfar », d’un ton résolument plus joyeux, du moins lors de la première partie du morceau, repose toujours sur ce rythme répétitif et entêtant de guitares sèches. Pas de parties vocales, la compo repose uniquement sur les mélodies. « Crepuscule » est sculpté dans le même moule que les deux précédentes pistes, maintenant cette perpétuelle tension entre la lumière et l’obscurité.

C’est également en trois morceaux que les Toulousains de Heir démontrent tout leur savoir-faire. Les premières notes longues et froides de « Descent » ne trompent pas : une douce mélancolie s’impose ; et elle est rapidement décuplée par la voix éreintée, typiquement Black-Metal, de L.H. Alors qu’il devient presque confortable de s’asseoir sur ce spleen ambiant, les cymbales retentissent et le rythme prend de suite une tournure plus agressive et chaotique, jusqu’à en arriver à un point culminant lorgnant vers un Raw Black Metal des plus jouissifs. Tel un bipolaire, la colère et la haine retombent l’espace de quelques instants, avant de reprendre de plus belle et de tout dévaster sur leurs passages. Une recette assez savoureuse, maniant la caresse et le bâton, préparée de la même manière sur « Upon The Masses » et « Sectarism », deux morceaux doublés tout au long des quasi-dix minutes, d’une folie perçue comme incontrôlable. On vous prend, on vous secoue, vous tombez à genoux, vous reprenez quelque peu votre respiration et on vous brimbale à nouveau. Sans relâche.

Vient finalement le tour d’In Cauda Venenum, trio lyonnais, de proposer une salve unique, pour le mois originale et détonante. D’une durée d’un peu moins de quinze minutes –excusez du peu !– ce morceau langoureux, froid et parcouru de part en part d’une tension alimentée par une batterie agressive et une guitare électrique particulièrement glaciale, contrebalancées par la douceur et la chaleur d’une guitare sèche et d’un violoncelle enivrants, revendique un hommage posthume à l’actrice américaine Catherine E. Coulson (décédée en 2015), pour son rôle de Margaret Lanterman dans la série Twin Peaks. Si la longueur du titre peut impressionner –bien qu’au final pas si atypique dans le Black Metal– sa construction permet d’éviter toute lassitude, alternant entre nappes musicales et extraits de la série. 

Contrairement à l’architecture classique des splits albums, les plages de chaque formation ne sont pas réunies par fournées, mais sont mélangées. Et paradoxalement… la formule fonctionne plutôt bien. Elle offre une unité dans la diversité, un voyage commun au départ de sentiers différents. Un pari que relèvent sans cesse, bien souvent avec brio, les productions ‘les Acteurs de l’Ombre’ (ce split album est sorti chez Emanations, une des divisions du label). Une fois de plus, le dépaysement est au rendez-vous.