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The Afghan Whigs

Le bilan existentiel de Greg Dulli…

Les Afghan Whigs viennent d’annoncer la sortie du single « Duvateen » via Royal Cream/BMG. Il s’agit d’un hymne balisé par le piano qui montre le groupe sous son jour le plus dynamique. Le titre de la chanson fait référence à ce tissu capable de manipuler la lumière, qui sert ici de symbole de la mortalité, cet abîme sombre qui encadre toujours le décor de nos vies.

‘Quand j’ai terminé “Duvateen”, j’ai eu l’impression de voir ma vie défiler devant mes yeux’, explique Dulli. ‘Les références au professeur qui me poursuivait dans le couloir m’ont rappelé mon enfance. Creuser un trou était une allusion évidente à une tombe. Je me trouve à un tournant de ma vie où je peux regarder en arrière et voir clairement la forêt de ma jeunesse, mais je peux aussi voir le chemin qui mène de l’autre côté. Et cela va déterminer ce que je ferai pour le reste de mes jours.

Cette sortie fait suite à « House of I », leur premier titre depuis 2022. Ces deux singles ouvrent la voie à la sortie d’un album des Afghan Whigs plus tard cette année.

Les Afghan Whigs partent en tournée pour fêter leur 40e anniversaire : une tournée nord-américaine de vingt-et-une dates en tête d'affiche, avec Mercury Rev en invités spéciaux.

Greg Dulli, cofondateur de la formation, a déclaré à propos de cet anniversaire : ‘40 ans plus tard, je continue de faire ce que j'aime par-dessus tout : écrire des chansons et les interpréter avec mes amis aux quatre coins du monde. J'ai vraiment du mal à y croire.’

Le clip de « Duvateen » est disponible ici

 

The Afghan Whigs

The Afghan Whigs, 40 ans d’existence et un nouveau single…

Les Afghan Whigs ont annoncé la sortie de « House of I », leur premier titre depuis 2022, via Royal Cream/BMG. Soutenu par une batterie percutante, des guitares rugissantes et des paroles caustiques imprégnées de désir, le morceau est interprété par la voix inimitable de Greg Dulli. Produit et mixé par Dulli et Christopher Thorn, « House of I » a été enregistré au Marigny Sound à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, les enregistrements et le mixage supplémentaires ayant été réalisés au Fireside Sound à Joshua Tree, en Californie.

Les Afghan Whigs sont de retour avec une énergie rock explosive que vous aurez envie de découvrir en live et de près, dans une salle faiblement éclairée. Le groupe partira en tournée le mois prochain pour célébrer son 40e anniversaire, avec une série de vingt-et-une dates en tête d’affiche en Amérique du Nord, en compagnie de Mercury Rev en tant qu’invités spéciaux.

Greg Dulli, cofondateur du groupe, a déclaré à propos de cet anniversaire : ‘40 ans plus tard, je continue de faire ce que j’aime le plus : écrire des chansons et les interpréter avec mes amis partout dans le monde. Je dois vraiment me pincer pour y croire.’

Depuis leurs débuts à Cincinnati, dans l’Ohio, en 1986, les Afghan Whigs n’ont jamais suivi les règles établies. Sur la toile de fond des années 90, marquée par le style plaid et le grunge, les Whigs se sont démarqués de leurs contemporains en s’habillant en costume et en préférant se laisser porter par un groove à la Marvin Gaye plutôt que de reprendre un riff de Black Sabbath.

Après s'être séparé en 2001, le groupe s'est reformé pour une tournée de retrouvailles en 2012, qui les a amenés à faire la tête d'affiche de grands festivals partout dans le monde et à faire salle comble dans des salles prestigieuses aux États-Unis, en Europe et dans l'hémisphère sud.  Depuis, ils ont sorti trois albums : « Do to the Beast » (2014), « In Spades » (2017) et « How Do You Burn ? « (2022).

 Le single « House of I » est en écoute

 

 

The Afghan Whigs

Deux covers pour The Afghan Whigs !

Les Afghan Whigs sont de retour pour deux nouveaux titres, des reprises, mais adaptées sur mesure au style classique des Whigs.

« Fake Like », initialement enregistré par le groupe indie Poliça, basé à Minneapolis (USA), et « Downtown », à l’origine enregistré par le groupe britannique Still Corners, mettent tous deux en valeur la puissance vocale et le penchant dramatique de Dulli et montrent le groupe en pleine forme. Les chansons sont des hymnes repoussant les limites de leur propre son.

Greg Dulli commente ces morceaux : ‘Ces deux chansons sont nées lors de jams pendant les soundchecks. Chacune d'elles a une résonance particulière pour moi et j'ai vraiment été touché par les paroles. Aussi, j'ai pris beaucoup de plaisir à les chanter.‘

Les deux chansons seront maintenant disponibles en streaming dans le monde entier sur tous les principaux services DSP. Un single 45 tours en édition limitée a également été créé et sera vendu par Shake It Records basé à Cincinnati (USA).

L'année prochaine, en 2026, marquera le 40e anniversaire des Afghan Whigs. De nombreux projets sont déjà en cours pour le groupe et seront annoncés au cours de la nouvelle année.

Le single « Fake Like » est en écoute ici

 

 

The Afghan Whigs

The Afghan Whigs tout feu tout flamme…

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C’est ce 9 septembre que paraîtra le nouvel LP d’Afghan Whigs, « How Do You Burn ? ». En attendant, il nous en propose son troisième single, « The getaway », sous forme de clip, ici

« How Do You Burn ? » constitue le neuvième album du groupe et fait suite « Do to the Beast » (2014) et « In Spades » (2017), disques sortis depuis sa reformation.

Pour ses seconds rôles, Dulli avait fait appel à plusieurs collaborateurs de longue date, dont le regretté Mark Lanegan, qui était un habitué des Twilight Singers de Dulli, un partenaire des Gutter Twins et un ami proche. Lanegan fait ses débuts pour The Afghan Whigs comme choriste sur deux titres. ‘C'est Mark qui a donné son nom à l'album’, a fait remarquer Dulli.

Parmi les autres guests, on épinglera le concours de Susan Marshall, Van Hunt et Marcy Mays, la chanteuse principale de « My Curse », le morceau phare de l'album "Gentlemen" (1993).

 

The Afghan Whigs

The Afghan Whigs sur les charbons ardents…

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« How to burn », c’est le titre du nouvel elpee de The Afghan Whigs, dont la sortie est prévue pour le 9 septembre 2022. Il s’agira de son 9ème opus.

La pandémie mondiale a contraint les musicos à bosser séparément et dans des lieux différents : Greg Dulli, son coproducteur Christopher Thorn et le batteur Patrick Keeler se sont retrouvés en Californie ; le bassiste John Curley, le guitariste Jon Skibic et le cordiste Rick Nelson ont enregistré leurs propres parties à Cincinnati, dans le New Jersey et à la Nouvelle-Orléans, respectivement.

Pour ses seconds rôles, Dulli a fait appel à plusieurs collaborateurs de longue date, dont le regretté Mark Lanegan, qui était un habitué des Twilight Singers de Dulli, un partenaire des Gutter Twins et un ami proche. Lanegan assure le rôle de choriste sur deux titres. Susan Marshall, Van Hunt et Marcy Mays ont également apporté leur collaboration à l’album.

Le clip du single « The Getaway » est à voir et écouter

 

 

The Afghan Whigs

Le rappel était inutile...

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Ce concert était très attendu. D'une part, parce qu'il avait été reporté ; et d'autre part parce qu'il était intéressant de voir confirmer, sur les planches, tout le bien que l'on pense de "1965", leur dernier album. Un chef d'œuvre, comme dirait Marc Isaye. Un disque de référence, en quelque sorte, car après avoir roulé leur bosse pendant une bonne dizaine d'années, nos Américains continuent d'innover tout en gardant leurs racines et leur intégrité. A contrario d'autres groupes qui s'essoufflent trop rapidement ou se contentent de reproduire de pâles copies des opus précédents. Non vraiment, le soul-rock délivré par Afghan Whigs est inimitable. D'ailleurs, si vous ne les connaissez pas, je vous avoue que les décrire ou les comparer à un autre groupe est une tâche difficile. A la limite, on pourrait imaginer un croisement entre Sonic Youth et James Brown. Une chose est sûre, il faut admettre que ce combo est parvenu, jusqu'à présent, à bien gérer sa carrière. Signé, au départ, sur le label Sub pop, il avait alors commis l'excellent elpee "Congregation". Passé sur la major Warner en 1993, il nous a délivré "Gentlemen", un elpee davantage noisy/pop ; mais surtout un disque qui allait leur ouvrir les portes du grand public. A partir de cet instant on aurait pu avoir les pires craintes ; surtout après la sortie de "Black Love", une plaque un peu en deçà des autres.

Mais ce mardi 16 mars à l'AB, nos amis de Cincinnati ont balayé toutes nos suspicions, en délivrant un set époustouflant. Ils sont parvenus à mettre le feu en nous allumant à chaque morceau. Pendant près de 2h30, ils ont pu enchaîner les différents titres du dernier album et ce qu'on peut appeler des tubes comme : "Somethin' Hot", "66" ou encore "Debonair", "What jail is like", etc. Seul bémol : le rappel. Les longues intros jusque là originales, sont devenues un peu redondantes et lassantes. Cause à effet ? Je n'en sais rien ; mais une chose est sûre, la playlist était devenue beaucoup moins intéressante… Maintenant, il est possible que le groupe n'a pas voulu sombrer dans un concert trop traditionnel. Visiblement enroué, toussotant entre les morceaux, Greg Dulli n'a pas hésité pas à se casser la voix pendant toute la durée du concert. Il faut quand même préciser qu'il a pu compter sur le concours de ses deux choristes, dont la performance a été tout bonnement exceptionnelle. Nonobstant son physique peu avantageux, Susan Marshall a d'ailleurs eu l'occasion de faire vibrer la salle et même de la charmer en interprétant "My curse". Black, l'autre choriste, a apporté une note soul au concert, tout en agrémentant sa performance de quelques pas de danse plutôt drôles... Afghan Whigs a pu aussi compter sur la collaboration d'un bassiste très classe et d'un excellent pianiste pour compléter l'harmonie : John Curley et Michael Horrigan. Très à l'aise sur scène, ils ont même reçu une ovation lorsque G.Dulli les a présentés.

En première partie, nous avons eu droit à une bonne surprise, sous la forme du groupe Snowpony. Sa prestation a séduit le public qui avait pris la peine d'arriver plus tôt. Ce qui peut s'expliquer aisément, lorsqu'on sait que line up est composé d'ex membres de My Bloody Valentine et de Stereolab...

 

The Afghan Whigs

In Spades

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Le 28 juin 2017, Dave Rosser, le guitariste d’Afghan Whigs décédait des suites d’un cancer du colon. Soit moins de deux mois après la sortie du septième opus du groupe de Cincinnati. Le gratteur avait remplacé Rick McCollum, en 2014. Il avait encore participé à l’enregistrement de cet opus, malgré le diagnostic, posé avant les sessions. Et « I get lost », valse bouleversante, aborde ce sujet douloureux…

Au sein d’Afghan Whigs, du line up initial, il ne reste plus que le chanteur/compositeur/guitariste rythmique Greg Dulli et le bassiste John Curley. N’en déplaise aux censeurs, mais votre serviteur avait apprécié le précédent opus, « Do the beast ». Et il apprécie tout autant cet « In spades ». Qui est quand même différent, il faut le reconnaître, même si on retrouve toujours la voix d’écorché vif de Dulli, également capable d’osciller du falsetto venimeux au baryton riche. Riche comme l’expression sonore qui est régulièrement alimentée de cuivres, d’arrangements de cordes et d’interventions de violon et/ou de violoncelle. Sans oublier la présence du piano, parfois électrique, du mellotron, du vibraphone, du synthé et bien sûr de l’instrumentation basique. Ce qui n’empêche pas certaines compos de se révéler particulièrement électriques et percutantes. A l’instar d’« Arabian heights » ou de « Copernicus », dont le riff principal semble avoir été emprunté au « You really got me » des Kinks, à moins que ce ne soit à T.Rex… et même du funkysant « Light as a feather ». Les autres compos adoptent le plus souvent le profil d’une ballade, mais souvent mid tempo et très susceptible de brisures ou d’envols ; des plages parmi lesquelles on épinglera le single diabolique et de mauvaise augure « Demon in profile », qui explore les thèmes de la sexualité, de la mort et du désir, du raffiné mais tellement vulnérable « Toy automatic » ou du final mélodramatique, « Into the floor ». Deux pistes osent des orchestrions surprenantes. D’abord le syncopé « Birdland » et puis « Oriole », construit en crescendo. Dans ces conditions, « In spades » constitue certainement un des meilleurs albums parus depuis le début de l’année…

 

The Afghan Whigs

Do to the beast

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Du line up original, il ne demeure plus que le bassiste John Curley et le leader/chanteur, Greg Dulli. Un Dulli qui semble avoir retrouvé sa voix. Toujours aussi nicotinée, graveleuse, soul, malsaine et tellement bouleversante. Le band s’était séparé en 2001, après avoir publié 6 albums. Il s’est reconstitué dix ans plus tard, et « Do to the beast » constitue son premier elpee, depuis la reformation. Entre-temps, Dulli a tenté une aventure en compagnie de Mark Lanegan, au sein de The Gutter Twins, puis a monté un autre combo, Twilight Singers.

Mais venons-en au tout nouvel elpee. Pas nécessairement bien reçu par la critique. A cause de l’absence du guitariste Rick McCollum. Et puis parce que les arrangements réservés au long playing ont été particulièrement soignés. Ce qui libère moins de groove. Enfin, apparemment. Car finalement, au fil des écoutes, les compos vous pénètrent insidieusement et ne finissent par ne plus vous lâcher. Elles sont marécageuses, parfois même hymniques. Depuis le puissant et sordide « Parked outside » au mélodramatique et cuivré « These sticks », en passant par le syncopé, au refrain contagieux, « Matamoros », la ballade mélancolique et sanglante « It kills », déchirée par le falsetto de Van Hunt, le western spaghetti « Algiers (NDR : premier single, également), l’angoissant (‘hitchcockien ?’) « Lost in the woods », caractérisé par ses luxuriantes orchestrations de cordes et de cuivres, le plus enlevé « The lottery » et le destructeur « I am fire ». Quant aux thèmes développés dans les lyrics de Dulli, ils abordent naturellement la mort, la moralité, la spiritualité et la sexualité.

Pour enregistrer cet opus, outre Van Hunt, Afghan Whigs a notamment reçu le concours de Joseph Arthur, Mark McGuire ainsi que des membres de Queens of The Stone Age et Chavez. Bref, n’en déplaise aux détracteurs, cet album est tout bonnement excellent !

 

The Afghan Whigs

1965

Il en a fallu de très peu pour qu’Afghan Whigs disparaisse de la scène musicale. A cause de son leader, Greg Dulli, devenu héroïnomane, et marchant dangereusement sur les traces de Kurt Cobain. Nous sommes alors en mai 97, et Greg prend une bonne décision. Il suit une cure de désintoxication. Thérapie qui prendra de longues semaines. Une période au cours de laquelle, il va se mettre à écrire les chansons de ce nouvel album. On imagine ainsi facilement la douleur et la force qui peuvent se dégager de ce " 1965 ". Une œuvre d’un homme meurtri au plus profond de lui-même, vampirisé par les démons de la drogue, qui laisse sourdre ses peurs et ses désillusions. Mais également sa sensualité et sa colère. D’humeur noire, il laisse ainsi jaillir, de sa voix angoissée, toute son intensité émotionnelle à travers, les onze chansons de pop/rock métallique, paradoxalement blanches et ténébreuses (NDR : cherchez l’erreur !) ; mais enrichies par le timbre gospel de Susan Marshall, d’orchestrations jazzyfiantes de cuivres ou de cordes somptueuses, et épisodiquement traversées d’un piano sauvage. Un chouette elpee, conceptuel, enregistré sous la houlette de George Drakoulias, qui laisse transpirer une sensation de mélancolie et de passion fiévreuse…
 

 

The Afghan Whigs

Black love

Suintant de suspicion, de doute et de paranoïa, "Black love" constitue le dernier exorcisme d'Afghan Whigs. Une œuvre qui nécessite cependant plusieurs écoutes avant de véritablement exercer son envoûtement. La voix de Dulli y est toujours aussi mâle, écorchée, dramatique, sensuelle. Mais plutôt que d'épancher ses états d'âme phallocrates, les lyrics transpirent de colère, de passion sauvage, de vengeance. Greg s'y sacrifiant sur l'autel de l'émotion. Trêve de lyrisme, les onze fragments de ce morceau de plastique trempent dans la soul blanche, complexe, menaçante, meurtrie, capricieuse. Capable de pasticher le funk. Celui de "Superstition" de Stevie Wonder sur "Going to town". Ou de s'enrichir d'une délicate broderie de violoncelles ("Night by Candlelight"). A moins que ce ne soit pour craquer aux sonorités du piano égarées ("Bulletproof"). Renforcé par la présence de Shawn Philipps (Pigeonhed, Satchel) aux backing vocaux, le groupe de Cincinnati exsude un sens du drame, du désir et de la violence incomparables. Une rage qui couve et ne consume qu'à l'intérieur de sa propre intensité culpabilisée.

 

The Afghan Whigs

Pas un long fleuve tranquille

Écrit par

ll émane de Greg Dulli, le leader d'Afghan Whigs, un impressionnant charisme. Rien à ajouter, le gaillard en impose. Il a de l’âme, de la soul... Surtout quand il est en grande forme, comme c'était le cas, il y a quelques semaines lors du concert de son groupe au Botanique. Greg –qui se présente comme un ‘accident né d'une femme de 18 ans et d'un homme à peine plus âgé’– était heureux ce soir-là. Le concert bruxellois était le dernier de la série européenne, et le chanteur allait pouvoir rentrer chez lui à Cincinnati (Ohio), avant de revenir ici, notamment pour le festival de T/W.

Paranoïa

‘Black Love’, le dernier album en date, est le sixième d'un groupe qui a mis longtemps à décoller, mais qui voit ses œuvres de jeunesse rééditées aujourd'hui. Pour ‘Black Love’, dont le titre est emprunté à une marque d'encens américain, Dulli s'est une nouvelle fois replié sur lui-même : par besoin, mais aussi sans doute un peu par obligation. "Peux pas faire autrement, dit-il. L'époque où j'ai composé les chansons de l'album est parmi les plus noires de mon existence. Je sortais d'un moment difficile, d'une période trouble. Je venais de rompre avec une copine que j'avais aimée énormément. Je suis un fataliste, mais aussi un romantique... Même si je me dis que l'amour est précaire, surtout quand on veut entretenir la passion, j'avais quand même tendance, après coup, à sombrer dans une déprime difficile à assumer!" Et puis, selon ses propres dires, Greg a souffert de ‘paranoïa’ à la suite d'une attaque en justice qu'il n'attendait pas. Une demoiselle qui avait été blessée –par un verre de bière– lors d'un concert du groupe il y a 5 ans au Texas, a tenté de faire cracher les Afghan Whigs, une fois qu'ils sont devenus célèbres. "Je ne sortais pratiquement plus de la maison, je m'y terrais, j'étais comme blessé dans ma chair. Le fait de pouvoir écrire de nouvelles chansons m'a permis de me libérer, d'expulser ces sentiments négatifs qui me démangeaient. J’étais mal dans ma peau, mais d'un autre côté, ces épreuves m’ont servi. Ce n'est pas pour rien si les chansons de ‘Black Love’ sont aussi intenses, aussi fortes, aussi poignantes. Elles sont à l'image des émotions que je ressentais à ce moment. "

Clarinettes et violoncelles

Il n'arrive donc pas à composer quand il est bien dans sa peau. Greg : « Je n'écris en tout cas jamais quand je traverse un vrai moment de bonheur. D'ailleurs, il ne sortirait probablement que des idioties. Mais quoi qu'on en pense et même si ça ne se voit pas, je suis capable de ressentir le bonheur et la joie, à très forte dose qui plus est... " S'il a fait son examen de passage, Greg a quand même réussi à concocter des chansons qui sonnent étonnamment spontanées et basiques dans un tel contexte. "C'est vrai qu'il reste au final des éléments très purs, très épidermiques qui existaient à la base de mes chansons. Mais nous avons aussi intégré des nouveautés qui amènent le disque dans de nouvelles directions. Je pense aux parties de clarinettes ou aux violoncelles de ‘Night By Candlelight’. Il y a aussi des percussions qui me semblent atypiques pour nous... ‘Black Love’ est un album tout en contrastes, ce qui m'est sans doute imputable à 100%. Je n'ai pas une vie qui est un long fleuve tranquille... Mais en tant que musicien, j'y trouve certainement une source d'inspiration."

Article paru dans le n° 44 du magazine MOFO de juin 1996.

The Afghan Whigs

What jail is like

Attention, ceci n'est pas un nouvel album du quartette de Cincinnati, mais une compilation partagée entre titres studio et morceaux ‘live’. Hormis deux versions du titre maître, composition qui figurait sur "Gentlemen", et "Now you know", version enregistrée en public de ce dernier opus, "What jail is like" s'attaque à quatre covers de rhythm’n’blues. La plus célèbre, "My world is empty without you" des Supremes n'ayant cependant voix au chapitre que pour la moitié de la cover. Ce qui n'empêche pas le CD d'être d'excellente facture. En tous cas, il permettra aux nombreux (et surtout nombreuses) fans (qui a dit groupies?) de patienter jusqu'au prochain elpee. Il règne, d'ailleurs, tout au long de cette œuvre, une tension blanche, latente, sensuelle ; une tension alimentée par un tourbillon d'émotions capricieuses. Emotions suscitées par la voix déchirée, fiévreuse (et le mot est faible!), passionnelle de Greg Dulli, organe vocal qui provoquerait (au féminin!) les fantasmes les plus pervers... Mais là, c'est une autre histoire!

 

The Afghan Whigs

Fan des Supremes…

Écrit par

Groupe marginal au sein de l'écurie grunge Sub Pop, Afghan Whigs a publié un album superbe, profond, un brin cérébral et surtout totalement hors mode. Intitulé "Gentlemen", il est salué partout comme une des réussites de 1993. Une oeuvre qui relève presque exclusivement de Greg Dulli, chanteur, guitariste et leader du quatuor de Cincinnati. Fan de soul-music, il voue un culte aux Supremes : il a même poussé le détail jusqu'à copier le logo et le label de Tamla Motown sur les T-Shirts du groupe. Greg Dulli fait le point entre deux bouffées de Camel…

On raconte que lorsque vous avez terminé l'enregistrement de l'album, le bassiste a crié au suicide commercial...

Je crois que c'était une plaisanterie, mais il est vrai que sur ce disque, on laissait tout à fait tomber notre côté grunge pour nous lancer sur une piste très personnelle et complètement différente. Et je dois avouer que je suis surpris par le succès de l'album! J'imaginais que ce serait plutôt un disque culte. Il y a beaucoup de chansons lentes, plutôt du genre à écouter attentivement, assis. J'en avais un peu marre comme chanteur d'être en compétition avec les autres instruments ; je voulais un album où les textes aient plus d'importance. J'y ai toujours accordé beaucoup d'attention ; mais ici je voulais qu'ils soient cette fois le plus intelligible possible.

C'est un album autobiographique?

Certaines chansons ont été inspirées par le film "One from the heart" de Francis Ford Coppolla. Le reste vient de mon imagination et aussi de ma vie ; dans certaines chansons, il y a des histoires qui me sont à peu près arrivées.

Tu as enregistré cet album dans une période assez dure, une période de déprime?

Oui un hiver particulièrement froid. Le groupe était en stand-by et je sortais d'une longue relation amoureuse. J'ai passé l'hiver enfermé dans ma chambre à écrire des chansons et à boire. J'ai aussi lu ce bouquin "The lost Week-End" de Charles Jackson, un livre plutôt sombre. Cette histoire d'alcoolique qui ne parvient pas à décrocher et qui vit une histoire d'amour assez difficile, m'a beaucoup touché.

Y vois-tu une nouvelle preuve que les meilleurs oeuvres sont créées dans les périodes les plus douloureuses ?

Oui et non, d'un côté je le crois mais d'un autre, j'ai entendu tellement de bons disques qui ne sont pas marqués par la douleur. Comme "Neverrnind" de Nirvana par exemple ou "Last Splash" des Breeders. Ce ne sont pas particulièrement des disques sombres. Il en existe des tas qui sont inspirés par la joie et le bonheur. Ceux des Staple Singers ou d'Al Green par exemple. Mais il est probable qu’écrits dans des périodes sombres, ils soient plus profonds. Il doit y avoir une voix au fond de toi-même qui te dit d'analyser ta vie.

Es-tu tenté par l'écriture d'un livre ou d'un scénario?

Je suis plus tenté par l'écriture d'un scénario que par un bouquin. Cet exercice me prendrait trop de temps et je suis un peu trop paresseux. Un film exige beaucoup de temps également, mais là j'ai une petite expérience : j'ai écrit quelques scripts et réalisé quelques courts métrages quand j'étais au collège et à l'université. J'ai réalisé trois courts métrages l'an dernier et j'ai co-dirigé la plupart des vidéos que nous avons tournées.

Te sens-tu proche du nouveau cinéma underground américain, de gens comme Hal Hartley ?

J'aime beaucoup Hal Hartley mais je suis surtout très fan des frères Cohen. Ils sont les plus doués de leur génération et sont quelques têtes au dessus de tout le monde.

Avant de rejoindre Elektra, vous apparteniez à l'écurie Sub Pop où vous étiez un peu atypiques…

Ils étaient les seuls à vouloir nous signer! (rires) Nous avons sorti notre premier disque nous-mêmes, en 88. Après, en 89, Sub Pop et Rough Trade nous ont appelés. On a choisi Sub Pop car on savait que Rough Trade rencontrait des problèmes financiers. Et aujourd'hui, on est chez Elektra, parce qu'ils ont toujours signé des gens un peu bizarres, hors normes, comme les Stooges, MC5, Love, les Doors, Joni Mitchell, Television et maintenant les Breeders, Frank Black, Ween... C'est un label plutôt aventureux. Bien sûr, ils hébergent aussi Metallica et Motley Crüe... pas vraiment mon truc ! Quoique les autres membres du groupe soient tous fans de Metallica. On n'a pas toujours les mêmes goûts. Je suis plus r'n'b ou dance-music que mes partenaires qui écoutent surtout du hard-rock. C'est peut-être ce qui explique la particularité de notre son.

Tes références, ta culture musicale sont assez différentes de la moyenne des artistes rock. Tu cites plus volontiers les Supremes que les Rolling Stones…

Oui, les Supremes sont sans doute mon groupe préféré de tous les temps. On a repris deux de leurs chansons sur un mini-LP et on les joue de temps en temps sur scène... En fait, à Cincinnati, la scène soul et rhythm’n'blues était assez développée et ma culture musicale s'en ressent évidement. J'ai grandi en écoutant les radios locales qui diffusaient beaucoup de r'n'b et de soul, impossible d'y échapper. Le punk est arrivé très tard à Cincinnati, très, très tard. Ma mère m'emmenait chez le disquaire, quand j'étais môme, et le premier disque que j'ai acheté était un single des Jackson 5.

Dans ces conditions, comment en es-tu arrivé à t’intéresser au rock ?

Quand je me suis fait jeter du collège, je suis parti en Californie pour étudier la comédie. Je travaillais en même temps dans un magasin de disques, ce qui m'a permis de découvrir pas mal de trucs. Je ne jouais pas de guitare, ni quoi que ce soit à l'époque ; je n'ai commencé à m’y consacrer que vers 19/20 ans. C'est la scène de L.A. qui a provoqué le déclic. J'allais voir beaucoup de concerts et des gens comme Dream Syndicate ou Rain Parade m'ont impressionné. Je n'avais pas du tout connu le mouvement punk et j'ai découvert cet esprit sur le tard grâce à Hüsker Dü, Violent Femmes ou The Replacements. Hüsker Dü me rappelait les Who, dont j'étais très fan lorsque j’étais gamin. J'ai senti la connexion et j'ai accroché.

C'est toi qui reprends la voix de John Lennon dans la B.O. du film "Backbeat" qui raconte l'histoire de Stu Sutcliffe, le premier guitariste des Beatles. On y retrouve la crème du rock américain. Comment as-tu fait pour te retrouver dans ce projet?

Don Was m'a appelé pour me proposer de reprendre la voix de John Lennon. J'ai d'abord cru que c'était une blague. Et puis quand il m'a précisé la liste des figurants qui allait participer au tournage, je n'ai pas pu refuser, j'étais fan de tous les autres: Mike Mills de R.E.M., Dave Grohl de Nirvana et Thurston Moore de Sonic Youth. On s'est vraiment bien marrés à le faire. En général on s'asseyait derrière un gros K7, on écoutait la chanson, on buvait un coup. Puis, on allait en studio pour l'enregistrer. On revenait écouter une autre chanson et ainsi de suite. L'idée était de retrouver la spontanéité et la naïveté des Beatles à leurs débuts. Ce qui comportait quelques risques ; mais qui refuserait de tenter un telle expérience ? J’ai ainsi pu jouer avec quelques-uns des types que j'admire le plus: il y avait aussi Henry Rollins, Don Flemming de Gumball et Dave de Soul Asylum. Une sacrée expérience. Et puis le film est vraiment très bien, je suis fier d'y avoir participé.

(Article paru dans le n°20 du magazine Mofo de février 94)