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The Bullfight

Stranger Than The Night

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Dans l’arrière-cour d’un magasin de couture, il existe un club. Pour y accéder, il faut montrer patte blanche et de préférence, convaincre le tailleur. Il est méfiant et joint le geste à la parole. Et surtout vous questionne, dès que vous pénétrez dans sa boutique : ‘Pourquoi venez-vous ?’ Assez timidement vous répondez : ‘Pour « Stranger Than The Night » des Bullfight !’ Le silence de votre interlocuteur traduit la suspicion du Maître des lieux. ‘C’est par là, nous sommes votre hôte’ tout en montrant du doigt une double porte vitrée, dont les carreaux sont de couleur ambrée. L’arrière-cour est recouverte de pavés gras et luisants. Un chien borgne semble assoupi ; mais dès que vous vous en approchez, il se redresse et renifle de loin l’odeur répandue par le visiteur angoissé que vous êtes. Le club est glauque. Le sol est collant. Tables et chaises plus disparates les unes que les autres meublent l’espace. Les murs crades sont couverts de posters vulgaires. Ils témoignent du stupre et de la sueur accumulée depuis des décennies. La lumière est tamisée par la nicotine agglutinée aux ampoules. Au bar, une blonde quinquagénaire arbore une poitrine opulente et vous lance un sourire marchand. Elle est partiellement édentée, et le brillant de l’or serti entre ses molaires vient presque apporter un peu de lumière sur le chiffon crasseux qu’elle s’évertue à secouer. Ici on ne boit que de l’alcool. Le café ou les softs sont considérés comme hérétiques et la Sainte Inquisiton porte la couleur du whisky frelaté. La scène est minuscule. Composée de planches en bois usées jusqu’aux nœuds elle est ceinte d’une cape de velours bordeaux. Les Hollandais de The Bullfight occupent ce podium. Ils semblent vivre au sein d’un univers parallèle et ne portent aucune attention à l’univers qui les entoure. La violoncelliste est nue. Elle ne porte qu’un bandeau autour de la tête. Un collier à clous enserre sa nuque et son cou. Ses chaussures à talons hauts sont vernies. Dans le creux des hanches, on remarque le souvenir d’une soirée au cours de laquelle la flagellation a probablement dû être sa maîtresse de jeu. Les musiciens envoûtent les lieux par des ballades et des marches sulfureuses. Les envolées psychédéliques de l’orgue Hammond pénètrent tous vos sens. La batterie gratte la peau et la frappe sans trop de conviction, comme las d’un acte répété. Le chanteur campe un timbre au baryton profond. Pensez à Nick Cave. Ses textes parlent d’amour, de sexe, d’abandon vers des plaisirs lugubres et angoissants. Des bruits de pelle frottent le sol. Quelques pièces de monnaie atterrissent sur le podium. Pas d’applaudissements. Ni pour interrompre ou saluer les morceaux. Le claquement des verres sur les tables laminées, accentue ce climat morbide, menaçant et atemporel. Chaque note écrite et jouée semble dessinée à l’urine et à la cendre. A la fin du numéro, je quitte ce cabaret béotien comme j’y ai accédé : par une porte dérobée. Je laisse derrière moi « Stranger Than The Night » en me disant que si l’expérience était troublante, l’endroit où elle s’est produite reflétait parfaitement l’impression laissée par l’écoute de ce disque. J’entends un cri, puis c’est le silence…

 

The Bullfight

One was a snake

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« One was a snake ». Un titre qui annonce la couleur de l’album. « That’s you, Charles ». Première chanson. Froncement de sourcils. Est-ce pour la musique, prenante, ou pour les paroles pesantes? Qu’importe, la musique prend le dessus. Le morceau touche à sa fin. Des chœurs appuient les paroles déjà dures. Frissons. Titre suivant: « The ballroom blitz ». L’air festif soulage, détend. L’histoire, celle d’amoureux, est attendrissante. Mais très vite, elle dégénère. Et avec elle, la musique. La voix se fait glauque. Le rythme n’a pas changé et pourtant, il semble s’être accéléré. L’atmosphère est lourde. On aimerait en changer mais trop tard, on est pris dans la cadence. Pire: on bat du pied. Et les thèmes de s’enchaîner, plus sombres les uns que les autres : mort, folie, viol, désespoir, meurtre, tromperie, … La mélodie, quant à elle, soutient parfaitement les paroles. Si l’ensemble caresse un côté malsain qui peut déplaire, la qualité des compositions est telle qu’il est dur de ne pas accrocher. Bullfight est une véritable corrida où la morale est mise à mort. Les funérailles promettent d’être grandioses…