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The Jon Spencer Blues Explosion

Plastic fang

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Référence de l'underground yankee, le Jon Spencer Blues Explosion nous revient avec un album de rock'n roll. Mais un rock'n roll qui tient à la fois de l'énergie et de la folie du rock et de l'esprit du rythm'n blues. Un rythm'n blues souvent sulfureux, viscéral, malsain, que les Stones avaient si bien popularisé à la fin des sixties et au début des seventies. Et parfois aussi un peu trop fréquemment attendri après 1972. Même Jon Spencer emprunte ici quelquefois des inflexions à la Mick Jagger. Lorsqu'il ne les calque pas sur Eddie Cochran. Ces deux visages des Stones, il les a ainsi vampirisés sur " Plastic fang ". Le second, lors des morceaux les moins intéressants, à la limite dispensables. Le premier pour mieux y libérer un groove d'enfer. A l'instar du menaçant, légèrement psyché, " The midnight creep " et du tribal " Mean heart ", deux compositions héritées en ligne droite de " Jumpin' Jack flash ". Ou encore du boogie âpre et acharné " Over and over " qui doit avoir mangé de l'Humble Pie (NDR : " I don't need no doctor ! "). Le rock'n roll, JSBE le consomme essentiellement sur trois titres : " Money rock'n roll ", " Shakin' rock'n'roll tonight " et " Swet n sour ". A la sauce stoogienne, histoire de ne pas avoir de Cramps (NDR : à l'estomac ?). L'opus recèle, en outre, un fragment taillé dans le même Chicago blues que le " Roadhouse blues " des Doors, " Down in the beast " ; et puis un morceau ondulant, hendrixien, " Hold on ", sur lequel Dr John est venu donner un bon coup de guitare.

 

The Jon Spencer Blues Explosion

Now I got worry

Ce trio new-yorkais a la particularité de ne pas disposer de bassiste. Et de compter pour leader, l'ex-membre fondateur du défunt et mythique Pussy Galore, Jon Spencer, personnage qui partage, en outre, le leadership de Boss Hog, avec sa compagne Christina Martinez. Après trois elpees, pratiquement passés inaperçus, ce groupe vient de graver " Now I got worry ". Un opus pour lequel le trio a notamment reçu le concours d'une légende du rythm'n blues, Mr Rufus Thomas. Le blues électrique, saturé, sulfureux et totalement hypnotique du JSBE ne se contente pourtant pas de digérer des influences qui oscillent de John Lee Hooker à Robert Johnson. Il se tourne régulièrement vers un rock'n’roll mâtiné de jazz ou de funk. Sans pour autant renier ses obsessions dangereuses, sensuelles, primales, qu'il emprunte tantôt au minimalisme convulsif des Cramps ou au psychédélisme de Jimi Hendrix.