L’amour éternel de Lex Walton

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Twin Temple, amants maudits ?

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The Mountain Goats

L’évasion motorisée de The Mountain Goats…

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Le nouvel elpee de The Mountain Goats, « Jenny from Thebes », sortira ce 27 octobre 2023. Pour la circonstance, le groupe a décidé de s’appuyer sur des influences telles que Godspell, Jim Steinman et The Cars. « Jenny from Thebes » est une comédie musicale à grand spectacle, un mélodrame aux personnages richement détaillés et aux émotions profondes.

À propos de « Clean Slate », extrait de cet opus, John Darnielle a déclaré : ‘Nous sommes fiers de révéler la première chanson de notre nouvel album. Les gens aiment prendre des risques en utilisant le terme ‘conceptuel’, mais soyons clairs : il s'agit d'un opéra rock consacré à une femme nommée Jenny, qui achète une Kawasaki pour s'éloigner le plus possible d'une ville qu'elle porte sur ses épaules depuis trop longtemps…’

« Jenny from Thebes » a été produit par Trina Shoemaker, et a reçu le concours d'Alicia Bognanno (Bully), alors que les arrangements de cuivres et de cordes ont été assurés par Matt Douglas et les chœurs par Kathy Valentine des Go-Go's ainsi que Matt Nathanson.

Les ‘lyrics’ vidéos de « Clesn stale » et de « Fresh Tattoo » sont disponibles ici et là

 

 

 

The Mountain Goats

Dark in Here

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Il est parfois difficile de suivre l’œuvre foisonnante –mais passionnante– de Mountain Goats. La bande à John Darnielle publie en effet des long playings avec une régularité de métronome. Quelques mois après avoir gravé le très bon « Getting Into Knives », elle nous propose « Dark in Here », un 6ème elpee en 6 ans et déjà le 20ème de sa longue carrière…

Tout au long de cet opus, John conte les destins brisés des solitaires, des infortunés et des laissés-pour-compte en tout genre… comme celui de Darnielle. Un peu comme s’il cherchait à exorciser ses angoisses lorsqu’il a enregistré en temps de pandémie !

Au sein d’un climat plus paisible que dans le passé, la formation américaine livre une des partitions les plus abouties de sa carrière. Un opus partagé entre morceaux allègres mais inquiétants (« Lizard Suit »), tapissés de claviers presque chaleureux ou subtilement teintés de soul. Si « Dark in Here », l’album est franchement lumineux...

 

The Mountain Goats

Getting into Knives

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John Darnielle possède un talent de songwriter indéniable. En outre, il est particulièrement productif. Son Mountain Goats nous propose ainsi son 19ème album studio.

Intitulé « Getting into Knives », il a été enregistré avant le confinement, à Memphis, ville considérée aujourd’hui comme La Mecque de l‘americana. Mais à l’écoute de cet elpee, on est bien loin des débuts lo-fi de la formation. A travers des histoires diablement bien écrites, John exprime ses ambitions personnelles ou encore imagine les chemins qui mènent à la célébrité (« Get Famous »). Bien léchée (saxos et autres mellotrons au programme), l’instrumentation est mise au service de compos folk, pop/rock ou encore bluesy. Néanmoins, si le son est plus ample, il reste cette voix inimitable…

Quoiqu’il en soit, on n’est jamais déçu par la musique de Mountain Goats !

The Mountain Goats

In League with Dragons

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Hormis la voix nasillarde si reconnaissable et particulière de son chanteur Jeff Darnielle, il est parfois difficile de suivre The Mountain Goats, car sa musique part un peu dans tous les sens… et ce depuis ses débuts discographiques, en 1994. Entre un magnifique album consacré au catch (« Beat the Champ »), un autre à la culture gothique (« Goth ») ou encore dédié à sa ville de Portland (« We Shall All Be Healed »), cette formation a décidé de s’inspirer des légendes de ‘Donjons & Dragons’ pour enregistrer son 17ème elpee, en osant une comparaison entre les sorciers déchus et les athlètes rincés (« Doc Gooden ») ou les rockeurs vidés (Ozzy Osbourne sur « Passiac 1975 ») après avoir accompli de longues carrières… Rien que ça ! Libre comme jamais, le groupe s’offre, en outre, Owen Pallett pour orchestrer ses morceaux d’obédience country-folk. Pour un résultat assez bluffant. Entre les immédiats « Done Bleeding » et « Passaic 1975 », on épinglera néanmoins les interventions de pedal steel sur « Younger » et les magnifiques chœurs de « Clemency for the Wizard King ». The Mountain Goats n’avait plus affiché une telle forme depuis longtemps !

The Mountain Goats

Un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

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C’est l’automne… une saison propice à la chute des feuilles… C’est également la période au cours de laquelle se déroule le festival Autumn Falls. Un festival itinérant qui invite des groupes ou artistes émergents, à travers la Flandre et Bruxelles, à se produire au sein de différentes salles, dont le Trix d'Anvers, le M@Z de Bruges, le Trefpunt à Gand, le 4AD de Diksmuide, le Botanique et bien d’autres encore. Et un pass de 50€ vous permet d’accéder à tous ces concerts qui s’étalent du 20 octobre au 18 décembre. Ce soir le Bota accueille The Mountain Goats et The Weather Station.

Les tentures sont tirées à hauteur de la table de mixage, de manière à rendre la salle moins déserte. Lorsque The Weather Station entame son set, il y a plus ou moins 150 personnes, au sein de l’Orangerie.

The Weather Station n’est pas une station météorologique anglo-saxonne, mais une formation canadienne drivée par Tamara Hope. Auteur/compositrice/multi-instrumentiste, elle est également actrice. Elle a ainsi assuré le rôle principal dans la série télévisée 'Guenièvre Jones'. Son dernier opus, « Loyalty », est paru cette année. Un disque enregistré en étroite collaboration avec Afie Jurvanen (Bahamas) et Robbie Lackritz (Feist).

Tamara alterne entre guitare, banjo et claviers. Et propose une musique folk mélodieuse, intense, parcourue de lyrics à double sens, ambigus et chargés de métaphores complexes. Brefs, les amateurs de Steve Gunn ou encore Ryley Walker devraient s’y retrouver.

Armée de sa gratte électrique, elle attaque « Floodplain ». Dès la fin de son morceau, elle convie ses deux musicos –en l’occurrence un bassiste (barbu) et un drummer– alors backstage, à la rejoindre, en leur adressant un petit signe de la tête. La voix de Hope est claire, limpide, cristalline même. La section rythmique est au diapason de la musique, empreinte de douceur et de tendresse. Mais le répertoire manque cruellement de punch et un ennui certain commence à gagner votre serviteur. Si bien qu’il s’éclipse du côté du bar. Dehors, de nombreux véhicules des forces de l’ordre circulent sur les grands axes. Les trams et les bus sont à l’arrêt. Quatre policiers lourdement armés surveillent l’entrée du Botanique. L'ambiance est lourde…

The Mountain Goats vient de graver son quinzième elpee. Il s’intitule « Beat the Champ ». Un concept album qui s’intéresse au monde du catch professionnel, dont les combats se déroulent au Sud des States, une discipline qui fascine le frontman, John Darnielle. Il y dépeint parfaitement des personnages imparfaits, qui vivent au sein d’un monde à la fois déchirant et exaltant. Et les plages qui oscillent entre ballades mélancoliques (avant le combat) et titres énergiques (pendant le combat) reflètent les émotions ressenties par les athlètes, comme les doutes ou les peurs…

John Darnielle se consacre au chant, à la guitare et aux claviers. Il est soutenu par le bassiste Peter Hugues, le drummer Jonathan Patrick 'Jon' Wurster et le multi-instrumentiste Matthew Douglas. Ce sympathique barbu (encore !) est un fameux musicien. Il brille d’ailleurs aussi bien aux cuivres (saxophone alto, clarinette), qu’à la six cordes.  

Tendre, « Southwestern Territory » (« Beat The Champ ») ouvre le show. John est habité par son chant. Les cuivres sont magiques. Le tempo s’élève progressivement tout au long de « Cry For Judas » (« Transcendental Youth »), un morceau cuivré, stimulé par le piano, au cours duquel John se sert d’une gratte semi-acoustique. La set list privilégie quand même les titres folk/pop voire americana (« Animal Mask », « Heel Turn 2 », « Never Quite Free »), compos que tisse soigneusement John, parfois même comme de la dentelle (« Get Lonely »).

Les musicos quittent le podium pour laisser s’exprimer le frontman en solo. Et il va nous réserver une véritable démonstration à la six cordes électro-acoustique ou aux claviers, pendant 15 bonnes minutes. Sa voix est aussi à l’aise dans les graves que dans les aigus. Particulièrement interactif, il nous balance quelques vannes entre les morceaux. Une reprise : le « Going To Marrakesh » de The Extra Glenns.

Après cet intermède, ses acolytes remontent sur l’estrade. Deux guitares, mais pas de cuivres pour le rock plus classique « The Diaz Brothers » (« Transcendental Youth »). Caractérisé par son refrain accrocheur, « Foreign Object » (« Beat The Champ ») est une compo pop davantage sucrée.

Plus déclamatoire, « Stabbed To Death Outside San Juan » (« Beat The Champ ») est un titre plus expérimental, dont le climat ténébreux est entretenu par la ligne de basse. Atmosphérique, « Damn These Vampires » (« All Eternals Deck ») est dominé par les ivoires. Ce soir, les caprins (NDR : ce sont des chèvres des montagnes qui vivent dans les Rocheuses) nous ont apporté un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

(Organisation : Botanique + Toutpartout)

The Mountain Goats

All Eternals Deck

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Il est loin le temps où le natif de Durham (Caroline du Nord) publiait ses disques dans la plus grande confidentialité. Après avoir commis une demi-dizaine d’opus sur le label 4AD, The Mountain Goats a opté pour Merge, afin de graver ce qui doit être son vingtième essai. J’avoue ne pas être certain du nombre exact d’œuvres (albums, eps, singles et cassettes) enregistrées par John Darnielle, tant il est prolifique.

The Mountain Goats n’a manifestement pas changé son fusil d’épaule pour concocter cet « All Eternals Deck ». La voix de John est nasillarde. Ses textes sont toujours aussi bien torchés. Cependant, pour ce nouvel elpee, il ne s’est pas servi de la Bible comme référence. Mais plutôt du cinéma en usant de force métaphores. Trempées dans la folk minimaliste, les 13 compos de ce long playing sont simples et belles à la fois. Outre le chant, la guitare sèche domine le sujet. Quelques accès de basse arrondissent parfois les angles, à l’instar de « Beautiful Gas Mask ». Des violons s’invitent sur « The Autopsy Garland » alors que des chœurs épaulent Darnielle sur « High Hawk Season ». Et lorsque le tempo s’élève, c’est pour insuffler une énergie légèrement punk à la solution sonore ; comme sur « Estate Sale Sign » et « Sourdoire Scorpion Squadron ». Mais en règle générale, il règne une certaine quiétude tout au long de ce disque, ma foi, fort agréable à écouter…

The Mountain Goats

The Life Of The World To Come

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Première incursion pour votre serviteur dans l’univers, pourtant prolifique, de John Darnielle, le leader de The Mountain Goats. Pour un nouvel elpee du band de ce natif de Duhram (NDR : c’est en Caroline du Nord, aux States). Et je dois avouer qu’après avoir écouté ce « The Life Of The World To Come », je ne puis que m’incliner. Si cet artiste est souvent cité comme majeur dans l’univers de la musique pop/rock, il le mérite assurément. Ce nouvel opus constitue son sixième pour le compte de l’écurie 4AD (NDR : l’honorable label anglais mise rarement sur un mauvais cheval) et sa 17ème œuvre tous labels confondus. Excusez du peu !

Pourtant, le concept ne m’inspirait guère confiance. En effet, chaque titre de l’elpee est issu d’un passage du nouvel et ancien testament ! Drôle d’idée de s’inspirer de versets bibliques. Et puis, je craignais de devoir me farcir une œuvre de Christian rock messianique. Car le prosélytisme américain me gonfle particulièrement. Heureusement, après avoir écouté le disque dans son intégralité, mes inquiétudes se sont dissipées. Loin des pensées religieuses conservatrices mais découlant plutôt d’histoires inspirées par la lecture des textes religieux, les lyrics impressionnent. Darnielle a lu la Bible comme on lit un récit ; et, en véritable storyteller, s’est limité à adapter ses pensées personnelles issues de cette lecture. Ne gâchons pas notre plaisir, l’Américain est supposé être l’un des meilleurs songwriter des années 2000 ! Le New-Yorker l’a même élu meilleur parolier américain non-hip-hop !

L’elpee s’ouvre pourtant par une plage relativement insipide, « Samuel 15:23 » ; mais destinée à entrer dans l’univers sonore en douceur. « The Life Of The World To Come » prend toute son ampleur dès le second morceau, « Psalms 40:2 ». La voix de Darnielle est identifiable et particulière, proche de celle de Marc Huyghens de Venus. L’orchestration est très intense et s’écarte complètement de l’ensemble. La suite évolue davantage dans une veine acoustique. Sur la plupart des titres, Darnielle s’accompagne à la guitare. Et puis s’appuie sur les accords des ivoires. A l’instar de « Genesis  3:23 » ou encore « Romans 10:9 ». Cette collection de chansons indie folk est élégante, mais recèle surtout des compos particulièrement émouvantes. Le reste de l’album est au diapason. Entre mélancolie et mélodie parfaitement maîtrisée, « John 4:16 » est certainement le titre le plus profond et dérangeant de l’ensemble. La ligne de piano discrète. Les paroles d’une tristesse abyssale : ‘In the holding tank I built for myself it's feeding time/ And I sart to feel afraid 'cause I'm the last one left in line/But I know you're thinking of me 'cause it's just about to rain/ So I won’t be afraid of anything ever again’. Lorsque la Bible enfante de pareilles réussites, elle paraît moins inquiétante. L’album jouit, en outre, de superbes arrangements signés par le talentueux et décidemment très occupé Owen Pallett (Final Fantasy, Arcade Fire, Fucked Up et Pet Shop Boys).

Un album original et dense. Le meilleur de son auteur, paraît-il. Vu sa qualité, il devrait séduire les aficionados de folk ténébreux et mélancolique. Quelles que soient leurs convictions religieuses. Nom de Dieu, que Darnielle est doué ! Pourvu qu’il n’ait pas vendu son âme au diable pour atteindre cet état de grâce…  

The Mountain Goats

Heretic Pride

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Triste constat. The Mountain Goats, l’œuvre du fertile John Darnielle nous revient presque deux ans après « Get Lonely », délivrant un « Heretic Pride » qui peine à convaincre. Celui que l’on pensait inépuisable semble être arrivé au bout de ses ressources.

Pourtant coproduit par l’ingénieux John Vanderslice, ce nouveau recueil laisse transparaître un Darnielle soucieux de vivre avec son temps, négligeant l’introspection de « Get lonely » au profit d’un mid-tempo peu engageant. Les vocalises de l’interprète sont plus nasillardes que jamais. Dès ses premières notes, cet « Heretic Pride » s’essouffle. Dans ces conditions, impossible d’apprécier des morceaux tels que les irritants « Sax Rohmer #1 », « Lovecraft In Brooklyn » ou encore le titre éponyme.

Sauvé de justesse par des compos plus spontanées, comme « Tianchi Lake » et « In The Craters On the Moon », « Heretic Pride » semble néanmoins l’œuvre la plus dispensable de la discographie de Darnielle et ses Mountain Goats. Le responsable de pas moins de seize disques, albums et EP confondus, nous avait pourtant habitués à mieux. Dommage…

 

The Mountain Goats

Get Lonely

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Haut perchées dans leur montagne, les chèvres de Monsieur Darnielle ont bien moins à craindre que celles d’un certain Seguin. Fières et sereines, elles contemplent le monde, un sourire imperceptible sous le museau. Plus bas, les loups hurlent de rage. Et le troupeau, protégé par le prolifique berger John Darnielle, s’en fout carrément. Enième recueil (on ne les compte plus…) des Mountain Goats, « Get Lonely » ne pouvait arborer meilleur titre. Introspectif à souhait, l’opus nous plonge dans le quotidien de Darnielle. Derrière de délicats arrangements, l’homme témoigne de faits ordinaires qui, sous sa plume, se transforment en captivantes aventures (« Woke Up New », « Half Dead »). Il délivre ainsi douze titres thérapeutiques (pour lui comme pour ses auditeurs) taillés sur-mesure pour des dimanches mélancoliques.

The Mountain Goats

We shall all be healed

Le tournant amorcé par « Tallahassee », deux ans plus tôt, semble aujourd’hui une affaire entendue : plus question pour John Darnielle d’encore enregistrer ses poèmes folk sur un 4-pistes qui grésille. Tout se fera en studio, avec Tony Doogan (Mogwai, Belle and Sebastian,…) à la console. Mais qu’il n’y ait aucun malentendu : le talent narratif de Darnielle n’en ressort ni compressé ni polissé… C’est toujours avec une incroyable finesse littéraire que le Californien nous conte ses histoires de cœurs brisés et de couples qui se déchirent. Il faut bien écouter ses paroles pour apprécier The Mountain Goats à sa juste valeur, car Darnielle touche là à l’essentiel. Côté musique, toujours cet habile mélange de guitares acoustiques (Peter Hughes, fidèle compagnon de route) et d’orchestration touchante (violons, piano), entre Gun Club et les Go-Betweens. Un travail d’orfèvre folk dont l’intérêt principal réside dans la peinture d’émotions fortes. Une collection savoureuse d’historiettes cafardeuses contées par un des meilleurs songwriters de la scène lo-fi américaine. Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire concernant cet album, mais le mieux reste encore de l’écouter, l’Harraps et le mouchoir à portée de main. Tel un recueil de nouvelles de Raymond Carver, « We Shall All Be Healed » dépeint avec justesse la brutalité de notre monde moderne. Du grand art!  

The Mountain Goats

Tallahassee

Depuis plus de dix ans, John Darnielle publie ses chansons cafardeuses sous le nom de The Mountain Goats, que ce soit en solo, en duo avec Peter Hughes (comme ici) ou avec d'autres musiciens, le plus souvent sans l'intermédiaire d'un studio d'enregistrement. " Tallahassee " change un peu la donne : cette fois-ci, peu de titres en 4-pistes captés dans la cuisine entre deux crises de nerfs, puisque Darnielle s'est adjoint les services de Tony Doogan (Mogwai, Belle & Sebastian, The Delgados,…) et compte bien conquérir le petit monde de la country lo-fi et de l'antifolk le plus chétif avec un son plus costaud et une production qui va avec. Un seul morceau en témoigne : cet " Oceanographer's Choice " de premier choix, plus exotique et travaillé que l'intégrale des Guided By Voices. Le reste, même accouché en studio, reste quand même encore fort primaire et désossé, comme si Darnielle refusait toute enjolivure - un gros mot dans sa bouche, lui qui chante seulement les brisures et les désillusions de couples, les divorces du cœur et de l'âme, les drames familiaux et conjugaux. En privilégiant l'émotion la plus intacte (ç'est à dire sans esbroufe) à l'orchestration putassière, Darnielle ne fait donc qu'enfoncer le clou d'une discographie bâtie sur le folk le plus âpre et la sincérité la plus touchante. C'est, comme on dit, à prendre ou à laisser. Nous, on prend.