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The Posies

Blood / Candy

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Si vous avez flashé sur la musique ‘indie’ des années 90, vous ne pouvez être passés à côté des Posies, une formation de power-pop issue de Seattle. Un combo drivé –d’une main de fer– par ses deux chanteurs/compositeurs Ken Stringfellow (NDR : il accompagne R.E.M. en tournée) et Jon Auer. Ce qui explique pourquoi, tout au long de l’existence du groupe, la section rythmique a souvent été remplacée. Devenu culte, suite à la publication de leur 3ème opus, « Forsting on the Beater », en 1993, il s’est fait virer par Geffen en 1998, s’est séparé en 2000 pour mieux se reformer en 2005, en ponctuant cette réunion par la confection de l’elpee « Every Kind of Light ».

« Blood / Candy » constitue leur septième effort studio en presque 25 ans de carrière. Au fil du temps, il faut reconnaître que la musique du band yankee est devenue plus ténébreuse, moins instantanément mélodique, s’éloignant progressivement de références originelles, qu’ils puisaient chez Todd Rundgren et Big Star. Les compos sont même de plus en plus complexes. Dans l’esprit des Beach Boys. Un constat particulièrement flagrant sur « Enewetak », le titre qui clôt leur nouvel album. Les sessions d’enregistrement de cette nouvelle œuvre ont été assurées, un peu partout à travers le monde. A Seattle, bien sûr, mais également en Espagne, Equateur et France (NDR : à Paris très exactement) sous la houlette de 8 mixeurs différents. Les climats au sein desquels les compos baignent sont plutôt variés. Les sensibilités d’écriture différentes d’Auer et de Stringfellow y sont sans doute pour quelque chose. Mais aussi la présence des invités. Parmi lesquels figurent Hugh Cornwell (The Stranglers), Kay Hanley (ex-Letters to Cleo) et Lisa Lobsinger (Broken Social Scene). Encore que ce soit surtout cette dernière qui apporte sa collaboration la plus intense, mais pour un morceau sans grand relief : « Licenses to Hide ». Les autres participants, se contentant d’étoffer la solution sonore. Si le climat de l’œuvre a quelque peu changé, on y retrouve toujours ces harmonies vocales imparables très caractéristiques des Posies et puis ce feeling pop unique en son genre. A l’instar de l’excellent « The Glitter Prize », bercé par son refrain hymnique au cours duquel est scandé ‘I’m ready for daylight’, l’efficace « Cleopatra Street » ainsi que le sublime et émouvant « So Caroline ». Malheureusement, certains morceaux épousent une structure presque prog (« For the Ashes ») ou souffrent d’une certaine carence mélodique (« Take Care of Yourself »), négligeant ce feeling contagieux qui constitue pourtant sa force.

Nonobstant l’une ou l’autre plage dispensable, il faut admettre que ce « Blood / Candy » ne manque pas d’allure, constituant même un retour réussi pour ces héros de la power-pop de la côte Ouest ! Et ce challenge a été réalisé quelques semaines après le come-back tout aussi enthousiasmant des autres éternels adolescents, mais écossais, du Teenage Fan Club… 2010 ou la renaissance de la Power-pop ?

The Posies

Dead band can dance!

Écrit par

Décidément, l’industrie du disque souffre cruellement de la crise. Faute de temps, on préfère  jouer sur la fibre nostalgique du consommateur et ressortir les vieilles casseroles. Miroir aux alouettes qui a grisé plus d’un groupe, au cours de ces derniers mois. Excités par leur égo, ils arpentent les devants de la scène dans l’espoir, à peine dissimulé, de revivre leurs heures de gloire passées. Armés, pour certains, de nouvelles compos (Teenage Fanclub, The Pastels, The Posies, …) ou encore de simples reprises (Supergrass, My Bloody Valentine, …), ils ne sortent cependant pas tous indemnes de l’expérience délicate du come-back. Pourtant, les fans suivent, animés globalement du désir compulsif de revoir enfin leurs idoles d’antan. 

Ce soir, direction Anvers pour découvrir ou plutôt redécouvrir l’une des formations les plus respectées de la scène pop alternative de Seattle des 90’s : The Posies. C’est après cinq ans d’absence –dix sur les terres anversoises– que Ken Stingfellow et Jon Auer sont venus présenter leur dernier opus (« Blood/Candy ») devant une poignée de spectateurs. Trois dates consécutives en Belgique (Anvers, Bruxelles et Liège), fréquence vraisemblablement coupable de cette faible assistance.

L’admiration vouée à ce quatuor s’explique aisément. Elle provient essentiellement du choix artistique sciemment adopté par les deux leaders de la formation. Un choix consistant à nager systématiquement à contre-courant. Alors que la quasi-totalité de l’Etat de Washington s’embourbait dans les profondeurs marécageuses du grunge, Auer et Stingfellow naviguaient paisiblement aux antipodes, à l’abri des vents dominants qui soufflaient sur Seattle dans les nineties. Les deux provocateurs américains revendiquaient fièrement leur pop classique. Une ‘power pop’ et une ‘retro pop’ vintage balançant des mélodies pures et lumineuses diamétralement opposées aux beuglements rageurs et suicidaires poussés par toute une génération d’adolescents. 

Lyrics simples mais certes pas innocentes. Car la qualité des textes chez The Posies constitue également l’autre force majeure du groupe. Une ‘power pop’ qui ressemblerait davantage à un indie rock alphabétisé tant la qualité des paroles est remarquable. « Every Kind of Light » en est d’ailleurs le plus bel exemple. Un sixième ouvrage studio, finement politisé, truffé de métaphores, dénonçant les faiblesses de l’administration Bush et la guerre en Irak. « Blood/Candy », d’apparence plus sage, n’en reste pas moins subtil.

Sur scène, la magie de The Posies procède davantage de l’alchimie opérée entre Auer et Stringfellow que dans les mélodies elles-mêmes. Car malgré les nombreux désaccords qui les ont déchirés, dans le passé, ces deux hommes se connaissent parfaitement et se répondent en écho. Les voix s’épousent naturellement et les guitares s’entrechoquent machinalement. Une vieille complicité qui se manifeste également lors des longs breaks entre les morceaux. Les deux Gretsch s’accordent instantanément. Le silence résonne d’histoires croustillantes contées à deux voix. Le ton est ironique et s’amuse à taquiner le public d’anecdotes sur les Flamands et les conflits communautaires. Les Laurel et Hardy US provoquent et usent de leur expérience scénique pour créer l’interaction et séduire, en fin de compte, l’assistance de leur humour caustique. Moments intimes qui prendraient presque l’ascendant sur la musique. Car, à vrai dire, la performance musicale déçoit par une carence indéniable d’inventivité et nous livre une musique pop classique sans grande originalité. Avec le temps, The Posies ne serait-il pas simplement devenu un dead band ? Un groupe qui serait définitivement entré dans les annales du Nord-Ouest du Pacifique ? Et « Blood/Candy », la dernière page de l'un des catalogues les plus convaincants de la pop moderne ?

Toutefois, les deux routards expérimentés (NDR : accompagnés de leurs deux fidèles musicos : le bassiste Matt Harris et le drummer Darius Minwalla) vont nous offrir quelques surprises pop particulièrement agréables.

Soulignons tout d’abord l’efficace ouverture emmenée par « Plastic Paperbacks ». Un titre traçant des lignes power pop parfaites dont les harmonies vocales s’avancent dangereusement en terre électrique. « Licenses To Hide » nous surprend ensuite d’un mini opera rock aux vibrations queeniennes.

Les riffs énervés, la batterie solide et les voix version « Nada Surf » de « Take Care Of Yourself » fournissent pourtant un supplément d’énergie à la setlist. Instant fragile trahi rapidement par un « The Glitter Prize » nous rappelant que les guitares d’aujourd’hui sont résolument plus sages que celles du temps de leur splendeur.

Dès lors, les morceaux joués au clavier demeurent les éléments les plus convaincants. Ceux qui exposent au mieux le potentiel inépuisable d’écriture des deux songwriters. « Enewetak » et « For The Ashes » atteignent alors de nouvelles cimes dans l'émotion piano-ballade.

Trois rappels qui s’éteindront enfin sur le lourd et volcanique « Definite Door » et qui illustrent les deux atouts majeurs du groupe : son infinie générosité et sa boulimie scénique.  

(Organisation Trix)

The Posies

Amazing disgrace

Fatigués par une tournée de quatorze mois, tournée nécessitée par la sortie de l'excellent "Frosting", le drummer et le bassiste ont déserté le combo, cédant leur place respectivement à Brian Young et Joe Skyward. Ce qui à première vue ne change pas grand chose, puisque Jon Auer et Ken Stringfellow constituent, depuis le début, l'ossature de la formation... Plus que jamais contaminé par Big Star, les Byrds et les Raspberries, les Posies combinent toujours à la perfection la fragilité mélodique et les caprices de l'électricité. Les harmonies vocales délicates, fruitées et les lyrics ésotériques. Mais la nouvelle section rythmique se montre également à la hauteur de la situation, apportant une nouvelle dynamique à la conjugaison des deux guitares. Libérant un groove irrésistible lorsque l'occasion se présente. Et en particulier sur "Hate song", fragment sur lesquels sont impliqués deux musiciens de Cheap Trick, Robin Zander et Rick Nielsen, et surtout le percutant "Broken record". On y retrouve également des hits potentiels de la trempe de "Dream all day" et de "Coming right along", tels qu' "Everybody's a fucking liar" ou "Daily mutilation", un hommage à l'ex-oublié d'Hüsker Dü, "Grant Hart", un "Throwaway" plus Teenage FanClub que nature et en final deux compositions davantage inspirées par l'Albion. "Song # 1" et "Will you ever ease your mind". Marquées successivement par l'empreinte de Squeeze et de Tears For Fears. Un feeling britannique souligné épisodiquement par des arrangements symphoniques aussi soignés que chez ELO voire le Barclay James Harvest. Et ce n'est pas une critique négative, parce que cet "Amazing disgrace" est excellent!

 

The Posies

Il n’y a pas que du grunge à Seattle…

Écrit par

Pop, les Posies naviguent loin de la vague grunge qui sévit dans leur ville d'origine Seattle. Déjà, leur album précédent, "Dear 23" (produit par John Leckie), révélait un groupe original. Ce qu'est venu confirmer le nouveau cd (NDR : Frosting on the beater »). Par ailleurs, deux membres du groupe ont récemment participé à la reformation de Big Star (NDR : Columbia, live at Missouri University »), groupe légendaire des 70s que tous les groupes actuels ou presque, classent parmi leurs influences déterminantes. Entretien en compagnie de Ken Stringfellow, co-leader des Posies (NDR : l’autre c’est Jon Auer) et bassiste de 1’‘éphémère nouveau’ Big Star…

Vous êtes issus de Seattle. Pourtant, on ne peut pas dire que vous soyez ‘grunge’. Vos origines, un avantage ou un inconvénient?

Aucune idée. On réaliserait peut-être des choses différentes si on venait de Cleveland, mais il y aurait sûrement beaucoup de choses qui seraient rigoureusement pareilles. Sans doute y a-t-il des traits culturels spécifiques à Seattle. Mais, nous n'avons rien à voir avec ces metal-bands des années 90 que sont Alice ln Chains ou Soundgarden. Est-ce que notre musique vient 100% de nous ou est-elle conditionnée par nos origines? Je ne suis même pas sûr de vouloir trouver une réponse à cette question.

On ne vous a quand même jamais collé l'étiquette de ‘grunge-band’?

Encore heureux! On s'est appelé les Posies, on ne voulait surtout pas être considéré comme une groupe arty, intello. On est effrayé par la prétention qui, crois-moi, est omniprésente en rock. En choisissant ce nom qui sonne cul-cul, on a opté pour une certaine forme d'humilité, même s’il fait fuir certains. Notre premier album s'intitulait "Failure", c'était dans la même optique.

Avez-vous une idée de votre public type ?

Incroyable, il y a des gens qui nous apprécient et qui aiment aussi... des trucs merdiques comme Bauhaus! Certains nous ont découverts par MTV, d'autres parce que nous tournons en compagnie de Teenage Fanclub. Ces derniers sont plutôt jeunes. Mais il y a aussi des plus âgés. Ceux qui ont entendu parler de nous comme des espoirs de la ‘pop blanche’, des successeurs de Simon & Garfunkel. Hum... Nous, on est méfiants. Ceux-ci, on ne voulait pas nécessairement les attirer. Notre nature nous incite à attendre le pire en permanence.

C'est quand même agréable d'être appréciés, non?

Je suis toujours surpris qu'on nous aime! Je me demande toujours : ‘Tiens, comment ça se fait? Qu'est-ce qui a bien pu convaincre ces gens que nous sommes valables?’ Aux Etats-Unis pourtant, le public est très heavy metal. Ce n'est pas notre créneau. Nirvana a vendu des millions de CD aux fans de HM. Tu fusionnes le public d'Ozzy Osboume et celui de REM et tu obtiens celui de Nirvana! C'est ainsi qu'on devient énorme aux States, en séduisant d'abord les fans de heavy metal. Pearl Jam, Soundgarden, Nirvana et Alice ln Chains sont les nouveaux metal bands, ceux des années 90.

Tu as participé à la ‘reformation’ de Big Star, une influence qu'on cite un peu à tout propos aujourd'hui…

Oui, j'y jouais de la basse, alors que chez les Posies, je suis guitariste. Jon et moi sommes de grands fans de Big Star. Mais franchement, on ne connaissait pas Alex Chilton. On avait entendu très peu de son parcours en solo, après Big Star. Deux ou trois chansons, pas plus. Ce sont les albums de BS et de Chris Bell qu'on aimait avant tout. Mais, bon, je pense apprécier certains aspects de la carrière solo d'Alex, aujourd'hui après avoir joué avec lui. C'est un grand musicien.

Tu n'as pas hésité à te lancer dans cette aventure?

Non, jamais. On se disait que si quelque chose se passait, on en serait. Jon et moi, on connaissait bien Jody Stephens, le batteur de Big Star. On s'entend bien et on savait que si on en était tous les trois, le résultat ne pourrait pas être totalement nul. Que ça collerait entre nous trois, au moins. Alex est venu se greffer, c'est d'ailleurs ce qu'il voulait: un groupe pour l'accompagner ! On l'a fait parce que c'était cool et qu'on pensait que quelque chose de chouette en résulterait. Voilà.

Vous enregistreriez un disque ensemble?

On a accordé une demi-douzaine de shows. Ce n'était de toute façon pas un vrai groupe. Cela dit, ça me plairait d'accompagner Alex sur un de ses futurs albums solos. Mais j'ignore si ça l'intéresserait, lui! On verra ce qui se passera.

Tu n'es pas fort enthousiaste, dès que tu parles d'Alex Chilton. Je me trompe?

Il a de bonnes chansons, il mérite une reconnaissance. Et qu'on le laisse enregistrer ce qu'il veut.

Vous ouvrez les concerts de Tennage Fanclub, mais vous les suppléez, quand il y a une défection chez eux…

Je vois que la légende est déjà en bonne voie de construction (rires). Pour quelques shows de la tournée, Norman est tombé malade. Jon et moi l'avons remplacé au pied levé. Gery continuait à chanter ses chansons et certaines de Norman. Nous interprétions aussi quelques-unes de leurs chansons. C’était très sauvage, très gai. Les portes sont ouvertes, ce serait chouette de réaliser quelque chose ensemble un jour, pourquoi pas? Si tout le monde est d'accord, pourquoi ne pas sortir un single en commun, un de ces prochains mois? Mais ici, c'était juste pour rendre service, parce que je sais ce que c'est, de ne pas pouvoir se produire un concert, parce qu'on est malade... C'est extrêmement frustrant.

Norman ou Gery vous remplaceraient si vous étiez malades?

Chais pas, mais j'aimerais qu'ils le fassent, si c'était le cas.

(Article paru dans le n° 18 de décembre 1993 du magazine Mofo)