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The Thermals

Now We Can See

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The Thermals est un groupe majeur. C’est une certitude ! Pourquoi ? Car après avoir inséré leur dernier opus dans le lecteur, on reconnaît instantanément leur style. Une qualité bien rare. Aucune autre formation ne ressemble aux Themals. Leur son est unique. C’est ce qui fait d’ailleurs leur identité.

Né en 2002 à Portland (Oregon), ce trio est paradoxalement avant tout un duo ( ?!?!?) : le guitariste/vocaliste Hutch Harris et la bassiste Kathy Foster. En fait les drummers se succèdent constamment. Grand consommateur, le combo en est déjà à son sixième ! Leur premier album avait été produit par Chris Walla de Death Cab For Cutie, suite à l’envoi d’un ‘Ep maison’ à Ben Gibbard. En 2006, The Thermals avait impressionné toute la galerie en commettant un des meilleurs albums de punk mélodique de ces dernières années : « The Body, The Blood, The Machine ». Et en 2007, lors de son passage à Dour, le band avait fait des ravages…

Apparemment, le trio possède un goût certain pour les labels mythiques. Après avoir séjourné chez Sub Pop, il vient de signer pour Kill Rock Stars. « Now We Can See » constitue donc son nouvel opus. Un disque qui reprend les recettes gagnantes de son précédent long playing. Et avec un même bonheur. Les tubes ne sont peut-être plus aussi immédiats, mais les onze morceaux sont d’une rare cohérence. Pourriez-vous me citer d’autres formations réussissant à mêler avec autant de classe, la force mélodique de Green Day (« Liquid In, Liquid out »), la véhémence des Clash (« When I Was Alive ») et les riffs acérés de Fugazi ? Les années 90 ne sont jamais loin et la production de John Cogleton (Explosion In The Sky et Polyphonic Spree) parvient à tirer la quintessence du trio. Alors que « The Body, The Blood, The Machine » dissertait sur Dieu, ses dévots ainsi que l’administration Bush, « Now We Can See » traite de la mort. Les titres de chansons sont d’ailleurs explicites, « When I Died », « You Dissolve » et « When We Were Alive », par exemple. La mort, c’est vrai, mais sans jamais s’apitoyer sur le sujet ou en remettre une couche. Rien à jeter sur cet elpee. Même pas la très belle power ballade, « At The Bottom Of The Sea », plantée au beau milieu du tracklisting. On soulignera également l’excellente voix du chanteur, dont le timbre et parfois les inflexions rappellent Brian Molko…

The Thermals garde donc aisément le cap tout en confortant sa place au panthéon des groupes de punk rock qui comptent. Un nouveau coup dans le mille. Et puis le combo a une éthique. Il a carrément refusé l’utilisation pourtant lucrative d’une de ses chansons (« It’s Trivia »), destinée à sonoriser une publicité pour les horribles Hummer ? Respect !

 

The Thermals

The body, the blood, the machine

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Un peu comme le dernier album de Mudhoney, la nouvelle œuvre de ce trio de Portland évoque une époque révolue du rock indépendant américain des années 90, à cheval entre le grunge, les Pixies et la conscience politique de R.E.M.. Le menu musical de « The blood, The Blood, The Machine » regorge donc de chansons rock rapides. Elles sont en outre truffées de solos de guitare, dans un style rappelant tour à tour Joey Santiago et Thurston Moore. On a cependant droit à quelques mélodies bien senties (« A pillar of Salt », « Here’s your future », « Test Pattern ») et à des remarques piquantes sur l’Amérique ultra chrétienne de Bush. Présenté sans effets de manches (NDR : assurée par Brendan Canty de Fugazi, la production est sobre et électrique), le tout n’a évidemment pas l’ambition de conquérir les ondes FM. Cette petite demie heure de rock un peu bateau mais pas désagréable est néanmoins ternie par la voix un peu trop nasale de Huth Harris (NDR : elle finit par lasser !) Quoique de bonne facture, « The Body, The Blood, The Machine » n’a, en outre, aucune caractéristique vraiment marquante ou mémorable. On le conseillera donc uniquement aux acharnés du genre.

 

 

The Thermals

More Parts Per Million

Ces derniers mois, Sub Pop revient joliment à la charge, alors qu'on croyait le label en perte de vitesse depuis la fin des 90's : Hot Hot Heat, Kinski, Fruit Bats, Pleasure Forever, et maintenant ces quatre rockeurs de Portland, déjà nos amis. The Thermals qu'ils s'appellent, et leur musique est chouette : du garage-punk DIY enregistré sur un quatre-pistes dans la cuisine du chanteur. Eux préfèrent qu'on décrive leur rock vintage comme du " No-fi " : d'accord, mais paraît qu'il faut les contacter pour employer leur vocabulaire… Et si c'était de l'antigarage ? Ces distorsions constantes, du chant (entre John Lyndon et Jeffrey Lee Pierce), des guitares et de la batterie (une casserole ?) : on croirait presque entendre les Moldy Peaches jouer du punk ou les Buzzcocks répéter dans un tambour de séchoir (qui tourne vite). En à peine une demi-heure, The Thermals saccagent le rock, salissent le punk et tabassent le grunge : une vraie tuerie. Tout cela, n'empêche les maux de tête et les baffles qui grésillent, se déguste avec joie. ‘Very fucking listenable’, comme ils le disent eux-mêmes.