Un peu comme le dernier album de Mudhoney, la nouvelle œuvre de ce trio de Portland évoque une époque révolue du rock indépendant américain des années 90, à cheval entre le grunge, les Pixies et la conscience politique de R.E.M.. Le menu musical de « The blood, The Blood, The Machine » regorge donc de chansons rock rapides. Elles sont en outre truffées de solos de guitare, dans un style rappelant tour à tour Joey Santiago et Thurston Moore. On a cependant droit à quelques mélodies bien senties (« A pillar of Salt », « Here’s your future », « Test Pattern ») et à des remarques piquantes sur l’Amérique ultra chrétienne de Bush. Présenté sans effets de manches (NDR : assurée par Brendan Canty de Fugazi, la production est sobre et électrique), le tout n’a évidemment pas l’ambition de conquérir les ondes FM. Cette petite demie heure de rock un peu bateau mais pas désagréable est néanmoins ternie par la voix un peu trop nasale de Huth Harris (NDR : elle finit par lasser !) Quoique de bonne facture, « The Body, The Blood, The Machine » n’a, en outre, aucune caractéristique vraiment marquante ou mémorable. On le conseillera donc uniquement aux acharnés du genre.

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