Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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The Wisdom Of Harry

Torch Division

Le onzième morceau du troisième album des Wisdom of Harry s'intitule " Cuckoo ". Or, le coucou, très à la mode ces derniers mois (cfr I Am Kloot et Robert Wyatt), est un oiseau qui squatte le nid des autres plumitifs pour pondre ses œufs. Profiteur et malappris, le coucou n'a pas que des amis, et c'est bien mérité. Pete Astor, lui, ne squatte rien du tout, puisque sa musique est unique : à peine ouvre-t-il son album sur une reprise d'Ann Briggs, folksinger dont la discographie, comme celle d'Astor, ne dépassera sans doute jamais le petit cercle des amateurs éclairés. Pete Astor, donc, ne copie personne, encore moins ne s'installe-t-il grossièrement dans la tanière de ses voisins de label (Yo La Tengo, Cornelius, Guided By Voices,…) ou de palier. Certes, la voix d'Astor ressemble, de temps en temps, à celle de Matt Johnson (The The). Et cette faculté (nouvelle) à écrire des mélodies limpides nous fait penser, le cœur serré, à Elliott Smith (paix à son âme)…

L'électro lo-fi des deux premiers albums n'a cependant pas disparue : sur " The Capsule ", on retrouve ce vieux Harry un peu las et solitaire, sorte de Loup des Steppes indie-rock qui n'aime toujours pas frayer avec ses semblables. Mais Astor, toujours épaulé par le fidèle David Sheppard, se présente quand même aujourd'hui à l'auditeur sous son plus beau ramage : à part la cagoule (cfr pochette), notre ami semble vouloir faire un effort, jusqu'à balancer de gros riffs (" Great Inventor ") et même un tube, le sympathique " Beercan Crown ". A la fin, Astor voudrait qu'on le laisse tranquille en tentant l'apitoiement (‘Ladies and gentlemen, I've lied to you, I'm done’, etc.) Pas de chance, parce que dès maintenant, on suivra sa carrière de plus près : faudrait pas qu'il termine poignardé dans sa cuisine, gisant dans son sang comme un pauvre type incompris et malade.

The Wisdom Of Harry

House of binary

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Il y a des personnalités qu'on désespère ne pas voir plus souvent sur le devant de la scène. Aphex Twins, certainement. Pete Astor, aussi. Je parie que son nom ne vous dit rien (qui vaille ?). Pourtant, ce joyeux drille underground se balade depuis une vingtaine d'années au sein de la sphère musicale anglo saxonne. Eternel adolescent attentif aux bouleversements musicaux, il façonne depuis vingt ans maintenant une multitudes de projets sous un nombre impressionnant de patronymes. Comme lorsqu'il illuminait, aux débuts des années 80, le label Creation de sa perle indie The Loft ; puis, peu après, lorsqu'il s'est mis à confectionner d'habiles mélodies, aux ambiances guitaristiques très Nick Drake, pour habiller son Weather Prophets. Insaisissable, le bonhomme ! Aujourd'hui, influencé par l'electronica, " parce que la guitare est trop facile ", mais toujours fan du Velvet, il ressurgit miraculeusement après une période de vaches maigres, en arborant une nouvelle identité : Harry.

Portrait kaléidoscopique d'un serial killer loufoque, l'album alterne mélancolie et folie douce sur des rythmes entêtants fait des clins d'œils rigolos aux Rolling Stones (" Coney Island of your mind "), au funk mid seventies (" Unit one "), aux ambiances jazzy cinématographiques (" Theme from Eggboy "). Bref, un joyeux foutoir qui, obligatoirement, fera le bonheur du mélomane ; qu'il soit fan de pop, de house ou je ne sais quoi d'autre. Ah si, de David Holmes, sans doute son plus sérieux concurrent. Parce que nos deux lurons possèdent une collection de disques impressionnante, brassant une multitude de styles qu'ils réutilisent tous deux sans honte. Mais si ça fonctionne sans heurt pour David, on s'y perd parfois avec Pete. " House of Binary " brasse, en effet, tellement de genres que s'élaborent parfois des idées inabouties. Nous laissant sur le côté de la route avec le sentiment de dégoût ressenti par l'auto stoppeur voyant passer une voiture au loin emplie de passagers méprisants qui ne daignent même pas le regarder. Du coup, on continuera notre route comme si de rien n'était ; car c'est toujours lorsqu'on ne s'occupe de rien que les choses viennent d'elles-mêmes. Mettez donc cet album sur votre platine puis vaquez à d'autres occupations, vous vous rendrez bizarrement compte du réel potentiel de notre ami ; déroutante personnalité schizophrène aux neurones habitées par une généreuse démence. Car, sous des dehors austère, il y là dedans de quoi passer l'hiver sans s'ennuyer. " Boxed " surprend par ses climats tendus, ses paroles délirantes. " Disco c " détourne la happy house commerciale en la tirant vers des tréfonds ombrageux. Tout en sécheresse, Woke up buzzing " fait passer Tarwater pour des petits marrants sans talent ; alors que " Pale finger " imagine Squarepusher jouant de la bossa nova…

Pour ces raisons on le chérira plus que d'autres ; particulièrement ses sonorités bancales, ses structures poppy, ses audaces provocantes. Même si cet elpee en demi teinte comporte également son lot de ratés aussi éblouissants que les réussites (" The Wisdom " ou " I'm going to make my life right ", deux tracks à la limite de la mièvrerie satisfaite). Du coup, Matador prouve encore une fois combien son catalogue regorge de personnalités rares qu'il nous faudra surveiller de près. Aphex devrait se faire des soucis.

 

The Wisdom Of Harry

Stars of super 8

Quelle n’a pas été notre surprise de voir Peter Astor refaire surface après trois années de silence. En fait, lorsque son label français Danceteria a déposé le bilan, Pete s’est retrouvé au chômage. Au cours de cette période, il s’est remis en question. Faut dire que ses deux expériences précédentes, menées en compagnie de Loft et de Weather Prophetts, s’étaient soldées par autant d’échecs financiers. Nonobstant toute la qualité intrinsèque de ces deux formations. Il a donc bossé sur un Atari et un sample a bon marché pour se reconvertir dans l’électronique. Et le résultat paraît assez intéressant. « Stars of super 8 » n’est pourtant pas un véritable album, mais une collection de singles et de flip sides. Cependant, ses compositions nous donnent une bonne idée de la nouvelle orientation de Peter. D’abord, il ne laisse plus guère de place aux parties vocales, ne nous accordant plus les faveurs de son timbre vocal suave, velouté, et la dextérité de son doigté à la six cordes acoustique, que sur deux ou trois chansons. Préférant s’aventurer, avec beaucoup de bonheur, dans un délicat, mais aventureux voyage aux confins des univers de Beck, Tortoise, Can et Todd Rundgren…