Le onzième morceau du troisième album des Wisdom of Harry s'intitule " Cuckoo ". Or, le coucou, très à la mode ces derniers mois (cfr I Am Kloot et Robert Wyatt), est un oiseau qui squatte le nid des autres plumitifs pour pondre ses œufs. Profiteur et malappris, le coucou n'a pas que des amis, et c'est bien mérité. Pete Astor, lui, ne squatte rien du tout, puisque sa musique est unique : à peine ouvre-t-il son album sur une reprise d'Ann Briggs, folksinger dont la discographie, comme celle d'Astor, ne dépassera sans doute jamais le petit cercle des amateurs éclairés. Pete Astor, donc, ne copie personne, encore moins ne s'installe-t-il grossièrement dans la tanière de ses voisins de label (Yo La Tengo, Cornelius, Guided By Voices,…) ou de palier. Certes, la voix d'Astor ressemble, de temps en temps, à celle de Matt Johnson (The The). Et cette faculté (nouvelle) à écrire des mélodies limpides nous fait penser, le cœur serré, à Elliott Smith (paix à son âme)…
L'électro lo-fi des deux premiers albums n'a cependant pas disparue : sur " The Capsule ", on retrouve ce vieux Harry un peu las et solitaire, sorte de Loup des Steppes indie-rock qui n'aime toujours pas frayer avec ses semblables. Mais Astor, toujours épaulé par le fidèle David Sheppard, se présente quand même aujourd'hui à l'auditeur sous son plus beau ramage : à part la cagoule (cfr pochette), notre ami semble vouloir faire un effort, jusqu'à balancer de gros riffs (" Great Inventor ") et même un tube, le sympathique " Beercan Crown ". A la fin, Astor voudrait qu'on le laisse tranquille en tentant l'apitoiement (‘Ladies and gentlemen, I've lied to you, I'm done’, etc.) Pas de chance, parce que dès maintenant, on suivra sa carrière de plus près : faudrait pas qu'il termine poignardé dans sa cuisine, gisant dans son sang comme un pauvre type incompris et malade.

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