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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Tropical Fuck Storm

Le chaos organisé…

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Quatuor australien majoritairement féminin, très potes avec leurs prolixes compatriotes de King Gizzard and the Lizard Wizard, Tropical Fuck Storm est moins fécond. Et pour cause, « Fairyland Codex » constitue ‘seulement son cinquième opus en neuf ans d'existence.

Un disque au sein duquel figurent les ingrédients typiques de son maelstrom musical - indie rock, punk, reggae, jazz et blues - qui semble, pour la circonstance, naviguer dans l’œil plus calme du cyclone. Un elpee ‘presque’ apaisé donc, au chaos apparemment plus structuré, dont nous parle le seul membre masculin : le guitariste et chanteur Gareth Liddiard.

Qu’évoque la chanson « Joe Meek Will Inherit The Earth » dont le refrain est ‘Charity Begins At Home’ ?

Ce titre possède des références bibliques, à l’Apocalypse, au Livre de la Révélation, à l’agneau aux sept yeux et sept cornes…

Tout le monde manifeste aujourd’hui, que ce soit le 6 janvier en Amérique dans le cas de la droite extrême, voire des ‘black blocs’, pour la gauche radicale, toujours dans une atmosphère apocalyptique. Tous se comportent comme des moines-guerriers, prêts à combattre. 

Cette chanson proclame que le chemin vers l’enfer est pavé de bonnes intentions, chacun défendant une vision utopique de la société, à partir d’un point de vue particulier…

Mais, finalement, nous avons juste tenté d’écrire une chanson qui ressemble au « Smooth Operator » de Sade. Y a-t-il un meilleur sujet pour se référer à l’apocalypse (rires… jaunes) ?

Quelle est la signification de « Dunning Kruger’s Loser Cruiser », single qui figure sur cet elpee ?

‘A loser cruiser’, c'est un mot d'argot australien pour désigner un bus... C'est une supplique pour se procurer un peu de solitude, dans une société où désormais tout est public dans l'existence.

Votre portefeuille est sur votre téléphone, tout comme votre identité. Le monde vous scrute. Cette chanson exprime le souhait d'être oublié, ce qui est désormais un luxe. Juste être un ‘non-existant’ et ne pas être jugé.

Être ‘down under’ vous permet-il d’accomplir des acte renversés et renversants, lorsqu’on a la tête en bas (head over heels) ?

(Il rit) Oui, jusqu'à un certain point. Il existe une excellente citation de Tom Waits relative à la création musicale. Il recommande à peu près ceci : ‘Ce que tu fais doit être unique et, pour y parvenir, apprends d'abord à voler. Ensuite, apprends à voler à l'envers !’

Notre musique sonne un peu comme celle de Tom Waits ou Captain Beefheart, voire, dans un autre style comme celle des B-52's.

Par ailleurs, vu que nous vivons en Australie, nous sommes éloignés de tout. A Bruxelles ou Paris, vous êtes dans le monde, contrairement à nous. Nous n'allions pas assister aux concerts der Stan Getz, des Rolling Stones, des Beatles ou du Led Zeppelin...

Nous ne nous nourrissons de rien et sommes forcés de nous alimenter nous-mêmes. On peut se sentir frustrés d'être ainsi éloigné de tout ; puis, dépasser son désespoir en réalisant que l'on peut tout se permettre, y compris les approches musicales les plus extravagantes...

Ce que vous proposez est une sorte de chaos organisé ?

Le meilleur des chaos, parce que nous le plaçons dans une structure, comme on insère une photo dans un cadre. Nous mettons ce chaos au milieu du rythme de la charpente d'une chanson pop. Elle se transforme en quelque chose d’intéressant, intégrant de la folie et du... chaos. De la même manière que Sade peut adopter des airs suaves comme « Smooth Operator » ... (rires)

Vous paraissez obsédé par Sade.

Nous l'étions en enregistrant ce dernier album, ce qui était assez amusant. Sade est tellement attirante... Il est difficile de l'être à ce point.

Vous pouvez interviewer un large éventail de groupes ou d'artistes, ils seront tous d'accord sur ce point. Si vous interrogez Slash ou d'autres musiciens du style, ils vous répondront à quel point il est difficile d'être extrêmement heavy. Mais ils seront unanimes pour affirmer qu'il est pratiquement impossible d'être aussi attirante que Sade, de l'être à un point qui conduit à un art raffiné.

Plus sérieusement, le cancer du sein de Fiona Kitschin, bassiste et cofondatrice du groupe, a-t-il eu un impact sur votre musique ?

Oui. Si nous avions été plus jeunes, nous l'aurions évoqué dans nos chansons. Mais nous nous sommes retrouvés dans l'urgence ; nous avons pris beaucoup de temps pour nous occuper de Fiona, de son traitement. Et le temps est l'essence même, puisqu'il n'est pas infini.

C'était vraiment chiant, parce que nous sortions à peine de la pandémie. Nous avions ce nouveau projet Tropical Fuck Storm dans lequel nous voulions totalement nous impliquer, tourner après la COVID, profiter du bon temps... Bref, être actifs !

Le cancer de Fiona se déclenche et soudain, nous sommes de retour à la case départ. Et bien entendu, cette tumeur se révèle d'un autre calibre que cette grippe, même si elle était sévère.

Cette maladie a affecté notre production, depuis que nous avions vraiment goûté le moment de jouer en groupe.

Ce nouvel album est d'ailleurs moins foutraque et complexe, plus direct, parce que nous voulions juste prendre nos instruments et profiter d'être tous ensemble. Nous souhaitions donner l'impression d'être en live... prouver que nous étions en vie.

Tropical Fuck Storm est composé de trois filles et un garçon. Qu’est-ce que ça change ?

C'est différent. Les filles sont différentes des garçons dans la manière dont elles communiquent leurs émotions. Elles les affrontent et les expriment plus franchement ; ils les abordent indirectement. Ce qui ne signifie pas que la communication directe et émotionnelle féminine pacifie tout.

D'autre part, les femmes sentent différemment et meilleur que les hommes... mais se droguent autant qu'eux (rires).

Les filles sont de même tout aussi amusantes que les garçons. Leur humour est un peu différent. L’humour des hommes se pratique aux dépens des autres. Pas forcément celui des femmes. Ce qui ne les empêche pas d'être drôles.

Par ailleurs, les filles sortent autant que les mecs...

Finalement, elles sont tout aussi épuisantes et ont autant de mauvaises habitudes... Par exemple, lorsqu'il est préférable d’aller se coucher parce qu'il y a un concert le lendemain, les filles restent debout jusque 4h du mat' à boire et fumer.

Bref, elles sont différentes, mais, au bout du compte... c'est la même chose (rires) !

Tropical Fuck Storm : album « Fairyland Codex » (Fire Records), paru ce 20/06/2025

En concert

Reflektor (Liège) - 4 septembre

Wintercircus (Gand) – 6 septembre

 

Tropical Fuck Storm

Tropical Fuck Storm au pays des fées noires…

Le quatrième long playing de Tropical Fuck Storm, « Fairyland Codex », paraîtra ce 20 juin 2025, sur son nouveau label Fire Records. Enregistrées en compagnie du coproducteur Michael Beach, au studio Dodgy Brothers du groupe, à Nagambie, en Australie, les compos de « Fairyland Codex » nous plongent dans le chaos d'un glissement de terrain fatidique, en identifiant les personnages qui jonchent l'effondrement imminent de la société.

Tropical Fuck Storm s'est formé lorsque le précédent band du guitariste et chanteur Gareth Liddiard et celui de la bassiste et chanteuse Fiona Kitschin, The Drones, ont fait une pause en 2016. Rejoint par la guitariste, claviériste et chanteuse Erica Dunn et la batteuse Lauren Hammel, le combo a sorti une série d'albums acclamés par la critique et s'est forgé une réputation pour ses concerts incendiaires.

Acide, acerbe, anarchique, la maîtrise des jeux de mots de Tropical Fuck Storm, soulignée par des guitares hargneuses, des rythmes pulsés et des salves explosives, peuple un arrière-pays entre la lumière et l'obscurité.

Rempli d'anarchie sociale bien maîtrisée, « Bloodsport », le single qui figure sur « Failand Codex », libère un funk à la Talking Heads et se distingue par un break de guitare stroboscopique.

Pour écouter « Bloodsport » c’est

 

 

Tropical Fuck Storm

Submersive behaviour (Ep)

Écrit par

Un Ep de 36 minutes, c’est plutôt rare ! Evidemment, lorsque, le titre d’entrée, « 1983 (A Merman I Should Turn To Be) », une reprise improbable de Jimi Hendrix, frôle les 18 minutes, on atteint facilement le temps requis pour qu’il soit considéré comme un elpee. Si le début et la fin du morceau se révèlent mélodieux, le cœur de la compo s’aventure au cœur d’une expérimentation réminiscente du Floyd circa « A saucerful of secrets », voire du Led Zeppelin. Les 4 autres morceaux constituent autant de reprises, dont la dernière, « Ann », est signée par les Stooges. Et franchement, pour la reconnaître, on vous promet bien du plaisir. Elle glisse sur des harmonies vocales falsetto avant de s’enfoncer dans une noisy frénétique, réminiscente des débuts de Sonic Youth. Les autres covers concernent des formations aussi obscures les unes que les autres : Middle Aged in The Middle Esat in The midle Ages, Men Menstration et Compliments to the Chef.  

Evidemment, pour ces pistes, le band aussie continue d’explorer. Ce qui n’est fondamentalement pas une surprise. Sonorités de guitares acides, corrosives, sur Moonburn » et rythme hip hop décalé tout au long « The golden ratio » confirment cette analyse. Seul le blues (du désert ?) « Aspirine / Slight return » se distingue par une jolie mélodie. Sur laquelle, les musicos viennent greffer leurs élucubrations sonores…

Enfin, l’artwork de la pochette a été réalisé par l’illustrateur Patrick Crimewave…

Tropical Fuck Storm

Un maxi single en cassette pour Tropical Fuck Storm

Écrit par

Une cassette maxi-single de Tropical Fuck Storm paraîtra ce 26 août. Son titre ? « Mooburn ». En attendant le combo australien nous propose un extrait, sous la forme de single, en l’occurrence une reprise de « Ann » des Stooges. C’est la bassiste Fiona Kitschin qui se réserve le micro et la partie de guitare brûlante de Ron Asheton a été remplacée par un collage sonore détraqué de guitares, de bruits de sirènes et d'électronique. Le morceau bénéficie d’un clip vidéo réalisé par Sam Mapplebeck, que Gareth Liddiard de TFS qualifie de ‘clip de rétrécissement de concert miniature, bricolé et explosif. Et il est en écoute

En concert

10/09/2022 – Botanique, Bruxelles

 

Tropical Fuck Storm

Deep states

Écrit par

Après avoir gravé « A Laughing Death in Meatspace » en 2018 et « Braindrops » l’année suivante, ce quatuor australien nous propose son troisième opus. Le line up de Tropical Fuck Storm implique Gareth Liddiard et Fiona Kitschin (ex-The Drones), Lauren Hammel (ex-High Tension) et Erica Dunndes (ex-MOD CON, Harmony et Palm Springs). Donc des musicos issus de la scène underground aussie.

Tout au long de « Deep states », T.F.S. recycle (post et art) punk, garage, psychédélisme, delta blues, noisy, hip hop, r&b, new et no wave ainsi que funk avant de nous régurgiter une solution sonore étrange, mais particulièrement originale. Au fil du sillon on pense successivement à The Birthday Party, Royal Trux, Tom Waits, Talking Heads, Captain Beefheart, Wu-Tang Clan, Tuxedomoon ou encore Missy Elliot. On y rencontre même des mélopées arabisantes sur « Bumma sanger » et « Suburbopia », morceau que chantent en duo Erice Dunn et Amy Taylor, la frontwoman d’Amyl & The Sniffers. Et le tout est parsemé de collages qu’on pourrait qualifier de dadaïstes…

Mais le plus impressionnant procède de cette habileté à laisser filtrer les mélodies à travers les différentes textures de l’expression sonore. A l’instar de « The greatest story ever told », morceau qui ouvre le long playing, et dont l’accroche palpable s’inscrit dans le refrain lyrique. Ou encore de « New Romeo agent », qu’interprète Erica d’un timbre aussi élégant, limpide qu’harmonieux. Parce que la voix de Gareth se révèle, la plupart du temps, gutturale. Encore qu’elle devient aussi empathique que celle de Blaine Reininger sur « The donkey », piste dont le final s’enfonce dans des stridulations noisy dignes de Sonic Youth. Ou alors adopte un phrasé hip hop, comme sur le punk/funk « G.A.A.F. ».

Pour T.F.S., nous vivons dans un monde en perdition où le bizarre est devenu la norme et c’est cette impression qu’il cherche à refléter à travers sa musique, mais aussi ses textes acérés, satiriques et polémiques, quelquefois proches du délire, mais surtout propices à une réflexion sur les conséquences de l’impérialisme américain sur de nombreuses régions de la planète.

Maintenant, oui, ce n’est pas une œuvre facile à assimiler ; mais elle a au moins l’audace de la créativité…

Du grand art !