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Von Durden

On a bénéficié d’une presse de dingue…

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C’est à l’issue de leur concert accordé à la Rotonde du Botanique, dans le cadre de leur ‘Release Party’, que Nicolas Scamardi et Elliott Charlier, respectivement drummer et chanteur de Von Durden, nous ont accordé cette interview. Elliott va entreprendre un tour du monde, à partir du mois de février. Un rêve d’enfant qui se réalise. On en parle…

Elliott : Le départ est fixé au 8 février 2015. J'avais envie de faire ce voyage. J’ai toujours aimé voyager. Comme mes parents. Et je les accompagnais dès mon plus jeune âge. Ce que je n’ai plus fait depuis mes 18 ans. Je ne m’en plains pas, car mon agenda débordait de concerts. J'aurais bientôt 30 ans, et si je décide de fonder une famille, il faudra que je me fixe. Partir à l’aventure deviendrait alors plus compliqué. C’est donc le bon moment.

Dès lors, toute la tournée va se dérouler avant ton départ. N’est-ce pas un peu précipité, 3 mois juste après la sortie de l'album ?

Elliott : C’est selon le point de vue. Si tu envisages la stratégie promotionnelle, c’est un peu court. Mais à mon avis, l’industrie du disque réfléchit beaucoup trop. Elle se prend la tête avec des tas de méthodologies. Nous, on veut simplement prendre du plaisir. Et jouer de la musique, avant tout. Finalement, on est ravi du déroulement des événements.

Christine Verschorren est une pointure dans le milieu de la musique. N’est-ce pas trop difficile de travailler sous sa houlette ?

Nicolas : Nous l'avons choisie pour produire notre album, car elle bosse d’une manière très particulière, hors des sentiers battus. On a pourtant l’habitude de travailler en compagnie de pros. Nous ne souhaitions pas être aidés, mais accompagnés différemment, par un(e) ingé son. Elle a une approche différente de la mise en forme. Et se distingue par sa capacité à te plonger dans un autre univers…

La voix d’Elliott colle bien au style hard. Dans les moments les plus paisibles des compos, elle me fait parfois penser à celle de Lenny Kravitz. Vous partagez mon point de vue ?

Elliott : C’est cool, deux fois aujourd’hui qu’on me le dit.

Elle est travaillée ou naturelle ?

Elliott : Je ne la travaille pas hors du groupe. Uniquement lors des répètes. Je ne prends pas de cours de chant. Je n'ai pas de projet parallèle. Je ne participe qu’à l’aventure de Von Durden.

Et Fabrice ? Il me semble qu’il développe plusieurs projets?

Nicolas : Fabrice est capable de maîtriser tous les genres de musique. Il considère son implication comme un job. Il joue merveilleusement bien de la basse. Son background est impressionnant. Et pourtant, il ne participe au projet que depuis trois ans. Il est polyvalent. Il peut intégrer n’importe quel line up et apprendre leurs morceaux en deux semaines. C'est un mec sur lequel on peut compter. Il adore l’aspect familial de la vie d’un groupe. Il a besoin de bien s’y sentir. Il peut également devenir un mercenaire. Il connaît son truc. Il ne joue plus chez Ozvald.

« Lucky In Love » est le titre le plus funk de votre répertoire ? On n’est pas loin de Jessie J. C’est une référence pour Gladys, la bassiste ?

Nicolas : Absolument ! Elle est fan de toute la production américaine : Pink, Katy Perry, Jessie J, c'est vrai. C’est une géniale ‘performeuse’ qui communique à nos compos un sacré groove.

Les medias décrivent votre musique comme ‘Brute de décoffrage’. Une explication ?

Nicolas : C'est parce qu’elle est dispensée ‘live’, sans artifice. Christine y est pour quelque chose. La musique n’est ni léchée, ni assujettie au clic. Si certaines fréquences sont susceptibles de te casser les couilles, mais qu’elles sont bonnes, on les laisse. Nous avons la totale liberté de création. Nous avons réalisé notre album en 2 ou trois semaines. Le mix et tout le reste y compris.

Quel est vraiment le style de votre musique ?

Elliott : C'est du Rock.
Nicolas : On ne peut rien dire d'autre. C'est du rock, malgré ses multiples influences. Qu’on digère progressivement. Celle qui te fait penser à Kravitz est certainement due à la mélodie.  

Le Grand Jojo, Queens Of The Stone Age, Pearl Jam, Stromae, Beatles, Arno et les Sex Pistols. Au sein de cette liste, vous avez détecté des intrus ?

Nicolas : Le Grand Jojo. Pas vraiment mon truc. Mais il donne du bonheur à des tas de gens. Faut surtout pas qu'il arrête.
Elliott : Rien. Même pas le Grand Jojo. C'est du talent qui ne me parle pas.

Vous semblez bénéficier d’une bonne équipe pour assurer la promo…

Elliott : La promo doit passer par toutes les formes de medias. Que ce soit sur papier ou via Internet. C’est indispensable pour être visible. Si tu ne l’es pas, les gens pensent que tu n'existes plus. Oui, c'est important et c'est la raison pour laquelle nous avons choisi Olivier Biron, comme attaché de presse. Il est particulièrement compétent. C’est même le meilleur avec lequel nous ayons eu la chance de bosser. On se sert également des réseaux sociaux comme une majorité d’autres artistes. C'est important.
Nicolas : La plupart de nos connaissances estiment que bénéficions d’une presse de dingue. Depuis un mois, les articles pleuvent, grâce à son implication. C'est un tueur et il abat un boulot monstre.

Continuez-vous à collaborer avec Julien Henry de ‘Film Fabrique’ ? Il apporte son concours aux projets de The Experimental Tropic Blues Band, il me semble ?

Nicolas : C'est lui qui se charge du visuel d'Experimental. Il est doué et adorable. On s'est entendu sur le projet et on a décidé de poursuivre notre collaboration.
Elliott : On n'en trouve pas des centaines comme lui dans le métier. Il accomplit un boulot remarquable…

Le patronyme de Von Durden Party Project s’est réduit à Von Durden. Pourquoi ?

Nico : Parce qu’au départ, je drivais un autre groupe, Melchior. Je voulais faire la distinction entre ce band et le projet Von Duden. Quant au mot Party, c’est parce qu’on voulait mettre l'accent sur le côté festif et ‘dance’ de notre musique. Puis nous avons abandonné ces épithètes...

 

 

Von Durden

Des Loups aux dents longues…

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Nous sommes le 1er octobre 2014, et la température est printanière en ce début d’automne. L’été indien est bien au rendez-vous. Bref, sous le dôme des découvertes, ou si vous préférez la Rotonde du Botanique, se déroule ce soir la ‘Release party’ de Von Durden ; c’est-à-dire la présentation officielle de son nouvel album intitulé tout simplement « III ». Un événement qui devient traditionnel pour les artistes ou formations pop/rock. Il faut cependant admettre que l’endroit est parfaitement adapté à ce type de mise en vitrine. Et tout particulièrement parce que les conditions de sonorisation sont optimales. Mais aussi car le cadre est intimiste. Ce soir le concert est sold out. Pas étonnant vu l’excellente promo dont a bénéficié le spectacle…

Le support act est assuré par The Whylanders, un duo bruxellois réunissant Maxime Simon à la guitare et au chant ainsi que Nicolas Scaillet aux drums et aux backing vocaux. A ce jour, le tandem a publié deux Eps. Découpé en 4 plages, « So Simple » était paru en 2011. Et un second, baptisé « Try », vient de sortir. La selist épingle deux extraits du premier Ep, « I Was Away » et « Dream Song ». Et le reste est consacré à des compos récentes, dont « You Knew I Want You », « Try », « Box », « Ending A Part », « Breathing » et « Never See Me Again ». Je découvre la paire en ‘live’. Et ma foi, pour une première, leur set, bien que limité à une trentaine de minutes, passe bien la rampe. A revoir, c’est une certitude...

Le line up de Von Durden réunit Elliott Charlier au chant, Kevin Dochain à la guitare, Nicolas Scamardi aux drums, Fabrice Giacinto à la basse et la jolie Marie Gladys  aux synthés. Un quintet louviérois, dont la plupart de musicos participe à des projets parallèles. Leader du band louviérois, Nico milite également chez Jane Doe & The Black Bourgeoise et Melchior, alors que Fabrice sévit aussi au sein de Romano Nervoso. Pour défendre son dernier long playing, bien reçu par la critique, Von Durden ne dispose que de trois mois, car Elliott Charlier part faire le tour du monde, début 2015.

Au sein de l’auditoire, on croise de nombreux ‘Loups’. Le leader de Romano Nervoso, Giacomo Panarizi, ainsi que son drummer Lucas Lepori. Ils sont peut-être venus repérer les lieux avant leur ‘Release party’, programmée ce 22 octobre. Puis les frères Chainis d'Abel Caine.

Après une petite intro, le combo entre immédiatement dans vif du sujet, en proposant « Third Beat », issu du dernier LP. Un titre, comme le dirait Nico, brut de décoffrage. L’interaction entre le public et le band est excellente. Elliott y contribue largement. « Don't Let Me Down » et le single « Dead Queen » sont deux autres titres tirés du dernier long playing. Normal finalement, car le combo est venu le présenter ; et un troisième essai est toujours un tournant dans sa carrière. Etrange comme la voix d'Elliott me fait penser à celle de Lenny Kravitz. « Devil In Me » est un morceau qui me surprend toujours ; issu de l’album « Dandy Animals », il permet aux aficionados des débuts de retrouver leurs jeunes. Charlier est capable d’emprunter des inflexions plus métalliques, histoire de communiquer un max d’énergie aux compos.

Après « In The Room », « Attraction» et « Kick Outta Me », trois nouvelles chansons, place au titre maître du deuxième elpee, « Dandy Animals ». Moment choisi par Fabrice pour démontrer tout son talent sur ses quatre cordes. On a également droit à deux plages soustraites du tout premier opus, « Color Of The Shape » et « Money Cash ». Elliott remercie Christine Verschorren, présente dans la salle pour le travail de mise en forme de « III ». Duquel Von Durden nous réserve encore « Creatures Above The Law » et « World On Top ». Mais en ‘live’, les versions sont diablement plus percutantes.

« Hey Beauty est un autre extrait de « Death Discotheque », leur premier elpee. Gladys est nouvelle dans le groupe ; et elle apporte une sensibilité féminine aux compos. Elle acquiert de plus en plus d’assurance. Et sa participation aux vocaux ainsi que ses interventions aux synthés constituent manifestement un plus dans leur musique. Les riffs de guitare dispensés par Kevin, sont précis, incisifs et plutôt ravageurs. Tout en martyrisant ses fûts, Nico semble prendre son pied. D’une durée de 60 bonnes minutes, le set est très électrique. Von Durden ose une version étonnante du « The Hand That Feeds » de Nine Inch Nails, un extrait de « With Teeth », opus que le groupe américain de rock industriel avait commis en 2005. C’est également le dernier morceau du concert. Avant le rappel, bien sûr. Un ‘encore’ festif, puisqu’il permettra, lors de « Dance To The Music », au public de monter sur l’estrade. Un peu à la manière de Boxer Rebellion. Un scénario qui rend une fin de spectacle, magique. Et très interactive, je l’avais déjà souligné. Von Durden a les dents longues, mais ne croquera pas  « Jimmy Fallon ». Quoique prévu sur la setlist, il a purement et simplement été zappé…

(Organisation : Botanique)

Von Durden

III

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Von Durden Party Project est né en janvier 2007. Soignée, énergique, dansante, sa pop puise alors son inspiration chez Danko Jones, Soulwax, David Fincher et Quentin Tarantino. Les idées fusent, et une trentaine de maquettes sont enregistrées. Le groupe a également une ambition visuelle et réalise deux clips autoproduits avant même de mettre un pied sur scène. Enregistré au studio Six d'Anderlecht et mixé par Stephan Debruyne (Joshua, Soldout), leur premier opus est bien reçu par la critique musicale. Intitulé "Death Discotheque", il est sorti en juin 2008. En 2012, le band réduit son patronyme en Von Durden et publie un deuxième opus baptisé « Dandy Animals ».

Les musicos sont d’infatigables bosseurs et nous proposent déjà leur troisième long playing. Baptisé tout simplement « III » sa date de sortie est prévue pour le 1er octobre 2014. Soit le jour de leur ‘Release Party’ qui se déroulera dans le 'Dôme des Découvertes', c’est-à-dire la magnifique salle de la Rotonde au Botanique. Un concert à ne pas manquer, car dans la foulée, Elliott, le chanteur, a décidé de faire le tour du monde. Un périple qui risque bien de déboucher sur la confection d’un quatrième essai, qu’on imagine haut en couleurs.

Pour concocter ce disque, le noyau central (NDR : en l’occurrence le chanteur Elliott Charlier, le guitariste Kevin Dochain et le drummer Nicolas Scamardi, principal compositeur et véritable ciment de l'édifice) ont décidé de s’entourer de deux nouveaux musicos ; soit le bassiste Fabrice Giacinto, également impliqué chez Romano Nervoso et Ozvald ainsi que Marie Gladys (NDR : Gladys, c’est également son projet solo qui est occupé tout doucement de décoller).

L’œuvre a été mise en forme par Christine Verschorren (Ghinzu, dEUS, Das Pop...) Des sessions réalisées sous une forme organique et le plus souvent en prise directe, afin de remettre en avant l’énergie et l’aspect humain de la musique. Sans concession, leur pop/rock est brut de décoffrage.

La photo qui illustre la pochette a été immortalisée, il y a près de 10 ans, après une soirée particulièrement arrosée. La confection du clip de « Dead Queen », le premier single issu de l'album, a été confiée à Julien Henry (La Film Fabrique), qui avait déjà réalisé celui de « Dance To The Music » (NDR : n°5 du MCM Top Hits, plus de 100 000 vues YouTube), soit le tout premier single qui a amorcé la voie du succès pour Von Durden.

Caractérisé par son refrain immédiatement mémorisable, ses accords de gratte et ses claviers subtilement ‘vintage’ à la John Doe, « Dead Queen » ouvre la plaque. La transposition en ‘live’ est percutante, je peux vous l’assurer. Et l'envie de rejoindre le dancefloor est irrésistible. Non, vous n’êtes pas 'Inculte'. D’ailleurs, la voix est troublante et rappelle même celle de Lenny Kravitz. « Don't Let Me Down » et « In The room » nous replongent dans les 70’s. Deux petites perles. Toujours contaminé par la même époque, mais en plus métallique, « Attraction » se singularise par son refrain entêtant et sa ligne de basse sauvage. Et l’adepte du dieu 'Tcholle' y martyrise ses fûts. « Kick Outta Me » est un titre judicieux pour une plage punk/rock/garage. « Creatures Above The Law » adresse un nouveau clin d’œil à Lenny Kravitz. Les Louviérois sont dans leur monde pour atteindre le « World On Top » ou l’inverse. « Like A Bazooka (With A Mandolin Sound) » est sculpté dans du rock'n'roll bien carré, très solide ; mais pas de trace, ni de bazooka, et encore moins de mandoline…

« Physical » s’ouvre par d’autres accords surannés, rappelant ceux d’un « Hammond ». Une piste vibrante, angoissante, hantée par la voix languissante d’Elliot, avant que le rock pur et dur ne reprenne le dessus. Impulsions de basse agressives, guitares malsaines et synthés au bord de la crispation entraînent « Third Beat » au début des 80’s. Un titre, dont le climat est rasséréné par l’intervention vocale de Gladys.

Un troisième album particulièrement réussi pour Van Durden.

 

Von Durden

Dandy Animals

Écrit par

La formation louviéroise a donc décidé d’amputer une partie de son patronyme (NDR : Party Project) pour le limiter à Von Durden. « Dandy Animlas » constitue leur second opus, et il fait suite à « Death discotheque » publié en 2008.

Considérée comme du ‘stoner disco’, la musique de Von Durden ne manque ni de groove, ni de pêche. Hormis le slow un peu bateau, « Lions of grace » (NDR : un titre à proposer à Machiavel !) et le petit interlude instrumental « Ili VS Lynch (theme) », toutes les autres compos évoluent sur un tempo plus ou moins enlevé. Parfois même furieux ou frénétique.

Soulwax et Ghinzu constituent certainement les références les plus évidentes. Celles qu’ils puisent dans le cinéma sont moins évidentes, mais bien réelles. Le groupe reconnaît même y puiser son inspiration. Les influences sont peu décelables. Souvent bien digérées. Hormis l’empreinte des Stranglers époque « Rattus Norvegicus ». Elle est même manifeste. Pas sur toutes les pistes, mais plusieurs quand même. A cause du climat ténébreux (« Another Messiah »), du ton vindicatif (« She’s gone commando »), de la ligne de basse menaçante (« Sex mouth ») et surtout des claviers rognés, vintage (« Motorgasm », « Montesuma's Revenge » et lors du final « Loony Danny », même si la piste s’achève dans un accès de délire guitaristique). Une gratte qui, à l’une ou l’autre exception près (NDR : dommage, car alors le toucher y est autant subtil, judicieux, qu’élégant) se contente de découper dans le métal, à l’instar des formations indus. Elle est en outre, régulièrement soutenue par ces claviers, dans sa démarche. Des claviers ou plus exactement des synthés, qui libèrent également, de temps à autre, des sonorités 80’s (NDR : c’est l’autre trace, encore audible). Dans l’esprit d’Ultravox circa John Foxx voire même D.A.F. (« Electric Skeleton »). Souvent falsetto, les vocaux et les chœurs sont extrêmement soignés. Et ce sont eux qui apportent surtout ce petit côté pop aux compos.

Bref un album de très bonne facture, auquel votre serviteur a cependant beaucoup de mal à accrocher. Nonobstant d’excellents paramètres, une grande richesse instrumentale et une énorme dose d’intensité libérée, le canevas des compos me semblent parfois un peu trop prévisible…