La terre fissurée de Daffo

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Denver ou DNVR ?

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Watine

This Quiet Dust (Ep)

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Depuis 2005, Catherine Watine parcourt un univers musical énigmatique et unique en son genre, qui privilégie largement trip-hop et pop cinématographique. Une exploration qu’elle opère depuis déjà 5 albums. Pour concocter ce long nouvel Ep, l’artiste française a bénéficié du concours de Paul Levis, qui s’est forgé une certaine notoriété dans le monde du folk.

Le disque s’intitule « This Quiet Dust ». Découpé en 7 pistes, il s’inspire de l’œuvre d’Emily Dickinson, une poétesse anglaise au destin tragique qui a vécu au XIXème siècle. C’est d’ailleurs dans la douceur d’un songe partagé avec Emily Dickinson que nous sommes d’abord entraînés. Avant d’affronter ses textes torturés… Watine y pose sa voix feutrée si particulière sur les arrangements délicats de Levis, préposé aux guitares, cordes, cuivres, Wurlitzer et percussions, soutenu par Arnaud Delannoy, collaborateur de longue date, qui jongle entre violon, bugle, clarinette et autres flûtes…

Mélancoliques, les comptines véhiculées par « This quiet dust » devraient paisiblement ravir les aficionados de Watine, mais plus que probablement plonger les autres dans un état de léthargie.

Pourtant, cet opus est d’excellente facture. Simplement, il n’est pas du tout facile d’accès. Watine vient également de se lancer dans un nouveau projet électro acoustique, sous le patronyme d’Atalaye, en français dans le texte, cette fois. A suivre !

 

Watine

Still Grounds for Love

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Derrière Watine musardent Catherine Watine, chanteuse française, et son compagnon de jeu Nicolas Boscovic. Le duo est entré sur la scène rock indie en 2006, en publiant l’album « Dermaphrodite », et a renforcé sa présence par « B-Side Life » en 2009. A peine un an plus tard, ils nous reviennent en nous plongeant dans l’univers organique, cinématographique et très personnel de « Still Grounds for Love ».

Dans le souffle d’un vieux vinyle, l’opus débute par un conte joliment progressif (« The Story of That Girl ») bercé par une ballade pop rock harmonieuse. Si les thèmes abordés semblent féminins (voire féministes), ils relèvent plus d’une philosophie personnelle et universaliste : « Connected Queen » aborde la Femme dans un son doucement expérimental insufflé de cordes qui octroient la même délicatesse que notre Raymondo national, d’autant plus par le xylophone qui conclut le morceau, rejoint par un piano, ouvre « The strings of my fate » dans l’intimité d’une boîte à musique en rythme de valse. Ce sont aussi des éléments tels que la résonance des ivoires ou de sabots sur les pavés qui confirment le monde féérique dans lequel Watine développe son savoir musical. Mais les synthétiseurs –fantomatiques, certes– nous rattrapent (« Trying to »), notamment en mode clavecin électrique sur « Books & Lovers » ; et si l’on replonge ci et là dans le sombre monde de Tim Burton, l’histoire mène toujours à une éclaircie et revient systématiquement à un confortable cocon. La voix étrangement masculine qui chuchote les mélodies dans son monde intimiste pourrait nous faire penser au petit frère de Keren Ann. « Strong Inside » reste dans la mélancolie et souligne l’impression baroque de l’album. Watine ne s’immobilise cependant ni dans le niais ni le contemplatif : leur plénitude est prouvée par l’intelligence compositionnelle de certains titres (le rythme décalé d’« Architect ») et le son brut qu’ils s’approprient très bien également (« Le cours de ma vie »).

Watine dépeint son univers par une electronica organique, à l’aide d’un son parfois analogue à celui exploré par Imogen Heap, dans une profusion d’arrangements réalisés avec maturité.

 

Watine

B-Side Life

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Vu la quantité honorable d’albums à écouter par un chroniqueur, le déficit de surprise est inévitable. La fusion des différents styles musicaux est telle que parfois on n’y retrouve plus ses jeunes. En glissant pour la première fois le « B-Side Life » de Watine dans la platine, un petit sourire se dessine. En cause : « Dermaphrodite », le précédent elpee de l’artiste. Un disque volatil, susceptible d’être écouté d’une oreille distraite. Malheureusement (ou heureusement finalement) « B-Side Life » n’est pas un disque à prendre à la légère. Il est même carrément piégé ; et c’est la tête la première que l’on s’engouffre dans le traquenard. Hanté par des mélodies inquiétantes, il passe rapidement de frissons de frayeur à ceux de plaisir. Derrière des compositions alambiquées aux cordes lancinantes, viennent se greffer des accords joyeux et des carillons de joie sur une voix incroyable. Elle constitue même la clef de voûte de l’album. Affichant de faux airs juvéniles, la pièce dans laquelle Watine nous invite, se referme derrière nous immédiatement et nous empêche d’en sortir avant la fin de l’histoire. Assis face à elle, elle déballe le récit de ses aventures sans qu’on puisse remuer les lèvres. C’est la bouche béante et 40 minutes plus tard, qu’on la regarde partir sur la pointe des pieds, l’air mutin, rassasiée de nos émotions. « B-Side Life » a accompli sa mission : nous retourner comme une chaussette. Le plus honteux, c’est qu’on a aimé la manœuvre.