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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

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Wilco

Cousin

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La presse internationale est dithyrambique à l’égard de « Cousin », le dernier elpee de Wilco, un disque produit par Cate Le Bon. Extrêmement soigné, il recèle plusieurs plages qui pourraient aisément être programmées sur des radios traditionnelles, même si les textes sont souvent ouvertement sociopolitiques, à l’instar d’« Evicted », ouvertement anti-armes à feu. C’est aussi un des morceaux où l’on retrouve ce groove offensif, si caractéristique, libéré par la section rythmique, qui en fait sa marque de fabrique (NDR : ça rime !). Tout comme sur « Soldier child ». Les arrangements sont riches, très riches, même parfois. Les interventions de Nels Cline sont moins tranchantes. Plus complexes comme sur « Sunlight ends ». Dans un climat sonore moins organique. Encore qu’il injecte une bonne dose d’électricité en fin de parcours sur deux pistes. Tout d’abord, elles sont déconstruites sur « Infinite surprise », pourtant traversée d’une symphonie de synthés. Et surtout sur le titre maître qui s’enfonce alors dans le psychédélisme. Mais pas sûr que Nels soit satisfait de sa collaboration sur ce disque. Ce n’est qu’un avis personnel. Après l’avoir écouté, vous pourrez aisément faire le vôtre…

Wilco

Le cousin de Wilco

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‘Je suis un cousin du monde’, avoue Jeff Tweedy, le leader de Wilco. ‘Je n'ai pas l'impression d'être un parent par le sang, mais peut-être suis-je un cousin par alliance’. L’opus a été mis en forme par la singulière artiste galloise Cate Le Bon. Et c’est la première fois, depuis "Sky Blue Sky", que Wilco confie les rênes à un producteur qui n’appartient pas à son cercle immédiat de collaborateurs. 

Le Bon a poussé le groupe à prendre des risques, en réaffectant les forces établies de Wilco et en les mettant au défi de s'opposer aux habitudes, tout en conservant ce qui, au cours des trente dernières années, a défini Wilco en tant que groupe, son intrépidité, rendue possible par la virtuosité musicale et le langage secret que seule une famille partage. 

Sous la direction de Le Bon, "Cousin" a évolué vers quelque chose de plus glacial et de plus nocturne que tout ce que Wilco a créé auparavant, tout en conservant la qualité sincère des paroles et de la voix de Tweedy.

"Evicted", le premier single de l'album, voit un narrateur aux prises avec sa responsabilité d'avoir perdu l'amour… et il est en écoute là

‘C'est ce sentiment d'être à la fois dedans et dehors’, raconte Tweedy à propos de "Cousin". ‘A la fois dedans et dehors. Espérer, attendre, puis désespérer. Sourire malgré les antidépresseurs, se sentir mal par temps chaud même si les autres vous disent que cela devrait vous rendre heureux. Cousin est l'expression la plus émotionnelle et la plus valable de Wilco à ce jour, de la douleur d'essayer d'être connecté aux autres alors que nous échouons si souvent, de la joie d'attraper la compréhension dans les yeux de quelqu'un d'autre, même si elle est fugace, et de la vérité immuable que nous sommes tous liés, que nous honorions ou déshonorions, que nous oublions ou dont nous nous souvenions…’

En concert le jeudi 10 août 2023 dans le cadre des Lokerse Feesten.

Wilco

Il ne manquait plus que Ken Stringfellow rejoigne Wilco sur les planches… et on aurait pu marquer le concert d’une pierre blanche…

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Après être passé deux jours de suite, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles, ces 12 et 13 juin, Wilco se produisait à l'Aéronef de Lille, ce mardi 19 du même mois. Au cours des deux dernières années, le différents musicos se sont consacrés à leurs projets parallèles, et tout particulièrement Tweedy qui non seulement a gravé trois elpees solo, mais également accompli une tournée en solitaire. On attend, impatiemment, la sortie d'un nouvel opus de la formation pour cet automne ; cependant, ce soir, la setlist ne proposera pas de morceaux inédits, mais une sélection de compos puisée au sein de sa large discographie...

Il revenait à Ken Stringfellow d’ouvrir le bal. Pas un néophyte, car non seulement c’est un membre des Posies, mais il a apporté sa collaboration à REM, aussi bien sur disque qu’en tournée, participé à la reformation de Big Star, et bossé en compagnie de tas de bands ou d’artistes, dont Neil Young, Mercury Rev, Thom Yorke, John Paul Jones, Patti Smith, Damien Jurado, Nada Surf ou encore Mudhoney. Responsable de plus de 200 albums à ce jour, si on tient compte des différents projets auxquels il a participé, il compte également une carrière solo. C’est donc en solitaire, qu’il grimpe sur le podium de l’Aéronef. Armé de sa gratte ou assis derrière son piano, qu’il joue un peu à la manière d’Elton John, il chante d’une voix bien timbrée et en général haut-perchée. Minimalistes, ses compos sont bien construites. Mais il y manque un groupe ou au moins un musicien (NDR : un compagnon de cordes ?) pour le soutenir afin de donner la pleine mesure de son talent. La chanteuse Holly vient bien le rejoindre à mi-parcours. Elle a une voix veloutée, mais les harmonies vocales souffrent d’un certain déséquilibre, probablement dû à des balances imparfaites. N’empêche ce Stringfellow a démontré qu’il n’était pas né de la dernière pluie… et les applaudissements recueillis auprès de l’auditoire le confirme…

Pas de décor sur l'estrade, comme lors des concerts exécutés à l'AB, en octobre 2016, mais simplement les musicos, leur matos et le light show. Devant une foule estimée à plus ou moins 800 âmes, dont de nombreux néerlandophones.

Jeff Tweedy n'a physiquement pas changé ; barbu, il porte toujours des lunettes et est coiffé de son inséparable stetson. En outre, Zen, il fédère littéralement son équipe. Seul le claviériste affiche un nouveau look. Il est également chaussé de grosses lunettes et s’est enfoncé une casquette sur le crâne, un couvre-chef probablement récupéré dans la garde-robe de son arrière-grand-père.

Le concert s'ouvre par la ballade "You are my face", une chanson, qui met déjà en exergue les superbes harmonies vocales échangées entre Tweedy, le bassiste Pat Sansone et le multi-instrumentiste John Stiratt...  Subtilement tapissée de claviers vintage, elle s'électrifie alors progressivement. Mélancoliques, les premiers morceaux sont d'ailleurs amorcés sous cette forme, Jeff alternant entre gratte acoustique et électrique –geste qu'il va répéter toute la soirée, sauf pour la valse ivre "Humingbird" (ce piano !), une chanson cabaret au cours de laquelle il se concentre exclusivement sur son micro– alors que Nels en change carrément et pratiquement pour chaque titre. Après le tango "How to flight loneliness", le remesque "Box full of letters" agrège superbement mélodie et électricité. La setlist nous réserve deux titres country & western issus de l’album « Mermaid avenue », fruit de la collaboration entre Wilco et Billy Bragg, et dont les textes sont signés feu Woodie Guthrie. Tout d’abord "California stars", une plage infiltrée de claviers rognés, comme chez le Band de Dylan, au cours de laquelle Nels est passé à la pedal steel et Pat au banjo. Et ce dernier ne le lâche pas pour le suivant, "Hesitating beauty". Groovy, complexe et fiévreux, "Bull Black Nova" libère une intensité déchirée entre la prog et l’alt rock de dEUS. Une intensité que prolonge le morceau atmosphérico-psychédélique "Laminated cat", une compo de Loose Fur, projet annexe de Tweedy. Climat qu'on retrouve encore sur "Born alive", un morceau au cours duquel Nels traite sa gratte à la slide, alors que Glenn Kotche se déchaîne sur ses fûts. Mais également tout au long du crazyhorsien "At least that’s what you said". D'une voix écorchée, proche de Mark Oliver Everett (Eels), Jeff interprète le tendre et romantique "Reservations". La synergie bringuebalante entre les trois grattes rappelle les Eagles tout au long d'"Impossible Germany", Nels en profitant pour nous servir un solo digne de Carlos Santana. Et le public de ponctuer son envol d'une énorme acclamation. D’ailleurs à partir de cet instant, ses exercices de style vont déclencher un même enthousiasme au sein de la fosse et inciter Jeff à soulever son chapeau en le désignant de la main. Toujours aussi humble, Cline s’incline devant la foule, en joignant les mains, pour la remercier. Le combo n'en oublie pas le groovy (cette basse !) et beatlenesque "Someone to lose", qu'on a envie de fredonner avec Tweedy. Avant de clore le set par l'americana "The late greats", il remercie l’auditoire, en français…

Le premier rappel s'ouvre par "Misunderstood". La voix de Jeff est légèrement vocodée (NDR : pas vraiment indispensable), mais les drums y sont particulièrement percutants, la compo virant au rock'n’roll en changeant carrément de tempo au milieu de parcours, tout comme lors d’"I got you (at the end of the century)". C'est par une formidable ovation que s'achève "Random Name generator", un titre entraînant, contagieux et groovy", suivi de "Red eyed and blue", moment choisi par Jeff pour siffloter.

Nels entame la ballade "Jesus, etc." à la pedal steel. Et après le très pop "Heavy metal drummer", le concert s'achève par "I'm the man who loves you", une compo teintée de blues au cours de laquelle les harmonies vocales et les 3 grattes électriques vont s'en donner à cœur joie…  

On n’en n’oubliera pas pour autant les traits d’humour de Jeff et puis la capacité de Wilco à donner un coup de fraîcheur à chaque compo interprétée, que ce soit un standard ou une plage moins connue. Bref, un des meilleurs concerts de l’année pour votre serviteur… même si on aurait aimé voir Ken Stringfellow rejoindre le sextuor sur les planches, pour une cover, par exemple, histoire de marquer d’une pierre blanche, cette superbe soirée…

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist

You Are My Face, I Am Trying to Break Your Heart, War on War, I'll Fight, You and I, Handshake Drugs, Hummingbird, How to Fight Loneliness, Box Full of Letters, California Stars (Billy Bragg & Wilco cover), Hesitating Beauty (Billy Bragg & Wilco cover), Bull Black Nova, Laminated Cat (Loose Fur cover), Reservations, Impossible Germany, Someone to Lose, Born Alone, At Least That's What You Said, The Late Greats.

Encore 1 : Misunderstood, Random Name Generator, Red-Eyed and Blue, I Got You (At the End of the Century)

Encore 2 : Jesus, Etc., Heavy Metal Drummer, I'm the Man Who Loves You

(Organisation : Aéronef)

Wilco

Définitivement, un des meilleurs groupes contemporains d’americana…

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Deux ans après être passé deux jours de suite à l’Ancienne Belgique, la mythique formation chicagoan était de retour dans la capitale, et de nouveau pour deux dates d’affilée (les 12 et 13 juin), des concerts décrétés sold out depuis déjà plusieurs mois. Faut dire que vu la qualité de ses prestations, le groupe continue d’attirer la foule. En 2017, les musicos se sont consacrés à leurs projets parallèles ; Jeff Tweedy a d’ailleurs publié un album solo. Wilco sortira son nouvel opus cet automne, un disque qui fera suite aux excellents « Star Wars » (2015) et « Schmilco » (2016).

Ce jeudi, l’Ancienne Belgique est pleine à craquer, une salle réunissant une majorité de quadragénaires. Un public composé, cependant, aussi bien de fidèles qui suivent le band depuis ses débuts entamés milieu des 90’s, d’aficionados de Tweedy, dont la carrière a débuté début des 80’s, de nostalgiques d’Uncle Tupelo, d’admirateurs du guitariste soliste Nels Cline que de récents convertis…  

Il est 20h30 lorsque les lumières s’éteignent. Le décor est d’une grande sobriété puisque seuls les musiciens et leur matos trônent sur scène. Jeff Tweedy recouvre ses cheveux grisonnants de son légendaire chapeau de cowboy. Il est entouré de cinq musiciens dont le guitariste Nels Cline et le batteur Glenn Kotche.

Et c’est parti pour deux heures de musique chargée d’intensité. Jeff est en grande forme. Il est visiblement heureux d’être sur les planches et partage son plaisir. Wilco pioche dans son imposante discographie. On a droit en tout à une bonne vingtaine de morceaux dont “Hell is Chrome”, “Impossible Germany”, “Heavy Metal Drummer” ou encore “Random Name Generator”. Les six musiciens alternent morceaux plus rock et acoustiques. Nels nous réserve, bien sûr, quelques solos d’anthologie, dont il a le secret. Très pro, le band maîtrise d’autant mieux son sujet que le son à l’AB est parfait. Le public semble conquis et de nombreux spectateurs le manifestent bruyamment.

Après une telle prestation, on ne peut que s’incliner face à un groupe qui constitue un des meilleurs représentants contemporains du country/folk/rock yankee, également baptisé americana. Et la foule qui a assisté à ce remarquable set ne pourra que confirmer ce point de vue…

(Organisation : Live Nation)

Voir également les photos du cocnert accordé à l'Aéronef de Lille, ce 18 juin, ici

Wilco

Schmilco

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Un an après avoir publié le très électrique « Star Wars », Wilco nous propose son 10ème elpee ; un disque qui en revient à un format plus acoustique. Enfin, essentiellement acoustique. Il ne faut pas oublier qu’à l’origine, Jeff Tweedy militait au sein d’Uncle Tupelo, notoire pour son americana. Et après avoir privilégié ce style, Wilco a décidé d’électrifier davantage sa musique. Atteignant même le sommet de son art sur le remarquable « Yankee Hotel Foxtrot », en 2002. Et en recrutant le virtuose de la six cordes, Nels Cline, en 2004, l’expression sonore de Wilco ne pouvait que devenir plus électrique. Quoique…

Si « Schmilco » en revient à l’americana, Wilco n’en a pas pour autant négligé l’expérimentation. Même lors des échanges de cordes acoustiques. Nels et Jeff rivalisent même régulièrement de créativité. Attention, les grattes électriques s’immiscent parfois insidieusement dans le jeu de quilles. Mais surtout judicieusement. Ainsi, alors que « Common sense » baigne au sein d’un climat psyché, acide même, digne de Kevin Ayers, malgré la présence d’un xylophone, le plus menaçant et ténébreux « Locator » lorgne tour à tour vers les Feelies voire The Minutemen. Et lorsqu’un zeste de clavier vient tapisser l’ensemble, on ne peut s’empêcher de penser au Band de Dylan. Il serait cependant injuste de ne pas mentionner le rôle de la section rythmique (basse, batterie) aussi efficace que raffinée. Dans ce contexte, vous vous doutez que le sens mélodique doit être soigné. Et il l’est tout particulièrement. Certaines chansons semblent même hantées par le double blanc des Beatles. La voix de Jeff rappelle ainsi régulièrement John Lennon ; et notamment sur « Nope » et l’épatant « Someone to lose », une compo caractérisée par sa ligne de basse caoutchouteuse et ses cordes chatoyantes. Le long playing recèle une majorité de ballades, mais hormis l’hommage à sa mère décédée (« Happiness ») les compos de Tweedy –dont les textes se penchent en général sur son passé et sa patrie– semblent portées par une forme conjointe d’allégresse, de douceur et de romantisme. Ce qui leur confère finalement un feeling rassurant. Même la pique lancée au ‘Band Aid’ à travers l’offensif « We are’nt the world (safety girl) », baigne dans un même climat. Et pour que votre info soit complète, sachez que la pochette a été réalisée par l’artiste espagnol, Joan Cornellà. Un must ! D’autant plus qu’au fil des écoutes de cet album, on va de surprise en surprise...

 

Wilco

Le rock n’est pas mort ! La preuve par Wilco…

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Après avoir accordé un remarquable concert, dans le cadre du dernier Cactus, à Bruges, Wilco était de retour à l’Ancienne Belgique, ces 27 et 28 octobre. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les deux dates étaient sold out. En deux jours, la formation chicagoan a donc attiré 4 000 spectateurs. Et il faut avouer qu’à l’intérieur, c’était blindé de chez blindé. Mais –et il faut le souligner– la foule était constituée d’un public multigénérationnel. Le rock n’est pas mort ! La preuve par Wilco…

Wilco a gravé deux albums en 2016. Le plus électrique « Star Wars », en juillet et le plus acoustique « Schmilco » en septembre. Deux disques épatants qui s’inscrivent pourtant dans des styles diamétralement différents. Ce qui avait donc poussé votre serviteur à aller revoir la formation en ‘live’. Plus étonnant encore, la set list du 27 est différente de celle du 28 octobre ; et c’est ainsi tout au long de sa tournée. De quoi encore démontrer que le groupe cherche constamment à se renouveler…

Le décor est superbe. Une forêt enchantée à multicouches est disposée sur le podium. Et le light show va plonger la scène au sein d’un éventail de climats différents. Derrière, sur la droite, il y a même un morceau de ciel. Il laisse apparaître divers tableaux : un arc en ciel, des nuages qui défilent, etc.

Le set s’ouvre par trois morceaux du dernier opus. Des chansons qui trempent dans l’americana, mais suffisamment électrifiés pour ne pas être taxées de folk. Le son est vraiment nickel ! Toujours barbu, Jeff Tweedy est coiffé de son inséparable chapeau blanc/beige. Au bout d’une dizaine de minutes, les compos commencent à prendre de l’intensité. Et notamment dès « I am trying to break your heart ». Nels Cline, le guitariste soliste, se met à bidouiller les boutons d’un pupitre et la fin de parcours se révèle complètement déstructurée. Dans la foulée, amorcé par des bruitages électro et imprimé sur un tempo krautrock, l’excellent « Art of almost » lance véritablement le show. La set list est cependant bien équilibrée, les titres les plus acoustiques servant de césure entre les plus percutants. Ainsi on retrouve Nels, assis, la gratte sur les genoux, pour jouer de la pedal steel, alors que Pat Sansone, préposé aux synthés ou à la troisième gratte, se sert d’un dobro, sur « Misunderstood ». La ligne de basse caoutchouteuse de John Stirratt et les interventions au piano électrique de Mikael Jorgensen trament « Somenone to lose », une chanson dont le tempo offensif évoque manifestement les Beatles circa « Abbey Road ». Et « We are’nt the world (Safety girl) » adopte un même profil. Pensez un peu à l’époque où Billy Preston siégeait derrière l’orgue, comme cinquième membre non déclaré. J’ignore pourquoi, mais les mélodies –parfois même en multicouches– me rappellent souvent celles des Fab Four. Sans doute à cause de ces refrains contagieux ; même si les timbres sont différents. D’ailleurs quand les voix se conjuguent en harmonie, c’est plutôt aux Byrds qu’on se met à penser (« Heavy metal drummer »). Mais comme celle de Jeff campe un hybride entre John Lennon et Mark Oliver Everett, il n’est finalement pas étonnant que le spectre des quatre de Liverpool plane régulièrement.

Autre moment fort du show, « Impossible Germany ». Imprimée sur un mid tempo, bringuebalante, cette compo permet à Nels d’étaler toute sa virtuosité sur sa six cordes. Ce qui va lui valoir une monstrueuse ovation. Derrière ses fûts, Glenn Kotche est particulièrement inventif. Se servant de baguettes différentes, suivant les morceaux, il lui arrive de secouer une maraca en même temps. Trois grattes alimentent les morceaux les plus électriques. A l’instar de « I’m the man who loves you », morceau qui finit par tourner carrément à la jam. Nels a sorti sa belle guitare blanche, à deux manches, pour l’excellent « Dawned on me ». Il en frotte même les cordes à l’aide d’un bottleneck. Jeff plaisante régulièrement entre les morceaux. Ce qui a le don de faire rire l’auditoire. Et le set s’achève au bout d’une heure trente par le contagieux « The last greats ».

Enfin pas tout à fait, car deux rappels sont prévus. Le premier s’ouvre par « Jesus etc. » ; un titre plus r&b, rogné par les claviers. Cet ‘encore’ va inclure 6 morceaux, dont le plus syncopé « Random name generator ». Généreux, Wilco va clore le spectacle par un autre morceau sculpté dans le krautrock, « Spiders (Kidsmoke) », auquel votre serviteur ne pourra assister, car son train n’attend pas. Les transports en commun ne tiennent plus aucun compte de la fin des spectacles à Bruxelles. On doit impérativement se déplacer en voiture pour se rendre dans la capitale. Sauf que pour l’instant, y circuler, c’est la galère. Et la situation n’est pas prête à évoluer. Même le soir. Et surtout en début de week-end. Les problèmes de mobilité risquent encore de s’accentuer, si les transports en commun ne tablent plus que sur la rentabilité. Et c’est encore une fois le public provincial qui va en faire les frais…

N’empêche, quelle belle soirée ; et puis quel beau pied de nez à ceux qui colportent que le rock est mort. Un bémol ? Il y avait peut être un peu trop de monde. Ce qui nuit bien évidemment au confort d’un tel spectacle. Mais c’est sans doute la rançon d’une future gloire qui s’annonce irrépressible…

Set list

1. Normal American Kids
2. If I Ever Was a Child
3. Cry All Day
4. I Am Trying to Break Your Heart
5. Art of Almost
6. Pickled Ginger
7. Radio Cure
8. Company in My Back
9. The Joke Explained
10. Misunderstood
11. Someone to Lose
12. Reservations
13. Impossible Germany
14. Happiness
15. We Aren't the World (Safety Girl)
16. Locator
17. Heavy Metal Drummer
18. I'm the Man Who Loves You
19. Dawned on Me
20. Hummingbird
21. The Late Greats

Encore

22. Jesus, Etc.
23. Random Name Generator
24. Red-Eyed and Blue
25. I Got You (At the End of the Century)
26. Outtasite (Outta Mind)
27. I'm a Wheel

Encore 2:

28. Spiders (Kidsmoke)

(Organisation : Live Nation)

 

Wilco

The Whole love

Écrit par

Outre Jeff Tweedy, le leader de Wilco, il ne demeure plus du groupe originel que le bassiste John Stirratt. Le claviériste Mikael Jorgensen et le percussionniste Glenn Kotche n’ont débarqué qu’en 2000. Et c’est en 2007, que la formation a accueilli le multi-instrumentiste Pat Sansone ainsi que le guitariste Nels Cline. Depuis, le line up semble s’être stabilisé.

« The whole love » fait donc suite à « Wilco (The Album) » paru en 2009. Et il s’agit du premier album publié sur leur propre label, dBpm. En fait, le band estimait ne plus avoir la maîtrise de sa création chez Nonesuch.

Découpé en12 titres, l’elpee s’ouvre et s’achève par les deux plus longues pistes. Respectivement 7’12 pour « Art of Almost » et 12’02 pour « One Sunday morning ». Atmosphérique, la première s’achève dans une nébuleuse krautrock. Quand à la deuxième, semi-acoustique, elle constitue manifestement une des plus belles compos réalisées par le groupe. L’intensité y est permanente. L’émotion aussi. Faut dire que les lyrics y traitent du différent qui a déchiré Jeff et feu son père. Des textes le plus souvent sinistres, mais qui pour la circonstance, se veulent quelque part prophétiques…

Le reste de l’opus ne manque pas d’allure, mais se révèle beaucoup plus éclectique. L’elpee recèle ainsi l’une ou l’autre chanson plus intimiste (« Sunloathe », « Open mind » et un « Black moon » tapissé d’arrangements de cordes). Un titre de music-hall fantaisiste, abordé dans l’esprit des Beatles époque « Double blanc » (« Capitol City ») et un autre bien enlevé, dont la guitare rythmique épouse un motif de guitare réminiscent de Wire circa « 154 » (« Rising red lung »). Puis deux morceaux offensifs, propulsés par la section rythmique, et dont le sens mélodique peut rappeler la face la plus pop de Broken Social Scene (« I might » et le contagieux « Born alone », lardé d’accords de six cordes ‘stridulents’).

Le 8ème elpee de Wilco est particulièrement réussi. Probablement le meilleur depuis « Yankee Hotel Foxtrot ». Et plutôt que la somme de talents, comme constaté sur les deux précédents long playings, il est le résultat d’une cohésion remarquable entre tous les musicos, chacun d’entre eux se mettant au service de l’ensemble.

 

Wilco

Wilco (The album)

Écrit par

Manifestement depuis l’arrivée du nouveau guitariste Nels Cline (NDR : il a débarqué en 2004, et vient de participer au troisième elpee pour Wilco), la musique de la formation chicagolaise s’éloigne de plus en plus de l’americana. Bien sûr les racines sont toujours bien présentes et la formation a toujours autant recours à l’instrumentation acoustique et même à la slide. Mais la mise en forme a tellement été raffinée et lustrée, que les compos trahissent de plus en plus un feeling seventies. A l’instar du morceau maître qui ouvre l’album. Caractérisé par ses gémissements de guitare et sa mélodie allègre, il aurait pu figurer au répertoire de Tom Petty. Une allégresse que l’on retrouve sur le très radiophonique « You never know ». Balisé par de superbes accords de piano et balayé de chœurs, il est caressé par des accords de rickenbacker réminiscents de George Harrison. Quant à l’hymnique « Sonny feeling », il lorgne manifestement vers REO Speedwagon. Ce qui ne veut pas dire que l’opus soit de mauvaise facture. Au contraire ; simplement hormis l’hypnotique « Bull black Nova », hanté par un piano perturbant et magnifié par une embardée d’électricité sauvage, comme la formation la libère si bien en ‘live’, et dans une moindre mesure « One wing », plage dont l’envolée finale en crescendo est particulièrement réussie (NDR : pensez à l’opus « Yankee Hotel Foxtrot »), le reste de l’œuvre est manifestement taillé pour la bande FM. La plupart du temps délicatement découpées dans les cordes acoustiques élégantes, les ballades sont ainsi légion. Depuis la ritournelle « Deeper down », lustrée par une scie musicale et un theremin à l’atmosphérique « Everlasting everyhting », nimbé d’orchestrations symphoniques et d’arrangements à peine perceptibles, en passant par « You and I », au cours duquel Jeff Tweedy et Feist échangent un duo aux vocaux (NDR : les Go-Betweens rencontrent Al Stewart ?), le slow nostalgique « Country disappeared » (NDR : les inflexions de Jeff sont alors terriblement proches de Will Johnson, le leader de Centro-Matic et de South San Gabriel) ainsi que « I’ll fight », une compo mid tempo veloutée par les interventions d’orgue Hammond. A mon humble avis, le septième album de Wilco devrait être rapidement adopté par les programmateurs de ‘Classic 21’…

 

Wilco

Avec Volswagen, pas d’problème, pas d’problème…,

Écrit par

Lors du dernier festival de Dour, Wilco a accordé un set en tous points remarquables, une prestation dont l’apothéose électrique valait à elle seule le déplacement. Mais aussi un concert contrastant d’une manière étonnante avec leur sixième album, ‘Sky blue sky’, un disque de très bonne facture, mais dont le climat particulièrement cool, nous replonge curieusement dans l’univers des seventies. Pas trop étonnant, lorsqu’on sait que le line up implique aujourd’hui des musiciens huppés ; et notamment le guitariste Nels Cline. Agé de 52 balais, ce véritable virtuose de la guitare est considéré depuis février de cette année, par le magazine Rolling Stones, comme un des meilleurs gratteurs sur la scène pop/rock. Faut dire que le personnage joue de la six cordes depuis l’âge de 12 ans, compte une discographie impressionnante (plus de 100 albums !) et on ne dénombre plus le nombre de collaborations au sein desquelles il a été et est toujours est impliqué. C’est lui qui s’est prêté à l’exercice des interviews. Il n’a éludé aucune question même les plus embarrassantes. Un type d’une extrême gentillesse en compagnie duquel on a même fini par trinquer.

Mais en récoltant ce fameux prix, les autres membres du groupe ne l’ont-ils pas trop charrié ? Nels avoue : « Ouais, effectivement. En fait, cette distinction est à la fois très flatteuse et en même temps stupide. Inévitablement, certains n’ont pas raté l’occasion de se payer ma fiole. Par contre, j’en ai causé à ma mère. Et elle était fière de moi… » Une chose est sûre, au cours de sa carrière, il a côtoyé une multitude d’artistes, aussi bien issus de l’univers de la pop, du rock, du jazz que de la musique expérimentale. Parmi les plus notoires, on retiendra Mike Watt (Minutemen), Thurston Moore (Sonic Youth), et Carla Bozulich (Geraldine Fibbers). Justement, a-t-il encore des contacts avec ces musiciens ? « Oui, oui, régulièrement. Carla a ouvert quelques uns des concerts de Wilco lors de notre dernière tournée européenne. Pour la circonstance, je l’ai rejointe sur les planches pour interpréter l’un ou l’autre morceau. J’ai participé au nouveau projet solo de Thurston Moore. J’y joue de la guitare. Mike Watt et moi militons au sein d’un autre projet : The Crew of The Flying Saucer. Stephen Perkins (le drummer de Jane’s Addiction), Willie Nelson et quelques autres y participent. Enfin, il y a The Black Gang. Un trio. Ce sont mes musiciens préférés… » Ce qui veut dire que Nels n’a pas abandonné ses desseins personnels. « Non, non, je bosse maintenant full time pour Wilco ; mais quand il y a des périodes de pause, je recommence à jouer ma propre musique ou alors j’organise des rencontres destinées à l’improvisation. Un peu partout dans le monde. A New Yok, Chicago, San Francisco… »   

Pour enregistrer ‘Sky blue sky’, les musiciens de Wilco se sont davantage impliqués dans la composition. Bien plus que dans le passé. Mais qui a pris la part la plus large des arrangements ? La patte de Nels serait-elle responsable des sonorités davantage seventies ? « Ce n’est pas moi ! La plupart des idées musicales ont été apportées par Jeff. La structure, aussi. Sans la moindre exclusive, tout le monde a participé aux arrangements. A parts égales. Finalement nous avons tous apporté nos idées et la plupart ont été utilisées. Pat a apporté de nombreuses idées. Mais automatiquement, on a été entraîné à en parler, puis à répéter. Cependant, les premières idées n’aboutissent pas nécessairement. Et la mouture finale est parfois bien différente de la première. Certaines compos aboutissent très rapidement et d’autres nécessitent un processus d’élaboration assez long. En ce qui concerne ma propre contribution, je ne pense pas être le responsable des sonorités seventies. Si on les ressent, c’est qu’elles existaient déjà avant. Je ne pense pas qu’il était dans notre intention d’épouser un tel profil sonore, mais simplement c’est la façon dont nous ressentions les événements. Donc on n’a pas eu recours à des artifices pour obtenir un tel résultat. Tu entends probablement des distorsions et des effets spéciaux, mais ce n’est pas ce qui nous préoccupait le plus. Ce qui nous intéressait, c’était le feeling. Tous les membres du groupe ont des sensibilités différentes ; ce qui nous permet de multiplier les possibilités et d’accentuer le processus créatif. Mais en fin de compte, on est capable de chercher et de prendre des décisions sans tergiverser continuellement… » On ne va pas en faire une fixation, mais une plage comme ‘Impossible Germany’ est basée sur une dualité de guitares me rappelant Delaney & Bonnie. Qu’en pense notre interlocuteur ? « On nous a même déjà dit qu’on avait été inspiré par Television et Blue Oyster Cult. En fait, j’avais écrit les lignes de guitare pour cette compo, et Jeff m’avait répondu qu’on n’avait pas besoin de cet instrument pour cette chanson-là. Avec lui, tu ne sais jamais quel instrument on va utiliser pour un morceau. Et Pat ne le sait pas davantage. Jeff et Pat ont commencé à créer les harmonies. Et Jeff avait dans la tête qu’on n’utiliserait pas la guitare. Bref, on allait interpréter une chanson que j’avais composée à la guitare, sans guitare. Et qu’est ce qu’on fait maintenant ? Finalement Pat s’est assis derrière les claviers, Jeff a empoigné la guitare et on a fait une jam. Et à la fin, Jeff a dit : ‘Elle est prête maintenant la chanson’. Donc on n’avait jamais pensé à qui que ce soit en l’interprétant. Même pas aux Allman Blues Brothers… » Enfin, dans le même ordre d’idées ‘Please be patient with me’ et ‘Hate in her’ trahissent des affinités avec les Beatles. Pour la première elles sont puisées dans le ‘double blanc’. Pour la seconde, les claviers rognés sont utilisés comme Billy Preston sur ‘Abbey road’. La réponse fuse : « Je suis obligé de réfuter cette réflexion, car si je la partage, je dois la prendre pour un compliment ; mais en même temps je suis nul à chier. Maintenant, il y a tellement de diversité dans le double album blanc… un peu comme pour ‘Blue Sky blue’… » Certaines des compos de ce nouvel opus étaient d’anciennes chansons. Ont-elles été retravaillées en profondeur ? Nels s’explique : « Oui. Mais j’ignorais, au départ, que certaines d’entre-elles avaient été écrites il y a longtemps. Seuls Glenn et Mike étaient au courant. Ce n’était pas plus mal. Ainsi, il n’était pas possible d’anticiper. Et le processus est devenu plus clair, plus ouvert. Et plusieurs d’entre elles ont été largement améliorées à cause des nouveaux arrangements. Finalement on a davantage discuté de la musique et des notes et pas nécessairement du climat au sein duquel ces morceaux avaient été écrits… » Un climat qui semble d’ailleurs bien plus optimiste, tout au long de ‘Sky blue sky’. Ce qui doit certainement procéder d’un meilleur état de santé de Jeff Tweedy. Elle serait même devenue aujourd’hui excellente. Nels nuance : « Certainement. Mais ce n’est qu’une partie de la vérité. En fait, Jeff a vécu un rafraîchissement dans ses sentiments, dans sa vie ; et il avait déclaré qu’il allait enregistrer un disque plus enjoué. Néanmoins, il n’est pas nécessairement plus allègre, mais te donne cet espoir. Il y a toujours un sentiment de doute, d’ambiguïté, pour jouer sur les contrastes. Je pense que si on veut rendre l’angoisse et la souffrance romantique, il faut le traduire d’une manière rayonnante, enlevée, optimiste. Si tu peins des climats et des humeurs uniquement en noir, il n’y a pas de contrastes. S’il n’y a pas de contrastes, il n’y a pas de tension et de relâchement. Et donc on ne se sent pas dans l’obligation de continuer à écouter. Comparé aux autres albums de Wilco, il est moins angoissant. Ce qui n’empêche pas d’y explorer des aspects plus ténébreux. C’est cela aussi notre musique… » Mais qu’est-ce qui plaît dans les lyrics de Tweedy ? « Je ne suis pas toujours sûr de bien comprendre ce dont parle Jeff, dans ses textes. En fait, ses chansons sont ouvertes. Il pose des questions ouvertes. Certains textes sont frivoles, d’autres plus personnels, plus intimistes. On n’y trouve pas de plaintes, de récriminations ou de protestations. Mais plutôt une analyse du cheminement individuel des êtres humains. A la recherche de la vérité, ils privilégient la sincérité et l’authenticité… » (NDR : en d’autre termes : ils sont autobiographiques…)

Mouais ! Alors comment comprendre que certaines chansons issues de ‘Sky blue sky’ aient été retenues pour servir de bande sonore à de la pub ? A la TV. Lors de la dernière campagne promotionnelle pour Volswagen. Plusieurs. Et une pour la promotion d’un mobile téléphonique. En Espagne. Difficile de ne pas perdre son intégrité lorsqu’on accepte un tel contrat. Nels semble embarrassé (NDR : finalement, on se demande si Jeff n’a pas décidé de refuser d’accorder des interviews pour ne pas devoir répondre à des questions semblables. Et il envoie ses ouailles au casse-pipes…) « Tu m’apprends ça ! C’est un non-problème. Aux States, du moins. Car il est impossible d’être diffusé sur les ondes des radios commerciales. Et la programmation d’une radio commerciale ressemble très fort à une succession de spots publicitaires. Et donc toutes les minutes sont vendues. On fait de la promo que vous haïssez peut-être et finalement, même si vous êtes payés, ce sera Volswagen ou quelqu’un d’autre qui percevra les dividendes. On ne passe pas sur les radios publicitaires. Dès lors, comment faire pour permettre au public qui nous apprécie d’écouter notre musique ? J’admets que c’est toujours scabreux de mélanger la musique et le business. Les Flaming Lips ont leur méthode : ils ont acheté des spots publicitaires pour diffuser leur musique à la radio… Le public a enfin pu se rendre compte de l’existence de Nick Drake, parce qu’une de ses chansons était associée à un spot publicitaire. Evidemment tout se décide également en fonction de la famille que tu dois nourrir. Personnellement, je n’ai pas d’enfant. Les autres bien. Et ton choix est parfois dicté par des contraintes financières. Maintenant, j’aurais certainement été plus mal à l’aise si on avait vendu notre musique à Mc Donald ou à une banque. M’enfin, quand on y réfléchit, ce système est vraiment du capitalisme. Et tout compte fait, Volswagen, ce n’est pas si mal que ça. En plus, cela ne me dérangerait pas si l’entreprise m’en offrait une (rires)… non, je n’ai jamais roulé en Volswagen, mais en Volvo… »

Merci à Vincent Devos

 

Wilco

A ghost is born

Écrit par
Depuis sa fondation en 1994, il ne reste plus chez Wilco du line up initial que le bassiste John Stiratt et bien sûr, le leader/fondateur Jeff Tweedy. Jay Bennett, le claviériste, a donc tiré sa révérence avant d’enregistrer leur 5ème opus. Une œuvre qui s’ouvre résolument sur un ton résolument rock. Trois titres : le crazyhorsien circa « Eveybody knows this is nowhere » « At least that’s what you said », le venimeux « Hell is chrome » et l’excellent « Spiders (Kidsmoke) », une compo de plus de 10’ dont le tempo cyclique a été emprunté au krautrock, mais dont les éclats de guitare tour à tour torturés ou atonaux, peuvent soudainement servir de trame à une envolée de rock hymnique. Hormis les 16’ de « Less than you think », dont huit sont réservées à (biffer la mention inutile) : la reproduction amplifiée du bruit produit par un radiateur/une expérimentation cosmique, le reste de l’opus épouse un format plus traditionnel, plus proche d’Uncle Tupelo que de Wilco. A l’instar de « Theologians », qui réverbère les échos du Band. Ou encore de l’allègre « I’m a wheel ». Des chansons, souvent balisées par le piano, qui regorgent de mélodies au charme beatlenesque, (« Hummingbird », « Handshake drugs » et « Wishful thinking », nonobstant la trame de fond tissée par des claviers cathédralesques). Toujours aussi excentriques, les lyrics de Tweedy sont ici peuplés d’imagerie bizarre (les araignées, les abeilles, les oiseaux), mais continuent de refléter, avec une certaine ironie, mais aussi mélancolie, sa solitude et sa détresse face au monde contemporain. Et pour être complet, sachez que c’est Jim O’Rourke qui s’est chargé de la mise en forme. Excellent !

Wilco

Yankee hotel foxtrot

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Juste après avoir enregistré cet elpee, Jay Bennett a quitté le groupe ; alors qu'il s'y était énormément investi. " Yankee hotel foxtrot " constitue donc le quatrième et dernier volet de l'association Bennett/Tweedy. Et il faut reconnaître qu'elle se termine par un coup d'éclat. Fini ou presque la country alternative (NDR : il reste encore quelques résidus de slide éparpillés tout au long de l'opus), Wilco vient de commettre un disque résolument contemporain, aventureux même, dont les pop songs acidulées sont truffées de bruitages, de relents psychédéliques, de sonorités sophistiquées, brumeuses et de dérapages bizarres. Une solution sonore qui baigne au sein d'une atmosphère ténébreuse qui n'est pas sans rappeler Sparklehorse, mais avec une approche aussi fantaisiste que chez Super Furry Animals. Un disque pourtant très humain, bouleversant, dont l'intimisme croissant est hanté par la voix fragile et nasonnante de Tweedy, qui chante l'amour avec des propos plutôt drôles. Bénéficiant du concours de Jim O' Rourke aux manettes, le disque regorge de bonnes surprises. A l'instar du cuivré " I'm the man who loves you ", taillé dans le rock sudiste. De " heavy metal drummer ", chanson pop imparable que seul Grandaddy aurait pu commettre, si Brian Eno avait décidé de la mixer avec l'esprit tordu de Pavement. De " Pot kettle black ", dont la ligne mélodique rappelle étrangement " In between days " de Cure. Ou encore du premier morceau, " I am tryin to break your heart ", agité par des flux et contre flux bruitistes, au sein d'un impressionnant travail sonore. Excellent !