Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (9 Items)

dEUS

Comment remplacer dEUS ?

Écrit par

Distinctif et inventif, mélodique et pourtant résolument décalé. Unique. Et surtout, sans équivoque, dEUS. C'est ce qui ressort des premières mesures de « How To Replace It », son nouvel elpee, qui sortira ce vendredi 17 février 2023. Des timbales en décalage annoncent le retour d'un groupe qui s'est fait une vertu de défier les conventions. Le chanteur Tom Barman dit de l'idée qu'elle est ‘captivante’ ; des paroles, une ligne de guitare brûlante et une phrase de trompette - cette dernière ponctuant un crescendo cacophonique, le groupe ayant décidé de se déchaîner - ajoutent au sentiment d'éclectisme.

Même le titre - mystérieux, oblique - est perçu comme fantastiquement méconnaissable, faisant allusion à un profond sentiment de sagesse. ‘J'aime son côté ouvert’, déclare Barman. Si vous suivez les indices lyriques, vous pourriez conclure que ça concerne la romance et le vieillissement ; si vous louchez un peu, vous pourriez conclure que la modernité est le malaise décrit. Dans tous les cas, l'intrigue est alimentée à dessein. ‘C'est une question, c'est une réponse... c'est à l'auditeur de décider’.

L'album « How To Replace It » sortira le 17 février

Pour écouter le titre maître, c’est

En concert

08.03.23 - ROCKHAL, LUXEMBOURG (LUX)
11.03.23 - DOORNROOSJE, NIJMEGEN (NL) SOLD OUT
14.03.23 - ANCIENNE BELGIQUE, BRUXELLES (BE) SOLD OUT
15.03.23 - ANCIENNE BELGIQUE, BRUXELLES (BE) SOLD OUT
16.03.23 - ANCIENNE BELGIQUE, BRUXELLES (BE) SOLD OUT
17.03.23 - ANCIENNE BELGIQUE, BRUXELLES (BE) SOLD OUT
24.03.23 - LA BELLE ELECTRIQUE, GRENOBLE (FR)
25.03.23 - ELYSEE MONTMARTRE, PARIS (FR)
25.06.23 - LIVE IS LIVE, ANVERS (BE)
15.07.23 - DOUR FESTIVAL, DOUR (BE)

 

dEUS

Authenticité, fidélité, frivolité et spontanéité…

Écrit par

dEUS a sorti un nouvel et excellent album studio, onze longues années après avoir gravé « Following sea ». La formation drivée par Tom Barman compte quand même 32 années d’existence, mais il est vrai que l’Anversois mène, en parallèle, des autres projets, et pas seulement musicaux. Il a ainsi réalisé un film, « Any Way the Wind Blows », en 2003, des vidéos pour des compos du groupe et s’est passionné pour la photographie. Il a ainsi exposé récemment au sein d’une galerie, dans sa ville natale. Mais c’est son batteur, Stefan Misseghers, qui s’est collé à l’interview pour nous parler de « How to replace it », le huitième elpee studio. D’une grande diversité, cet LP viendra, sans doute, renforcer une popularité jamais remise en question, malgré la parcimonie avec laquelle le groupe d'origine anversoise délivre de nouvelles compositions. C’est ce que nous explique notre interlocuteur, drummer au sein du band depuis deux décennies et qui lui est... gantois

Ce long playing s’avère très varié, contrasté même. Cette richesse est-elle la conséquence des side projects entrepris par différents musiciens ?

Sans doute. C'est certainement le cas de Tom, qui a pris une envergure supplémentaire au sein de Magnus, notamment.

Perso, j'ai produit huit albums au cours des dix dernières années, dont l'avant-dernier de Stake, « Critical method » et celui d’Absynthe Minded, « Jungle Eyes » (NDR : en 2017) ; ce qui a certainement eu une influence sur mes goûts musicaux.

Mais nous avons surtout décidé de renoncer à quelques idées artistiques, comme celle d’ajouter des arrangements trop symphoniques, ce qui n'était plus soutenable sur la longueur. Néanmoins, nous ne nous sommes pas tourné les pouces pendant dix ans chez dEUS. Nous avons beaucoup bossé et réfléchi seuls ou ensemble pour déterminer les nouvelles directions à prendre. Que faire après 7 albums et dix ans de silence ?

Après la tournée anniversaire de « The Ideal Crash », paru en 1999, il y a trois ans, on s’est demandé quel changement il fallait opérer si nous voulions poursuivre notre aventure ; ce qui ne signifiait pas faire table rase du passé. Mais nous souhaitions que notre musique redevienne un peu plus légère par rapport à l'album « Vantage Point », où tout était très compressé, très down, lourd, voire dangereux. Et s'il y avait un élément que nous pouvions reprendre des débuts de dEUS, c'était bien la légèreté, la frivolité, du rythme et de la spontanéité. Et puis de la lumière face à l'obscurité… (il sourit)

Musique populaire

Le morceau « 1989 » est d'ailleurs carrément référentiel. La musique que vous interprétez, et ce n'est pas une critique, émane du siècle dernier.

C'est l'époque de la genèse du groupe, mais nous tentons en tout cas d'y inclure des influences contemporaines, d'actualiser les sonorités.

Mais « 1989 » rend hommage aux années 80, aux drums électroniques notamment. Et puis, c'est surtout l'année de formation de dEUS.

Dix ans sans nouvel album, huit ‘studio’ seulement en trente ans, et pourtant la formation reste toujours aussi populaire...

Pour survivre longtemps, il faut créer la rareté. Et parfois elle se prolonge plus longtemps que prévu (il rit).

Mais nous nous sommes toujours produits, avons sorti des ‘best of’, une réédition de « The Ideal Crash », dans le cadre de l’anniversaire de sa parution. Dix ans c'est très long, en effet, mais nous avons des excuses personnelles à faire valoir. J'ai divorcé, Klaaz Janzoons également, Mauro Pawlowski a quitté le groupe et nous avons dû procéder à un nombre incalculable d'auditions avant de dénicher un guitariste suffisamment éclectique. Nous disposons, en effet, d’un back catalogue particulièrement riche de plus de 100 morceaux.

En ce qui concerne notre popularité qui est restée intacte, je pense que chaque fois que nous sortons un disque, il résonne auprès de nombreuses personnes. C’est le résultat d’une certaine expertise, d’un bon management, mais surtout d’une authenticité et d’une fidélité à notre identité originelle, à notre personnalité.

Un peu comme les groupes de heavy metal qui possèdent une ‘fan base’ solide parce qu'ils respectent une même approche qu’à leurs débuts. Ils ne dérogent à une formule bien établie ou pas beaucoup, en tout cas. Cette fidélité à eux-mêmes se reflète au niveau de leur public.

Français-flamand

dEUS c'est un peu la même chose avec une base plus large ?

Sans doute, mais, elle fluctue un peu, car nous n'avons jamais réalisé deux fois le même album. On essaie de se renouveler, ce qui attise la curiosité de notre public. Il s'agit de l’itinéraire artistique d'un groupe qui tente de ne pas se répéter, ce que le public respecte.

« Le Blues Polaire », chanson interprétée en français qui clôt l’elpee, ressemble très fort à « Quatre Mains, titre qui ouvrait le précédent...

San doute à cause de la manière dont Tom l’interprète ; son phrasé est à peu près le même, sur ce morceau…

Nous avons énormément travaillé sur cette compo. Mais j'avoue que lorsque j'ai écouté la première démo, j'étais très sceptique, d'autant que notre seul dogme au sein de la formation, est de ne pas se répéter.

Or, nous avions déjà enregistré « Quatre Mains » en français. Et surtout, j’estimais que le morceau sonnait un peu trop Gainsbourg. D'accord pour une chanson en français qui emprunte à Gainsbarre, mais sans en faire trop pour autant, et en se servant d’une musique qui soit à l'opposé. On ne voulait ni d’un plagiat, ni d’un hommage ; simplement utiliser les éléments de Gainsbourg, mais sans l'imiter.

J’ai joué le rôle du mouton noir, du râleur de service. Mais Tom est très persuasif et il n'est pas simple de s'opposer à sa volonté.

Et finalement, « Le Blues Polaire » est devenu ma chanson préférée (il rit).

Et pourquoi pas une chanson en néerlandais alors ?

J'ai le sentiment que ça viendra un jour. Mais l’idée doit encore mûrir un peu. Et pourquoi pas un album complet en flamand ? (il sourit)

Comme les Kreuners alors ?

(Il rit) Ah non pas comme les Kreuners, c'est juré !

dEUS : album « How to Replace It » (Pias) – sorti le 17 février 2023

 

dEUS

Sur une autre planète?

En Belgique, dEUS jouit d'un statut presque divin. A l'étranger, il n'est qu'un groupe comme les autres et doit mettre les bouchées doubles pour conquérir le public. Et finalement ce n'est pas plus mal ; car cette situation les oblige à ne pas trop planer sur la vague du succès. Mais aussi à rester concentrer sur l'essentiel : faire de la bonne musique. dEUS ce produisait donc à La Luna de Maubeuge, une salle sise à la frontière française, pas tellement loin de Mons. Pas d'auditorium comble, cependant, mais un parterre évalué à plus ou moins 800 personnes ; alors que paradoxalement, quelques jours plus tôt la formation anversoise jouait devant 16.000 fans.

Assister à un set du band à une échelle plus humaine s'est avéré une expérience très agréable. D'autant plus que dans cette situation, il a encore tout à prouver. Et en pleine forme, dEUS n'a pas manqué cet examen de passage. Manifestant un enthousiasme et une conviction jamais pris en défaut, le combo a mis le public français dans sa poche.

Le groupe parfaitement soudé, la machine bien huilée, dEUS a accordé un concert sans faille. Sans pour autant arrondir les angles. Au contraire ! Parfois même les musiciens ont érigé un mur sonore impressionnant ; des instants au cours desquels on avait l'impression que le groupe était sur une autre planète…

Tantôt violent et intense, tantôt sobre (le splendide et bouleversant « Serpentine »), le set a puisé très souvent dans le tracklist de l'excellent dernier opus, 'Pocket Revolution'. Et les nouvelles chansons se sont révélées aussi puissantes que les classiques (5 plages d''In a bar under the sea').

Les meilleurs moments du set ? Tous ! Même si j'ai flashé sur un « Theme from Turnpike » empreint de quiétude, le menaçant « Worst Case Scenario » et le somptueux « Instant Street », à l'intensité graduelle.

Lors du rappel dEUS se surpassait à nouveau, en dispensant le phénoménal « Bad Timing », le venimeux « If you don't get what you want » et le frénétique « Suds and soda » qui ponctuait le spectacle dans l'exubérance la plus totale.

Ce qui m'a cependant le plus frappé, c'est le talent incroyable de Mauro Pawloski. Manifestement, c'est du bonus pour dEUS. Et tant pis pour Stef Kamil Carlens, Craig Ward, Rudy Trouvé ou Tim Vanhamel, mais le line up actuel est, sans la moindre contestation, la meilleure formule de dEUS ! Après une longue absence, l'ensemble a démontré qu'il est bien le seul à pouvoir briguer le titre de meilleur groupe rock en Belgique ; et qu'il est également un 'headliner' judicieux pour le Rock Werchter.

Traduction: Hendrik Tant (Adaptation Bernard Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions

dEUS

La magie du spectacle sapée par une alarme incendie...

Écrit par

Responsable d'un nouvel album (« Pocket revolution »), six longues années après avoir commis « The ideal crash », dEUS est donc reparti en tournée. Et pratiquement partout où il passe, les concerts sont sold out. Pour ce 6 octobre, à l'Aéronef de Lille, c'était même archi complet. A l'instar des trois dates prévues à l'AB de Bruxelles. Et même pour le 1er mars 2006 à Forest National. Mais le groupe y reviendra le lendemain. Et ça c'est une bonne nouvelle !

Pour son périple outre-Quiévrain, Jeronimo a été invité à assumer le supporting act. Ayant assisté à son set, le 17 septembre dernier, dans le cadre du Big Pop Festival, il m'est assez difficile de décrire sous un autre angle une prestation sensiblement proche de celle qu'il avait accordée voici 3 semaines. Condensée sur 45 minutes, elle m'a laissé une même impression. Légèrement moins métallique, elle a cependant éludée de la plupart de ses interludes humoristiques (seul le conte moderne adressé à Jimi Hendrix a été maintenu) afin que le trio liégeois puisse jouer un maximum de compos. Et le band de recevoir une belle ovation…

Du line up initial de dEUS, il ne reste que Tom Barman et le violoniste/claviériste Klaas Janzoons. Et il faut reconnaître que depuis sa fondation, il en a vu défiler ; les plus notoires demeurant Stef Kamil Carlens, Rudy Trouvé, Craig Ward et Danny 'Cool Rocket'. La nouvelle section rythmique implique aujourd'hui Stéphane Misseghers à la batterie et Alan Gevaert à la basse. Mais l'énorme changement procède de l'arrivée de l'ex Evil Superstars, Mauro Pawlowski. Le combo compte donc aujourd'hui deux guitaristes et deux chanteurs. Et franchement ils sont extrêmement complémentaires. La créativité de Barman et la sensualité de Pawlowski font véritablement merveille. Une conjugaison régulièrement balayée par les accents, tantôt classiques, tantôt baroques, du violon de Klaas. Si l'essentiel du show (NDR : mention spéciale au light show particulièrement performant, même s'il donne rarement l'occasion de discerner l'un ou l'autre visage des musiciens) est essentiellement composé des nouvelles compos issues de « Pocket revolution », le groupe n'oublie pas pour autant de puiser dans « The ideal crash » (« Instant street », « Magdalena ») ou  encore d'« In a bar, under the sea » (« Theme from turnpike », « Serpentine »). Mais après une heure quart de concert, l'alarme incendie se déclenche. Au beau milieu de « Sun Ra ». En un clin d'œil le groupe se retire. Entrecoupée d'invitations incessantes à quitter les lieux dans le calme, elle va perdurer une bonne vingtaine de minutes. A un tel point qu'on se demandait si on n'était pas victime d'un lavage de cerveau. Curieusement, aucun spectateur n'a réagi. Et c'était sans doute la bonne réaction, car vu la foule, un mouvement de panique aurait pu déboucher sur un drame. Bref, à l'avenir, il serait sans doute souhaitable qu'un membre de l'organisation vienne expliquer le problème et en même temps rassurer l'audience. Car finalement, cette alerte avait été déclenchée par la fumée. Tout simplement. Bref, passé cet incident, dEUS est revenu sur les planches. Avec la même ardeur et la même intensité. Remettant son métier sur son ouvrage et n'hésitant pas à rejouer « Sun Ra ». Terminant même par « Suds and sodaps », dans une apothéose indescriptible… Mais la magie du spectacle avait été sapée par une alarme incendie…

 

dEUS

Vantage Point

Écrit par

Joli retour pour la bande à Tom Barman. « Vantage Point », successeur de « Pocket Revolution » et annoncé par l’énormissime single « The Architect », est à peu de choses près ce que l’on pouvait attendre d’un dEUS. C’est-à-dire une série de dix tueries aux riffs accrocheurs et aux refrains impossibles à déloger du cortex cérébral. Même s’il est évident que Barman et co. ne prennent plus autant de risques qu’auparavant, l’ère des « Theme From Turnpike » ou « Everybody’s Weird » étant loin derrière eux, ce nouveau recueil démontre que la formation belge est également à mille lieues d’une potentielle perte de régime.

Ce respectable « Vantage Point » convainc dès les premiers accords de « When She Comes Down », sa plage d’ouverture. La cadence est d’ailleurs conservée tout au long de la durée du disque, des délassants « Eternal Woman », « Smoker Reflect » et « Slow » aux addictifs « Favourite Game », « Is A Robot » et le déjà fameux « The Architect ». dEUS réussit là un nouveau sans faute qui ne fait que conforter le statut de formation culte du quintet. Le disque de l’été made in Belgium.

 

dEUS

The ideal crash

Alors qu’on aurait pu croire que les départs de Rudy Trouvé et de Stef Kamil Carlens allaient précipiter la fin de dEUS, c’est plutôt à son sacre que l’on est occupé d’assister. C’est vrai que Stef et Rudy n’ont pas lâché leurs potes sur un coup de tête. Mieux, ils ont, en quelque sorte, préparé leur départ. Et notamment en venant prêter main forte à la formation anversoise, lors des sessions d’enregistrement. En outre, Rudy a même eu le bon goût de continuer à dessiner leurs pochettes. Mais apparemment, la page est définitivement tournée, puisque les deux ex compères ne leur apportent plus aucune collaboration, ni instrumentale, ni graphique. Mais venons en au dernier opus de dEUS un disque produit par Dave Botrill, ingénieur du son de Peter Gabriel, qui vient même donner un petit coup de piano, sur un titre, " One advice, space ". Une œuvre au cours de laquelle boucles, cuivres, guitares acoustiques et électriques, piano, claviers, violon, mellotron et arrangements sordides, élaborés, cohabitent pour engendrer une musique à la fois contagieuses et oppressante, hétéroclite et intimiste, structurée et déstructurée, paradoxalement complexe et accessible… Et si les ombres de Frank Zappa, de Captain Beefheart ou de Sonic Youth planent toujours sur bon nombre de leurs compositions, c’est plutôt aux Pixies, que l’on pense, à l’écoute du remarquable " Instant street ", au King Crimson jazzifiant d’ " Island " sur " Everybody’s weird ", ou encore à Magazine, voire à l’Ultravox de John Foxx, lorsque les synthés se font plus envahissants. Nos deux coups de cœur vont cependant aux bouleversants " The magic hour " et à " Instant street ", deux compositions que vous avez sans doute, déjà eu l’occasion d’entendre, ou d’écouter, à la radio.  Du grand art !

 

dEUS

Cette fois, c'est du sérieux! (archive du mois)

Écrit par

Et de trois! Transférés sur une ‘major’, les Anversois ont manifestement emprunté la voie d'un plus grand professionnalisme en concoctant "The Ideal Crash". C'est en tout cas le sujet sur lequel Tom Barman a tenu à insister. Si son groupe n'a pas définitivement troqué les robes à fleurs pour les trois pièces, il semble pourtant bien que le dEUS new look soit arrivé...

Nouvel album, contrat récent chez une ‘major’; tout baigne pour vous?

Eh bien... Nous sommes restés les mêmes! La relation avec Island est toujours bonne. Pas mal de remous ont secoué les firmes de disques, ces jours-ci. Je ne dirai pas que nous ne les avons pas ressentis, mais quand même, l'atmosphère générale a un peu changé. Beaucoup de gens ont perdu leur job, des groupes se sont fait virer. Chez Island, récemment, ils en ont mis quatre à la porte! Il faut dire aussi que nous sommes la seule formation du label à ne pas avoir éclaté complètement. Ce qui donne quand même l'impression qu'ils croient en nous. That's a good feeling!

C'est vrai que dEUS a enregistré quelques changements de line up. C'est grâce à toi que la sauce a chaque fois repris?

Comme je suis à l'origine de dEUS, c'est normal que ma présence provoque les effets les plus intenses. Mais il y a eu des moments où je n'y croyais plus. Et puis d'autres d'incroyable bonheur. Celui de tomber sur des gens aussi talentueux que Stef ou Rudy. Aujourd'hui, nous sommes six puisque Tim, de Superstars, nous a rejoints. Pour une raison bien simple: en live, nous ne pouvions pas tout jouer à cinq. Je trouve génial qu'il ait accepté d'être incorporé. Il a 22 ans, du talent et sait tout faire, des guitares aux claviers en passant par le chant et la scène où il a une présence remarquable. Et il est tout jeune. Pas que nous soyons vieux, même si Jules a déjà 40 ans, mais Tim dégage tellement d'enthousiasme que ces 8 mois de studio n'ont pas réussi à nous achever!

dEUCE!

Ce nouvel album, si l'on en croit certaines rumeurs circulant notamment sur le net, aurait dû inclure une chanson dédiée à Martina Hingis... C'était une blague?

Jeeeesus, non, c'est vrai! Mais elle ne figure pas sur l'album. Elle s'intitule "You Can't Deny What You Liked As A Child". C'est un bon morceau, plus up tempo, qui sert de face B à "Instant Street", le premier single. J'ai toujours rencontré quelques problèmes à écrire un texte de ce genre, qui est... disons, plus éclatant, que des choses plus sombres. En fait, j’étais dans l’avion pour Malaga. Et en feuilletant un magazine, je découvre une photo hyper sexy de Martina Hingis que j'apprécie beaucoup. Elle est géniale, cette tennis woman! Elle n'est pas très jolie, mais sexy. Et puisque j'ai aussi vécu une histoire de sportif (NDR : lui, c'est le squash), j'ai combiné les deux...

Tu aurais pu tomber pire! Sur une photo de Martina Navratilova par exemple...

Oui, mais son nom n'apparaît pas dans le texte, hein (rires)!

C'est la première fois que tu en consacres un à quelqu'un de bien réel?

Disons plutôt que mes chansons combinent la réalité et la fiction. Comme l'année passée a été vraiment moche pour moi sur le plan sentimental, je n'ai pas eu trop de mal à écrire. En fait, c’était comme une révélation! J’estime même que cet album constitue un grand pas en avant, tant du point de vue des paroles que du chant. Pour la première fois d'ailleurs, j'ai beaucoup travaillé les parties vocales.

Tu as suivi des cours?

Non, pas du tout, mais j'ai beaucoup bossé. Dans le groupe, nous avons toujours été critiques sur le feeling du chant. Je ne sais pas si c'est vraiment frappant, mais cette fois, je chante bien plus qu'auparavant. Les textes sont aussi plus élaborés. J'ai même vécu des moments de pure extase! Par le passé, au stade des démos, ce n'était jamais pareil. Quand j'avais une hésitation, j'appelais Craig qui est un peu mon arbitre à ce point de vue. C'est un bon écrivain, il est complètement honnête et m’indique toujours si telle ou telle phrase sonne cliché ou stupide. Voilà. Ceci dit, ce n'est pas la première fois que je consacre une chanson à une personne. En fait, tu peux chanter sur tout. Hier, j'écoutais la compo d’un groupe dont le texte parle d’une taverne et de sandwiches au thon. Et c'est un joli morceau!

dE-USA

Qu'avez-vous retiré de votre expérience américaine?

On a eu une très, très bonne presse, mais ce périple n'a rien donné. Rien! D'ailleurs, je ne veux plus jamais travailler avec la maison de disques là-bas! Mais nous nous sommes bien marrés! Nous avons joué en compagnie de Morphine, de Blur. Nous devions aussi partager l’affiche de Cake, mais la formation a finalement annulé. Les musiciens étaient épuisés. Mais, et c'est assez ironique, nous avons accordé de très bons concerts dans des petits clubs, devant 100 personnes à peine. A San Diego, par exemple; waow!

Quelles ont été les réactions du public américain en découvrant un groupe belge comme le vôtre?

Il était bien sûr conscient de notre nationalité et il a bien réagi. Mais ce qui est ironique, c'est que nous avons aussi eu d'excellentes réactions de la part des journalistes. A New York, le ‘Village Voice’ nous a consacré une page entière. Et nous avons joué de bons concerts à New York. Mais dEUS n'a rien vendu! Bien sûr, je sais que Rome ne s’est pas construit en un jour, mais entre ‘rien’ et ‘un tout petit peu’, il y a toujours une différence...

dEUS reste finalement ‘le’ groupe belge, mais il y a eu une période où tu souhaitais en voir davantage. Ce n'est toujours pas le cas, dirait-on...

Tu rigoles? Et K's Choice? Bon, ce n'est pas à moi de déterminer au sein de quel créneau ils évoluent, mais en tout cas, c'est un grand groupe belge. Soulwax marche pas mal non plus. Ils fonctionnent bien en Wallonie? C'est timide? Ah... Et Zita Swoon? En tout cas, moi je trouve qu'il y a beaucoup de bons groupes. Et qu'ils durent. Au début des années 90, on a cru que le milieu allait éclater en une foule d'artistes ; mais ce dénouement ne s’est jamais produit, même si on a pu penser le contraire à un certain moment... Prends Dead Man Ray; ils vendent beaucoup d'albums. Soulwax aussi, comme Zita Swoon. D'accord, à une certaine époque, c'était dEUS et point final. Mais c'est fini, aujourd'hui. Quand je vais assister aux concerts de ceux que viens de citer au Vooruit, c'est sold out! Bien sûr, ce sont des groupes qui ne se rendent pas souvent à l'étranger, parce que la maison de disques... parce que blablabla... On connaît les raisons. Et donc, forcément, en dehors de la Belgique, c'est encore K's Choice et nous. Et Hooverphonic.

Tu as pu suivre tout ce qu'on réalisé tes ex-collègues de dEUS?

Ouais, bien sûr. Bon, Rudy, je ne peux pas le suivre parce qu'il sort trop de disques. Mais oui, bien sûr... On se voit aussi souvent... De plus en plus en fait; à un moment, ils étaient en Belgique et moi constamment en tournée. Aujourd'hui, Stef et moi sommes tous les deux à Anvers, et je le vois chaque semaine.

Will & les autres...

Tu étais un grand fan de Will Oldham; c'est toujours le cas?

Oui, absolument! Son dernier album, je n'écoute plus que ça! Je m'endors chaque soir avec! Textuellement, il va de plus en plus à l'essentiel. A ses débuts, ce n'était pas le cas, mais maintenant, c'est vraiment joli. J'adore ses textes. C'est le meilleur; tout simplement!

D'autres auteurs t'inspirent de la sorte?

Oui, Beck! On parle toujours de son show et de ses samples, mais jamais de ses textes. C'est pareil pour Tricky dont j'aime beaucoup le style. Et hormis Palace, évidemment, il y a aussi les vieux poèmes et Randy Newman.

Tu n'avais pas un projet de collaboration en compagnie de Tricky?

Je l'ai rencontré à quelques reprises. C'est un mec très étrange. En fait, c'est lui qui avait pris contact. Mais le projet n'a jamais abouti. Et puis, c'était il y a longtemps...

Ton apparition sur l'album de Cinerex, c'est le genre d'escapade salutaire?

Oui, parce que c'est intéressant de combiner ma façon d'écrire, qui est assez vieux jeu, et leur connaissance des ordinateurs. Les deux titres que nous avons composés ensemble datent déjà un peu. J'ai écrit "One Advice, Space" avec Kelvin, ici, chez USA Import (NDR : disquaire anversois) où il travaille, après trois jours horribles qui m'ont laissé complètement cassé à tous les points de vue. Le jour où on s'y est mis, tout est sorti en une seule fois. Kelvin l'a enregistré, loopé et je l'ai proposé au groupe. Craig y a rajouté quelques éléments musicaux, et puis voilà, il figure sur l'album. J'adore ce titre!

*************************************************************************************************************************************************************** 

L'an 2000, et après?

"Je ne pense pas que dEUS vendra des millions et des millions d'albums", déclare modestement Tom Barman. "Mais je crois que nous pouvons toucher un public plus large que celui que nous atteint actuellement". Quant aux fans purs et durs, qu'ils se rassurent, le groupe ne s'arrêtera pas d'ici l'an 2000 pour cause d'envie de film manifestée par son leader, Comme le laissait sous-entendre une interview parue dans ‘Humo’. Cette envie est cependant toujours présente: "C'est un projet sérieux, même si je n'aime pas trop en parler parce que ça fait ‘plan de carrière’. Mais j'y tiens. Je tourne des clips, je viens d'achever un court-métrage, j'ai collaboré à la création d'un opéra, donc oui, j'y tiens absolument". L'une des principales préoccupations de notre homme pour les mois à venir sera par contre sa... santé! "J'ai eu de gros problèmes de dos l'an dernier, notamment une hernie atroce. Il paraît que cette situation est consécutive à l'arrêt brutal d'un sport intensif. Et probablement aussi aux cigarettes, à la bière et à une vie irrégulière. Finalement, la santé, c'est le plus important".

The Ideal Crash

Huit mois de dur labeur, en Espagne notamment, auront été nécessaires au groupe pour accoucher de cet officiel troisième album studio. Passé le cap des problèmes techniques (dEUS a commencé par des démos fignolées), l'enregistrement final s'est achevé sous la houlette de David Bottrill (Tool, Real World) dont la patte est, le moins que l'on puisse dire, caractérisée par une grande maîtrise technique. "Nous cherchions effectivement un technicien confirmé plutôt qu'une force artistique", explique Tom Barman. "Nous souhaitions un album qui sonne mieux, plus plein dans toutes les zones du spectre auditif". D'où la présence, discrète, d'un quatuor à cordes et d'un certain nombre de plages plus calmes. D'une certaine manière, sur plastique comme sur scène, dEUS semble être devenu plus pro. En septembre 98, au Botanique, certains auront peut-être trouvé les Anversois trop parfaits, mais c'est la direction qu'ils souhaitent emprunter, au risque d'avoir l'air, un jour, trop sages: "Nous avons vécu cette époque où toutes les improvisations nous semblaient cool. Aujourd'hui, nous avons envie de changer. Nous avons en tout cas appris que s'il était permis d'être nonchalants, et nous le resterons, il y avait aussi des limites. Et un public qui paie sa place de concert! Les gens se demanderont peut-être, en découvrant ce disque, où sont passés les amplis qui explosent. Mais voilà, nous ne pouvons pas toujours refaire la même chose"...

Interview parue dans le n°71 du magazine Mofo de mars 1999

 

dEUS

In a bar, under the sea

Pour produire son nouvel album, dEUS a reçu le concours de Scott McCloud (GirlsVs boys), de Dana Colley (Morphine), de Rudy Trouvé (ex-dEUS, aujourd'hui Moondog Jr), et puis surtout d'Eric Drew Feldman à la production, un personnage qui voici déjà un quart de siècle fut impliqué dans l'aventure du Captain Beefheart, et dont la carte de visite mentionne plus récemment une collaboration et une mise en forme de disques du défunt Pixies, de Pere Ubu et de PJ Harvey. Un choix finalement fort judicieux pour cette formation anversoise qui continue à bousculer les structures traditionnelles de la composition; et dont le talent naturel lui permet de vagabonder d'un style à l'autre avec une facilité et une insolence déconcertantes. Sur " In a bar, under the sea ", la formation fait preuve d'une maturité impressionnante, glissant du minimalisme intimiste, parfois teinté de jazz nightclubbien (Miles Davies?), à l'expérimentation underground de Tuxedomoon, en passant par la folk sordide de Tom Waits. Une opération qu'il réalise sous un dénominateur commun: la pop. Ce qui lui permet ainsi d'extraire plus facilement ses véritables harmonies du chaos et de conserver un niveau mélodique particulièrement élevé. Superbe!

 

dEUS

Worst Case Scenario

Pour bénéficier d'un tel tam-tam, ce quintet anversois devait vraiment sortir de l'ordinaire. C'est vrai que le groupe avait participé à la finale du ‘Rock rally 1993’, et que depuis les labels majors lui font les yeux de Chimène. Mais de là à parier sur l'avenir avec pour seuls atouts deux singles encourageants sans plus, il y a une marge que nous n'aurions pas osé franchir. Et nous avons eu tort, il faut le reconnaître. Car le premier opus de dEUS va au-delà de toutes les espérances. Une œuvre originale, mais difficile, parce que courtisée à la fois par le jazz, le classique, le dub, le hardcore, le psychédélisme, la pop, le folk et la musique contemporaine au royaume de Clock DVA, Tuxedo Moon, Tinderstick, Big Black, Cypress Hill, Pixies, Tom Waits et Red Hot Chili Peppers. Un album dont la richesse et la complexité mélodiques sont heureusement balisées par le violon grinçant mais fascinant de Klaas Janzoons et le piano électrique aventureux, fluide de Rudy Trouvé ou de Tom Barman... Etonnant!