Il y a deux ans, Shawn a signé chez Feelin' Good Productions, une boîte italienne dirigée par le Transalpin Tano Ro. Le label avait déjà publié "Moovin' and groovin", une compilation consacrée aux quatre premiers albums de Pittman. Lors de sa 10ème tournée accomplie outre-Atlantique (NDR : c’était en novembre 2009), le jeune Texan comptabilisait 18 dates de concerts en 19 jours. Il lui restait une seule date de libre. Au cours de laquelle il s’est rendu aux studios Electric Honey. Après 4 heures de travail acharné, il avait mis en boîte ce "To hot".
L’elpee réunit quinze plages dont une majorité de reprises. Shawn est soutenu par son backing band de tournée. Ils sont tous de nationalité italienne : Martin Iotti à la basse et Emanuel Zamperini aux drums. En outre, il a invité l’harmoniciste Max Lugli, le leader des Helltones qui participe à plusieurs compos. La voix de Pittman diffère très fort de ce qu’il nous propose en studio. Elle est très certainement fatiguée par l’accumulation de prestations concentrée sur une brève période. Le tempo s’avère, en général, plutôt uniforme, même si on y recèle davantage de morceaux rapides.
La plage d'ouverture est royale. Une reprise du "How many more years" de Howlin' Wolf. Le concours de Lugli à la musique à bouche est déterminant. Ses interventions sont versatiles. L'offensive est lancée. Imprimé sur un tempo vivace, "Secret weapon" véhicule des accents louisianais. Surtout au niveau du chant… qui me fait penser à Lazy Lester. Aussi, on n’est pas trop surpris lorsqu’il adapte aussitôt son "The same thing could happen to you". Le rythme est implacable. Les cordes vocales sont épuisées, corrodées. Mais l’organe est idéal reprendre cette chanson issue des swamps. Pittman appuie sur le champignon pour attaquer le classique de Larry Williams, "Slow down". Du pur rock'n'roll. Idéal pour se déhancher devant les planches. Pas de répit, puisqu’il embraie par "Geronimo rock", un boogie rock issu de la plume de Jerry McCain. Sans transition, il aborde "Next door neighbor". Max Lugli opère son retour à ses côtés. Une intervention au cours de laquelle, le souffleur de Reggio étale toutes les facettes de son talent. La machine est en surrégime. Et persiste dans son emballement sur l’instrumental très rythmique, "Lookin' good". Place ensuite au hit texan "My love is here to stay", une compo signée Anson Funderburgh/Sam Myers. Shawn incarne le rôle d'Anson. Max celui du regretté Myers. L’adaptation du "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed nous replonge en Louisiane, un morceau au cours duquel Mr Lugli souffle dans les aigus avec un réel bonheur. Pittman nous réserve encore quelques shuffles fricotés à la sauce texane : "Play a little while", "Business man" et le "Where you get your sugar from" d’Eddie Kirkland. Pittman parvient quand même à changer quelque peu de registre. Notamment en sculptant dans le funk "Burnin' up", titre maître de son elpee publié en 98, et le "Reap what you sow" de Mance Lipscomb. La sortie est aussi royale que l'entrée. Il s’agit du titre maître. Une compo écrite par Jerry Mc Cain, un fabuleux harmoniciste né en 1930. Et inévitablement, Max Lugli participe à cette version remarquable. La brûlure ne dure que trois bonnes minutes. Mais elle est intense.

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