Mitch Woods est un passionné de boogie woogie, blues, jazz, swing et jump. Il est originaire de Brooklyn, à New York. Il fêtera ses 60 ans, en 2011. Il définit son style comme du ‘rock-a-boogie’, une forme qu’il teinte de jump blues des années 40 et 50. Son attaque au piano est chargée de nuances. Il s’inspire de toute une série de courants musicaux, dont le Chicago Blues, le West Coast jump blues, le boogie woogie de Kansas City et bien entendu le ragtime de la Nouvelle Orléans. Il compte déjà une belle discographie à son actif. Lorsqu’il militait chez les Rocket 88s, il a publié toute une série d'œuvres chez Blind Pig. Tout particulièrement, "Steady date". En 1994. Un disque dont la musique est largement inspirée par les groupes et artistes populaires d'autrefois. Dont Amos Milburn, Louis Jordan, Wynonie Harrus, Joe Liggins, Louis Prima et Roy Milton. Mais progressivement, il s’intéresse de plus en plus aux rythmes funky de la Crescent city de New Orleans. Professor Longhair, Fats Domino et Dr John, il les érige en maîtres. Parmi ses dernières sorties figurent "Big Easy Boogie", un Dvd paru en 2006, chez Club 88, et "Jukebox drive", en 2008, sur El Toro.
"Gumbo blues" est sous-titré "A tribute to Smiley Lewis and the pionneers of New Orleans Rhythm & Blues". Et Manifestement, il rend bien un vibrant hommage à cette musique néo-orléanaise d'une autre époque. Smiley Lewis était en effet un pionnier de ce style New Orleans. Il est né en 1913 et décédé en 1966. Il est le premier à avoir popularisé le fameux "I hear you knockin'"! Il est également le responsable de "Blue Monday", immortalisé par Fats Domino, et "Gumbo blues", qui donne son titre au présent elpee. Le célèbre producteur/compositeur/chanteur et musicien Dave Bartholomew signe la quasi-totalité des plages proposées. Il est toujours bien vivant et approche les 90 balais. Pour concocter cet opus, Mitch a reçu le concours de musicos issus de célèbre cité louisianaise ; en l’occurrence John Fohl, le guitariste de Dr John, Brian Cayolle et Amadee Castenell, les saxophonistes d'Allen Toussaint, sans oublier le vétéran Herb Hardesty, saxophoniste de Fats Domino.
Ces vieux routards ont des planches et il ne leur faut guère plus de cinq secondes, pour trouver le parfait équilibre, dans ce style R&B de la fin des années 40. Le résultat est très excitant. Grâce surtout à la section de cuivres et aux ivoires de notre maître de cérémonie. Les compos communiquent une bonne humeur contagieuse ; à l’instar de "Ooh la la", tellement proche de Fats Domino. Des chansons qui lui collent d’ailleurs à la peau. Sa voix est divine sur "Caledonia's party", une plage dont le tempo a quelque peu ralenti. Mitch pousse sur le champignon et passe au rock'n'roll sur "Ain't gonna do it". C'est dans la liesse générale que l’équipe chante en chœur le notoire "Big Mamou". Un seul reproche à ce disque : il est trop court. Car les compos sont toutes d’excellente facture. Aussi bien imprimées sur un tempo enlevé, à l’instar de la finale "Shame shame shame" (NDR : de la pure dynamite !) que sur les blues lents comme "Too many drivers" et les remarquables "Blue Monday" et "I hear you knockin'".

Nederlands
Français 
