Lorsque Ron Wood prend le relais de Mick Taylor, pour assurer le rôle de guitariste chez les Rolling Stones, en 1975, la nouvelle ne surprend guère. Et pour cause, son look colle parfaitement à celui des Stones. Et puis, il jouit d’une fameuse expérience. Il a sévi comme bassiste au sein du Jeff Beck Group et milité comme guitariste chez les Faces, auprès du sémillant vocaliste Rod Stewart. Il sévit toujours chez la bande à Jagger/Richards, mais régulièrement, il se réserve l’une ou l’autre aventure en solitaire. Si son dernier elpee, "Not for beginners", remonte déjà à 2001, "I feel like playing" constitue déjà son septième long playing solo.
Le cd s’ouvre par "Why you wanna go and do a thing like that for", une ballade interprétée tout en décontraction, trempée dans le blues, nonobstant ses accents country. Elle semble sortir tout droit des sessions d'un album des Rolling Stones, époque "Sticky fingers", alors même que Ronnie n'avait pas encore rejoint le groupe. Une compo de bonne facture, caractérisée par des guitares superbement découpées par Ronnie et Slash. Dommage que la voix est un peu limite. Un peu comme si Ron forcer son timbre pour le calquer sur celui de Dylan. Trempé dans le pur reggae, "Sweetness my weakness" est un peu lourd, mais repose sur une jolie mélodie. Ronnie se charge des parties d’orgue et partage une nouvelle fois de bonnes lignes de cordes auprès de ex-Guns 'n Roses, Slash. Les choses sérieuses démarrent dès "Lucky man". Un rock solide, entraînant, joyeux, au cours duquel son ancien pote des Faces, Ian McLagan, siège derrière l'orgue. La plage est illustrée par des échanges royaux entre Ronnie et Bob Rock, un guitariste canadien qui avait autrefois bossé pour Metallica. Superbe ballade bluesy, "I gotta see" lorgne du côté du regretté Rufus Thomas. Ivan Neville (le fils d'Aaron des Neville Brothers) est préposé aux claviers. La guitare est bien réverbérée : c’est celle de Billy Gibbons. Billy embraie sur un boogie rock solide mais tempéré, "Thing about you". Les cordes du leader de ZZ Top sont bien mises en évidence. Le son gras de la Gibson Les Paul domine le sujet. Ronnie nage dans le bonheur et force sa voix de fausset, soutenu par Blondie Chapin (un ex-Beach Boys) et Bobby Womack, un vocaliste de soul particulièrement notoire. Ballade bien rythmée, "Catch you" est balisée par un riff de dobro acoustique. Classique du blues, le "Spoonful" de Willie Dixon était sensé nous ramener dans l’univers primaire du blues. Mais cette version est funkysante. Jim Keltner malmène ses fûts. Slash est revenu aux côtés de Ron pour partager une attaque de cordes virulentes. Le chant est largement appuyé par celui de l'ami Bernard Fowler. Une cover tout à fait détonante ! "I don't think so" baigne au sein d’une atmosphère torride. Proche du style des Stones, ce rock déménage littéralement. Les voix de Fowler, Chapin et Womack assurent l'essentiel. McLagan se déchaîne au piano, pendant que Wood décoche son meilleur solo. Plutôt hard, "100%" ne manque pas de détermination. Gratteur particulièrement doué, Waddy Wachtel est venu apporter son soutien. Traversées de sonorités orientales, les cordes se muent en invitation au trip psychédélique. Un autre grand moment! Notre Ronnie sort un harmonica pour aborder "Fancy parts"teinter, un blues/rock funky marqué au fer rouge par la slide de Slash. Et croyez-moi, le résultat est stupéfiant ! Tramé sur un riff acoustique et enrichi de vocaux féminins, "Tell me somethin" revient au style bluesy rock des Stones. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "Forever", une ballade lente, puissante, au cours de laquelle Slash et Ivan Neville étalent toute leur classe et leur talent…

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