Les Brooklyn Cowboys se sont formés en 1996, à Brooklyn, autour du chanteur/guitariste/compositeur Walter Egan et du batteur/producteur, Fredo Perry. Ils ont ensuite été rejoints par Buddy Cage qui était préposé à la lap steel guitar chez les New Riders of the Purple Sage. Egan a ensuite émigré en 97 vers Nashville, dans le Tennessee, où les Cowboys ont décidé de poursuivre leur aventure en compagnie d'autres musiciens. Aujourd'hui, ses nouveaux acolytes répondent au nom de "Stick" Davis (ex Amazing Rhythm Aces) à la basse, Michael Wells aux claviers et à la mandoline, et enfin de Brian Waldschlager à la guitare. Les Cowboys pratiquent une musique country alternative d'excellente facture, qu'on qualifie de roots rock. A ce jour, ils avaient deux albums à leur actif : "Doin' time on Planet Earth" et "The other man in black".
Le nouvel opus démarre sur un tempo que n'auraient pas renié les meilleurs punks de l'univers. Puissant, dense, "I was wrong" est dominé par la rythmique dévastatrice. Il est vraiment très curieux d'entendre ces voix issues des milieux country chanter ainsi à l'unisson sur une trame instrumentale aussi fougueuse ; ce qui ne nous empêche nullement de goûter à la pedal steel de Buddy Cage. Quel début impressionnant et dangereux ! "Trick ponics" opère un retour vers Nashville. L'ambiance 'cow-boy' est joyeuse. De nouveau, à l'arrière, la rythmique très rock flirte avec le chœur des voix nasillardes. Les guitares de Walter Egan et de Brian Waldschlager sont acerbes. Le titre maître ne souffre d'aucune équivoque : il est clairement country. La voix suave de la chanteuse Lona Heins, le violon de Hoot Hester et la pedal steel de Cage en font la plus parfaite démonstration. Je lui préfère pourtant "Hey Juanica". Un fragment manifestement 'tex mex'. Les voix sont soudées et allègres. La guitare acoustique de Van Manakas est lumineuse. Les violons de Hester et de Kenny Sears balaient l'horizon sonore. D'une extrême densité, cette plage brillante permet, en outre, à Michael Webb de sortir de l'ombre au piano. Le Bo Didley Beat fait son apparition sur l'ouverture de "Trouble with a capital T". Il donne un accent très R&B à cette composition, pendant que les deux guitares sèment à nouveau le trouble. Pour "My heart's in denial", nous entrons dans le western swing. Van Manakas est à la guitare. Les Brooklynaires assurent les parties vocales. Douce ballade ensoleillée, "Rita" rappelle le meilleur de Gram Parsons. Autre ballade, mais davantage mélancolique, "Someone you can live with" bénéficie du renfort de la voix de Miss Joy Lynn White. Un morceau assez bluegrass traversé par le violon et la pedal steel. Ecrit par le batteur Fredo Perry, "I stand accused" trempe bien dans le style de Nashville. A l'instar de "The gift", d'ailleurs. "You never quit on me" est bien plus enthousiasmant. Il est vrai que la compo bénéficie d'une superbe intervention du virtuose de la Telecaster, Van Manakas. Le même Manakas tire à nouveau son épingle du jeu sur "Waycross stables" ; mais pour la circonstance au dobro. L'album s'achève comme il avait débuté : en puissance. Mais si la rythmique est rock et qu'on assiste à la fête des solistes, Buddy Cage en tête, "What you call love" demeure très mélodique. Dédié à la mémoire de George Harrison, de Waylon Jennings, de John Entwisthle et aux victimes du 11 septembre 2001, cet album de roots music est de bonne facture...

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