Né à Dallas, Ponty Bone est un authentique texan. Il a vécu à San Antonio et sévit toujours sur la scène d'Austin. Toute sa vie, il a joué de l'accordéon en mêlant son blues texan au zydeco louisianais, mais en y ajoutant des nuances issues du folklore mexicain et caraïbe. Au cours de sa carrière il a participé aux sessions d'enregistrement d'une multitude d'artistes. Parmi les plus célèbres figurent Joe Ely et Wes McGhee, mais aussi Hans Theesink et Omar & the Howlers. Il est devenu le leader de sa propre formation depuis plus de vingt ans : les Squeezetones. Wash Hamilton y joue de la basse, Mike Gersmann les drums et Spencer Jarmon (un ancien de Calvin Russell) la guitare.
Nous sommes au pays du ‘Bon ton roulé’ : direction zydeco. Ponty a sorti son accordéon pour attaquer "Baby U got it (spin the top)". La trompette de David Hernandez donne une couleur texmex à l'ensemble. Les percussions de Mike Gersmann occupent le devant de la scène. "Ain't got no sweet thing" est un blues aux accents zydeco. La rythmique des Squeezetones assure. Spencer Jarmon prend un solide solo sur les six cordes. "Midnight sun" est un instrumental amusant. L'accordéon choppe des accents musette que n'auraient pas renié les meilleurs accordéonistes français du genre. "Me myself & I" est un zydeco aux accents de rumba. La steel guitare hawaienne d'Andrew Halbreich et l'accordéon se partagent les solos. Jarmon chante "I must be dreaming". Une composition très rythmée, syncopée, tonique, qu'il a écrite. Spencer joue la slide de manière décisive. L'accordéon rejoint la section rythmique. L'adaptation instrumentale du thème "Macumba" est très colorée. L'accordéon se fait sensuel. Les interventions sont toutes de haut calibre. Plage titulaire, "Fantasize" est une ballade au rythme léger. Si Jarmon s'y montre une nouvelle fois excellent à la guitare, elle privilégie les rythmes exotiques des îles. La voix un tantinet nasillarde de Ponty siège au beau milieu de chœurs féminins. Ceux des Texana Dames. Mr Bone imagine se balader dans la Bourbon Street, à New Orleans, pour interpréter "Just like home". Le rythme irrésistible est une invitation à la danse et à la bonne humeur. "Clifton's boogie" est un hommage instrumental au maître du zydeco. L'accordéon virevolte devant le piano boogie du compère R.C Banks, du saxophone de Marcel Vizard (d'Asleep at the Wheel) et de la guitare. Autre zydeco joyeux, "Lousiana Lisa" est fluidifié par l'orgue de Banks. Ce très bon album s'achève par "Baby you know". Un blues zydeco imprimé sur un rythme modéré. Il se frotte pourtant à un dernier solo d'accordéon juteux, pendant que Jarmon s'y révèle, d'un bout à l'autre, à son meilleur niveau.

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