Riyan Kidwell est un stakhanoviste : un album par an, et à chaque fois c'est différent. Pour celui-ci, l'Américain s'essaie au hip hop et à l'anti-folk, avec toujours cette touche de laptop qui fait mouche. De l'anti-électro-rap-folk ? Difficile de classer la musique de ce garçon (à peine 20 ans au compteur), qui joue avec les styles comme un jongleur avec ses balles. Imaginez Mike Skinner ou Eminem obligés de produire leur disque avec des bouts de ficelle : un ordi, une guitare pourrie et quelques amis (ici Venetian Snares)… Pas simple. Kidwell, lui, l'a fait. Et le résultat groove, sans frimes ni avance sur recettes (" Earth-Shaking Event ", " Stamina "). Notre homme se déclare " half man, half human ", ce qui veut dire la même chose, mais prouve son humour et son sens de la répartie. Et ce disque regorge de bons mots et de rimes désopilantes. Comme si les Moldy Peaches se mettaient à l'avant-hop avec Kevin Blechdom en pom pom girl. Sur le dernier titre, " Nevermind ", on croirait même entendre… Nirvana, avant que la chanson ne déraille et se plante, attaquée par une sorte de virus informatique. Ce genre d'accident, Kidwell en a fait son fond de commerce. Si bien qu'à la fin, on se demande si tout va bien dans la tête de ce jeune homme, et si celle-ci se trouve bien sur ses épaules. Une version plus électronique de cet album existe également (" Being Ridden Instrumentals "), pour les amateurs de bleeps un peu cradingues. Quant aux fans de Bowie, ils apprécieront la pochette (une parodie de " Heroes "), preuve supplémentaire que Kidwell apprécie les clins d'œil et le second degré.

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