Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Barry Goldberg est un musicien blanc. Originaire de Chicago, ce vétéran a trempé très tôt dans le blues. A l'aube des 60's, il a sévi au sein du backing group de Bob Dylan, tout comme son ami, le guitariste Mike Bloomfield. Il a ensuite fondé le Goldberg Miller Bues Band en compagnie du guitariste Steve Miller, avant de vivre l'aventure de l'Electric Flag avec Bloomfield et Nick Gravenites, puis du Barry Goldberg Reunion, avec un autre guitariste réputé, Harvey Mandel. Il a aussi commis trois albums solo, "Barry Goldberg", "Blowin' my mind" et "Two jews blues". A chaque fois, il a bénéficié du concours de l'harmoniciste Charlie Musselwhite. Par la suite, Goldberg s'est beaucoup moins montré en public ; se concentrant davantage sur la composition et surtout la production.. Il a ainsi produit des grands noms du blues comme Muddy Waters, Howlin' Wolf et John Lee Hooker ; mais également, Bob Dylan, Neil Young, Chuck Berry et Jimi Hendrix, parmi bien d'autres.
Bien que n'ayant jamais cessé de jouer au fin fond de la Californie, j'ai été assez surpris d'apprendre qu'il avait enregistré cet elpee. Un disque constitué de reprises des Rolling Stones, qui est paru sur le label texan Antone's. Mais dont les versions sont exclusivement instrumentales. Un choix judicieux, car je ne vois pas l'intérêt de se farcir les canons stoniens repris par une voix qui n'est pas celle de Mick Jagger. L'album a été produit par Carla Olson, une charmante chanteuse de country rock. Il est ici secondé par Denny Freeman aux guitares, Gregg Sutton à la basse et Don Heffington aux drums.
L'album s'ouvre par "Stoned", un très ancien thème instrumental développé par les Stones. Goldberg est au piano. Invités, John "Juke" Logan (à l'harmonica) et Ernie Watts (au saxophone) mettent le nez à la fenêtre. Une aventure qui se poursuit pour les solistes Juke Logan (toujours sur l'instrument chromatique) et Carla Olson à la guitare, tout au au long de la version originale de "Tumbling dice". Goldberg passe derrière son orgue Hammond B3 pour entamer "Jumpin' Jack Flash". Une version à peine reconnaissable ! Par contre, on distingue nettement la richesse du jeu rythmique de Freeman. Chez "Ventilator blues" la présence de Mick Taylor est facilement détectable. Sous sa forme instrumentale qu'entretiennent l'orgue Hammond et le sax de Tom Junior Morgan , "Heart of stone" se mue en slow crapuleux. Denny Freeman réalise de l'excellent travail aux cordes sur "Parachute woman", un blues extrait du célèbre "Beggar's banquet", bien sûr! Barry retourne au piano pour jouer "Let it bleed", un boogie woogie imparable caractérisé par la présence de Carla Olson aux cordes. L'ambiance de l'album est très cool, car les musiciens sont parvenus à éviter le piège des reprises trop conventionnelles. Ou si vous préférez, de reproduire les mélodies originelles à la lettre. Le style oscille régulièrement entre blues et jazz. Très blues, "Think I'm going mad" met en exergue Mick Taylor et Ernie Watts; "Good times, bad times", l'harmoniciste Juke Logan. Trempé dans le jazz, "Melody" vibre au son de l'improvisation du sax tenor d'Ernie Watts. Brillant comme toujours ! "As tears go by" est, bien entendu, empreint de douceur. Le jazz rencontre le rock sur "Some girls", scellant un duel entre le piano et le sax de Morgan. L'album s'achève par 30" d'"I can't get no satisfaction". Une adaptation difficile à identifier, je le concède. Mais ce n'est pas grave, car le piano semble sortir d'un honky tonk. Personnellement j'apprécie cette nouvelle approche du répertoire des Stones. A vous de juger ! Barry Goldberg dédicace cet album en souvenir de Brian Jones et du fameux pianiste des Stones, Nicky Hopkins.

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