Tampa Blue est le véhicule musical du chanteur/guitariste belge T.V Tampa. Issu de la région d'Anvers, il confesse être un inconditionnel de John Lee Hooker et de Freddie King, mais également adorer les Beatles, Jimi Hendrix, Fleetwood Mac et Canned Heat. Des goûts qui ne souffrent d'aucun reproche. Au cours des années 80, il avait fondé Toy, un groupe de rock qui allait commettre plusieurs singles et albums, dont le dernier ("Brand new toy") est paru en 94.
"Painting the blues" est une œuvre curieuse, fort intéressante et au titre évocateur. En effet, à l'instar d'un peintre, l'artiste veut colorer à sa manière une musique qui se veut essentiellement black and white. Dès les premiers accords qui ouvrent "Life's harder than death", nous sommes impressionnés par la sonorité des guitares. La vie est plus dure que la mort ! C'est l'évidence même. Le premier plan est bien celui qui ouvre "On the road again" de Canned heat. Si T.V avoue avoir recours aux samples que l'on doit reconnaître au passage, il n'y puise le plus souvent que quelques notes. Une voix bien noire, celle de John Lee Hooker peut-être, introduit "Me and my dog". La meilleure plage de l'album ! Elle défile comme dans les meilleurs films de Canned Heat. La voix épouse un timbre légèrement féminin. A l'instar de celle d'Alan Wilson. Le son des guitares est aussi pourri que celui dispensé par le même Alan ou encore Sunflower Vestine. T.V distille peu de notes. Il entretient un son volontiers primaire et métallique au sein d'un environnement bien fouillé. Le climat persiste tout au long de "Oh lord". T.V chante d'une voix nasillarde et traînante, dans un registre qui n'est pas sans rappeler celle de Lou Reed. Il joue de la guitare d'une manière bien paresseuse. Le flux de notes est volontairement limité. Il plaque brutalement ses accords comme un Hooker des bons jours. Ballade bluesy, "Hope in Rangoon" possède beaucoup d'atmosphère. A cause du choix des sonorités opéré en fonction du décor ; et toujours de cette voix très 'reedienne'. "No more nice girl" amorce une collection de samples blues à deviner, parmi lesquels j'ai peut-être décelé des échantillonnages emprunés à Billy Gibbons et à Studebaker John. Un apport artificiel de blues pour ce qui n'est jamais qu'une ballade. Le jeu n'est pas banal ! "Black cross in the moonlilght" marque le retour au boogie/blues. La voix nasillarde se fait plus autoritaire. La machine de Tampa Blue assure ; Pete Tieleman à la guitare, Dago aux drums et Mike Ireland à la basse. La version du "Guilty" de Randy Newman est majestueuse. Si Gerd Van Eeckhout est à l'orgue, pourquoi laisserait-t-il la place au piano à Memphis Slim? Signé John Littlejohn, "How much more long" est un rockin' blues bien ficelé. Il libère pas mal de groove en conjuguant ….samples pardi! S'appuyant sur une ligne de basse qui ne m'est pas inconnue, "Till the levee brakes" laisse percer une guitare acérée. L'album est curieux. Pas banal, pour être plus précis. Mais il serait nécessaire de pouvoir assister à cette expérience 'live', histoire de voir si elle est capable de tenir la route. Encore que la dernière plage semble avoir été prise en public. Intitulée "You get what you give" et assez dépouillée, elle laisse une bonne place aux accents acoustiques.

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