Cet opus nous replonge sur la Côte Ouest, au cours de la tournée opérée par R.L Burnside, en janvier 2001. R.L est ici au cœur de son élément de prédilection : la scène. Huit des douze plages ont été immortalisées sur les planches du Crystal Ballroom de Portland, dans l'Oregon. A Burnside Street, très exactement. Ce qui explique le titre de cet album. Le reste a été enregistré au Great American Music Hall de San Francisco, en Californie. Histoire de perpétuer le fameux son Fat Possum, il a reçu le concours de son petit fils Cedric Burnside à la batterie et de son ‘Fils adoptif’, Kenny Brown, à la slide. Un instrument qu'il pratique avec fidélité depuis trente années.
R.L chante le blues en s'accompagnant d'une guitare. Le blues des collines du Nord du Mississippi. Celui qui se distille dans les sombres juke joints ou dans les salles à manger de tout un chacun. Il est manifestement inspiré par la musique des grands bluesmen que sont Fred McDowell, Muddy Waters, Lightnin' Hopkins et John Lee Hooker. Chez Fat Possum, l'absence de basse est habituelle. Le rythme hypnotique est produit par la superposition des percussions et des lignes tissées par la slide de Brown. Une recette qui marche à tout coup. La musique suscite le mouvement. Personne ne peut rester insensible à cette machine que rien n'arrête. Pas de fioriture ni de finesse ; le tout s'emboîte tellement bien qu'aucun muscle ne peut rester insensible.
La machine lancée, ce parcours répétitif nous flanque le frisson ; même lorsque les sonorités sont trempées directement dans le Delta. A l'instar des classiques "Rollin' & tumblin" et "Walkin' blues". Des moments d'une sensibilité unique ! Les échanges opérés entre la voix rauque et passablement ravagée du vieux bluesman et la slide dépouillée et métallique de Brown dégagent une authenticité rare. L'émotion et l'intensité sont à leur paroxysme sur "Bad luck and trouble". Un fragment tellement proche de John Lee Hooker. Et quand le trio hausse le rythme, c'est pour libérer la slide de Brown. Elle se met alors à flâner dans cet espace devenu soudainement libre. Le bonheur ! L'ouverture à elle seule est un parfait résumé de ce son Fat Possum. La reprise de "Shake 'em on down" est de la pure dynamite. La slide de Brown est insatiable. Elle maintient la pression tout au long de "Skinny woman". Rien ne semble pouvoir retenir l'ensemble qui s'emballe dans le rythme pour se fondre dans "Miss Maybelle". Et je m'en voudrais de ne pas épingler "Long haired doney", "Jumper on the line" et l'atmosphérique "Goin' down south". Recommandé !

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