Dede Priest est une artiste de couleur noire. Originaire de Dallas, elle a étudié la philosophie à l'université d'Austin, au Texas. Elle a également appris à jouer du violon, mais son instrument de prédilection, c’est sa voix! Une voix aussi bien à l'aise dans le blues, la soul que le jazz. Elle avait publié un premier opus en 2007, intitulé "Candy moon". Pour concocter ce second elpee, elle a reçu le concours de musiciens bataves. Logique, puisqu’elle a enregistré ce disque aux Pays-Bas.
Excellente plage, "Lips of a friend" ouvre la plaque. Dede possède une jolie voix, bien posée, taillée pour son répertoire. Elle est soutenue par un excellent backing group. Fruit d’un mélange de blues et de jazz, "Chicken or a egg" baigne dans une atmosphère raffinée, en demi-teinte. Ruud Breuls s’y réserve la trompette. Jimmy Reuter pince délicatement ses cordes. Mais tous les musiciens sont soucieux du climat d'ensemble. Précise, musicale et éthérée, la voix de Dede est empreinte de sérénité. "Kinky at the root" est une compo bouleversante par son intimisme. Tout comme "Whole Christmas thing", un morceau jazzyfiant, abordé dans l’esprit de Gerschwin. "What would I do?" est une ballade très élégante, séduisante. Face au bottleneck de Richard Van Bergen, la voix entretient cette atmosphère délicate, tout comme le piano et l'orgue. L’atmosphère est, en général, très cool. Tout est parfaitement mis en place. Pas d’éclat particulier. Si les instrumentistes pointent épisodiquement le bout du nez, ils rentrent assez rapidement dans le rang. "Freddie King way down deep" est un superbe blues lent inspiré, bien évidemment, par le regretté géant texan. Bien soutenue par les cordes de Reuter, la voix force le respect. Une voix susceptible de se traduire en instrument, tant elle se fond dans l’ensemble. A l’instar de "Dandelion in the breeze". Une apparente fragilité contamine les compos. Mais il ne s’agit que d’une fausse impression, car tous les éléments du puzzle s'imbriquent rigoureusement. Ce vécu dans le timbre me rappelle parfois l'Anglaise Julie Driscoll ; et c'est un compliment. La voix de Miss Priest domine "Gather round", un blues lent d’une grande limpidité. Une piste caractérisée par la houle sonore alimentée, d’abord par les cordes de Raymond Nijenhuis, puis par les interventions d’orgue de Mike Roelofs. Tout au long de cet opus, on a l’impression que la recherche de l’esthétisme est une constante. "Freedom moan" en est une nouvelle illustration. Autre blues lent, mais minimaliste, "Blues is running red" est parcouru d’accords de six cordes davantage allègres et un tantinet métalliques. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une ballade blues traditionnelle, intitulée "Judgment day bells".

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