Figure de proue légendaire du blues blanc, Charlie est né en 1944 à Kosciusko, dans le Mississippi ; mais il a vécu plusieurs années à Memphis, dans le Tennessee. Il s'était établi à Chicago en 1962, où il a écumé les clubs, l'harmonica en poche et la guitare en bandoulière. Son premier album, "Stand back! Here comes Charlie Musselwhite's Southside Blues Band" était paru en 1966, sur Vanguard. Depuis, il s'est fixé en Californie et a sorti un nombre impressionnant d'elpees. Son dernier, "Continental drifter", remonte à 1999. Un disque remarquable, paru chez Pointblank. Une œuvre au cours de laquelle, il était parvenu à réaliser une fusion originale entre son blues et la musique traditionnelle cubaine. Cette nouvelle plaque opère un changement radical !
La première plage, "Trail of tears", plante le décor : nous sommes bien à Memphis, au carrefour du blues, du country et du rock'n'roll. La voix de Charlie se mêle à celles de Kelly Willis et de Christine Ohlman, pendant que les guitares de G.E Smith et Robben Ford se partagent les soli. Ecrit par le pianiste Ivory Joe Hunter, "Cold grey light of dawn" baigne au sein d'un climat parfaitement country. Sans aucun doute un des meilleurs moments de l'album ! Memphis Charlie se rappelle sa jeunesse. Cet album, dit-il, est une réflexion sur ses expériences que j'ai menées à Memphis, au cours des années 40 et 50. "Blues overtook me" est une composition autobiographique. Elle retrace la manière dont le blues l'accosta naguère à Memphis. Les guitares de G.E Smith et Robben Ford le suivent à la trace, alors que Robben sort un solo très rock'n'roll qui sied parfaitement à ce climat. "In a town this size" est clairement country. Authentique spécialiste de country et de bluegrass, Marty Stuart est à la guitare. La voix cristalline de la citoyenne d'Austin, Kelly Willis, accompagne parfaitement celle du vieux Charlie. Rehaussé par la présence de la chanteuse Christine Ohlman, "Walking alone" est une plage légèrement rythmée, assez différente de ce que nous avait habitué Charlie. Illuminée par la guitare de G.E Smith et la mandoline de Stuart, mais également balayée par l'harmonica, "Rank strangers to me" est une ballade très lente, proche des canons de la country et du blues. La reprise du "One time one night" de David Hidalgo et Louie Perez de Los Lobos est imprimée sur un rythme rock'n'roll. Tout fan de Charlie Musselwhite aime le retrouver dans l'exercice du blues authentique. Epaulé par la seule basse de T-Bone Wolk, il le pratique sur le grave "In your darkest hour". Et puis également chez le très très lent, enrichi par la voix de Miss Ohlman , "Ain't it time?". Charlie est aussi resté un vieux fan de Johnny Cash. Il le croisait régulièrement à Memphis, à l'époque des enregistrements Sun. Il reprend avec beaucoup de respect son "Big river". G.E Smith s'y révèle très à l'aise aux cordes. Soutenu par les guitares de G.E et de Robben Ford, la fin d'album est plus classique. Mais en même temps, Charlie retrouve toute sa verve à l'harmonica. A l'instar de son "I'll meet you over there" et du célèbre "Ain't that lovin' you baby", de Jimmy Reed ; une finale au cours de laquelle l'intervention de Ford est particulièrement brillante. Ce retour aux sources d'inspiration de l'artiste décontenancera sans doute le fan qui avait apprécié l'album précédent qui, je le rappelle, était le fruit de la rencontre du blues moderne et de la fusion cubaine.

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