Spock's Beard est une des formations 'incontournables' de la scène prog. Ce qui explique pourquoi dès avant sa sortie, cet album a été salué comme un 'monument' par quelques chroniqueurs et amis du groupe. Le batteur de Dream Theatre, Mike Portnoy, l'a par exemple comparé au 'Lamb lies down on Broadway' de Genesis. Nous sommes en présence d'un pavé : un double CD concept ambitieux au digipack superbement présenté.
L'opus commence très bien : la plage d'ouverture est à la fois énergique, contrastée et séduisante ; et la suivante, ballade très radiophonique, augure une belle variété d'atmosphères. De fait, la suite est un feu d'artifice prog parfaitement conçu, interprété et produit. Le savoir-faire de la bande à Neal Morse n'est plus à démontrer. Tout en proposant son lot de passages aventureux ou apaisants, l'ensemble ne déménage pas trop mal. Neal cède parfois le chant à Nick D'Virgilio, son batteur à la voix bien plus expressive. Et certains morceaux méritent vraiment une mention spéciale (NDR : et je pense tout particulièrement aux 4 ou 5 derniers, lorsque le groupe se lâche pour de bon). Le CD ralliera sans problèmes de nouveaux fans en plus d'émerveiller les plus vieux. On ne peut cependant s'empêcher de parfois considérer que le groupe 'en fait trop' et qu'il applique (avec brio) des recettes connues sans innover. Spock's Beard semble être au prog ce que Hollywood est au cinéma : une grosse machine à superproductions typiquement américaines mais sans réelle âme (dans cet ordre d'idée, la voix de Neal Morse a toujours autant de mal à transmettre de l'émotion ; et les passages à vocation intime sont souvent teintés d'un académisme encombrant). Certains détracteurs considèrent même le groupe comme une perversion du prog.
Alors, chef-d'œuvre ? Seul le recul, en fait, nous permettra de vérifier si ce 'monument' est de marbre ou de glaise. Pourquoi ne pas vous forger votre propre opinion ?

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