Basé à Londres, ce trio pratique un blues aux accents très country. Son leader, Ben Tyzack, est originaire d’Iowa City ; mais il a beaucoup bourlingué entre Charleston et Atlanta. Depuis quelques années il s'est installé à Londres. Il avait fondé les Spikedrivers, voici neuf ans, en compagnie d'un percussionniste. Marqué par Stefan Grossman, Ben privilégie un style qui répond au nom de Piedmont finger picking. Depuis près d'un an, il est épaulé par le batteur irlandais Maurice McElroy, qui joua naguère avec Otis Grand, et d'une bassiste américaine originaire de l'Oklahoma, Constance Redgrave. Encore une ancienne de la bande à Grand !
" Delta roots " constitue leur troisième album. Il fait suite à "Delta boogies" et à "Whiskey river blues". En ouverture, le cri des criquets surgit des marais. Les sons semblent venir tout droit des sources du blues. Ils sont même d'une grande pureté tout au long de "That's no way to get along". A cause de la guitare de Ben, qu'il joue avec concision et adresse. Sa voix s'imposer sur "Front porch swing". La section rythmique épouse bien le timbre de son leader, pendant que la guitare se divertit. Une excellente impression qui se confirme chez le rapide "Soul searchin' blues". Constance et Maurice répondent en chœur au chant de Tyzack qui a empoigné son bottleneck pour l'occasion. L'émotion est bien présente. Lors de l'introduction de "Stop breaking down blues", écrit bien entendu par Robert Johnson, un fantôme passe... Une cover imprimée sur un tempo plus lent que l'original. Le rôle joué par la section rythmique est déterminant. Ben chante d'une voix légèrement chevrotante. Les notes ciselées, sans le moindre empressement, de la slide guitare s'aventurent. "I can't be satisfied" est une autre chanson blues universellement célèbre. Mr Tyzack sait comment ficeler une mélodie. Il le démontre tour au long de son "Midnight Mademoiselle", épicé ça et là de petits mots écrits dans la langue de Voltaire. Constance Redgrave chante deux titres. Tout d'abord "Rhythm guitar" d'Emmylou Harris. Une composition blues de cette artiste country. Ben accompagne la voix de son dobro au son métallique. Et puis "Queen of the one night stand". D'une manière feutrée et un tantinet fragile. Maurice assume son rôle en chantant "Am I high", un titre amusant mais également une invitation à boire un coup. Ainsi que "Clyde" de J.J Cale. S'il possède une voix moins riche que celle de son leader, la version tient parfaitement la route. Et le rôle joué par le bottleneck n'y est pas étranger. Une excellente reprise! "Kansas City Kitty" est une courte plage instrumentale. Les derniers titres sont de nouveau assumés par la voix de Ben. Et c'est un soulagement ! "Life is fine " met en musique un poème de Langston Hughes. Signé Professor Longhair, "How long has that train been gone" exalte par ses changements de rythme bien négociés. En finale, "Hard to get" adopte un tempo nonchalant. A cet instant, le chant de Tyzack est à son meilleur niveau. Un très bon album !

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