Ce guitariste que l'on surnommait ‘God’, au milieu des années 60, a traversé plusieurs générations. Cette longue carrière musicale de près de 40 années a été immortalisée par des épisodes aussi remarqués que remarquables. En particulier les Yardbirds, Bluesbreakers, Blind Faith, Derek & the Dominoes et surtout The Cream. Enfin depuis un quart de siècle, elle s'est poursuivie sous son étiquette individuelle.
" Reptile " est un terme de reconnaissance, pas une insulte, nous confesse le fier Eric qui dédicace son nouvel album à son oncle Adrian récemment disparu. Le plus important de tous les reptiles, à son idée.
L'album s'ouvre d'ailleurs sur un joli instrumental, un tantinet jazz et baptisé "Reptile". Les riffs chaleureux de "Got you on my mind" de Joe Thomas, nous remettent Eric C sur la route du blues. Entouré par les guitares de son fidèle Andy Fearweather-Low et du texan Doyle Bramhall II, il peut ainsi sortir, rassuré et souriant, son dobro. Eric a toujours savouré la musique laidback de JJ Cale. "After midnight" figurait déjà sur son 1er album solo en 1970, "Cocaïne". Il remet le couvert avec une version très heureuse de "Travelin' light". Avançant dans l'âge, Clapton semble favoriser des climats plus propices à la relaxation que naguère. Les compositions de Cale s'y prêtent naturellement, mais l'écriture d'Eric tend à cette sérénité. A l'instar de "Believe in life" ou de "Broken down". Et tant pis si la face plus saignante est assez boudée. Chaleureuse et sage, sa voix n'aime guère être poussée dans ses derniers retranchements. Cette attitude l'amène à chanter le blues lent et il le fait superbement sur "Come back baby" de Ray Charles. Il en profite pour faire soupirer, gémir sa Stratocaster ; et dès ce moment, il n'a de leçon à recevoir de personne. Le Clapton paresseux revient encore sur "Find myself". Il traîne devant le piano de Billy Preston et les précieux chœurs vocaux des Impressions dont les belles voix se retrouvent tout au long de "Reptile". Au nombre de cinq, cet ensemble colore de la meilleure manière des titres rythmés et assez soul comme le "I ain't gonna stand for it" de Stevie Wonder, ou les ballades très lentes mais imparables, "I want a little girl" et "Don't let me be lonely tonight" de James Taylor. De quoi faire chavirer le cœur d'une princesse ! Cette œuvre chirurgicale a bénéficié de la collaboration de grosses pointures. Outre les musiciens déjà cités, on y retrouve de grands techniciens des studios tels que Steve Gadd à la batterie, Nathan East et Pino Paladino à la basse. Mais je le répète quand même, je préfère Clapton lorsqu'il se fait un peu bouillir les veines. Notamment sur "Superman inside", enrichi par l'orgue Hammond de Preston. "Reptile" se referme, comme il avait débuté, par une plage instrumentale "Son & Sylvia". Adrian Son était l'oncle de Sylvia, sa compagne. Leurs photos illustrent d'ailleurs la pochette. Un album pour la bande FM !

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