Doug est né en 1953 à Pensacola en Floride. Après avoir bien bourlinguée, sa famille s'est finalement fixée à Washington, DC. C'est en écoutant les albums de Little Walter qu'il est devenu un fan de blues. Il monte son premier groupe en 1976 : les Allstars from Charlottesville, en compagnie duquel il grave "Tip your waitress", deux ans plus tard, sur Adelphi. En 1980, il rejoint le groupe de Bob Margolin. Vu l'explosion de la scène blues qui touche la West Coast en 1990, il émigre à San Francisco. Son premier album solo, "Until we meet again" sort en 93. Il y est épaulé par l'excellent guitariste local, Anthony Paule.
Il est revenu à Washington depuis quelques années ; et " Get it while it's hot " constitue le résultat de ses dernières expérimentations musicales. Un disque qui réunit des sessions opérées en 95 et en 98!
L'opus s'ouvre par la plage titulaire. Composition vigoureuse, très cuivrée, "Keep rockin' me baby" est un shuffle à la texane, pas éloignée des premiers Thunderbirds. Doug souffle à la Wilson. Kevin McKendree secoue ses claviers. Cette même ambiance joyeuse se reproduit sur "Down at the Dew Drop Inn". Doug empoigne l'instrument chromatique pour aborder l'instrumental bien swinguant "Slinky". Inspiré par Little Walter, ce morceau se fluidifie au contact de l'orgue de Mc Kendree. R&B entraînant, "Baby can I change your mind?" met en exergue Alex Schultz à la guitare et Big Joe Maher aux percussions. Entouré de tels solistes, la musique a tout pour swinguer. Et elle ne s'en prive pas sur "Someone just like you" et "Every step of the way", titre au cours duquel l'harmonica de Mr Jay flirte avec les cuivres, comme pouvait le faire jadis un certain Paul Butterfield. Doug aime le rock'n'roll originel. Ainsi, enrobé des chœurs doowop des Legendary Orioles, "Fools fall in love" semble sortir tout droit d'un jukebox des années 50. Doug s'est aussi largement inspiré du Chicago Blues. Il reprend d'ailleurs deux fois Little Walter. Tout d'abord sur "I got to find my baby". Ensuite sur une version nerveuse de "Hate to see you go". L'harmonica s'évade. Des fantômes passent : ceux de Sonny Boy I, de Billy Boy Arnold et de Slim Harpo. Un grand moment ! Il adapte aussi "I feel so bad" d'Eddie Taylor avec le même bonheur. Rick Olivarez est aux cordes. "The devil was a pretty girl" est certainement le titre que je préfère. Il s'égrène sur un rythme délicatement exotique enrichi par l'apport de percussions complémentaires, alors que les cordes d'Alex s'inspirent d'Otis Rush. La diversité est de ce monde ; ainsi, les climats paresseux de la Louisiane apparaissent chez "Where can you see". Un titre marqué par le retour des chœurs doowop et des somptueuses parties d'harmonica et de guitare. La joie prend le chemin de la Nouvelle Orléans, tout au long de la reprise du "Tore up" de Smiley Lewis. Et pour clore l'opus, Alex Schultz et Kevin McKendree obtiennent leur dernier billet de sortie sur l'instrumental "Clip joint". Un excellent album ! D'après les dernières informations que j'ai pu recueillir, Doug semble s'être aujourd'hui installé en Allemagne. Ce qui peut s'expliquer lorsqu'on sait que ses Bluejays sont teutons…

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