Miss Malenfant est une chanteuse canadienne, originaire du New Brunswick. Au cours des dernières années, elle a régulièrement fréquenté notre plat pays. A ce jour, elle compte cinq albums à son actif : deux productions limitées, "Turtle blues" et "Your good thing", "Eye of the hurricane" (1994), un opus consacré aux chansons du répertoire de Janis Joplin intitulé "Little girl blue" (1997), et "Piece of my heart" (99). Le potentiel physique de Theresa respire la puissance. Et avant même de l'écouter, il n'est pas difficile d'imaginer que sa voix impose. Elle est même retentissante.
Pour enregistrer " Listen up ! ", elles s'est entourée du groupe belge, Midnight Believers. En ouverture, "Ain't nobody home" nous la présente comme un grande dame du R&B. Il est incontestable qu'elle eut aimé vivre au cœur de Beale Street, à Memphis. La suite du programme nous réserve de bien agréables surprises. "5 10 15 hours" est un très bon blues rythmé. La voix claire domine des musiciens bien inspirés. Et notamment Dominique Van Tomme au piano, le doigté aussi agile aux ivoires que derrière son orgue. Le calme apparaît au sein des studios de Destelbergen. Theresa commence à chanter une douce ballade aux accents majestueux. Elle y met tout son cœur. A l'instar de "First night alone without you". Miss Malenfant revient rapidement à ce qui est son style personnel, sur "Everybody's happy (but me)". Un blues rythmé, coloré chaque fois par le piano de Van Tomme. "Shaky ground" figure au répertoire de bon nombre de formations R&B. Le tempo funky qui colle à ce titre est ici bien emballé par la rythmique. Une rythmique constituée de Geert Bostyn à la basse et de Kristof Vandooren à la batterie, renforcée par les deux cuivres et l'orgue. "I won't be around" est une nouvelle ballade, une bien jolie ballade à la mélodie accrocheuse. Si la section de cuivres y tire son épingle du jeu, la guitare de Tom Brys signe une sortie réussie. Ce type de ballade me rappelle le meilleur de Miss Irma Thomas. Et croyez-moi, c'est un compliment ! Lorsqu'elle reprend Otis Redding, elle se met dans la peau de "Miss Pitiful" et nous confirme qu'elle adore le Memphis R&B, façon Stax. Jean Pol Cornelis dirige les sessions en studio. Il sort également sa guitare " slide " sur "Somebody up there likes me" pendant que Marjorie et Werner s'activent aux chœurs. "Come on down to the blues bar" d'Eddie Lusk concède des accents gospel, alors que Stefan Thaens au sax et Joery Dewachter à la trompette sortent tous deux d'excellents soli. Teresa a la voix de circonstance ; et cet album produit du bon R&B. Un opus qui se termine par des adaptations de King Curtis et de Wilson Pickett.

Nederlands
Français 
