Après une absence de sept bonnes années, au cours desquelles les musiciens ont mené des projets distincts, New Order a donc décidé de retourner en studio pour y commettre un nouvel opus. Oh, faut pas croire qu'ils soient prêts à abandonner leurs aventures parallèles pour reprendre la vie en commun. Non simplement, ils ont tenu leur promesse de se réunir lorsque le besoin (NDR : artistique ou financier ?) se ferait sentir ; et surtout d'enregistrer à nouveau ensemble, dès qu'ils seraient prêts. Histoire de se ressourcer chacun de son côté, afin de retrouver l'inspiration. Et ce " Get ready " démontre qu'ils ont eu amplement raison. Car, dans le style, ce disque est excellent.
Pas révolutionnaire, mais plus rock, plus rageur, il va réconcilier le groupe avec les fans de la première heure ; et notamment ceux qui ont encore la nostalgie des " Ceremony ", " Everything's gone green " ou autre " Blue Monday ". Car tout au long de ce disque, l'organique est le plus souvent mis au service du basique. A l'instar du stoogien " Rock the shack ", sur lequel Bobbie Gillepsie vient apporter toute sa fougue, le single au groove tribal, " Crystal ", le contagieux " Miles an hour ", l'entêtant " Slow jam ", le splendide joydivisionesque " Primitive notion " ou encore le sobre, mais efficace, " Turn my way ", sur lequel Billy Corgan est venu prêter sa voix. Les mélodies au refrain contagieux, chanté par le timbre clair de Bernard Summer, glissent toujours avec la même facilité sur cette texture sonore ou se conjuguent cordes de guitare tour à tour rageuses, fragiles, simples ou aiguisées, drums métronomiques, nappes de claviers ou de piano vaporeux, et cette basse unique, toujours aussi attachée viscéralement à la cold, de Peter Hook. Et les quelques intermèdes plus technologiques ont bien le soin de faire la part belle aux textures atmosphériques minimales, textures propices à l'épanchement des émotions les plus pures. Et je pense ici tout particulièrement à l'indolent " Vicious streak " et à l'hypnotique " Close range ". L'opus s'achève même par une balade plus tendre, plus acoustique, paradoxalement intitulée " Run wild ", conduite par une sèche et un harmonica ; un peu comme si la formation avait voulu faire retomber la pression. Le pied !

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