Peloquin est un souffleur qui aime produire et écrire des arrangements pour cuivres. Depuis plus de 20 ans, il joue en compagnie de gens qui ne peuvent laisser indifférent : Albert King, Johnnie Johnson, Tommy Castro et son groupe de San Francisco, Rhythmtown Jive. Il possède beaucoup d'amis au bord du Pacifique. Ils lui ont donc rendu visite dans les studios de Sy Klopps à Frisco.
"24 hours in day" est un démarrage de 1ère classe. Un R&B aux changements de rythme dévastateurs sur lequel un certain Tommy Castro, secondé à la rythmique par Steve Freund en personne, est invité aux cordes. Michael se partage entre son harmonica et son sax baryton. "Lose that loser", se poursuit en rythme. L'orgue d'Herman Eberitzsch entraîne les autres musiciens dans la banlieue de New Orleans. Et notamment Dany Caron, longtemps le guitariste des Rocket 88s de Mitch Woods, et Steve Lucky célèbre pour ses accès de piano sautillants. Quant à la voix de Michael, elle s'inscrit parfaitement dans la lignée de ce R&B solidement cuivré. Pour "23 kinds of fine", blues proche de Chicago, Eberitzsch est passé au piano et Steve Freund est à la guitare. Funk vibrant, "So close" réunit Willie Riser à la basse et Vince Littleton aux drums, formant une section rythmique parfaitement soudée. Funky jazz, "Maceosity" rend un hommage instrumental à Maceo Parker. Michael joue de l'harmonica à l'unisson du sax ténor de Jack Holmes et du trombone de Danny Armstrong. Cap sur la Nouvelle Orléans encore, lorsque Mitch Woods s'installe derrière les claviers pour affronter "What's yours is yours". L'opus ne recèle que deux reprises dont je retiendrai surtout le traitement très roots, unplugged, accordé au "Maybe someday baby" de Delbert McClinton. Peloquin chante en occupant bien l'espace. Il délivre son meilleur exercice à l'harmonica, entre deux guitares. Celle de Steve Freund, qui tisse de bien belles phrases, et la rythmique d'Anthony Paule. L'album se retire sur deux instrumentaux, dont le plus intéressant est incontestablement le dernier, "Noh-Did-Duh-Lee". En imprimant un rythme à la Bo Didley aux percussions, Vince Littleton permet au piano d'Eberutzsch et à l'harmonica de Michael de dialoguer. Un bon album.

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