Byther est né en 1933 à Monticello, dans le Mississippi. Au cours des années 50, il émigre comme tant d'autres vers Chicago. Il y apprend la guitare en compagnie de son cousin, un certain J.B Lenoir. Il en joue régulièrement au sein des groupes d'Otis Rush, de Junior Wells, de Big Mama Thornton et de George Smith.
"Grits, Tell me how you like it" constitue sa première œuvre personnelle. Elle remonte à 1993. Depuis, il a appris à se faire connaître en gravant des disques pour Bullseye, JSP et surtout Delmark. En l'invitant à enregistrer aux Pays-Bas en compagnie de musiciens locaux, placés sous la houlette du talentueux claviériste Roel Spanjers ; et en mettant l'accent sur les classiques du blues plutôt que sur ses compositions personnelles, Black & Tan a reconduit l'expérience menée pour Percy Strother. Un environnement propice pour interpréter le blues rythmé ; à l'instar de "Little voice", écrit par le sax man A.C Reed. Le jeu de guitare est inspiré par les maîtres du Westside de Chicago ; et tout d'abord par Otis Rush, dont il reprend ici les hits qu'il n'a pas écrits : "So many roads" et "She's a good 'un". Les deux versions sont indiscutables. Même s'il s'agit d'un classique éculé, j'adore sa reprise de "Five long years", du pianiste Eddie Boyd. Il la chante avec un maximum d'autorité. Dans un style proche du meilleur Jimmy Dawkins, il tire des sons écorchés de sa guitare, la sensibilité à fleur de peau. Ses interventions vocales les plus réussies me font penser à Luther Allison. Et c'est bien là la plus belle des qualités. Changement de registre lorsqu'il sort sa slide pour entamer "Your daughter don't want me no more". Il se fait Elmore James pour disserter sur le thème de "Mama talk to your daughter", écrit par son cousin J.B. Un bel hommage ! Byther est aussi capable de laisser respirer sa sensibilité, née dans le Delta. En particulier sur l'acoustique "Same thing on my mind". Il termine par l'interprétation de deux de ses chansons, dont un excellent blues, très proche de B.B King, intitulé "Don't hurt me no more". Ce disque manque peut-être d'originalité, mais dans la réalisation il est d'excellente facture. J'allais oublier d'attribuer une mention spéciale, voire d'excellence, pour les interventions au piano de Roel. C'est fait !

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