John Weston n'est pas un débutant. Il est d'ailleurs né en 1927. A Lee County, dans l'Arkansas. Proche de la scène d'Helena, il n'a pas oublié Sonny Boy Williamson. Pourtant, s'il aime le blues, il avoue aussi certaines affinités pour le jazz et la musique country. Il a tenu son juke joint de 67 à jusqu'en 1992. C'est à dire lorsque son bistrot est parti en fumées.
John a enregistré son 1er album en 1992 : " So doogone blues ", sur Evidence. A l'âge de 65 ans ! "Got to deal with the blues", le suivant, est paru en 97, sur Midnight Creeper. John joue de la guitare et aussi de l'harmonica chromatique.
Il chante un merveilleux "Gotta deal the blues". Chaque note tirée de ses cordes ou de l'harmo transpire de feeling ; et son un chant passionné rappelle fort Charlie Musselwhite. Il chante avec énormément de passion, de sensibilité et de cœur "Pretty, pretty woman". Pour aborder le splendide "Monkey on my back", il concède encore un peu plus de dépouillement. Ecorché vif, tous les pores de sa peau noire exsudent ses émotions. Une véritable leçon de blues ! Absolument seul dans le studio d'Oxford, il s'acquitte de "Blinded fool", à la manière d' Elvis Presley ; mais le King de l'époque où sa voix faisait chavirer les cœurs de ses auditoires. Il aborde le classique "Key to the highway" avec la même sobriété. Il y est secondé par la voix de Carla Robinson. Une Robinson qui assure, par ailleurs, les percussions de l'album. L'émotion, toujours minimaliste, ne nous quitte guère sur "You're the same". Sa voix demeure proche de Musselwhite. Une même intimité envahit "Of all the girls in the world". Un fragment au cours duquel nous entendons des chiens aboyer à l'extérieur du studio, entre deux phrases d'harmonica. La beauté de cette musique est même belle à pleurer sur "Phony woman", au cours duquel il échange un nouveau duo au chant, avec Carla. Et cette petite merveille de discrétion, d'efficacité et de tendresse soutenue se termine par "Bubba's blues"…

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